Contre la charte des langues régionales.
dimanche 19 janvier 2014
Auteur : par webmaster

Dans la foulée du « Pacte d’avenir pour la Bretagne », le gouvernement Ayrault s’apprête, pour satisfaire aux revendications des autonomistes qui se sont engouffrés dans le mouvement des Bonnets rouges, à faire ratifier la charte européenne des langues régionales et minoritaires. Pourtant François Hollande avait renoncé à le faire en mars 2013. Cette volte-face avait été jugée salutaire par l’écrivaine, traductrice et chercheuse Françoise Morvan, pour qui cette charte « ne vise pas à défendre des langues minoritaires mais les langues de groupes ethniques, sur une base foncièrement raciste ». Démonstration.

fontsizeup fontsizedown impression envoyer l'article par mail suivre la vie du site syndiquer le forum 23 réactions
 
 

 CONTRE LA CHARTE DES LANGUES REGIONALES

Par Françoise Morvan, écrivaine et chercheuse, texte publié par la fédération de Paris du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 19 janvier 2014.

Dans la foulée du « Pacte d’avenir pour la Bretagne », le gouvernement Ayrault s’apprête, pour satisfaire aux revendications des autonomistes qui se sont engouffrés dans le mouvement des Bonnets rouges, à faire ratifier la charte européenne des langues régionales et minoritaires. Pourtant François Hollande avait renoncé à le faire en mars 2013. Cette volte-face avait été jugée salutaire par l’écrivaine, traductrice et chercheuse Françoise Morvan, pour qui cette charte « ne vise pas à défendre des langues minoritaires mais les langues de groupes ethniques, sur une base foncièrement raciste ». Démonstration.

Comme le serpent de mer, la Charte, la fameuse « charte européenne des langues régionales ou minoritaires », émerge et crie pour qu’on la ratifie. Hélas, nouveau coup sur la tête, le président Hollande, faisant fi de ses engagements de campagne, remet aux calendes grecques la ratification. Le fait-il parce que la charte est un monstre en regard des valeurs républicaines qu’il est supposé défendre et s’en explique-t-il ? Non, il se défausse sur un avis négatif du Conseil d’État. Quel avis ? À quoi bon le savoir ? Enfin des explications claires sur la charte ? Jamais !

Et voilà les autonomistes associés aux militants d’Europe-Écologie-les-Verts et relayés par des élus socialistes en quête de voix identitaires, repartis à protester : ne pas ratifier la charte, c’est s’acharner contre les pauvres « langues régionales minorisées », poursuivre le « génocide linguistique commis par l’État jacobin » et trahir les valeurs promues par l’Europe si soucieuse du bien-être de ses populations, comme on peut le constater chaque jour…

Face au fatras propagandistique, les informations objectives sur cette charte sont systématiquement étouffées. Il y a pourtant eu des travaux sur ses origines, sur ses enjeux véritables et ses conséquences, mais tous se perdent dans le confusionnisme irénique entretenu à son sujet. Qu’on interroge le premier venu, il vous dira que la charte doit être ratifiée car le breton, le basque et le corse sont des langues qu’il faut défendre : elles font la richesse du patrimoine français symbole de la diversité culturelle. Répondez que la charte ne vise pas à défendre des langues minoritaires mais les langues de groupes ethniques, sur une base foncièrement raciste, l’interlocuteur ouvre de grands yeux. Mais voit-il pour autant ? Non, puisque tout l’incite à croire aveuglément. Et néanmoins…

 L’origine de la charte : le lobby ethnisiste européen

Le germaniste Lionel Boissou s’est donné beaucoup de mal pour exposer l’histoire de la FUEV (Föderalistische Union Europäischer Volksgruppen), encore dite UFCE (Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes), qui a concocté la charte. Il a montré que ce puissant groupe de pression s’inscrivait directement dans la suite des « Congrès des nationalités » mis en place par les réseaux pangermanistes allemands et que leur organe, Nation und Staat, suspendu en 1944 pour cause de nazisme, avait donné lieu à Europa ethnica, la revue de la FUEV reprenant la même numérotation.

La FUEV, fondée en 1949 et présidée par l’autonomiste Joseph Martray, puis par le séparatiste breton Pierre Lemoine, a été réactivée dans les années 90 par le gouvernement allemand, renouant avec le pangermanisme, et reçoit aussi des subsides de la fondation Niermann, créée en 1977 à Düsseldorf dans le but « d’aider les minorités ethniques à préserver leur existence biologique et culturelle, en particulier le Volkstum allemand » (le « Volkstum », autrement dit « l’esprit de la race »). Or, la FUEV, ayant obtenu statut consultatif aux Nations Unies et au Conseil de l’Europe, a fondé un « groupe de travail » qui a pour objectif la « protection des groupes ethniques ». C’est ce groupe qui a rédigé la charte européenne des langues régionales et minoritaires, le Conseil de l’Europe se chargeant de la promouvoir.

