Chronique du 27 mars "Le contrôle nécessaire du prix de l’essence."
mardi 27 mars 2012
Auteur : par Jacques NIKONOFF

Depuis le début de l’année 2012, le prix de l’essence à la pompe s’envole, plus encore que pendant l’année 2008 qui avait été cauchemardesque sur ce plan. Mi-janvier, un premier record historique avait été battu : le litre de super sans plomb 95 était en moyenne à 1,556 euro, le 98 à 1,595, le gazole à 1,424. Fin février 2012, le prix du 95 passait à 1,60 euro et le gazole à 1,44 (record historique de 1,45 en 2008). Le gazole battait son record le vendredi 16 mars, à 1,46 euro. Le 95 était à 1,65 et le 98 à 1,69. Une station-service parisienne était même au seuil symbolique de 2 euros le litre (13 francs français !).

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La chronique de Jacques Nikonoff
27 mars 2012.

LE CONTRÔLE NÉCESSAIRE DU PRIX DE L’ESSENCE

Jacques Nikonoff est porte-parole du M’PEP et ancien président d’Attac. Derniers ouvrages publiés :

  • « Sortons de l’euro ! Restituer au peuple la souveraineté monétaire » (Mille et une nuits, 2011).
  • « La confrontation. Argumentaire anti-FN » (Le Temps des Cerises, 2012).

Depuis le début de l’année 2012, le prix de l’essence à la pompe s’envole, plus encore que pendant l’année 2008 qui avait été cauchemardesque sur ce plan. Mi-janvier, un premier record historique avait été battu : le litre de super sans plomb 95 était en moyenne à 1,556 euro, le 98 à 1,595, le gazole à 1,424. Fin février 2012, le prix du 95 passait à 1,60 euro et le gazole à 1,44 (record historique de 1,45 en 2008). Le gazole battait son record le vendredi 16 mars, à 1,46 euro. Le 95 était à 1,65 et le 98 à 1,69. Une station-service parisienne était même au seuil symbolique de 2 euros le litre (13 francs français !).

La hausse des prix du pétrole impacte directement la facture énergétique française. Celle-ci était de 60 milliards d’euros sur les douze mois cumulés d’octobre 2010 à octobre 2011, soit près de 40% d’augmentation en un an. Cette facture est passée de 22 milliards d’euros en 2002 à 48 milliards en 2010. Elle contribue ainsi pour près de la moitié au déficit commercial de la France.

Entre le début 2012 et fin février, le pétrole de la mer du Nord (le « brent ») a augmenté de 15% après avoir déjà augmenté de 11% en 2011. À mi-mars il était à 125 dollars le baril.

Quelles sont les causes de la hausse des prix du pétrole ?

La tendance à la hausse du prix du pétrole sur le long terme à une cause principale : l’épuisement programmé, à terme, de la ressource. Les réserves fossiles étant en quantité limitée, leur raréfaction pousse à la hausse des prix. C’est la tendance historique. Raison de plus pour organiser une gestion publique du pétrole et pour mettre fin au monopole du « marché » concernant la fixation des prix.

Une autre tendance à la hausse, mais cette fois-ci sur le moyen terme, concerne la forte demande persistante des pays émergents, même si on observe un certain ralentissement dans les pays développés.

Sur le court terme, les inquiétudes quant à la situation internationale sont propices à la multiplication des opérations spéculatives sur le pétrole. Les tensions avec l’Iran sur la question du nucléaire et le risque de guerre avec Israël et la perspective d’en embargo sur les importations de pétrole iranien constituent la principale source d’inquiétude. Il faut aussi ajouter l’interruption de la production de pétrole au Soudan du Sud, le ralentissement de la production au Yémen, les perturbations de la production en Lybie et en Syrie.

Plus il y a d’incertitudes et d’inquiétudes, et plus la spéculation prolifère. Celle-ci est organisée par les fameux fonds spéculatifs (hedge funds) d’outre-Manche et outre-Atlantique. Ils « jouent », selon les circonstances, à la hausse ou à la baisse des cours. Les positions peuvent être shorts (pariant sur une baisse des cours) ou longues (pariant sur une hausse des cours).

