Chronique du 20 février : Je suis solidaire du peuple grec, mais je ne signerai pas la pétition de l’Humanité !
mardi 21 février 2012
Auteur : par Jacques NIKONOFF
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La chronique de Jacques Nikonoff
20 février 2012.

JE SUIS SOLIDAIRE DU PEUPLE GREC, MAIS JE NE SIGNERAI PAS LA PÉTITION DE L’HUMANITÉ !

Jacques Nikonoff est porte-parole du M’PEP et ancien président d’Attac. Derniers ouvrages publiés :

  • « Sortons de l’euro ! Restituer au peuple la souveraineté monétaire » (Mille et une nuits, 2011).
  • « La confrontation. Argumentaire anti-FN » (Le Temps des Cerises, 2012).

Le massacre social et démocratique qui frappe la Grèce, provoqué par les oligarques de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), mais aussi par les dirigeants des pays concernés, suscite, à juste titre, une vague de réprobation en France. Les appels à la « solidarité » avec le peuple grec se multiplient. Il faut encore les amplifier. Et se demander comment faire pour qu’ils soient vraiment efficaces. Tel n’est pas le cas de la pétition intitulée « Solidarité avec la résistance grecque » lancée par le journal L’Humanité du 13 février 2012. Face à l’exacerbation de la crise de l’euro, et à l’intensité maximale et dramatique qu’elle connaît en Grèce, une grande partie de la gauche française et européenne est tout simplement perdue.

Une gauche déboussolée

La gauche, face à cette situation, tente à juste titre de réagir et d’exprimer sa solidarité avec le peuple grec. Mais ses initiatives et ses analyses sonnent creux, car elle reste engluée dans le mythe européen et s’avère incapable d’offrir la moindre perspective unificatrice aux mobilisations à l’échelle européenne.

Le symbole le plus visible de cette dérive est la pétition lancée par le journal L’Humanité du 13 février 2012, intitulée « Solidarité avec la résistance grecque ».

  • Premier problème : il est écrit « Il faut un véritable plan de solidarité avec la Grèce. C’est aussi la seule voie du salut pour l’euro et les partenaires européens d’Athènes ».

Mais non ! Ce dont ont besoin les Grecs, c’est l’annulation de leur dette ! Comme les Espagnols, les Portugais… et les Français ! L’Humanité n’évoque même pas la revendication principale qui devrait unifier les mouvements sociaux européens : l’exigence de l’annulation de la dette. En outre, L’Humanité veut le « salut » de l’euro ! C’est le monde à l’envers ! Combien de fois faudra-t-il répéter que l’euro est le vecteur de la libéralisation des marchés financiers, au service d’une politique monétaire faite pour eux, et qu’il a été conçu dans ce seul objectif. Il faut démanteler l’euro au plus vite et permettre aux différents pays concernés de recouvrer leur souveraineté monétaire tout en recherchant les moyens de mettre en place une monnaie commune et non plus unique. Pourquoi ce changement d’orientation de L’Humanité par rapport au rôle éminent joué par le journal en 1992 lors de la bataille contre le traité de Maastricht ?

  • Deuxième problème : il est écrit « La Banque centrale européenne (BCE) doit aider à relancer la croissance et l’emploi en Grèce et partout ailleurs, en finançant – au taux auquel elle prête aux banques, c’est-à-dire 1%, voire moins – les États et leurs services publics, en leur permettant ainsi de sortir de leurs dépendances des marchés financiers et de leurs taux d’intérêts usuraires ».

Mais non ! Si, un jour, la BCE prêtait directement aux États, ce serait un moindre mal. Mais ce jour n’arrivera pas, c’est rigoureusement impossible ! C’est faire preuve d’une profonde méconnaissance de la réalité politique européenne – et surtout allemande - et des mécanismes monétaires de la BCE pour imaginer une telle possibilité.