 Les enjeux de la charte

Une autre germaniste, Yvonne Bollmann [1], s’est, elle aussi, donné beaucoup de mal pour analyser les véritables enjeux de la charte.
Elle a mis en lumière le fait, constamment passé sous silence, que la FUEV n’entend nullement défendre des langues minoritaires mais des langues de minorités ethniques rattachables au sol du pays signataire : l’article 1 le précise bien, la Charte « n’inclut ni les dialectes de la (des) langue(s) officielle(s) de l’État ni les langues des migrants » [le texte de la charte est ici. Sur cette base, l’arabe n’est pas une langue minoritaire ; le breton, langue d’une ethnie celte, ou supposée telle, est défendable mais non le gallo, dialecte français parlé en Haute-Bretagne…

Elle a également démontré que la charte fait partie de tout un dispositif pensé dès l’origine comme une arme de guerre contre les États-nations (et en premier lieu la France) par les partisans d’une Europe des ethnies. Le complément de la Charte, la Convention-cadre pour la protection des minorités, a été adoptée de la même manière et est entrée en vigueur en 1998. Cette convention s’accompagne elle-même de chartes et conventions diverses visant à « dégager le substrat ethnique de sa gangue étatique [2]. »

 Un dispositif verrouillé

En revanche, le juriste mandaté par Lionel Jospin pour examiner si la charte était ratifiable n’a pas dû passer bien longtemps à la scruter : d’après lui, pas de problème ; la charte est non seulement ratifiable mais modulable à souhait ; il suffit d’y joindre une déclaration interprétative et de faire la liste des articles qui plaisent. Le texte contraint le signataire à choisir au moins 35 de ses 98 articles : la France en retient 39 et, la liste faite, signée.

Cette liste n’est qu’une plaisanterie. La charte est hermétiquement verrouillée. En effet, l’article 21 précise qu’elle « interdit toute réserve, sauf pour les paragraphes 2 à 5 de l’article 7 » (paragraphes qui ne portent que sur des points de détail).

Lorsque Bernard Poignant (Le Télégramme, 18 septembre 2007) rappelle que la France a assorti la signature le 7 mai 1999 de deux déclarations (pas de droits particuliers à un groupe ; pas d’usage dans la vie publique), il fait comme si cette clause était juridiquement valable. Elle ne l’est pas. Le préambule pose, sans réserve possible, que « le droit de pratiquer une langue régionale ou minoritaire dans la vie privée et publique constitue un droit imprescriptible  ».

 Les conséquences de la charte

Une fois la Charte ratifiée, tout locuteur d’une langue minoritaire reconnue comme telle par le pays signataire sera en droit de saisir la Cour européenne des droits de l’homme pour se faire traduire les textes de loi et bénéficier de documents administratifs dans sa langue.

Du fait que la Charte ne reconnaît que des langues de minorités linguistiques, les dialectes français ne devraient pas être reconnus : en vue de contourner ce dispositif, Lionel Jospin a chargé un linguiste (jusqu’alors surtout connu comme médiéviste) de déterminer les langues parlées sur le territoire national.

Or, alors que la plupart des États ont fait en sorte de reconnaître le moins grand nombre possible de langues minoritaires (ainsi l’Allemagne, qui refuse de reconnaître officiellement tout problème de « minorités nationales » à l’intérieur de ses frontières, a-t-elle refusé de reconnaître le yiddish et le turc, pourtant parlés par deux millions de personnes — décision d’ailleurs conforme aux dispositions de la charte qui ne reconnaît pas les langues des « migrants »), ce linguiste a retenu 75 langues allant du bourguignon-morvandiau aux langues de Nouvelle-Calédonie (nyelâyu, kumak, caac, yuaga, jawe, nemi, fwâi, pije, pwaamei, pwapwâ, cèmuhî, paicî, ajië, arhâ, arhö, ôrôwe, neku, sîchë, tîrî, xârâcùù, xârâgùrè, drubéa, numèè) en passant par l’arabe dialectal et le berbère (mais pas le portugais) [lire ici son rapport].