La flambée des cours – on le dit moins – est également largement entretenue par les politiques monétaires des banques centrales. En maintenant des taux d’intérêt faibles en particulier aux États-Unis – ce qui présente par ailleurs des avantages en terme de croissance économique – elles permettent aux spéculateurs d’emprunter des dollars à bas prix pour les placer ensuite sur les marchés pétroliers. D’autres marchés de matières premières sont également concernés, poussant ainsi les prix à la hausse. L’économie mondiale est victime d’une bulle spéculative sur les marchés de matières premières, notamment le pétrole, de façon quasi-chronique.

Le taux de change entre l’euro et le dollar ajoute à la hausse des prix du pétrole. Prenons deux exemples.

Exemple 1 : en juillet 2008, le baril de brent (pétrole de la mer du Nord, équivalent à 159 litres), valait 147 dollars quand l’euro valait 1,60 dollar. Le baril valait donc 92 euros, et 1 litre 0,924 dollar ou 0,578 euro.

Exemple 2 : mi-mars 2012, le brent est à 125 dollars et l’euro à 1,30 dollar. Le baril valait donc 96 euros, et 1 litre 0,786 dollar ou 0,603 euro.

Conclusion : alors que le prix du brent a baissé en dollar, il nous a coûté plus cher à cause du taux de change de l’euro ! C’est encore une raison supplémentaire de sortir de la zone euro pour reconquérir la maîtrise du taux de change.

La fiscalité sur les produits pétroliers

La fiscalité sur les produits pétroliers peut jouer à la hausse des prix ou, au contraire, servir d’amortisseur à la hausse des prix de marché.

La Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) a été remplacée par la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE)

Le nom a changé en 2011 dans le but officiel de rendre plus clair le fait qu’elle s’applique aussi à des sources d’énergie qui ne sont pas d’origine pétrolière. C’est une taxe spécifique qui frappe la quasi-totalité des carburants. Sa fonction, en augmentant le prix de cette énergie, est d’en modérer la consommation. La TVA est calculée en incluant la TICPE (ex-TIPP). Dès lors, chaque augmentation du prix du pétrole (ou de la TICPE), entraine une augmentation proportionnelle de la TVA. Quand le pétrole était bon marché, la part totale des taxes (TIPP et TVA) a représenté jusqu’à 80% du prix du super.

La TICPE est une taxe perçue sur les volumes et non sur le prix de vente du produit : un montant fixe en euros est perçu sur chaque litre vendu. Ainsi, la hausse du prix des carburants hors taxes n’augmente pas la recette de la TICPE (alors qu’elle augmente le produit de la TVA). En 2011, la TICPE représente 0,6069 € par litre de super 95 et 0,4284 € par litre de gazole.

De nombreuses professions et activités bénéficient d’exonérations partielles ou totales de la TIPP : aviation (exonération sur le carburéacteur aéronautique) ; bateaux et pêche (à l’exclusion de la navigation de plaisance et de sport, et du transport fluvial) ; taxis et ambulances ; transport public ; transport routier de voyageur ; transport routier de marchandises (remboursement d’une fraction de la TIPP pour les véhicules de plus de 7,5 tonnes) ; agriculture (réduction de la TIPP sur le fioul et de la TICGN sur le gaz naturel). Les sociétés de transport disposent de quelques avantages : une aide fiscale qui s’élève à près de 40 centimes d’euro au litre, et depuis 2006 d’un mécanisme de répercussion des variations de charge de carburant dans le prix de vente des prestations.

Le produit de cette taxe (qui rapporte environ 25 milliards d’euros par an) est distribué à l’État, aux régions et aux départements. Depuis la loi de finances 2006, les régions perçoivent une part importante de la cette taxe (en 2007, plus de 6 milliards d’euros sur les 25). Elles ont aussi la possibilité d’en moduler le taux dans une faible mesure (représentant environ 1% du prix du carburant à la pompe).

La TIPP flottante

C’est un mécanisme qui permet à l’État d’amortir la hausse des prix à la pompe en restituant aux consommateurs le surplus de recettes qu’il engrange au titre de la TVA.

