Chronique de Jacques Nikonoff du 10 sept. "Nicolas Dupont-Aignan s’engage dans une impasse"
lundi 10 septembre 2012
Auteur : par Jacques NIKONOFF

Debout la République, présidée par Nicolas Dupont-Aignan, a tenu son université d’été à Dourdan (Essonne) ce week-end. La nouvelle stratégie de rapprochement avec le FN est une impasse.

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Chronique de Jacques Nikonoff du 10 septembre 2012.

NICOLAS DUPONT-AIGNAN S’ENGAGE DANS UNE IMPASSE

Jacques Nikonoff est porte-parole du M’PEP et ancien membre du collège exécutif du PCF, ex-président d’Attac. Derniers ouvrages publiés :

  • « Sortons de l’euro ! Restituer au peuple la souveraineté monétaire » (Mille et une nuits, 2011).
  • « La confrontation. Argumentaire anti-FN » (Le Temps des Cerises, 2012).

On peut désapprouver les analyses et les solutions préconisées par Debout la République (DLR) sur un certain nombre de sujets, mais on ne peut pas nier le rôle éminemment positif joué par ce parti politique dans le combat contre le monstrueux système de Bruxelles et sa non moins monstrueuse monnaie unique. Car DLR et Nicolas Dupont-Aignan, son président, sur l’essentiel, visent juste. La question principale, celle qui surplombe et détermine toutes les autres, est celle de l’indépendance nationale entravée par les politiques de mondialisation et le carcan de l’Union européenne et de l’euro. Sans indépendance nationale, pas de sortie de crise, pas de combat efficace contre le chômage, pas de reconstruction de la protection sociale, pas de réindustrialisation… L’indépendance nationale, que les européistes de gauche et de droite le veuillent ou non, passe nécessairement par la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Sur cette question absolument déterminante, DLR fait partie, avec le M’PEP, le PRCF, le POI, l’UPR, des quelques rares organisations républicaines hors système de la pensée unique.

Une alliance avec DLR – et non un ralliement – est donc une question qui se pose aux hommes et femmes de gauche engagés dans le combat pour libérer l’Europe de l’Union européenne libérale et de sa monnaie au service des marchés financiers. Au nom des valeurs et idéaux de la gauche. Car aucune politique de gauche n’est possible dans le cadre de l’Union européenne et de l’euro, pas plus que n’est possible la transformation de l’Union européenne de l’intérieur. Telle est l’autre impasse qui frappe la vie politique française, dans laquelle le Front de gauche s’est pour l’instant enfermé.

L’université d’été de DLR vient de se tenir ce week-end. Tous ceux qui sont attachés à l’esprit du Conseil national de la Résistance (CNR), à l’alliance réalisée alors et à son programme auront été profondément déçus. Nicolas Dupont-Aignan, en effet, s’est engagé dans une impasse. Son appel du pied à Marine Le Pen comme son ambition d’être le rassembleur des Français sont des démarches inadaptées.

La recherche d’alliances avec les dirigeants du Front national est vouée à l’échec. Heureusement. Nicolas Dupont-Aignan a ainsi déclaré samedi à Dourdan dans son discours de clôture de l’université d’été de DLR : « j’ai envie de dire à Marine le Pen : coupez le cordon avec l’obsession identitaire qui déconsidère votre parti ! Faites vraiment le ménage ! Et surtout, surtout, cessez de diviser les Français. Alors nous pourrons commencer à dialoguer. » Quelques jours avant, le 4 septembre, sur Radio Courtoisie, il avait déjà considéré, à propos du Front national : « un jour ou l’autre, il y aura besoin de dialogue. Chacun devra peut-être faire un pas. »

Soyons précis sur le sens des mots. Pour le Larousse, dialogue signifie « discussion entre personnes, entre partenaires ou adversaires politiques, idéologiques, sociaux, économiques, en vue d’aboutir à un accord ; conversations, pourparlers. » Il s’agit donc, pour Nicolas Dupont-Aignan, de préparer le terrain pour de futurs accords avec le FN. Ceci est confirmé par la phrase suivante « chacun devra peut-être faire un pas ». En ce qui le concerne, le M’PEP a toujours dénoncé la manière dont la gauche s’y prenait avec le FN et préfère parler de « débat ». Le M’PEP a proposé à Marine Le Pen et Bruno Gollnisch, pendant la campagne des législatives, de débattre avec ses candidats à la télé, comme Jean-Luc Mélenchon l’a fait plusieurs fois. Le débat n’est pas le dialogue car il n’a pas pour but de parvenir à un accord mais à éclairer les citoyens, notamment les électeurs du FN.

On ne dialogue pas avec le Front national, on le combat. Si dialogue il doit y avoir, c’est avec l’électorat du FN, pas avec les dirigeants de ce parti fondé notamment par des anciens de Vichy.

La stratégie de Nicolas Dupont-Aignan est d’autant plus une impasse que le FN, jusqu’à présent, a toujours refusé les alliances. Il est vrai que les candidats n’étaient pas nombreux. Rien ne permet d’affirmer, pour justifier de possibles rapprochements, comme le fait Nicolas Dupont-Aignan, que le FN aurait atteint son zénith électoral, qu’il serait frappé d’une sorte de limite naturelle à son développement, qu’il se heurterait désormais à un « plafond de verre ». Les dirigeants socialistes tiennent le même raisonnement. Ils ne craignent pas le FN – au contraire ils souhaitent que le FN conserve un certain poids électoral pour diviser la droite - car ils pensent que ce parti n’obtiendra jamais une majorité. Qui sait ? La crise est tellement profonde, la décomposition politique tellement avancée, le gouvernement tellement prisonnier de la pensée unique qu’il faut prendre le FN très au sérieux. Ce parti n’a pas de limites claires à son développement, et croire que l’on peut envisager des combinaisons politiciennes avec lui revient à jouer avec le feu.