Rappelons, encore une fois, ce qui devrait apparaître comme des évidences à des hommes et femmes de gauche :

- La politique monétaire est le principal instrument au service de la politique macroéconomique décidée par un gouvernement. Elle permet d’ajuster le taux de change vis-à-vis des autres monnaies ; de fixer le prix de l’argent par ses taux d’intérêts aux banques ; de jouer un rôle de préteur « en dernier ressort » stabilisant ainsi le système bancaire ; d’accorder des avances et des prêts au Trésor avec ou sans intérêt… Dans les mains d’une gauche transformatrice, l’utilisation de cet instrument fera des ravages dans le capitalisme, en particulier pour financer la mutation écologique du mode de production et pour démanteler les marchés financiers. C’est pourquoi les classes dirigeantes ont ôté la politique monétaire du champ politique en rendant les Banques centrales « indépendantes ». Elles ne sont pas disposées à lâcher cet aspect essentiel de leur système de domination. Dans le cadre du rapport des forces actuel au sein de l’Union européenne, une modification de la politique monétaire de la BCE n’a tout simplement aucun sens. Il faudrait qu’une grande majorité des États-membres soient à gauche, et d’une gauche libérée du mythe européen. Nous en sommes loin. À moins que L’Humanité croie qu’il soit possible de concevoir une politique monétaire commune entre pays de gauche et pays de droite ?

- Pour changer de politique monétaire, il faut l’accord unanime des 27 pays composant l’Union européenne pour modifier le traité de Lisbonne. Cela n’arrivera pas à court terme. Or, les luttes sociales, si elles ont besoin de perspectives s’inscrivant dans la durée, ont aussi besoin de solutions immédiates. Revendiquer que la BCE prête aux États n’est pas une revendication immédiate. Les revendications dont la satisfaction est conditionnée par l’accord d’autres pays sont des impasses dans lesquelles les travailleurs sont entraînés.

  • Troisième problème : il est écrit « La construction européenne ne survivra pas à cette fuite en avant ».

Incroyable ! L’Humanité, après avoir pris la défense de l’euro, prend maintenant la défense de la « construction » européenne ! Faut-il encore rappeler que la « construction » dont il est question est celle du capitalisme européen ? Que cette « union » est celle des classes dirigeantes européennes et non celle des peuples ? Et que le meilleur moyen de faire preuve de solidarité est de s’engager vers son démantèlement ? Il n’est pas possible de modifier l’Union européenne de l’intérieur, c’est comme si on voulait changer l’OTAN de l’intérieur. Pour unir les peuples, il faut détruire le système de domination et d’aliénation qui les emprisonne, et bâtir une véritable union des peuples et des nations, débarrassée de l’eurolibéralisme.

  • Quatrième problème : il est écrit « Le Fonds européen de stabilité financière mis en place par l’UE doit être transformé en un fonds européen de développement social et écologique et dévoué à cette optique ».

Mais non ! Autant demander aux capitalistes de cesser d’être capitalistes ! Il n’existe aucun rapport de force, à l’échelle européenne, pour imposer une telle mesure qui fait office de vœux pieux. C’est décourager les travailleurs que de leur faire croire qu’une telle perspective est possible. Imaginons ce que donnerait la même revendication, mais transposée aux trois autres piliers de l’ordre néolibéral mondial. Ainsi nous pourrions demander au FMI de ne plus être le FMI et de supprimer les paradis fiscaux, d’interdire la spéculation, etc. Pendant que nous y sommes, nous demanderions à l’OMC de mettre un terme au libre-échange. Et à l’OTAN de se dissoudre…

  • Cinquième problème : il est écrit « la recapitalisation des banques ou leur nationalisation ».

Mais non ! Recapitaliser des banques ou les nationaliser, ce n’est pas pareil ! Faut-il en conclure que L’Humanité n’est pas favorable à la nationalisation de TOUTES les banques, même après le désastre auquel elles nous ont conduits ?

  • Sixième problème : il est écrit que cette recapitalisation des banques ou leur nationalisation « doit être conditionnée à une politique sélective du crédit ».