La loi de Finances pour 2001, du temps de la gauche plurielle, avait institué une TIPP dite « flottante ». La TIPP était modulée quand le cours du pétrole brut variait à la hausse ou à la baisse de plus de 10% par rapport aux deux mois précédents. L’État restituait alors aux consommateurs le surplus de TVA encaissé grâce à la hausse des prix. Le mécanisme s’interrompait dès lors que les prix du brut revenaient à un niveau inférieur à ceux de janvier 2000, soit 25,44 dollars le baril. En 2002 le nouveau Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, avait annulé ce dispositif.

Lionel Jospin, lorsqu’il était Premier ministre, avait renoncé à 2,7 milliards d’euros de recettes pendant une vingtaine de mois, pour une baisse du prix à la pompe de 2 centimes d’euros par litre. Les recettes de TVA, de leur côté, n’avait augmenté que de 1,4 milliards sur la période.

Transformer le pétrole en bien commun

Le pétrole, comme toutes les matières premières, doit devenir un bien commun universel. Il doit échapper au marché et servir au développement économique de tous les pays. L’idéal serait de parvenir à une gestion mondiale, coopérative, de la ressource, libérée de la tutelle des grandes sociétés pétrolières et des États à leur service. Mais comme ce n’est pas pour demain, tout en poursuivant la lutte pour atteindre cet objectif, des mesures nationales unilatérales sont indispensables dès maintenant. Que pourrait ainsi faire un gouvernement vraiment de gauche, en France ?

Dans l’immédiat il faut protéger le pouvoir d’achat des salariés et des retraités en rétablissant l’échelle mobile des salaires et des prix, supprimée par le ministre socialiste Pierre Bérégovoy. À ce propos, rappelons que Bruxelles veut supprimer l’échelle mobile des salaires et des prix dans les deux seuls pays où elle subsiste encore : la Belgique et le Luxembourg. Le mécanisme est simple : lorsque les prix augmentent, par exemple, de 0,8% au mois de février, tous les salaires et tous les revenus de transfert (allocation chômage, pension de retraite…) augmentent de 0,8% en mars. Et ainsi de suite chaque mois.

Parallèlement, les compagnies pétrolières et les raffineries devront être nationalisées. L’indemnisation des actionnaires devra être modique car elle intègrera tous les profits spéculatifs réalisés ces dernières années qui viendront en déduction du prix de marché. Les propriétaires des compagnies pétrolières sont parmi les classes dirigeantes les plus réactionnaires. L’affaiblissement de leurs revenus, de leur pouvoir économique et symbolique apportera une bouffée d’air frai. Et facilitera la sortie du pétrole des logiques du marché pour en faire un bien commun. Ce sera aussi le moyen de développer les raffineries en France qui manquent d’investissements et ne peuvent répondre à la demande. Elles produisaient 24 millions de tonnes de gasoil en 2008 pour une consommation de 33 millions, soit un besoin d’importer 9 millions de tonnes, venant alourdir le déficit commercial français déjà abyssal. En France, Total a engrangé en 2011 la somme fabuleuse de 44,6 milliards d’euros qui ont été versés aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions. Les sommes seront utilisées au service de l’intérêt général.

Il faudra aussi mettre en place un tarif social pour l’essence. Pourquoi les exonérations de taxes ne toucheraient que les entreprises, et pas les automobilistes captifs de leur véhicule pour aller travailler ? Le carburant est une dépense largement contrainte pour une grande partie de la population. La Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie explique que « sur les trois quarts du territoire, les transports collectifs ne permettent pas de remplacer l’utilisation d’un véhicule ». En outre, avec la hausse des prix de l’immobilier, l’usage de la voiture se développe, les gens vont habiter de plus en plus loin de leur lieu de travail. Il faut donc rétablir une « TIPP flottante » en abaissant son prix actuel et en le rendant différencié selon les situations des automobilistes.