Mais, lorsqu’on évoque le FN, de qui parle-t-on ? De ses dirigeants dont une grande partie sont les héritiers de la vieille extrême droite, ou de ses électeurs ? Ces derniers expriment de moins en moins un vote de désespoir et de plus en plus un vote politique et conscient. Ils veulent faire péter le système, ou tout au moins certains le croient-ils. C’est à ces citoyens qu’il faut s’adresser, pas pour les remettre sur le « droit chemin » de la vertu et de la morale en leur faisant la leçon, mais pour les convaincre que l’on peut résoudre le chômage et la précarité, que l’on peut disposer d’un système de protection sociale généreux et efficace, que l’on peut retrouver l’indépendance nationale tout en établissant des relations de solidarité et de coopération avec les autres pays.

Ces électeurs – et les autres – n’attendent pas qu’un énième « sauveur » vienne se présenter à leurs suffrages. Là se trouve la deuxième limite de la stratégie de Nicolas Dupont-Aignan. À Dourdan il dit : « oui, mes amis, je vous le dis, notre devoir est de rassembler tous les patriotes, MAIS sur notre ligne, une ligne républicaine irréprochable. » DLR ne rassemblera pas tous les patriotes, c’est irréaliste. En revanche, DLR peut participer, à égalité de dignité, à des alliances avec d’autres organisations.

Il y a trop de « sauveurs », « rassembleurs », « hommes providentiels » sur le marché. On se bouscule au portillon. La posture d’homme providentiel est dépassée, c’est une forme archaïque de la politique. Elle place les citoyens en position de suiveurs et non d’acteurs, elle fabrique des supporteurs de leaders politiques comme il existe des supporteurs de club de football et de stars du ballon rond.

N’est-il pas temps, au lieu de reproduire des schémas politiques usés jusqu’à la corde, de faire preuve d’innovation ? N’est-il pas temps de passer des logiques de ralliement à des personnes ou à des organisations, à des logiques d’alliances à égalité entre forces politiques ?

DLR avait une autre option stratégique, bien plus efficace pour l’avenir du pays : s’engager dans la construction d’un nouveau Conseil national de la Résistance. L’échec annoncé de l’orientation de DLR l’amènera nécessairement à revoir ses positions. Mais dans combien de temps ?

Jacques Nikonoff


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Forum de l'article  -20 Messages

  • Le CNR 2012 verra le jour.

    10 septembre 2012 22:36, par Odic Gaylord

    Monsieur Nikonoff , Militants du M’PEP .Le CNR 2012 est possible et au CNR de 1944 le front national était présent c’est un appel a ce CNR que NDA a fait il est temps plus que temps . Nous comptons vraiment sur vous pour nous rejoindre a la table ronde .
    Pour que vive la France pour nos enfants . http://www.facebook.com/groups/439384402774561/439567009422967/?notif_t=group_activity

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  • Le politiquement correct, à gauche comme à droite, veut que l’on trace un cordon sanitaire autour du FN en condamnant ses dirigeants et en voulant les exclure de la vie politique, même lorsqu’ils ont des élus du suffrage universel. Cette condamnation aboutit à refuser de considérer les positions anti-euro de ce parti et, dans les faits, à ignorer le vote de 17,9% des électeurs sur ce sujet. Ainsi la sortie de l’euro ne risque pas de sitôt de trouver une majorité. Mélenchon a déjà fait cette erreur pour la présidentielle en combattant d’abord le FN plutôt que la Finance et l’ultralibéralisme : il l’a payé et sa percée initiale ne s’est pas confirmée au niveau qu’il aurait pu atteindre.
    Donc, sans accepter jamais tout le passif du FN, il faut tenir compte des choix anti-euro de ses dirigeants et de son électorat selon une formule à trouver. Se battre sur les objectifs, pas sur les étiquettes, ce devrait être la règle des politiques s’ils veulent être crédibles maintenant.

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    • En réponse à Emmanuel PEGUY
      12 septembre 2012 09:29, par Sam

      Une très grande partie des électeurs actuels du FN est certainement pour la sortie de l’euro, de l’Union européenne, ainsi que pour une forme de protectionnisme national.

      Malheureusement ce n’est pas le cas du parti pour lequel il vote : son programme en la matière n’est qu’un rideau de fumée. Sa "nouvelle formule" n’est rien d’autre que le résultat d’une rafle. Permise, évidemment, par le boulevard laissé par la quasi-totalité des partis de gauche qui, en un mot, ont sacrifié jusqu’à leur raison d’être sur l’hôtel de je ne sais quelles "autre Europe" et "autre mondialisation". En tout état de cause, même là où il semble y avoir un peu de suite dans les idées, si vous creusez un peu, il n’y a aucune espèce de justice sociale ni de souveraineté populaire à la clé, et rien qui puisse apporter une solution à la crise générale que nous affrontons.

      Je ne m’étendrai pas longtemps là-dessus, le M’PEP a mis sur son site un long et très bon argumentaire à ce sujet (dans le cours de cette année ou fin 2011, je crois). Quelques mots seulement.

      Prenez d’abord le protectionnisme. 1. Le FN est pour un protectionnisme européen (comme 70 à 80% des Français, idem les autres peuples européens, d’après les sondages) : sans commentaire pour ce qui est du réalisme et de l’opportunité d’un tel projet. A part ça, ça colle plutôt bien avec l’idée d’une Europe blanche et chrétienne, ou encore avec ce slogan qu’on voyait placardés récemment sur les murs : "Européens, tous unis contre l’immigration"... 2. Sauf à être très méticuleusement pensé et décliné dans une perspective de justice sociale au plan national mais également internationaliste-humaniste, le protectionnisme à l’emporte-pièce n’est qu’une autre forme de guerre économique.