Au moment où l’État procède à des coupes budgétaires drastiques, et où l’enseignement des langues, à l’exception de l’anglais, de l’espagnol et de l’allemand, est sinistré, ratifier la charte reviendrait à verser des prébendes à des militants de toutes obédiences empressés d’exiger la traduction des textes officiels dans leur idiome. C’est d’ailleurs bien ce qu’ils attendent… Et c’est ce que Robert Badinter a très tôt rappelé, constatant que ce « serait donner un fondement légal, sur la base d’une convention internationale, à la revendication collective des régionalistes les plus radicaux » [3]. Mais en vain.

Il reste à se demander par quelle aberration des socialistes peuvent défendre un dispositif pareil et dénoncer l’héritage de la Révolution française en posant le fait ethnique comme une revendication « moderne » opposable à une conception « désuète » — je ne fais là que citer les socialistes Armand Jung et Jean-Jacques Urvoas (auteurs d’une brochure intitulée Langues et cultures régionales : en finir avec l’exception française publiée par la Fondation Jean Jaurès) qui placent la France « au banc des accusés » car, d’après eux, ne pas reconnaître de minorités en France constitue une atteinte aux droits de l’homme [4]. Les notions d’« ethnie » ou d’« ethnicité » n’étant, comme le rappelait Pierre Bourdieu, que des « euphémismes savants que l’on a substitués à la notion de « race » [5], cette promotion de l’ethnisme contre la conception républicaine de la laïcité s’apparente à un accablant recyclage à gauche des thèmes orchestrés de longue date par les autonomistes.

Plus accablant encore, le président socialiste du Conseil régional de Bretagne le soutient au nom « des Bretons », comme si les Bretons attendaient la reconnaissance de leur ethnie (et comme si le breton et le gallo n’étaient pas déjà largement enseignés et subventionnés sur fonds publics). Et le Conseil culturel de Bretagne se fend d’une lettre ouverte présentant la ratification de la charte comme une obligation au motif que « ceux qui veulent parler breton, gallo, basque, catalan, alsacien, corse, flamand, créole ou d’autres langues autochtones en ont légitimement le droit  ». Les « autochtones » seraient donc empêchés de parler leur langue ? Et ce, en raison du refus de ratifier la charte ? C’est sur cette base que ces représentants non élus d’une « minorité » enrôlée dans une croisade dont ils ne connaissent pas les enjeux dénoncent « un système jacobin, archaïque et discriminatoire  ». En quoi discriminatoire ? En ce qu’il s’oppose à toute discrimination ethnique ? La réponse du gouvernement le 2 avril 2008 était limpide : « La France ne reconnaît pas en son sein l’existence de minorités disposant en tant que telles de droits collectifs opposables dans son ordre juridique. Elle considère que l’application des droits de l’homme à tous les ressortissants d’un État, dans l’égalité et la non-discrimination, apporte normalement à ceux-ci, quelle que soit leur situation, la protection pleine et entière à laquelle ils peuvent prétendre. » Sauf à revendiquer l’allégeance de l’homme à la tribu, on est en droit de conclure qu’il s’agit là, en effet, « d’une conception particulièrement exigeante des droits de l’homme. » Faut-il brader cet héritage ? Pour quel profit ?

Se référant désormais aux directives du Conseil de l’Europe, certains élus de gauche tiennent à l’égard de la France des discours haineux que l’on dirait calqués sur ceux de l’extrême droite ethno-régionaliste. Ils rejoignent par là le puissant lobby patronal breton de Locarn qui appelle de ses vœux une « Europe des tribus » [6]. La charte est l’un des outils destinés à la faire advenir.

Françoise Morvan

Françoise Morvan a dénoncé la dérive identitaire à l’œuvre en Bretagne dans un essai « Le monde comme si » (Babel-Actes Sud). Poursuivant ses recherches sur la réécriture de l’histoire induite par les autonomistes, elle a publié « Miliciens contre maquisards, un essai sur la Résistance », et donné de nombreux articles au Groupe Information Bretagne tout en étudiant l’instrumentalisation du folklore par les nationalistes (ce qu’analyse, entre autres, sa thèse sur François-Marie Luzel et son édition en dix-huit volumes des œuvres de ce folkloriste). Elle s’est penchée sur le problème de la charte européenne des langues régionales et minoritaires dans le cadre de ses recherches sur l’ethno-régionalisme et les mouvements autonomistes.


Notes

[1Yvonne Bollmann, La Bataille des langues en Europe, Bartillat, 2001 (et aussi, La Tentation allemande, Michalon, 1998, et Ce que veut l’Allemagne, Bartillat, 2003).