Cependant, si aucun candidat à l’élection présidentielle ne fait cette proposition, c’est parce que dans un contexte de dette publique élevée ils ne veulent pas se priver de recettes fiscales. La dette ne pourrait alors que s’aggraver. Existe-t-il une solution ? Oui, encore une fois, grâce à la sortie de l’euro. Le manque à gagner fiscal provoqué par la baisse de la TICPE sera comblé par des avances de la Banque de France au Trésor, non remboursables.

De 1928 à 1982, c’était l’État qui décidait de la quantité de pétrole qui entrait en France, les raffineries qui allaient le traiter et les prix. Par décret. Le lobbying des compagnies pétrolières a bien fonctionné, puisqu’elles ont réussi à faire abroger la loi organisant ce système en 1982, quand la gauche était au pouvoir et qu’un ministre communiste était aux Transports ! Elles avaient promis, grâce à la concurrence, que les prix baisseraient. On voit aujourd’hui le résultat.

Autre point : l’essentiel des réserves pétrolières se trouve au Moyen-Orient, région la plus instable du monde. Il faut diversifier nos approvisionnements ! C’est possible en se rapprochant du Venezuela puisque la France n’importe rien ou presque de ce pays. En 2008, l’origine de ses approvisionnements en pétrole était la suivante : pays de l’ex-URSS (29%), Afrique (29%), Moyen-Orient (22%), Mer du Nord (20%). L’épuisement en cours des gisements de la Mer du Nord permet de faire appel au Venezuela. Pour éviter de dépenser des devises en dollar, la France peut proposer un accord de troc à ce pays : du pétrole contre des biens industriels ou agroalimentaires fabriqués en France (le Venezuela n’a pas encore atteint son autosuffisance alimentaire), de la technologie, de la main-d’œuvre qualifiée…

On entend dire aussi que la sortie de l’euro provoquera une augmentation du prix du pétrole causé par la dévaluation du franc. Comment faire pour ne pas être pénalisés par la hausse des prix qui suivra cette dévaluation ? En règle générale, les gouvernements apportent des aides ponctuelles à certaines professions particulièrement touchées comme les marins pêcheurs, les transporteurs routiers, les agriculteurs… Il est possible d’aller bien au-delà de cette politique conjoncturelle pour mettre en place un dispositif structurel à partir des « stocks stratégiques » de pétrole. Rappelons que le pétrole est considéré comme un produit stratégique par tous les pays depuis la Première Guerre mondiale. Dès 1925, de manière unilatérale, la France a imposé aux opérateurs privés la détention de stocks de réserves pour répondre initialement aux besoins en carburants des armées. Désormais il s’agit de faire face aux conséquences d’une crise pétrolière internationale, d’une grève de la navigation, d’un boycott politique, etc. Il est possible d’ajouter à cette liste la protection contre la variation des prix. Les États comme la France, membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), sont astreints aujourd’hui à la constitution de stocks de pétrole brut et/ou de produits finis représentant 90 jours d’importation nette. Pour ce qui la concerne, l’Union européenne a fixé une norme de 90 jours de consommation. On peut proposer que la France augmente son stock stratégique à 360 jours de consommation. Le but serait de proposer aux résidents français un prix fixe de l’essence, quelque soit le prix international du brut. Le stock baisserait lorsque le prix international du brut monte, et inversement.

Pour terminer, il faut réduire la dépendance aux matières premières importées, développer les sources alternatives d’énergies. Mais – c’est à n’y rien comprendre - Sarkozy met des battons des les roues de l’éolien et du photovoltaïque !

À voir l’excellent dossier de la Fédération nationale des industries chimiques de la CGT :
http://www.fnic.cgt.fr/Les-branches/Petrole

Jacques Nikonoff


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Forum de l'article  -7 Messages

  • le contrôle du prix d’essence est toujours nécessaire ,en outre on peut aussi contrôler sa consommation à l’aide des trackeurs.
    dakitrack.com