      Prenez ensuite la monnaie. Agiter la loi de 1973 est une chose (bien réductrice, après enquête) mais ça reste de la contestation. C’est une toute autre affaire d’organiser la souveraineté nationale en matière de crédit. Où sont les projets de socialisation des banques ? Par ailleurs, parler de la planche à billets est une chose mais monétiser de la dette, même massivement, ne suffit pas, loin de là. Primo, il faut parallèlement faire défaut, tout aussi massivement, autrement dit organiser la ruine d’un paquet de gros rentiers, dont nombre de personnes morales et qui sont pour une grande part non résidents. Or le FN et "étrangement" muet sur la question, à part qu’il s’abrite derrière une position de victime anticipé pour dire que "les banquiers ne nous laisseront pas faire". Deuxio, une planche à billet sans la production en aval n’est évidemment pas une solution raisonnable — du reste, une inflation modérée nous ferait grand bien. Bref, grands projets et redistribution à la clé, et c’est là que le bât blesse sérieusement et qu’on voit que nous n’avons affaire qu’à de la posture. Ensuite, la dévaluation en soi revient seulement à un protectionnisme aveugle. A-t-on vu le FN proposer une véritable monnaie commune (européenne) ? Au passage, MM. Dupont-Aignant et Chevènement, une véritable monnaie commune, ce n’est pas seulement un serpent monétaire, c’est un truc qui empêche les excédents commerciaux. Enfin et surtout, la monnaie pour quoi faire ? Or il est urgent de redistribuer massivement, d’une part (inutile d’expliquer pourquoi), et de réindustrialiser de l’autre (retour notamment au protectionnisme européen et à la "franche rigolade"). Voyant le programme du FN on aurait presque envie de dire qu’il tombe de lui-même sous le coup des "lois de l’économie"... : la relance à en attendre n’a aucune chance de fonctionner, justement parce qu’il ne s’attaque en réalité à aucune des causes : libre-échange et inégalités sociales en particulier.

      Quant à sortir de l’Union européenne, si vous lisez attentivement il n’en est même pas question dans le programme du FN. De toutes manières, le nationalisme qui, en un mot, confond la fin et le moyen, ça fait tout sauf défendre la nation. Au "mieux" (au sens de l’efficacité économique et si on prend les gens pour des moyennes) ça fait de l’impérialisme et ça, ça n’a pas de patrie. D’ailleurs, pour ma part (surtout après la lecture du Choix de la défaite d’Annie Lacroix-Riz), je n’ai pas du tout l’impression que la vieille extrême droite ait servi la France contre le projet européen d’un Hitler... — ah, que ne ferait-on pas pour mettre au pas les gueux et en tôle les rouges.

      En somme, la posture (anti-) européenne du FN est la caricature du leurre. Il n’y a aucune perspective d’union nationale qui puisse se dégager d’une quelconque alliance avec le FN.

      Quant au CNR, en pratique nous n’aurions rien reconstruit si son programme avait laissé de côté l’aspect redistribution et justice sociale. Je me souviens d’avoir personnellement participé, il y a quelques années, près de Lyon, à la réunion de ce qui était alors une tentative de confédérer des partis et organisations politique dans un "arc républicain". Ça allait du Comité Valmy jusque pas mal à droite... si on considère qu’il y avait là au moins un ancien soutien villiériste. La majorité des représentants présents ce jour là soutenait le programme du CNR mais disons que le niveau d’attachement (de priorité) variait fortement. Or il y a des compromis impossibles. Il arrive un moment où la redistribution s’impose — ne serait-ce, notez-le, que pour une question de viabilité d’un projet économique.

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      • En réponse à Jacques Nikonoff
        12 septembre 2012 16:08, par Emmanuel PEGUY

        Les déclarations des partis (FN comme PS) sont toutes sujettes à caution : ce que vous dites des positions européennes du FN est peut-être juste, mais que dire de la "renégociation" du TSCG promise par Hollande et le PS ? La "caricature du leurre" n’intéresse que les spécialistes des partis et des programmes. Les électeurs savent que leur confiance est souvent trahie, et leur vote en tient donc compte : vote FN, coup de balai, extrême-gauche... Le programme détaillé a peu d’importance. Mais ils ont conscience de l’assassinat économique et social de leur pays.

        Alors, quand vous parlez de Conseil National de la Résistance, il ne faut pas attendre une nouvelle guerre pour rassembler "ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas..." Il faut prendre le FN au mot et faire vraiment les remises en cause dont il parle sans peut-être vouloir les faire. Vouloir garder les mains pures au risque de plus en avoir (comme les Kantiens, je crois), est la meilleure façon de laisser gagner le libéralisme, visage de moins en moins caché du capitalisme et de l’exploitation.

        Il faut une majorité pour imposer un référendum sur le TSCG et cette majorité existe : elle a déjà refusé l’Europe ultralibérale en 2005. Il faut lui donner une nouvelle chance de pouvoir s’exprimer. Je ne sais pas comment dans le détail mais ce sont les actes qu’il faut juger, beaucoup plus que les programmes, et c’est également dans l’action qu’il faut s’opposer à la destruction des services publics et des droits acquis (si méprisés par les "libéraux).

        Je vous ai connu moins "conformiste" lors de la création d’"un Travail pour chacun" : la "viabilité économique" est parfois donnée "de surcroît" si les valeurs politiques (càd morales et démocratiques) sont là. De ce point de vue, la Résistance a donné, non sans cahots, une belle ouverture économique. Je m’arrêterai là car la discussion pourrait continuer à perte de vue et encourager l’inaction. Je ne partage pas la haine de l’autre véhiculée par certains et je pense que la grande majorité des électeurs du FN non plus. Il faut donc trouver une façon de les réintroduire dans la lutte pour la survie économique et sociale de notre pays, de ses voisins, et du monde qui nous entoure.

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  • Nicolas Dupont-Aignan s’engage dans une impasse

    11 septembre 2012 02:05, par Marc

    1) D’abord, j’aimerais rappeler que De Gaulle a fait la résistance avec les cagoulard et l’extrême gauche. J’ajoute qu’aujourd’hui nombre de propos du Général mis dans la bouche de n’importe qui seraient poursuivis par les assos anti-racisme et vivement attaqués par la bien-pensance politico-médiatique. Inutile de vous rappelez ses propos sur les arabes, l’huile et le vinaigre.. Propos que même MLP n’ose dire. C’est important de rappeler ça ! Faire un CNR d’accord mais prétendre faire un CNR qu’avec des anges... à l’époque ce n’était pas le cas et ça ne le sera jamais. Il y a toujours des patriotes extrême, xenophobe etc (qui sont obligés de mettre de l’eau dans leur vin le temps du CNR et souvent changent et se républicanisent par la suite d’ailleurs, on en a vu plein au coté du Général après guerre). J’ajoute qu’au FN (et ça depuis sa création, il y a des collabos ET des résistants) et qu’il est probablement beaucoup plus soft que certaines franges influentes du parti républicain aux USA ou encore la droite israélienne.