[2Dans ce sens, la carte des minorités ethniques européennes élaborée par le Conseil de l’Europe semble programmatique.

[3Le Nouvel Observateur, 1er juillet 1999.

[4Présentant la France comme une aberrante exception (alors que 14 pays ont refusé à ce jour de signer la charte et 7 de la ratifier), A. Jung et J.-J. Urvoas (président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale), présentent la France comme coupable et mise au ban des nations par des autorités internationales — ainsi Alvaro Gil-Roblès, voix du Conseil de l’Europe, et Gay McDougall, « experte » auprès de l’ONU, laquelle « invite abruptement le gouvernement français à une reconnaissance de la réalité », à savoir « reconnaître l’existence de minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques sur le territoire français  », signer la Convention cadre pour la protection des minorités nationales et, bien sûr, ratifier la Charte (p. 131) … La confusion la plus totale est entretenue sur les notions, elles-mêmes on ne peut plus confuses, de « groupes », d’« ethnies » et de « minorités ».

[5Pierre Bourdieu, « L’identité et la représentation, éléments pour une réflexion critique sur l’idée de région », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 35, novembre 1980, p. 64.

[6Intervention de Dick Veerman prônant, contre les États et surtout la France, « une fédération de tribus européennes dont la tribu bretonne », université d’été de l’Institut de Locarn, 2012 à retrouver ici.

Répondre à cet article

Forum de l'article  -52 Messages

  • Contre la charte des langues régionales.

    19 janvier 2014 19:08, par Philippe

    Cela avait déjà été tenté par Jospin mais le Conseil Constitutionnel saisi par Chirac alors Président de la République avait énoncé que celle-ci ne pouvait pas être ratifiée au motif que cette charte était en contradiction avec la Constitution.

    Je pense que cette ratification ne pourra être faite qu’après une révision constitutionnelle qui j’espère n’aboutira pas.

    Sa ratification serait une catastrophe pour la République.

    repondre message


    • à 100 % pour les langues régionales.!!!
      21 janvier 2014 18:58, par Nazratat

      Votre " Jacobinisme " rétrograde , frileux , poussiéreux , et réac , a vécu ! l Europe des Nations remplacera , que vous le vouliez ou non l ’ Europe des Etats !Pour exemple : la CATALOGNE , aura son " INDÉPENDANCE" (14 millions de Catalans !!) dans une Europe riche de ses différences identitaires !

      repondre message


      • merde aux régions vive la république
        22 janvier 2014 04:08, par étoilerouge

        Les 14 millions d’habitants sont loin d’être tous catalans. Allez vous les obliger à parler "catalan" ? Que devient l’espagnol ?
        Le peuple français n’acceptera pas cette tentative d’explosion de la nation qui ne peut mener qu’à des affrontements. Commencez par parler et écrire correctement en français et à connaître votre histoire de France. La alngue française et ses 870 millions d’habitants de la planète la pratiquant ne vont pas courber le dos face au terrorisme des européistes et des régionalistes débiles.

        repondre message


        • merde aux régions vive la république
          9 février 2014 14:44, par joanluc

          Si la république française était vraiment démocratique, elle serait fédérale, il ne peut pas y avoir de vrai démocratie quand une capitale décide pour tout un peuple.
          Ce forum est modéré à priori : je sais que ma contribution n’apparaîtra pas mais j’aurai quand meme la satisfaction de savoir qu’un de vos administrateurs l’aura lue.

          repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    19 janvier 2014 19:32, par rouge

    Minable. Misérables jacobinistes, vous avez envoyé votre fatras à un prof d’occitan républicain de l’école publique.

    repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    19 janvier 2014 19:57, par SergeG

    Comme par hasard, ce genre de sujet réapparaît quand les socialistes son au pouvoir comme le GATT /OMC en 90, l’AMI en 99 et aujourd’hui l’accord avec les Etats unis.
    Ci dessous un texte que j’ai écrit en 2000 :
    Sur le plan social, l’organisation de solidarités nécessite et des espaces et des populations suffisamment importantes. Sur le plan économique, la mondialisation de l’économie, qui a mis le pouvoir dans les mains des transnationales et de leurs technocrates, nécessite au contraire un renforcement des nations pour contrebalancer les pouvoirs de ces marchands cupides et sans scrupule. Quel rapport de force pourrait opposer une région française aux transnationales ???