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  • pour avoir travaillé toute ma vie dans l’énergie (20 ans de pétrole, 15 ans de nucléaire), je suis un chaud partisan de Jancovici http://www.manicore.com/ et partage totalement son opinion sur le fait que le prix de l’énergie en général, et des énergies fossiles en particulier) doivent augmenter. En fait il y a déjà longtemps que le pétrole aurait du augmenter fortement...Mais la politique...Si vous voulez tout comprendre, allez donc visiter le site de Janco. On y apprend et on y comprend beaucoup de choses sur ce qui se passe aujourd’hui (pour si peu qu’on accepte le parler vrai et pas seulement la langue de bois politique et politiquement correcte, et les théories a la mode des YAKAS écolistes), autant l’augmentation des cours du pétrole que la montée de LePen -que nous aurons bientôt au pouvoir :-((
    Afin de vous permettre d’apprécier rapidement, je vous cite 1’ extrait de son dernier article. (j’espère qu’il ne m’en voudra pas de "pirater" son site, comme c’est pour la bonne cause..)

    Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la contrainte pétrolière - qui va s’accroître - provoquera, en « business as usual », une à deux récessions sévères pendant la prochaine mandature, démentant les prévisions de croissance totalement irréalistes sur lesquelles sont bâtis les projets des principaux candidats.

    et la conclusion du même :

    Et c’est au moment où la population de « décideurs ordinaires » - publics ou privés - qui a envie d’entendre parler de la réponse au défi n’a jamais été aussi nombreuse, que le monde politique démissionne. A-t-il pris peur devant ce qu’il a compris, laissant finalement au monde civil le soin d’avoir du courage à sa place ? N’a-t-il rien compris du tout, et confondu la physique éternelle avec un effet de mode ? Est-il persuadé que les problèmes ne commenceront qu’après le décès du dernier d’entre eux ? Alors que nous nous apprêtons à vivre une des dernières élections présidentielles avant le début de la grande contraction énergétique européenne, cette indigence est lourde de menaces.

    Bref, tout ça pour dire, ne râlons pas trop après cette augmentation, contentons nous d’en utiliser moins. Même si ça demande ,n effort de changement d’attitude.
    T

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    • Manicore est assez bien documenté mais certaines de ses conclusions sont erronées, d’autres douteuses. Je n’y ai pas lu que Jancovici préconisait l’abandon du nucléaire qui avec les générateurs de quatrième génération nous mettrait à l’abri de toute pénurie pendant des siècles, voire des millénaires du moins le temps nécessaire pour mettre au point des énergies renouvelables, économiquement compétitives, sans grever ni notre économie ni le budget de la ménagère.

      L’éolien, 1 Mw utile pour 5 installés, et le solaire voltaïque, dont il faut traiter les panneaux en fin de vie, ou comment ? , ne trouvent à se développer qu’à coups de subventions dont le poids est supporté par le consommateur lambda, vérifiez sur votre facture, et les contribuables locaux pendant que les capitalistes spéculateurs engrangent des super profits.

      Nous sommes aujourd’hui face à l’alternative suivante : Payer plus, du moins pour ceux qui le peuvent encore, ou se soigner moins, il en est déjà ainsi pour ce qui concerne le chauffage, le logement dont le coût produit des SDF et des mal logés à tours de bras. La liste n’est pas limitative.

      Etendre le rationnement par l’argent à l’essence est bien dans la ligne du néolibéralisme qu’il soit de gauche ou de droite voir ici (instructif même si le risque de guerre est minimisé), protégeons les riches, manipulons les pauvres qui doivent payer jusqu’à plus soif, démarche éminemment Sarkosienne. D’ailleurs Jancovici n’a jamais caché sa sympathie pour Bayrou qui incite au sacrifice c’est-à-dire à faire face à l’intégralité d’une dette publique qui n’est pourtant pas la nôtre.

      Au-delà du nucléaire civil il y a d’autres solutions pour ménager les hydrocarbures, c’est-à-dire les réserver en priorité pour les industries de transformations : Economiser l’énergie par l’isolation thermique, le rapprochement habitat emploi, le développement des transports en commun, la fin du jetable pour les pauvres le durable étant réservé aux plus aisés. Le gaspillage doit être éradiqué. Au siècle des télétransmissions les voyages inutiles n’ont plus lieu d’être, si ce n’est à pieds, à cheval, à vélo ou à la nage, en particulier ceux du ministre des sports alternant du jour au lendemain les déplacements aériens de France en nouvelle Zélande pour supporter les équipes nationales de foot et de rugby. En outre que pensez vous des allers et retours gesticulatoires du président pour des résultats que l’on sait, de l’intervention de l’OTAN en Libye, de l’armée française en côte d’Ivoire, des ingérences criminelles là ou nous n’avons que faire.