    Pour autant, en 2012, moi gaulliste et républicain, je condamne les propos amalgameurs de MLP et du FN évidemment. Par exemple : "Combien de Merah parmi les jeunes issus de l’immigration". Qui jette la suspicion sur tous les français musulmans de France. Ce qu’a dénoncé NDA, phrase qu’il a utilisé en exemple pour montrer précisément ce qu’il ne cautionne pas et ce pourquoi il ne peut dialoguer avec le FN. Il ne s’agit pas de nier la frange raciste qui vote ou est membre du FN, mais de décrire le plus justement ce parti devenu très divers.

    Maintenant, je crois qu’il faut bien comprendre une chose. La France n’est déjà plus un Etat comme le dit Marie-France Garaud et à ce rythme sera peut-être une région de l’Etat UE prochainement. Une perspective inacceptable, qui pour moi est aussi grave que l’occupation, perdre notre souveraineté est juste intolérable quand bien même nos élites arriveraient à faire voter OUI les masses via un matraque médiatico-ideologique et en jouant sur leur acculture flagrante et méconnaissance des enjeux et du modèle européen, acculturation savamment orchestrée.

    NDA justement propose ce CNR, je fais la même analyse, le FN a atteint un plafond de verre, c’est certain. Ils ne gagneront jamais un 2ème tour, il y aura toujours un front contre eux. Peut-être ça passera de 82% à 70% ou 65% contre mais ils ne gagneront jamais. Je pense aussi comme vous qu’ils n’accepteront jamais de lâcher leur boutique FN... Et ils savent qu’ils ne gagneront jamais en restant FN et en ne changeant pas de logiciel, c’est la preuve que MLP pas plus que son père ne veut le pouvoir (où alors ils sont stupides et pensent pouvoir gagner un jour). Le FN est une boutique. Je crois que NDA a fait cet appel non pas pour une alliance mais pour enclencher la conquête de leurs électeurs et de leurs cadres (ça a commencé, un secrétaire départemental à rejoint NDA il y a quelques jours, des électeurs aussi j’en suis sûr), des recrues qui comprennent l’analyse de NDA et savent que seul le patriotisme républicain peut gagner, des gens qui ont rejoins ou votent FN juste parce que jusqu’à présent c’était le seul à être sur la ligne patriote au niveau europe, économie, frontières etc.

    Ca c’est pour le FN, pas d’inquiétude à avoir de mon point de vue, NDA ne trahira pas ses valeurs et les nôtres, de plus MLP gardera sa boutique FN de son coté.

    Maintenant j’aimerais aussi que des partis comme MRC, M’PEP, des gens comme Montebourg, des gens comme Myard, Guaino et de la Droite Pop UMP, aient un peu de courage ! Nous attendons depuis longtemps que ça bouge, nous attendons la recompo politique ! NDA ne veut pas d’alliance avec le FN, il l’a toujours dit, il veut piquer leurs voix, faire exploser l’UMP pour récupérer les NONistes gaullistes et rassembler les parti de gauche NONistes patriotes. Pas spécialement pour qu’ils se fondent à DLR et qu’il soit le "sauveur" (à part peut-être pour les recrues venant de l’UMP qui iraient à DLR ou créeraient avec NDA un nouveau parti gaulliste), il veut un rassemblement de partis sous une bannière de rassemblement avec nouveau nom et un programme de salut public spécialement pour reprendre notre pays.

    Cette nouvelle posture est en réalité un électrochoc pour faire réagir avant tout les patriotes UMP qui mangent à la gamelle depuis 30 ans alors que leur parti fait l’inverse de leurs idées, c’est fait pour faire réagir le MRC qui fait alliance avec le PS au lieu de le soutenir à la présidentielle ou faire leur chemin seul, c’est fait pour récupérer les patriotes modérés qui sont au FN et qui font l’analyse que le FN ne gagnera jamais et qu’ils ont désormais le choix entre eux et le parti patriote républicain DLR, choix qui n’existait pas avant.

    Voilà comment il faut lire tout ça. Ce n’est pas une impasse, c’est précisément ce qu’il fallait faire pour enclencher le processus de la recomposition politique. Ne pas englober le FN aurait tué abouti a un semi projet (ou ça aurait marché un peu, on aurait 4% et voilà) Là si ça marche on aura sapé en partie la boutique FN et on pourra créer cette alliance avec tous les NONistes.

    Que la presse est fait ses titres sur "NDA se rapproche du FN" était inévitable, mais pour ceux qui ont écouté son discours, ils savent qu’il n’a pas bougé d’un pouce sur sa conception du républicanisme et que son projet est ailleurs et sincèrement le bon pour gagner et reprendre le France.

    J’espère que les patriotes UMP, le MRC, M’PEP etc rejoindront NDA dans cette démarche de dialogue et de programme de salut public, nous aurions un poids tout nouveau dans le champ médiatico-politique.

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    • Nicolas Dupont-Aignan s’engage dans une impasse
      12 septembre 2012 10:44, par Candide

      Bonjour,
      Je me présente : je suis un militant DLR depuis fin 2006.

      J’approuve parfaitement vos propos à ceci près que le titre choisi dit exactement le contraire ; il s’agit vraisemblablement d’une erreur ou d’une appréciation personnelle selon laquelle il pourrait ainsi bloquer son compteur et même disparaître du paysage politique.

      Nous avons longuement débattu sur son blog car la simple évocation du FN est pire qu’une poussée d’urticaire. C’était un passage obligé et il a néanmoins été franchi.

      Celles et ceux qui pensent que NDA/DLR pourrait rejoindre le FN (dans toute sa splendeur) devraient consulter une sommité médicale car elles et ils ont manifestement un très gros problème

      Bien militant vôtre
      Candide - sur le blog de DLR -

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  • Excellente analyse M. Nikonof et nous sommes nombreux à émettre des craintes tout comme vous sur cette démarche de NDA vis à vis du FN, néanmoins certains points nous sont apparus fondamentaux lors des UR et nous poussent à laisser une chance à la démarche de notre président.