    Quant à la langue, elle est un des éléments nécessaire à la cohésion du peuple d’une nation. Si des personnes veulent, pour des raisons qui leur sont personnelles, apprendre une langue locale, comme pour le choix d’une religion, c’est un problème individuel dans lequel l’État n’a pas à s’immiscer. L’espéranto doit être la langue internationale afin d’éviter une colonisation culturelle et économique par l’utilisation d’une des langues nationales actuelles.

    Je suis convaincu quant à moi, que la volonté d’éclater les nations en groupuscules régionalistes, religieux, ethniques... n’est pas due au hasard. Elle est l’expression de la volonté de diviser pour mieux régner de la part de ceux qui aujourd’hui imposent leur hégémonie économique et financière et qui veulent que cela dure !!! La partition de la France en « peuples » ethniques, religieux, politiques ou régionalistes ne peut que conduire à une cohabitation conflictuelle violente remettant en cause la paix civile. Dans notre République laïc, il ne peut y avoir de place pour des peuples de gauche ou de droite … corse, breton ou basque … juif, chrétien ou musulman …jaune, noir, blanc ou beur … tous sont français. Ceux qui au nom de la lutte contre le racisme sont favorables au culte des particularismes en refusant l’intégration des immigrés cultivent un racisme qui fait flamber nos banlieues. S’il n’y avait pas de beur, de peuple juif, de peuple corse, mais des personnes ayant le sentiment d’appartenir à un seul peuple et à la même nation beaucoup de problèmes liés au sentiment de supériorité ou d’infériorité voire de rejet n’existeraient pas.

    repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    19 janvier 2014 21:28, par Philippe Martel

    Sur le site conspirationniste Boulevard Voltaire, Pierre Hillard explique gravement que l’origine de cette affaire, et l’ancêtre ultime de l’effroyable FUEV, ce sont les francs-maçons juifs du B’nai Brith, fraternellement rejoints ensuite par les pangermanistes. Carrément. Pourquoi pas les aliens et les Templiers, à y être ? Mme Morvan est-elle en accord avec Boulevard Voltaire, ou Debout la République, ou les Jeunes populaires ? Les villiéristes, ou ce qu’il en reste ne se sont pas encore manifestés sur ce sujet, mais je suis sûr qu’eux-mêmes comme le le FN partagent l’hostilité de tous ces gens contre la Charte. Chacun son camp. Encore faut-il avoir le courage d’assumer. La haine de Mme Morvan pour ses anciens amis nationalistes bretons la jette dans les bras du pire nationalisme français qui soit. Mais c’est son problème.
    Je ne suis pas sûr de croire que la Charte règlera les problèmes des langues régionales. Ce que je sais, c’est que contrairement à ce qu’affirme Mme Morvan, leur statut actuel n’est pas vraiment aussi "largement" favorable qu’elle le dit, depuis que la droite a sauvagement taillé dans les postes d’enseignants mis aux concours de l’Education Nationale. je précise que pour moi c’est à l’Education Nationale d’assurer un statut digne à l’enseignement de ces langues, aux antipodes du mépris bourgeois qui les frappe actuellement, y compris chez des gens qui s’affirment, et sans doute se croient de gauche.

    repondre message


    • Contre la charte des langues régionales.
      20 janvier 2014 00:06, par Danièle Dugelay

      Le projet d’une fédération européenne des régions ethniques est un des piliers de la mondialisation libérale au service de la domination de la haute finance internationale. L’expérimentation doit commencer par l’Europe. Il s’agit de diviser pour mieux régner. Un état-nation a la taille nécessaire pour pouvoir résister à l’oppression, voire se révolter. Ce n’est pas le cas de ces régions dites "ethniques" ou "ethnolinguistiques", voire "ethnoreligieuses" comme en Europe centrale, surtout si les autorités mondiales et les services secrets provoquent des compétitions ou des conflits entre elles. Il est faux de dire que la gauche soutient ce projet : le Parti de Gauche a dû faire une mise au point pour dire son opposition pour mettre fin aux rumeurs lancées par des régionalistes acharnés et Jean-Luc Mélenchon a publié un rappel de sa position et son explication de vote à l’Assemblée Européenne contre la Charte des langues minoritaires, véritable clé qui ouvrirait toutes les portes vers la réalisation de ce projet antirépublicain. La position des Verts peut surprendre
      mais elle n’a pas changé depuis des décennies, en faveur de cette Europe fédérale des régions ethnolinguistique,position qu’ils soutiennent avec le Conseil de l’Europe et la partie ALE de leur groupe au Parlement Européen. Hollande est soumis aux désirs de la commission et de la finance, les socialistes le suivent, mais Hollande, les socialistes fidèles, les Verts fidèles sont-ils de gauche ? Non, évidemment.

      repondre message


  • et l’esperanto ?