Ces objectifs sont minuscules, incapables de provoquer une rupture décisive dans le système capitaliste ! Bien sûr, la sélectivité du crédit est une très bonne chose. Mais à elle seule cela ne suffit pas. Il faut aussi :
- L’encadrement du crédit.
- Le contrôle des changes et des mouvements de capitaux.
- La fermeture définitive du marché obligataire.
- L’obligation faite aux banques et compagnies d’assurance d’acheter des titres d’État.
- …

Cette pétition provoque un immense sentiment de tristesse. Elle ne propose aucune perspective unificatrice des revendications et des luttes à l’échelle européenne. Elle ne propose rien, sinon des mots d’ordre creux et défensifs comme « résister ». Elle traduit l’état de délabrement idéologique d’une grande partie de la gauche, son impuissance, ses contorsions pathétiques pour donner l’impression qu’elle fait quelque chose.

La vraie solidarité avec le peuple Grec devrait montrer une voie commune pour tous les peuples européens : abattre l’ordre eurolibéral, avancer vers le démantèlement de l’Union européenne, dans l’immédiat annuler les dettes, sortir, partout, de l’euro et de l’Union européenne pour relancer l’emploi, l’activité économique, la protection sociale… Et ceci ne peut s’envisager qu’à l’échelle nationale !

C’est Aleka Papariga, secrétaire générale du Parti communiste grec qui a raison : « Le détachement de la Grèce de l’Union européenne et l’annulation unilatérale de la dette. Voilà la solution, tout le reste est un drame pour les travailleurs ».


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Forum de l'article  -17 Messages

  • Pourquoi cette propagande de dénigrement envers l’huma.
    si vous pensiez communiste, il est prévu, pensé que de toute manière il faudra sortir du carcan du capitalisme, de venir à l’Europe ds peuples.

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    • il ne s’agit pas ici de "dénigrement", mais de rigueur, d’analyse et de cohérence : Je ne résiste pas à une petite piqure de rappel aux bisounours que seraient devenus les communistes : critique par Karl Liebknecht de la "nouvelle méthode", alors exaltée par Jean Jaurès, et adulée dans la Sociale-démocratie allemande, à l’aube du débat sur le révisionnisme, trouvée dans la nouvelle biographie des "Liebknecht" (2007), Karl et Sophie, de Annelies Laschitza, qui n’a rien perdu de sa pertinence :

      "Elle se caractérise par :
      1 une foi religieuse dans une force magique et mystique, nommée « démocratie »
      2 la sous-estimation de la contradiction entre, le prolétariat et la bourgeoisie, le socialisme et le capitalisme, dont la résultante est l’espoir intense de désarmer la bourgeoisie ou de la convaincre, entièrement ou en partie, par la simple persuasion.
      3 réserves mises à part, l’abjuration de la révolution, « l’action violente » .

      Selon Liebknecht :

      "Vouloir changer la société armés de bienveillance et de l’art de la persuasion est une pure utopie."
      « la Démocratie n’est pas tant le pouvoir aux masses que l’attention qu’elle porte à la minorité »

      nous revoilà à la question des 99% et des 1% !!!

      Rapport de force !!!!

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    • Tout à fait d’accord avec l’article de Jacques Nikonoff.Ras le bol des gens qui disent qu’on dénigre l’Huma quand on ose dire qu’elle est devenue le quotidien de la social démocratie : cela est la vérité, à chacun ses opinions, faut les assumer...

      Question : pourquoi est-ce qu’on soutient le Front de Gauche, qui, FONDAMENTALEMENT, n’est pas sur nos positions ? Quelle différence, dans une urne, entre un bulletin critique et un bulletin normal ? On est CONTRE ces gesticulations, un point c’est tout.

      C’est pas parce que Mélenchon est le moins pire qu’il est bon. C’est un semeur d’illusions comme les autres. Ceci dit, je distribue ses tracts, je suis un bon petit soldat du M’PEP.

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  • Mis à part l’invective, modérer une intervention à priori ne peut que conforter la pensée unique en faveur du libéralisme, qu’il soit de droite ou de gauche, et de ses visées impérialistes qui mettent la planète à feu et à sang depuis des siècles hier sous prétexte de répandre la civilisation aujourd’hui pour imposer la démocratie à des peuples qui en la matière n’ont de leçons à recevoir de personne surtout de ceux qui n’ont d’autres droits que d’opiner ou de se taire.