    Lors de la séance plénière, l’intervention de François Morvan, le vice président de DLR, (ex MRC), a particulièrement retenu notre attention, d’autant plus qu’il est plus proche de l’aile gauche du parti (si gauche et droite servent encore à nous positionner idéologiquement). Si je résume en gros ses propos :

    "on ne peux pas s’adresser positivement aux électeurs du FN en même temps que l’on cracherait aux visage de ceux pour lesquels ils ont voté".

    Malgré tous les défauts qu’ils puissent avoir, soit dans leur comportements fascistes et racistes, que dans leur simple acceptation de tels comportements dans leurs rangs, ils sont les représentants officiels de leurs électeurs. Les insulter, les ostraciser, conduit irrémédiablement leurs électeurs à se braquer et à rejeter encore davantage toute autre proposition qui serait, elle, débarrassée de tels excès.
    Donner un signal de dialogue ne veut pas dire ralliement ou alliance, mais suffit à dire

    "je ne vous rejette pas en m’abstenant d’attaquer vos dirigeants comme font la plupart des autres dirigeants politiques qui obéissent aux codes médiatiques, mais je précise clairement quelles sont les bases politiques que nous offrons et notamment, ce sur quoi il ne pourra jamais y a voir de compromission de notre part dans notre programme républicain".

    L’analyse que j’en fais c’est que NDA vient de construire un pont, non pas pour franchir le rubicon de notre part, si NDA était en quête d’alliances ou compromissions il aurait rejoint l’UMP ou le Rassemblement Bleu Marine depuis belle lurette, non ! simplement un pont pour dire aux électeurs du FN,

    "vous n’êtes pas des pourris parce que vous avez voté FN" traversez ce pont et vous serez dignement accueillis !"

    Rien que pour cela, je pense que cette démarche mérite d’être tentée et j’accepte de donner une chance à cette initiative malgré mes réticences initiales, car je suis persuadé qu’un militant FN qui désirerait aller au Front de Gauche aurait beaucoup de chances de se faire lyncher par quelques anti-fa en mal d’action et de défoulement !

    Il n’y a à ce jour qu’un seul mouvement alternatif présent aux dernières présidentielles, ouvert au dialogue quelle que soit l’origine politique, ethnique et sociale de l’individu. Le seul qui serait donc capable de faire revenir les électeurs FN sur un vote républicain, j’en suis convaincu, ce parti c’est Debout La République. La tromperie réussie par Sarkozy en 2007 ne pourra pas être rééditée car l’UMP ne changera pas de ligne politique, les électeurs FN l’ont compris. Il ne changera pas le système, alors qu’en revanche notre parti est totalement libre des oligarchies financières et résolument dans le camp des alternatifs et pourra convaincre des électeurs du FN de rejoindre une autre voie. Certes ils sont à 18% et nous à peine à 2%, mais les législatives ont donné un signal fort ! J.L. Mélenchon et M. Le Pen ont tout deux échoués aux législatives là où Nicolas Dupont-Aignan était réélu à près de 62% ! nous sommes petits, mais nous pouvons offrir une zone neutre, un terrain démilitarisé où réunir les dirigeants du FdG, du FN, du MRC, de l’UPR, du POI, du M’PEP et d’autres, ne serait-ce que le temps d’un seul et unique combat : imposer le référendum sur le TSCG !

    Quand on voit le développement d’Aube dorée, parti de zéro ou presque, en plein essor en plein coeur de la crise grecque, on peut raisonnablement redouter une prise de pouvoir par le FN en plein coeur d’une crise qui va prochainement toucher la France avec une perspective annoncée lors de ces UR d’un accroissement du chômage à un rythme de l’ordre de 60.000 par mois pendant l’année qui vient. Si les électeurs désemparés du FN ne se rangent pas derrière une solution républicaine telle que celle que nous proposons, alors je vois deux dénouements possibles que nous redoutons tous : soit le FN arrive au pouvoir, soit l’UMPS se maintient et nous impose la dictature fédéraliste, la récession et la régression de tous les acquis sociaux, quitte à faire alliance ensemble comme en Grèce.

    Pour conclure, je voudrais juste citer l’exemple de l’Afrique du Sud. Malgré des années d’emprisonnement, N. Mandela a su avoir l’intelligence de dialoguer avec le représentant de ses anciens bourreaux. Comme dans toute paix le dialogue ne peut se faire qu’avec ses ennemis. Si Mandela et de Klerk n’avaient pas eu l’intelligence d’aller au-delà des ressentiments profonds de leurs bases respectives, alors soit l’Apartheid serait toujours en place, soit le pays aurait sombré dans la guerre civile...

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  • Nicolas Dupont-Aignan s’engage dans une impasse

    11 septembre 2012 09:17, par PiJ54

    Dupont-Aignan s’engage dans une voie pas facile. Celle qui veut rassembler les Français de tous horizon autour d’un point crucial pour la survie de la république : la démocratie et la souveraineté populaire.

    NDA se pose en rassembleur, qui d’autre en est capable en France ?

    Cependant, il ne propose pas un ralliement avec le FN mais au contraire demande au FN de renoncer à ses idées d’exclusion et xénophobes...
    il souhaite faire ce que Mitterrand a fait aux communistes, mais sans bien sûr adhérer au FN...

    NDA est un républicain, gaulliste social. Jamais, tout comme De Gaulle, il ne se rendra coupable de fascisme ou de racisme...

    Monsieur Nikonov, j’admire votre travail, mais ne tombez pas dans le piège du tout facho...
    La Gauche patriotique doit tenir le cap d’un rassemblement populaire mais sur des lignes totalement Républicaines. Tendre la main aux électeurs FN et leur montrer qu’il existe une autre voie que celle du racisme et du fascisme et tout à l’honneur de NDA.
    Mais je reconnais également que c’est une voie dangereuse qui oblige NDA à manoeuvrer finement.