    19 janvier 2014 21:34, par ggil

    Alors que l’incompréhension est un facteur aggravant et favorisant les conflits, et on constate une dérive dans ce sens en Europe,le problème essentiel aujourd’hui est plutôt quel outil pour communiquer entre les peuples, sans domination de l’un ou l’autre, la langue en étant un fort vecteur. Le français parlé sur tout le terroir, quelles qu’en soient les raisons historiques est maintenant un atout à défendre.
    Est-ce que le M’pep fait la promotion de l’esperanto pour l’Europe ?

    repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    19 janvier 2014 22:07, par Duplan André PG69

    Voir également l’analyse que JL mélenchon fait sur le même sujet dénonçant les dérives ethnicistes sur le lien
    http://europe.jean-luc-melenchon.fr/2013/09/19/encore-une-fois-la-charte-des-langues-regionales/

    repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    20 janvier 2014 03:15, par Stephan

    Si il est possible que les initiateurs de cette charte aient des relents de nationalisme étriqué empreint de racisme et nous pouvons remercier l’auteur de cet article de nous le rappeler, il n en reste pas moins que l’Etat français a aussi anéanti un patrimoine linguistique extraordinaire en imposant le français comme seule langue d’enseignement pour accompagner sa politique de colonisation des terres non francophones. Aucun de mes grands parents n’est né francophone et ils ont été brimés, tapés et punis pour oser parler leur langue à l’école et les forcer à apprendre le français..ils ont appris à avoir honte de leur langue, honte d’eux mêmes comme des paysans de la montagne....pour faire quoi ? migrer dans les villes francophones et servir les nantis ! Si dans leur pays de montagne les petites industries locales qui s’étaient développées le long des cours d’eau avaient survécu ils auraient pu vivre bien sur leur terres ;combiner agriculture, exploitation de ressources naturelles renouvelables, emploi salarié et dans leur langue au lieu de connaitre un exil dans l’exploitation et rester pauvres de toutes façons.
    Derrière cette question de langue ce qui s’est joué ce sont des véritables enjeux de développement capitaliste et d’exploitation de populations drainées dans les villes pour y être mieux asservies et contrôlées

    L’histoire de France pourrait aussi bien s’écrire comme celle des peuples qui la composent, certes des migrations internes et internationales qui font la France actuelle, mais bien de rapports de domination transportés par la langue et des classes sociales liées au pouvoir central "parisien".

    Derrière la langue c est aussi tous ces enjeux de développement des peuples qui contribuent à créer cette France multiculturelle dont nous devrions être fiers et que nous devrions promouvoir au lieu de chercher à la détruire.

    L’Alsace est la seule région qui est restée bilingue, l’Occitan, le Basque, le Breton, le Flamand peinent à survivre alors que le Basque et le Catalan doivent probablement leur relative vivacité à la relative autonomie des Basques et Catalans d’Espagne

    Parler plusieurs langues ne peut être qu’un plus, que tout enfant qui le désire puisse être bilingue dans les langues de France ne pourra que l aider à apprendre d’autres langues internationales

    Ce Jacobinisme très parisien est lié aux groupes dominants et alliés qui a voulu tuer toute revendication linguistique pour construire une France et qui a pillé ses régions et les laissent exsangues dans le monde rural au lieu de penser un développement harmonieux des territoires tant culturel, linguistique que économique
    Nombre de nations ont pu garder leur patrimoine linguistique, même au pays de Galle le gallois a connu une véritable renaissance pourquoi pas la France ?

    Ces questions de langue et d’identité oui sont toujours sensibles et peuvent être récupérées par des mouvements nationalistes et racistes, il faut y veiller mais ne mélangeons pas tous, nombre de mouvements pour la reconnaissance des langues et cultures sont aussi des mouvements de solidarité internationale, empreints de valeurs de justice sociale, générosité et partage qui ne visent que le développement de toutes les ressources de chacun et non pas son asservissement à des idéologies qui amputent les personnes au nom d’une prétendue nation qui reste fondamentalement inégalitaire et injuste