    Je n’ai pas signé et ne signerai pas la pétition de l’Huma pour les mêmes raisons qui m’ont fait quitter le PCF en 1998 et dont certaines m’ont poussé vers le MPEP qui même s’il n’a pas réponse à tout ne devrait pas coller à une roue qui conduit à l’impasse.

    Je partage la quasi-totalité des propos de jacques Nikonoff sur le contenu de la pétition, j’ajoute simplement que si la politique sélective du crédit peut être une bonne chose avec des mesures d’accompagnement il est auparavant nécessaire de récupérer la part de PIB dont nous avons été spoliés au début des années 1980, cela représente près de 200 milliards d’euros sic Bernard Friot.

    Le programme du Front de Gauche se conjugue au futur, renvoie les luttes à l’après élection alors qu’elles n’ont jamais été aussi nécessaires au présent en particulier pour soutenir le peuple grec dont le triste sort sera bientôt le nôtre si nous laissons faire. C’est ça la fuite en avant. Mélenchon sera absent du second tour et s’empressera de rejoindre sa famille d’origine pour occuper un strapontin. Nous n’avons rien à attendre sur ces bases d’autant que Hollande dit que ses propositions sont à prendre ou à laisser et d’ailleurs elles ne sont pas très éloignées de celles de Sarkozy.

    Enfin j’ai des difficultés à comprendre les raisons du préjugé favorable accordé au Parti de Gauche qui très unanimement prône le maintien de l’assujettissement à l’euro et à l’UE, défend l’impérialisme occidental, alors que des dizaines de milliers de communistes encartés ou non combattent les thèses social-libérales de la direction du PCF.

    Je n’aurais donné et ne donnerai aucune consigne de vote Avec cependant la volonté d’éviter un face à face Sarkozy Le Pen au second tour et d’exclure le premier de la vie politique française sans illusion aucune sur son successeur qui à défaut de mettre en œuvre sous la pression de la rue la thérapie adéquate devra prendre le même chemin illico presto.

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  • Ce revirement de l’Humanité serait-il dû à l’ouverture de son capital, en 2001, à des investisseurs privés (TF1, Lagardère) ?

    En tout cas, excellent article !

    Cordialement.

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  • Je suis tout à fait d’accord avec ce qu’écrit J.Nikonoff à propos de la pétition de l’Humanité. Quelle tristesse de voir ce Parti - qui fut le mien - abandonner toute sa réflexion et toutes ses positions concernant l’UE. Au nom de quoi ? Du réalisme en politique ? de l’union de la gauche qui lui rapporte de nombreux postes d’élus pour financer ses permanents ? pour sauver l’institution " parti communiste" ? A quoi devrait donc servir un parti communiste ? A faire prendre conscience de la nécessité d’en finir avec ce régime capitaliste et à proposer une voie pour en sortir en France. En conséquence il devrait analyser quel est le rôle de l’UE, au service du capitalisme du XXIème siècle, de la régression sociale, pour faire taire les peuples qui se révoltent ...Il devrait aider à ce que grandissent les mobilisations pour s’opposer à ces politiques néfastes, pour sortir de l’euro, pour sortir de l’UE. La moindre des choses, ce serait qu’il reprenne le mot d’ordre que votre mouvement a lancé, celui de "désobéissance européenne". Même ce mot d’ordre doit lui sembler trop révolutionnaire puisque je ne le retrouve pas dans les tracts du PCF. Alors que je l’ai retrouvé dans des tracts du Parti de gauche-Front de gauche. Pour autant je ne partage pas toutes les idées de Mélenchon, notamment concernant l’UE. Et je n’appellerai pas à voter pour lui.
    Une question : que penserait le Mpep d’une pétition pour exiger un référendum concernant la règle d’or ? ( type celle initiée par Etienne Chouart même si je ne partage pas ses idées sur l’UE ou une autre plus incisive sur l’UE ?)
    Yvette Genestal Action Communiste Haute-Normandie.