      Enfin, si vous désirez poursuivre, mieux appréhender la réalité du réchauffement climatique, ses origines vous pourrez consulter utilement le site dont adresse ici en commençant par le CV de l’auteur :

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      • Je peux accepter que " Manicore est assez bien documenté mais certaines de ses conclusions sont erronées, d’autres douteuses", après tout, je n’ai pas tout vérifié dans le détail...
        Il est normal que tu n’ai pas lu que " Jancovici préconisait l’abandon du nucléaire...", puisque lui ne le préconise pas. Mais ça, c’est sa conclusion "philosophique", que je partage...

        Et lorsque tu dis : "Nous sommes aujourd’hui face à l’alternative suivante : Payer plus, du moins pour ceux qui le peuvent encore, ou se soigner moins", veux tu dire par là que en se soignant moins, la mortalité va augmenter suffisamment pour abaisser de façon drastique les besoins en energie ??? ;-) !!
        Malheureusement, les hommes étant ce qu’ils sont, ne sauront limiter leur consommation que si le cout en devient prohibitif. Je sais que ceci n’est pas bien, n’est pas souhaitable, etc. Mais je ne connais pas d’autre solution.
        Voir l’exemple du tabac : selon Le Mondede ce jour, la consommation de tabac commencerait enfin a diminuer, après le passage du paquet a 6€+. Et pourtant, tout le monde connait maintenant les risques de cette habitude (j’ai failli écrire de ce vice...)

        Quand a ta conclusion, typique du YAKA moyen :
        Au delà du nucléaire civil, il y a d’autres solutions pour ménager les hydrocarbures.... YAKA Économiser l’énergie par l’isolation thermique, le rapprochement habitat emploi, le développement des transports en commun, la fin du jetable pour les pauvres le durable étant réservé aux plus aisés. Le gaspillage doit être éradiqué. etc etc...
        Ben donc. Qui paye pour isoler les maisons ?, pour déménager les gens (ou les usines) ?,qui est prêt a abandonner sa sacro-sainte bagnole pour la promiscuité du train ? quel pauvre est prêt a payer 2 ou 3 fois plus cher pour sa machine a laver ou son aspirateur ? ou même pour la télé de la chambre de son fils ? etc, etc...

        Ma solution, nettement plus rapide et efficace :
        YAKA eradiquer 80 ou 90% de la population du globe...

        Car, as tu idée de combien de temps il faut pour généraliser une nouvelle technologie, même simple, et pire encore combien de temps il faut pour changer les mentalités de suffisamment de gens pour que cela ait un effet notable ?
        Dans le 1er cas, compte 30 ans, dans le 2e, disons 2 ou 3 générations... D’ici là il n’y aura plus personne sur Terre.

        Alors, tant pis pour les pauvres qui ne pourront plus se payer leur essence. Au moins ceux la ils voyageront en train...

        Ceci dit, ce n’est pas ma méchanceté qui parle mais plutot mon cynisme couplé a mon désespoir.

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  • Le prix du carburant est un des éléments qui affecte beaucoup la population. Il est très utile voire indispensable de voir de plus près cette question et trouver une solution pour limiter et baisser cette hausse de prix pour le bien de tous.

    •  
    C’est un communiqué du M’PEP qui parle du contrôle nécessaire vraiment du prix de l’essence. Il date en effet du 27 mars 2012. A noter que la chronique est celle de Jacques Nikonoff.