    repondre message


    • Contre la charte des langues régionales.
      20 janvier 2014 12:53, par LBM

      Arrêtez de vous en prendre toujours à l’Etat Jacobin. La diffusion et la "sauvegarde" des langues régionales disposent de plus de moyens que les langues minoritaires telles que le polonais, le portugais, l’italien, l’arabe dialectal ... qui pourtant sont parlées par nombre de nos compatriotes (ces langues sont étrangement absentes de la "charte", il est vrai que si ces concitoyens veulent parler leur langue maternelle ou celle de leurs parents, ils n’ont qu’à retourner dans leur pays, comme diraient certains ... que je connais).
      Pour parler plus précisément du breton, les moyens attribués par l’Etat et les différentes collectivités territoriales sont bien supérieurs à ceux qui sont attribués à l’enseignement public ... Je sais de quoi je parle en tant qu’élu municipal d’une commune des Côtes d’Armor.
      Les écoles Diwan largement subventionnées des communes jusqu’à la région Bretagne disposent d’un encadrement nettement supérieur aux écoles publiques (dites normales) : 1 enseignement pour 9 élèves contre 1 pour 12 dans l’école républicaine.
      Quant aux dépenses publiques que représentent pour les communes la double signalétique (rues, routes, bâtiments publics, communications ...) elles seraient bien mieux utiles ailleurs ...
      Il faudrait peut-être s’interroger sur le bien-fondé de cet acharnement thérapeutique pour sauver cette langue bretonne (unifiée par qui d’ailleurs ?) que nos anciens ne comprennent pas.

      Salut et fraternité.
      Un jacobin conseiller municipal

      repondre message


      • Contre la charte des langues régionales.
        20 janvier 2014 15:47, par Filip

        les polonais, les portugais, les italiens et les arabes vont être content de savoir que le camarade jacobin considère qu’ils parlent une langue régionale.
        A moins que ce même camarade n’ait pas bien vu de quoi il est question.
        Moi je pense qu’il faut carrément arrêter d’enseigner le Français, soyons logique et parlons tous l’anglais ... ou l’espagnol ... ou le chinois... ou ??? Faudrait savoir quelle langue sera le plus parler plus tard.
        De toute façon, le français subira ce qu’il a fait subir aux langues régionales et deviendra aussi une langue régionale.
        A moins que l’on se rende compte de la richesse d’une langue régionale ?
        Au fait, camarade jacobin élu , votre commune finance-t’elle d’autres écoles privées ? Il n’y a pas d’autres économies à faire en plus de l’arrêt de de cette double signalétique qui coute si cher ? >> le fonctionnement des strates, communes, communauté de communes, départements etc..
        En tant qu’élus, on doit y réfléchir non ?
        Kénavo
        Un breton dont l’accès la langue maternelle lui a été interdit par son père car honteuse...

        repondre message


        • Contre la charte des langues régionales.
          21 janvier 2014 17:02, par Txakal

          J’admire la patience des personnes qui tentent d’opposer des arguments qui me paraissent évidents à des franchouillards jacobins au cerveau raccorni qui se battent contre les langues des territoires qu’ils ont asservis par la Fesse, la Force ou le Fric (politique des 3F) et sont en train de se faire déborder par une soupe prétendument plus moderne parce que langue du dollar.
          Ces esprits intolérants se rendent-ils compte que nous sommes leur dernier rempart contre la globalisation qui mènera le français à sa perte à force de se tromper d’ennemi ?

          D’autre part, je voudrais que ces héritiers du pays des Lumières (!!!) m’expliquent comment une langue -ou plusieurs- peut être un danger pour la république ? Il n’y aurait donc de république possible que francophone ? Confondraient-ils, par hasard,leur "fameuse intégrité du territoire" (aussi aléatoire que les soubresauts de l’Histoire) avec la notion de République ou d’un système politique ? Est-ce une erreur de leurs cerveaux malades ou une manipulation volontaire ? Je pencherais pour la deuxième hypothèse...

          Pour terminer, je voudrais aussi comprendre comment on peut comparer le portugais, l’italien ou toute autre langue parlée en France à des langues pratiquées sur leurs territoires historiques ? Désolé de le dire à ces esprits malades mais chez nous, le basque n’est pas une langue étrangère, pas plus que le corse en Corse, l’Occitan en Occitanie ou le breton en Bretagne. Chez nous, c’est le français qui devrait être considéré comme une langue étrangère. On nous l’a imposé, comme dans les colonies.
          Est-ce que, par hasard, nous demandons un statut des langues originelles hors de leurs limites territoriales ? Est-ce que nous voulons les imposer aux autres comme ils l’ont fait pour la langue d’oil, hors de ses limites géographique ?
          Vieilles senteurs nauséabondes de la mentalité colonialiste : complexe de supériorité rétrograde et obscurantiste..
          A partir d’erreurs sémantiques et de mensonges historiques, on peut tenir n’importe quel raisonnement stupide bourrés de non-sens...