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  • "Il faut démanteler l’euro au plus vite..." On N’ose même pas en rêver. mais est-il encore temps et quelles forces pour le faire ?
    ...
    "recapitalisation des banques" Ben manquerait plus que çà !!

    conclusion : on n’est pas sortis de l’auberge

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  • la grèce sort de l’euro, ne paye pas la dette, >O K ! mais enfin, après avoir dépensé n’importe comment les fonds européens largement accordés quand elle est rentrée ds l’union.
    Passons ! Que produit la Grèce ? comment va t’elle’ pouvoiir répondre à la demande intérieure alors qu’elle ne produit rien ! (du soleil et de la Feita fabriquée au pays bas !) Il faut un plan marschall pour la grèce qui lui permette de s’industrialiser, investir ds des unités de production qui génèrent de la valeur ajoutée et non pas embaucher des fonctionnaires qui ne rapportent rien ou payer les militaires d’une armée trop nombreuse.

    par pitié ne comparons pas la situation grecque avec la france, 5eme puissance économique mondiale, c’est ridicule ?

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  • "Pour unir les peuples, il faut détruire le système de domination et d’aliénation qui les emprisonne, et bâtir une véritable union des peuples et des nations, débarrassée de l’eurolibéralisme"... 100% d’accord !
    J’ajouterais aussi : ainsi que des confréries de tous ordres et de tous poils.
    Actuellement le passage obligé par l’adoubement des plus influents ainsi que le noyautage structurel des institutions et appareils de gouvernances publics ou privés (aux échelles nationales et internationales) par les principes occultes d’intérêts et de copinage est tout à fait regrettable. (Tout comme à l’Opéra, pour pouvoir accéder aux loges offrant la meilleure vue, il faut faire acte d’allégeance aux puissants pour être accepté parmi les membres de la classe dite « d’en-haut » qui occupe d’ores et déjà les meilleures places !)
    Conséquemment, les modes de financement et d’information sur les partis politiques sont eux-aussi stratifiés, cloisonnés et leurs représentations filtrées et verrouillées.
    Enfin, que dire de la règle d’or électorale imposée insidieusement par la mise en place stratégique et graduelle de machines à voter électroniques qui condamne l’urne traditionnelle transparente à la disparition et entérine définitivement le vote blanc dans les ténèbres d’une mémoire artificielle, froide et manipulable ?
    En ce temps d’élections à venir sur fond de crise planétaire, la porte du champ des possibles pour retrouver une démocratie idéale est toujours savamment et solidement fermée ! Le temps est pourtant venu de l’ouvrir...
    Rendre en France le pouvoir à l’imagination politique, est-ce encore possible ?
    Rendre la dignité aux grecs ainsi qu’à toute les populations qui souffrent sur Terre, ne serait-ce pas là l’essentiel ?
    Vouloir un avenir pacifique, juste, égal, équitable, solidaire et décent aux générations actuelles et futures devrait être la priorité politique.
    Pour ce faire, préserver la biosphère, protéger la vie et réduire les souffrances devraient devenir coûte que coûte les objectifs à atteindre et à tenir.
    Partager volontairement, de manière transparente et pacifique (en les rationnant intelligemment), les ressources naturelles de notre planète permettrait d’être en mesure de nous adapter au changement climatique en cours et d’accueillir les réfugiés dont l’exode à d’ores et déjà commencé.
    Éviter grâce à la pensée planétaire et son approche écologonomique la liquidation finale des services publics et la destruction généralisée des espaces et biens communs, c’est encore possible.
    La pauvreté ne ferait alors plus le lit de la richesse !
    Enfin, refermer d’urgence la boite de Pandore des guerres actuelles induites par la sinistre géopolitique des tubes éviterait certainement la barbarie qui vient au travers du terrible affrontement globalisé qui malheureusement se précise, jour après jour...
    Tout ceci ne peut s’envisager qu’aux échelles nationales pour arriver in fine à l’échelle planétaire.
    Alors citoyens ?

    Y.B.