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    • Encore un qui ne s’est pas donné la peine, ou n’ a pas voulu, (parce que c’est pas "politiquement correct" ou parce qu’il a peur de perdre des voies de gens dans son genre (c’est a dire qui ne voient que leur porte monnaie demain) visiter, lire, et comprendre le site de Jancovici www.manicore.com . Dommage, car s’il en était besoin, cela montre l’état d’esprit de bien des YAKAS soit disant écolos "parlons des déchets a 1 million d’années de durée de vie, mais surtout pas de ceux qui vont nous f** la m*** , voire nous faire passer de vie a trépas dans les prochaines 20 ou 50 années, je risque trop de perdre des voix - et donc du fric"
      A bon entendeur salut
      TT

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  • Bonjour.

    Je viens de lire un peu tardivement cet article et je dois reconnaitre que je me suis senti obligé d’y faire quelques commentaires. Son auteur, Jacques Nikonoff, est probablement bien renseigné sur de nombreux sujets, mais il semble avoir quelques lacunes sur celui-ci en particulier. Il me semble également qu’il a tendance à prendre très à la légère certains « détails ».

    les compagnies pétrolières et les raffineries devront être nationalisées. L’indemnisation des actionnaires devra être modique car elle intègrera tous les profits spéculatifs réalisés ces dernières années qui viendront en déduction du prix de marché. Les propriétaires des compagnies pétrolières sont parmi les classes dirigeantes les plus réactionnaires.

    Ça, si ce n’est pas de la démagogie d’extrême gauche, je me demande ce que c’est ! Il est vrai que depuis Georges Marchais, il est de bon ton de taper sur l’industrie pétrolière.

    Bon, on peut écrire des pages de critiques sur cette remarque. Ce n’est pas mon intention d’autant que je souhaite faire mes commentaires sur l’aspect technique et non politique, mais je procède dans l’ordre d’écriture.
    Alors, voici juste deux remarques à ce propos :

    J’imagine un ouvrier retraité qui a une petite somme d’argent de côté et qui souhaite, comme tout un chacun, de la faire fructifier. Il l’investit en action Total. Le lendemain, Monsieur Nikonoff, devenu président, met en pratique ses théories. Ce pauvre bougre (je parle du retraité) voit d’un seul coup ses économies réduites à néants au prétexte qu’il fait partie de la classe dirigeante la plus réactionnaire (SIC). Dans le même temps, celui qui lui aura vendu les actions juste à temps ne sera pas pénalisé alors qu’il les aura peut-être détenues durant des années et aura profité des dividendes (par ailleurs taxés).

    J’aimerais aussi aborder le cas des salariés dont la participation et l’intéressement contiennent des actions Total comme beaucoup de plans d’épargne. Grace à la politique de nationalisation brutale de Monsieur Nikonoff, les économies de ces salariés seront gravement amputées.

    Comme je l’ai mentionné plus haut, on peut faire des dizaines de remarques concernant l’iniquité de cette action.

    Une indemnisation modique ! C’est quoi ? Cinquante pourcent de la valeur ?
    La capitalisation boursière de Total est d’environ 100 Milliards d’euros. 50 %, c’est quand même 50 Milliards. 50 Milliards à faire payer par le contribuable. Comment puisque les caisses sont désespérément vide ? Encore un point resté pudiquement dans l’ombre.

    Ce sera aussi le moyen de développer les raffineries en France qui manquent d’investissements et ne peuvent répondre à la demande. Elles produisaient 24 millions de tonnes de gasoil en 2008 pour une consommation de 33 millions, soit un besoin d’importer 9 millions de tonnes, venant alourdir le déficit commercial français déjà abyssal.

    Ce commentaire reflète une totale méconnaissance du raffinage. Quand on distille du pétrole brut, on ne fabrique pas du gasoil, de l’essence ou du kérosène, on ne fait que séparer les molécules de gasoil des molécules d’essence et autres composants. En d’autres termes, le rendement en gasoil d’un baril de brut est une constante (liée à l’origine du brut). Les raffineries françaises pourraient produire plus de gasoil, en distillant plus de brut. Mais elles produiraient aussi plus d’essence dont la France est déjà largement excédentaire. On vend d’ailleurs cet excédant à l’étranger, en particulier aux USA, ce qui fait rentrer des devises, qui, par parenthèse, viennent compenser celles qui servent à acheter du gasoil. Ce qui compense le déficit. En fait, si l’on manque de gasoil en France, ce n’est pas à cause des raffineries, n’en déplaise à Monsieur Nikonoff, mais simplement parce qu’on a trop de véhicules diésel.