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  • M. Nikonoff,
    sauf votre respect, il me semble que votre article est un peu confus concernant les deux interventions de M. Dupont-Aignan. Il y a eu certes une interview sur Radio Courtoisie qui pouvait porter à confusion (il y en a si peu des invitations médiatiques, vous le savez !), PUIS le discours aux Universités de rentrée de Debout la République qui est clair et limpide et qu’il est possible de lire
    http://www.debout-la-republique.fr/sites/default/files/discours_de_nicolas_dupont-aignan_-_8_septembre_2012_0.pdf
    Vous en citez d’ailleurs un extrait signifiant.
    Le mot dialogue employé à la radio était sans doute mal choisi, débattre aurait été à mon sens plus exact. Car que souhaite-t-il sinon placer Marine Le Pen devant ce qu’elle n’accomplira pas ? C’est à dire couper son rassemblement bleu marine du Front National hstorique de son père, des Identitaires, toutes choses en lesquelles croient sans doute tous ces abstentionnistes, syndicalistes électeurs de droite et de gauche, que certains ont vu avec surprise (mais il n’y avait rien de surprenant) rallier le FN prétendûment nouvelle formule. Alors, Mme Le Pen, nouvelle formule : chiche ?! Voilà la question qui lui est posée.
    Pour l’heure, alors que le choix qui nous est soumis est clairement celui de la démocratie ou bien de la pseudo-République des experts sans le Peuple, tous doivent se rassembler, tous ceux qui placent la parole du Peuple et la démocratie comme rempart. Ainsi que l’a dit M. Sapir lors des universités de rentrée de DLR, ce parti est appelé à jouer un rôle "pivot dans la reconstruction du spectre politique français". Nous sommes assis entre la droite et la gauche, il faut que d’autres travaillent avec nous, avec vous, mais que nous le fassions ENSEMBLE. Il n’y a pas de leadership à rechercher pour le moment, le préalable c’est la convergence ! Laissons ces questions de personnes pour plus tard, attaquons nous déjà à l’incendie !
    Salutations républicaines

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  • Nicolas Dupont-Aignan s’engage dans une impasse

    12 septembre 2012 00:10, par Max94

    Le CNR actualisé , voilà quelle est bonne cette idée qui reprend les milliers de résistants !L’ennemi ciblé est bien le néo-libéralisme et ses valets que sont les hommes d’appareils PS+UMP+FN ; les uns avec de la vaseline, les autres dans une tendance dure, les derniers encore plus durs ! Et pourtant hormis ces appareils il existe pleins d’hommes sincères mais à la base ils sont ! L’alliance doit se faire par eux et eux seulement dans et avec le petit peuple et non pas derrière un homme qui se voudrait le sauveur républicain....en quête d’une légitimité !

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  • Bonjour,

    J’étais présente aux Universités de Dourdan et NDA a été très clair : jamais il ne fera aucune alliance avec le FN.

    Qu’il déclare être rassembleur ne signifie pas qu’il se prend pour l’unique sauveur ; il indique que seront accueillis à DLR tous les patriotes républicains sans distinction, avec un passif politique ou non, sur la ligne politique qu’il propose.

    Sachant la gravité de la crise que nous traversons, sans aucune voie de sortie à l’horizon, parler à tous les patriotes républicains, n’est ce pas un acte hautement patriotique ?

    NDA ne s’alliera jamais avec le FN, lui faire ce procès est infondé et regrettable.

    Bien Cordialement

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  • Rassembler la gauche, rassembler la droite, c’est faire les choses à moitié !

    D’autre part NDA a été très clair à Dourdan : pas question d’accord avec le FN tant qu’il reste nationaliste mais il faut dialoguer avec la grande partie des électeurs FN "patriotes" qui n’ont jamais vous soutenir des idées extrêmes mais qui ont lors des élections voulu le vote utile, NDA n’étant à cette période pas assez crédible

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  • Nicolas Dupont-Aignan s’engage dans une impasse

    12 septembre 2012 09:46, par Raoul louis CAYOL

    Cher Jacques NIKONOFF

    Si l’on ne peut effectivement que débattre avec les chefs traditionnels du FN, avec vous l’on dialogue car nous sommes tout à fait dans la même ligne.

    Puis-je me permettre de vous rassurer.

    DLR a une autre option stratégique, efficace pour l’avenir du pays : s’engager dans la construction d’un nouveau Conseil national de la Résistance. C’est dès maintenant que nous sommes sur ce chemin de la restauration sociale du pays par celle nécessaire de son économie qui rend la dignité.

    Raoul louis CAYOL

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  • Oui, Jacques Nikonoff, aucun projet de gauche ne peut être mené dans le cadre de l’UE et de l’euro. Mais alors ?

    Je fais partie de ceux qui en concluent qu’en un mot il n’y aura jamais de reconstruction de la gauche (un tant soit peu durable, et même tout simplement sensée) avant de sortir de ce cadre, et qu’il faut donc avant tout en passer par un "front national"...

    Cela, bien sûr, sans tomber dans le piège funeste d’une quelconque alliance avec le parti qui accapare aujourd’hui ce label... Nous n’avons aucune illusion sur la question : au-delà de la façade purement récupérée d’un parti d’extrême droite supposément "nouvelle formule", l’incompatibilité est totale.

    Il y a par contre un autre piège à éviter absolument. Or, là, je crains d’être en profond désaccord avec la plupart des militants des partis, républicains, qu’on pourrait virtuellement associer à quelque chose comme un "front national". Ce piège se résume en un mot : confédération .

    La confédération, c’est bien simple, ça ne marche pas. Cela tout simplement parce que chacune de ses composantes, étant par définition un appareil, fera toujours passer sa logique propre avant le projet commun. Ce qui ne servira finalement ni le projet commun ni le projet d’aucun des partis confédérés. Pas plus que l’Union européenne sert aucun des peuples européens.

    Les exemples d’échecs se multiplient et pourtant, personne ou presque n’en tire la leçon. Ainsi par exemple des "collectifs unitaires antilibéraux" et leur fichue règle du "double-consensus" (naturellement proposée et imposée par les appareils) : chacun des partis affiliés avait droit de véto sur la désignation du candidat commun, et cela seul impliquait la mort du projet. Ainsi du "Front de gauche" modèle déposé, à la perspective irrémédiablement restreinte à sa version "non étendue" : entendez par là que les appareils intéressés entendront toujours diriger et que le reste suit (échec total).