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  • Si le Front de Gauche(FdG)est un front c’est bien pour signaler sa diverdité. Les Assemblées Citoyennes (sans pousser l’anaalysedu contenu de la "la participation citoyenne")ont précisémént pour but de permettre à cette diversité de s’exprimer, créer la confrontation et, surtout,de se perénniser au delà des élections : il s’agit de mettre en place un type de rapport nouveau Citoyen-Elu qui batte en brèche la délégation de pouvoir, source de tous les renoncements au profit d’une Oligarchie parlementaire (Cf.le refus du TCE2005).
    Prôner la sortie de l’Euro(pe)comporte le risque MAJEUR de mettre en concurrence le Franc retrouvé et l’€, c’est à dire laisser les mains totalement libres à la BCE et à ceux qui la manipulent.Est-il illusoire de penser qu’une mise cause radicale de la dominance dela BCE ( et de son rôle)tels que le Fdg le demande, lui vaudra la solidarité active des peuplesd’Europe tout aussi menacés que nous ? La participation aux Manifs’ du 29 Février puis du 10 Mars (Commune de Paris)sera un bon départ.
    On lâche rien !On lachera rien !

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  • Membre d’Attac depuis sa création,et membre du PCF, j’ai regretté le départ d’Attac de Jacques Nikonoff qui y apportait un souffle politique très utile et qui fait maintenant défaut. Je suis avec beaucoup d’intérêt ce que dit et fait le M’PEP ... même si je ne pense pas que, dans la période actuelle, les questions de la sortie de l’Euro et de l’Europe soit pertinentes et capables de rassembler dans la gauche et au-delà. Il ne s’agit pas aujourd’hui, de mon point de vue, de "faire table rase" mais de transformer radicalement en créant le rapport de force nécessaire. Utopie ? L’histoire construite par les luttes le dira.
    Concernant la Grèce, où se trouve une partie de ma famille et de mon coeur, une récente réunion organisée à Jussieu (Paris) par des militants du KKE de France m’a convaincu, s’il était nécessaire, d’exprimer une solidarité, y compris matérielle, sans faille, au peuple grec magnifique qui souffre et lutte. Peu importe la forme. Lire, à ce sujet, la récente déclaration de Mikis Theodorakis.
    Bonnes nouvelles : le M’PEP soutient la candidature de Jean-Luc Mélanchon et Aurélien, mon ami, que je salue, a participé à un meeting unitaire à Poitiers.
    Tout le reste me semble assez dérisoire et inutile compte-tenu des enjeux. Cordialement.

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    • Mon ami Virgile m’ayant provoqué ces derniers temps... avec le Mpep dont je n’avais encore jamais entendu parler (j’avoue ne pas trop suivre l’actualité politique, peut etre par cynisme, ou alors par pessimisme et desespoir...) d. C’est donc la 1ere (et peut être la dernière) fois que je prends la plume dans ces colonnes.

      Comme c’est la 1ere fois, je risque de dépasser le sujet de la pétition de l’huma...mpais, bon, soyez indulgent pour un polemiste débutant.

      1- pourquoi voulez vous sortir de l’Euro ? : c’est la seule monnaie en mesure de contrer le $, par qui le malheur est arrivé (je ne parle pas de ses dernieres tribulations, je parle du plan Marshall, qui a inféodé quasiment le monde entier aux Américains) Réflechissez un peu, et visez la bonne cible, les snipers ! Car enfin, les USA sont les promoteurs de bien trop d’instances internationales, toutes promues dans un seul but : amèliorer leur bien etre. Dont je mettrai l’OMC et le FMI en tete. Organismes qui restent, pour moi, les responsables majeurs de nos ennuis.
      Pas l’€.

      2-Pourquoi voulez vous tuer l’Europe ? : c’est la seule chance que tous ces petits pays europeens a de pouvoir tenir tete aux quelques géants d’aujourd’hui. Alors, par pitié, ne cassons pas l’Europe. Fou***-y la m***, desobeissons, entrainons les autres peuples d’Europe a la meme chose (a se battre contre les "europeens" des banques et des maitres d’industrie), jusquy’a ce que nous obtenions l’Europe dont nous avons besoin..