    En France, Total a engrangé en 2011 la somme fabuleuse de 44,6 milliards d’euros.
    A peine surestimé, les chiffres officiels sont autour de 12 milliards et c’était la meilleure année, la moyenne est plutôt à 10. Mais quand bien même, cette somme fabuleuse n’a pas été gagnée en France. Si non, comment expliquer que des raffineries françaises à vendre n’aient pas trouvé preneur pour un euro symbolique ?

    Les raffineries françaises avaient promis, grâce à la concurrence, que les prix baisseraient. On voit aujourd’hui le résultat.

    Mais Monsieur Nikonoff, savez vous quel pourcentage du prix du litre vendu représente le bénéfice des raffineurs ? Moins de 0,5 % ! Même si les raffineries ne faisaient aucun bénéfice, le consommateur ne verrait pas le prix de vente varier puisque ce serait largement moins de un centime.

    On peut proposer que la France augmente son stock stratégique à 360 jours de consommation. Le but serait de proposer aux résidents français un prix fixe de l’essence, quelque soit le prix international du brut. Le stock baisserait lorsque le prix international du brut monte, et inversement.

    Mais voyons ! Passer de 90 à 360 jours de stock. Payé par qui ? Par l’état puisque Monsieur Nikonoff aura nationalisé l’industrie pétrolière. 270 jours de stock supplémentaire représenteraient la bagatelle de 65 milliards d’euros, au prix du brut. Que voila une bonne idée pour creuser un peu plus le déficit !
    En passant, il faudrait aussi quelques infrastructures pour stocker la presque centaine de milliards de litres supplémentaires.

    On entend dire aussi que la sortie de l’euro provoquera une augmentation du prix du pétrole causé par la dévaluation du franc. Comment faire pour ne pas être pénalisés par la hausse des prix qui suivra cette dévaluation ?

    La solution de Monsieur Nikonoff est donnée ci-dessus pour lisser le prix à la pompe. En plus du prix exorbitant pour les finances publiques, cela ne résoudrait rien pour au moins deux raisons.

    La première, c’est que pour que cela puisse fonctionner, il faudrait créer ces stocks stratégiques avant de sortir de l’euro si non, la France paierait son brut avec de l’argent dévalué et donc plus cher. Une dévaluation d’un tiers serait équivalente à une augmentation de 50 %. La facture pour augmenter les stocks stratégiques passerait donc de 65 milliards à environs 100 milliards. Et comme on ne fera jamais ces stocks avant de dévaluer …

    La seconde raison pour que le consommateur ne voit pas le prix à la pompe augmenter, c’est qu’il faudrait que la valeur du franc Nouveau remonte au dessus de l’euro en moins de 360 jours, si non, au bout d’un an, la pilule risque d’être dure à passer pour les consommateurs et la popularité du gouvernement qui aura mis cette solution en place sera probablement encore plus détestable que celle de ce bon Monsieur Hollande. Or, espérer faire remonter une monnaie de 50 pourcents en moins d’un an, ce n’est même pas de l’utopie, c’est pire !

    Pour terminer, il faut réduire la dépendance aux matières premières importées, développer les sources alternatives d’énergies. Mais – c’est à n’y rien comprendre - Sarkozy met des battons des les roues de l’éolien et du photovoltaïque !

    Je n’aborde ni le côté politique, ni le côté technique de la chose, mais je ne vois pas en quoi l’éolien et le photovoltaïque peut faire baisser le prix du pétrole dans un pays où l’on ne fabrique pas (ou si peu) d’électricité à partir de pétrole. Et si vous voulez parler de l’uranium, alors, c’est un hors sujet dans la rubrique concernant le prix de l’essence.

    Bien évidemment, je ne prétends pas être un spécialiste en économie politique, loin de là. J’ai certainement commis des erreurs dans mes jugements. Je suis prêts à les accepter.

    Salutations.

    Phoenix.

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