    Une parenthèse importante. Exactement pour la même raison qui fait qu’il ne voit pas cet aspect déterminant, aucun souverainiste ou presque se soucie de différencier la fédération et la confédération lorsqu’il s’agit de l’Union européenne, en particulier, et toutes les autres saloperies supranationales qui ont été édifiées pour notre malheur commun. La question n’est pas de savoir si l’UE peut mener vers l’État fédéral, il est évident que ce n’est pas le cas et d’ailleurs, si une telle évolution n’était pas si improbable, elle suffirait elle-même à l’empêcher... Cela pour une bonne raison : tout cet édifice repose sur une base intergouvernementale et toutes les puissances privées (notamment étrangères) qui profite de la situation tyrannique qu’une telle base engendre inévitablement ne vont pas souhaiter renvoyer chez eux les gouvernements, les chefs d’États et leurs cabinets bien garnis. Mais ça n’empêche pas la plupart de nos amis souverainistes d’agiter cette perspective fédérale à contre-sens — d’autant plus curieusement qu’ils ne croient pas eux-mêmes à la faisabilité d’un État européen... (étrange schizophrénie).

    Pour des gens supposés comprendre ce qu’est ou non un État, c’est surprenant, d’ailleurs. Prenez un exemple très simple : le Parlement français n’est surtout pas composé par la réunion du Conseil général de chacun des départements. Faute de quoi aucune loi nationale ne pourrait servir l’intérêt général. Les lois serviraient surtout, en apparence, les départements bien gros et bien riches, mais elles ne serviraient en fait que les gens bien gros et bien riches de France et de Navarre. C’est exactement pour la même raison, en particulier, que l’euro ne pouvait pas marcher et qu’une monnaie unique ne marche pas hors du cadre d’un État : aucune réunion des gouvernements européens autour d’une table ne pourra jamais décider que les Allemands paieront aux autres peuples européens l’équivalent de 10% de leur PIB en compensation pour l’union monétaire. Une telle décision, c’est pourtant évident, ne pourrait être prise que par des instances européennes situées au-delà et au-dessus des gouvernements, du gouvernement allemand en particulier. La question, surtout entre nous, n’est pas de savoir si cela pourrait se faire, elle est de comprendre cette distinction élémentaire qui fait qu’une union est viable ou non, et d’en tirer au moins les conclusions à son propre niveau !

    Ce qui importe surtout de voir ici, donc, s’agissant du problème rédhibitoire de la confédération, c’est ceci : donnez le véto aux partis et c’est mort. Le Conseil National de la Résistance ne s’est pas formé par une réunion de partis, sans quoi il n’aurait jamais vu le jour. Même si des partis et autres organisations politiques ont pu ensuite s’y affiler d’une manière ou d’une autre, sans pour autant qu’aucun d’eux soit, en tant que tel, en position d’exercer son véto.

    Cela ne doit évidemment pas empêcher de s’allier notamment entre militants et sympathisants d’organisations républicaines, mais le point décisif est que l’alliance doit précisément se faire indépendamment et au dessus des partis ainsi "représentés" (un contre-sens en l’occurrence), autrement dit sur le mode de la fédération.

    Voilà ce qui me chagrine dans ces tractations entre dirigeants de partis et dans les débats auxquels ils donnent lieu : on part déjà sur une base stérile et l’initiative est elle-même de nature à ne pas poser ce problème décisif (sauf exception rare, un dirigeant de parti ne peut naturellement pas le poser lui-même). Oui les sauveteurs sont (trop) nombreux sur le marché, mais il suffirait qu’il y en aient quelques uns qui soient capables d’écouter ce discours et de cesser non seulement de rouler pour leur chapelle mais de croire qu’on peut confédérer utilement des chapelles...

    Notez que la forme proprement fédérale du mouvement ou du front en question, en définitive, lie sans doute bien plus fortement les partis "affiliés" au sens d’un attachement "moral" alors que, justement, elle ne le fait pas du tout par la contrainte. D’ailleurs, ces organisations n’auraient même pas besoin de songer à se retirer, n’étant pas elles-mêmes formellement engagées dans l’alliance. D’un autre côté, si telle partie du programme commun est acceptable pour telle ou telle de ces organisations, il est évident qu’elle le soutiendra spontanément. Au bilan, nous avons justement là les conditions optimales d’une alliance : elle ne se fera pas contre nature, si l’on considère le fond et, du point de vue opérationnel, elle promet d’être solide et (au besoin) durable.

    A bon entendeur... Et salut aux copains du M’PEP, vous me manquez.

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  • "Combattre" le FN ?

    12 septembre 2012 13:49, par Stilgar

    Oui, d’accord, mais ce n’est pas tant le FN qu’il faut combattre (combien d’adhérents et de sympathisants sommes nous au MPEP face à l’armada FN et UMP droite ?), mais les idées du FN.
    Ceci dit j’ai un tas d’amis qui étaient de gauche et qui ont voté MLP aux dernières présidentielles ... ras le bol de la gauche européiste et l’offre de Mélenchon l’était également ! Tant que l’économie n’ira pas mieux (et ce n’est pas demain que ça va s’arranger, Sapir prévoir 600 à 700000 chômeurs de plus l’an prochain) il y ara un basculement vers des idées nationalistes.

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  • Le FN, pièce maîtresse des anti-CNR.

    12 septembre 2012 21:51, par Arven

    A l’époque où le PCF était une organisation puissante, les forces libérales étaient relativement contenues. A contrario, plus le FN est fort depuis trente ans, plus ce pays subit l’euro-libéralisme. En fait, le FN n’a jamais été en mesure de remporter une élection significative et ne le sera jamais. Depuis trente ans, son rôle sur l’échiquier politique est celui que lui attribuent les forces dominantes. Dans les années 80, les néo-libéraux avaient trouvé en Mitterrand le meilleur promoteur de l’Union européenne. Mitterrand a ouvert les médias au FN pour diviser la droite qui présentait alors un obstacle électoral pour lui (la frange Gaulliste du RPR était encore influente). Puis, le FN a permis aux libéraux de paralyser la gauche anti-capitaliste. Le FN a en effet repris à son compte un certain nombre de revendications du PCF des années 80 (produire français et refuser les principes de supranationalité promus par le traité de Maastricht, etc.). Aujourd’hui, la fonction politique du FN est d’empêcher l’union des souverainistes de droite et de gauche en assimilant souveraineté et nationalisme. Jamais les forces de gauche qui défendent la souveraineté française n’accepteront l’option nationaliste du FN. L’épisode que nous vivons en ce moment, avec les propos de NDA, illustre à merveille le rôle néfaste du FN dans la dynamique souverainiste. La meilleure façon de rallier la partie non-raciste de l’électorat du FN à la cause d’un nouveau CNR est donc de lui montrer qu’il se fait voler ses voix lorsqu’il pense voter pour un parti souverainiste anti-système. Puisse les militants et adhérents de DLR comprendre cette donnée fondamentale.