      3-Ou sont les idées neuves ? : je constate que la conception du changement qu’ont trop d’intervenants dans vos colonnes fait la preuve d’un manque d’imagination déplorable :
      A propos du type de société dont nous avons besoin pour prendre un nouvel élan :
      le capitalisme, c’est maintenant prouvé : ca marche pas. Le communisme : ca a ete essayé, ça marche pas plus, de meme que le fascisme, la monarchie etc. La preuve est faite : TOUT CA NE MARCHE PAS !
      Tout ce que vous proposez c’est de revenir 30 ou 50 ans en arrière !! non, c’est pas comme ça que l’humanité va évoluer. Car enfin, c’est bien cela le probleme : il faut faire evoluer l’humanité. A plus ou moins long terme, mais il faudra la faire evoluer (d’ailleurs, si vous voulez le fond de ma pensée, il y a interet a faire vite, parce que d’ici 50 ans ...plus de civilisation, et probablement aussi plus d’hommes sur Terre (cette planète qu’il faut tellement proteger et qui s’en fout, elle continuera à tourner, elle)

      4- Alors, si vous voulez essayer quelque chose de nouveau, je vous propose l’ANARCHISME ... Ca a failli marcher, en Espagne. Mais les fascistes étaient vraiment trop forts à l’epoque ! Si nous tirons les enseignements de cet essai, peut etre ça marchera cette fois ci ???
      Eduquer les peuples, des le cours preparatoire, à etre responsables d’eux memes, et des autres...a assumer leurs actes. ce serait un bon debut.
      je voterai pour celui qui arrivera avec des idées vraiment neuves (ou en tout cas jamais vraiment testées ; car l’anarchisme n’est pas neuf lui aussi !..)

      allez, a plus comme ils disent tous.
      T

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      • Je ne suis pas sûr que l’€ soit réellement capable de contrer le $, il en dépend. L’Europe est de même assujettie aux USA, le FMI et l’OMC en sont les bras séculiers, et j’espère que leurs fondateurs et dirigeants auront un jour des comptes à rendre.
        Par contre, le concept de chute du communisme est sans fondement : le communisme ( disparition de l’État, de la monnaie, ce qui implique la satisfaction des besoins etc.) n’a jamais existé nulle part, ni les conditions pour vivre en Communisme. Que les medias aux ordres serinent cette rengaine est compréhensible, mais battons nous contre eux sur ce point comme sur les autres. Qu’il y ait eu un mouvement communiste qui ait parfois pris le pouvoir, devant lequel des dirigeants aient perdu la tête, c’est autre chose : le centralisme démocratique, ce n’est pas le centre qui dirige, c’est le centre qui est chargé d’appliquer les décisions de la base. On ne devrait pas comptabiliser les morts, quoique les gouvernements capitalistes actuels et leurs prédécesseurs aient infiniment plus de morts sur la conscience ( guerres impérialistes, colonisation, conditions de travail etc )
        Que l’on parle de chute du Communisme y compris dans nos rangs témoigne de la faiblesse idéologique qui y règne.

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        • peut etre l’€ ne sait pas contrer le $, en tout cas je ne crois pas qu’il en dépende (les USA ont mis suffisamment de bâtons dans ses roues lors de sa création, et après !), et le FF, quand a lui, fera rire... même raisonnement pour l’Europe. Si nous sommes aux ordres des USA, a nous de secouer le joug. Mais pas aux seuls petits brass des petits français !! Donnons cette volonté à la puissance Européenne, au lieu de la casser...
          "le concept de chute du communisme est sans fondement" Je ne suis pas un théoricien du communisme, je suis comme la très grande majorité des français : Pour tous, l’URSS, c’était le communisme. Et si il n’a pas chuté...
          Il faudra trouver un autre nom pour cette autre chose que tu proposes...Car les mots, ça a un sens à un moment donné, et gardons nous de l’oublier. C’est du reste pourquoi je parle d’anarchisme au lieu d’anarchie. Et même cela est insuffisant : dis : "anarchisme" a quelqu’un et il te répond : "pagaille" (si il est poli...). Ce qui n’est bien sûr pas mon but ; au contraire.
          Pour finir, n’oublie jamais la regle des 5C rappelée ici

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  • Vous parlez de ce sujet complexe avec une grande aisance et d’une manière très claire. Merci pour cet échange instructif.

    Lauren de glh

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