5 étapes pour reconstruire la gauche
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5 ETAPES POUR RECONSTRUIRE LA GAUCHE

Le M’PEP propose à toutes les forces de gauche un accord en 5 points :

(1).- S’unir à la base


La nouvelle force politique de gauche n’existera, se développera et n’intéressera des citoyens que si elle apparaît comme porteuse d’un projet collectif et utile à l’échelon local. La définition du sens, des finalités et des formes de l’action militante de cette nouvelle force politique est une exploration à entreprendre dès maintenant. Autrement, une pratique politique de sommet s’imposera. C’est pourquoi le M’PEP propose que les militants des organisations favorables à la création d’une grande force de gauche s’organisent à l’échelle locale.

(2).- Agir par des campagnes communes


Sans attendre l’élaboration d’une plateforme commune et la mise en place de premiers éléments d’organisation, c’est l’action unitaire qui devra prévaloir. C’est pourquoi les forces politiques situées à gauche ont une vocation naturelle à s’entendre pour mener des campagnes sur des sujets qui préoccupent ou devraient préoccuper les citoyens.

Ces sujets sont parfaitement bien repérés. Il s’agit de l’emploi et du travail, de la sécurité, de l’éducation, des retraites, des transports en commun, de la santé, de l’environnement… Dans le contexte du sarkozysme, il faut ajouter la laïcité.

L’action devrait être menée sous forme de campagnes, ayant une date de début et une date de fin. Les campagnes peuvent avoir des objectifs variés : information et sensibilisation ; pétition ; préparation de manifestations ; conférences débat… L’idéal serait que ces forces politiques se rassemblent sous un label, acclimatant les citoyens afin de préparer le terrain pour les futures élections.

(3).- Elaborer un projet de gouvernement sur quelques points clé


Pour lancer une nouvelle dynamique de gauche, il faut un programme, un projet et une perspective s’inscrivant dans l’histoire. Il faut une suite à l’épopée de la gauche et du socialisme commencés en 1789. Mais une telle ambition demande du travail, beaucoup de travail.

C’est pourquoi le M’PEP veut participer au rassemblement de tous les groupes politiques qui cherchent dans cette direction, de sorte que de cette diversité jaillisse un projet fédérateur.

Ce projet devrait concerner quelques points clé et s’élargir peu à peu : un domaine étendu de propriété sociale ; des droits opposables notamment celui de l’emploi ; une démocratisation généralisée de la société ; la promotion de la Charte de La Havane comme alternative au libre-échange.
Tout programme de gouvernement repose sur des présupposés idéologiques, implicites ou explicites. Le débat idéologique, on le sait, est nécessaire mais n’aboutira peu certainement à un accord. C’est pourquoi, tout en poursuivant le débat idéologique, les forces de gauche doivent être capables de se rassembler sur un programme de gouvernement concret. Le tout ou rien devra être proscrit. Aucune force ne pourra faire accepter toutes ses propositions aux autres. Il faudra donc que chacun accepte des compromis en distinguant ce qui va ou non dans le bon sens.

(4).- Créer une structure de rassemblement entre mouvements et partis politiques


L’émiettement des forces de gauche peut être la pire ou la meilleure des choses. Il serait la pire des choses s’il devenait permanent, et qu’il se traduise par des attitudes sectaires ou le jeu des ego, comme au moment de la présidentielle de 2007. Mais cet émiettement peut être aussi la meilleure des choses si la mutualisation l’emporte sur la division. Car chaque groupe existant aujourd’hui à gauche possède sa propre spécificité. En rassemblant tous les groupes, ce sont les multiples facettes de la réalité qui seraient abordées, débouchant sur des propositions globales. Il faut donc créer un lien où ces groupes pourront engager le dialogue.

(5).- Préparer dès maintenant les prochaines échéances électorales


Le régime présidentiel pèse de plus en plus sur le système politique français. Il rend les alliances électorales très difficiles et favorise la bipolarisation. Mais il demeure, qu’on le veuille ou non, la clé de voute des institutions françaises. Aucune force politique ne peut s’en échapper, sauf à se marginaliser et à disparaître du champ politique. Toute élection présidentielle est une bataille politique à laquelle le M’PEP prendra part.

Sa stratégie sera celle de l’union de la gauche dès le premier tour, y compris avec le PS. Autrement dit, le M’PEP est prêt à faire campagne pour un candidat commun de la gauche issu du Parti socialiste. Une telle décision, cependant, reposera sur un accord politique. Celui-ci devra comporter, évidemment, des engagements concernant la lutte contre les inégalités. Si ces engagements portent sur des mesures susceptibles de faire progresser significativement l’égalité, le M’PEP contribuera à faire élire le candidat qui les défendra.

Prenons un exemple avec le programme de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007. Certes, ce programme, sur le papier, était « moins pire » que celui de Nicolas Sarkozy. Mais le M’PEP n’y a vu aucune proposition susceptible de faire progresser significativement l’égalité. Si un candidat commun à la gauche, incluant le PS, n’était pas possible, le M’PEP agira pour la présence d’un candidat commun de la gauche en dehors du PS, ce dernier étant disqualifié pour porter l’étiquette de gauche. Enfin, si cette dernière hypothèse n’arrivait pas à voir le jour, le M’PEP n’écarte pas la possibilité de présenter son propre candidat ou sa propre candidate.

Mais il n’y a pas que l’élection présidentielle, il y a les élections européennes en 2009 et les élections régionales en 2010. Ces deux élections doivent être des étapes importantes dans la création de la nouvelle force politique de gauche que nous appelons de nos vœux, et pour préparer l’élection présidentielle de 2012. Un label de la gauche républicaine et sociale devrait pouvoir être accordé à des listes et candidats qui porteraient ses couleurs.