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  • Nicolas Dupont-Aignan s’engage dans une impasse

    17 septembre 2012 10:24, par jack Freychet

    Je ne sais ou placer ces quelques lignes mais comme dirai le baron Pierre de Coubertin l’essentiel est de participer sans trop se perdre en considérations oiseuses, surtout lorsqu’il y a péril en la demeure cf. Sapir et ses prévisions de croissance du nombre de chômeurs pour 2013-2014.

    La vie m’a laissé beaucoup de doutes mais j’ai néanmoins gardé quelques repères, de plus n’étant pas maso je rejette ce qui fait mal, questions de survie pour moi et pour les autres et de cet aspect, contrairement à la majorité des politiques de tout bords je suis internationaliste, soucieux du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, j’exige la réciprocité.

    Est-on démocrate, au sens étymologique du terme, lorsqu’on prétend imposer un système de délégation de pouvoir à la sauce bourgeoise occidentale par la force de armes, l’est-on lorsque l’on multiplie les contre vérités, les sophismes, les promesse à la veille de chaque consultation électorales pour les renier le lendemain ?

    Bien sur que non, les moins blâmables lors des dernières élections étaient encore NDA et Cheminade, les autres n’ont rien proposé pour changé la donne : Ce ne sont que des « gigolos » du capitalisme, des apatrides du portefeuille. Normal pour la droite, malhonnête pour des gens se réclamant de la gauche.

    Que dans ces conditions une partie de plus en plus importante de l’électorat paraisse déboussolée : Les uns se tournant vers l’extrême droite, les autres s’abstenant quoi de plus naturel ? Je prétend même que c’est une saine réaction compte tenu du matraquage médiatique que nous subissons en permanence pour tenter de nous faire avaler des couleuvres.

    Quel intérêt de tenter de réintégrer l’électorat protestataire du Front national, qui lors d’élections locales sait dégager le bon grain de l’ivraie pour peu qu’il en ait l’opportunité, mais en nombre un détail par rapport aux dizaines millions qui s’abstiennent et votent blanc ou nul, dans ce grand cirque électoral, ce marché ou le nombre des dupés grandit de jour en jour. Je n’en vois aucun car ils en ressortiraient illico, les mêmes causes, dans des conditions données, produisent toujours les mêmes effets.

    Seule l’émergence d’une nouvelle représentation politique à partir des luttes dans les entreprises, les quartiers les cités, peut leur redonner confiance à la condition que ce ne soit pas au travers d’une délégation de pouvoirs qui conduise changer les hommes ou les femmes sans changer d’orientation économique, politique, et diplomatique.

    Il y a urgence. De mes différents mandats, je suis encore élu municipal, j’ai conserve un excellent contact avec les habitants de ma cité, j’interpelle également partout ou l’occasion se présente, point n’est besoin des sondages pour constater l’érosion de l’état de grâce du nouveau président et de ses séides, mais la conclusion de l’entretien débouche le plus souvent sur : Pas Sarkozy, pas Hollande mais alors qui proposez-vous, C’est bien là ou le bât blesse !

    Droite et social démocratie dans laquelle j’inclus la direction du PCF, et Mélenchon dont les accents tribuniciens qui ont pu tromper l’extrême gauche ne résistent pas à une lecture attentive de son programme sont disqualifiés.

    Restent les autres, qui refusent le statu quo, et voudront bien se donner la peine de lister les paramètres à inclure dans l’équation à résoudre sans nous laisser détourner par les leurres médiatiques de l’impérialisme occidental, les ONG à sa botte, le GIEC qui diffuse des thèses erronées que les gogos gobent comme des mouches, les écolos qui exigent de remplacer les pylônes électriques par des éoliennes, dont les limites sont bien connues, rejettent les OGM pour la consommation humaine et animales mais proposent pour remplacer les hydrocarbures de modifier génétiquement les algues marines, qui finiront bien par s’échapper du « bocal » pour essaimer sur les océans.

    Ce ne sont là que quelques exemples mais il est évident que l’abandon de l’euro et la sortie de l’UE en font partie de même que les conditions de élevage et du massacre des animaux de boucherie.

    Que des positions concordantes soient définies nous pourrions alors reprendre notre tunique de militant en attendant je continuerai sur ces bases.

    Enfin je rappelle qu’un compromis dépend de la justesse des propositions et du rapport des forces en présence. Le programme du CNR comportait deux volets :

    1) La libération du territoire et le reconquête de la souveraineté nationale objectif partagé par celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas…

    2) Un programme économique et social fortement influencé par les thèses du PCF et de la CGT qui par les sacrifices de leurs militants sur le terrain pouvaient se permettre de parler d’égal à égal avec l’ensemble des autres forces politiques et syndicales beaucoup plus conservatrices.

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  • BSR Amis je souhaite indiquer ici que la banque Nomura a publié cet hiver une étude de possibilité de retour à l’Ecu et cette hypothèse parait bien réaliste. Autre chose depuis 1992 l’introduction de l’euro a entrainé une augmentation de prix et ceux-ci montent,montent !l’inflation est comme la braise sous la cendre et promets de nouvelless déconvenues économiques.
    Salut et fraternité

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  • Je suis tombé sur cette chronique en cherchant, en vain, "droit de vote des étrangers" aux municipales. Le FN est absolument contre, il n’est pas le seul.

    Qu’en est-il des débats du M’PEP à ce sujet ?

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