          Aux défenseurs de leurs langues maternelles, mon salut le plus cordial.
          Aux autres, toute ma compassion...

          repondre message


          • Contre la charte des langues régionales.
            23 janvier 2014 19:32, par LBM

            Avez-vous lu le contenu de la Charte en question ? Et les motivations de ceux qui l’ont écrite ?
            Arrêter de dire que nous sommes pour la mort des langues régionales ... Si l’on ne comptait (par exemple) que sur les locuteurs bretons - qui sont passés sous la barre des 20 000 d’après un article du télégramme - pour financer l’enseignement du breton, il y a bien longtemps que cette langue serait une langue morte ...

            repondre message


        • Contre la charte des langues régionales.
          23 janvier 2014 19:24, par LBM

          La Charte s’appelle "Charte européenne des langues régionales ou minoritaires" au cas où vous ne l’auriez pas remarqué.
          Quant-au financement de l’école privée catholique les régionalistes de la commune (EELV et UDB) ont voté pour car ils s’appuient sur ce vote pour réclamer la même chose pour diwan.
          Par ailleurs que faites-vous des habitants de Bretagne qui sont de "souche" (pour parler comme les nationalistes bretons ou autres) occitane, corse, picarde ... si, si ça existe encore en Bretagne ? Eux ils n’auront pas le droit d’utiliser leur langue ?
          Je ne vous dis pas Kenavo mais Espartit

          repondre message


    • Contre la charte des langues régionales.
      21 janvier 2014 23:45, par anarboiteux

      Merci de ton message et celui de beaucoup d’autres dont celui de filip qui suit le tien de peu. J’ajouterais que l’esperanto ou l’interlingua (ou un mixte mais il faut trancher !) devraient être des obligations éducatives en France , en Europe et, si l’ONU voulait servir autre chose que la finance et les états, devenir un moyen de locution international sans conteste et ne privilégiant aucune des locutions nationales telle l’anglais qui fait figure de langue obligée avant peut-être que le mandarin ne le supplante.
      Les ahuris de nos camps, les Mélechon, M’Pep, PCF, jacobins de tous bords, accréditent un nationalisme patriotard qu’ils dénient au FN, mais qu’ils voudraient vivace dans l’humain d’abord, qui n’a rien à voir avec nos histoires d’humains. Moi aussi j’ai adoré ces derniers bretons qui venaient à la maison de ma grand-mère parler une langue qu’ils croyaient déjà morte eux vivants ! C’était un plaisir et aussi une douleur de ne pas tout comprendre, pour moi enfant, d’écouter ce que ces vieux se disaient avec chaleur, rires, engueulades et j’en voulais à mon père de n’avoir pas compris que la langue de ses parents valait une bataille et non pas ce renoncement odieux, pour "réussir", pour ressembler aux réussissants, pour finalement se renier et devenir des dispositifs sociaux avant que d’être des êtres d’histoire.
      Vive la fédération libre des peuples, vive la défense de leurs langues.

      repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    20 janvier 2014 08:53, par artusse

    Ce qui m’étonne c’est qu’on fait des missions dans le fin fond de l’Amazonie ou d’autres pays ou il existe encore des tribus en minorité, afin de sauver la culture et la langue de ces peuples, ce qui est une honorable cause, bien entendu, mais dès qu’il s’agit de la sauvegarde de son propre patrimoine, là, on est catalogué de gens bizarres, limite raciste... Il est bien entendu que les personnes qui luttent à leur niveau pour sauver le patrimoine et l’idiome local, le font dans un but unique, conserver un lien entre le passé, le présent et le futur. Il n’est nullement question d’indépendance... Il ne faut pas avoir peur de la signature de la charte des langues régionales...

    repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    20 janvier 2014 10:50, par Claude Thomas

    Françoise Morvan est étonnante : elle a fait de l’opposition à la langue bretonne son fond de commerce alors qu’elle est parfaitement bilingue et qu’elle a largement participé à monter l’école bilingue breton/français Diwan de Saint-Brieuc. Depuis elle voit des autonomistes et des nationalistes bretons partout : cela me semble relever d’un problème personnel à Françoise Morvan : un clivage de l’objet dirait-on
    en psychanalyse : un clivage de l’objet Bretagne/breton, dont elle pratique la langue et qu’elle déteste par ailleurs comme si c’était un poids à porter donc à supprimer. Je vous en prie, Françoise Morvan, arrêtez ce combat ridicule et écrivez aussi bien que vous savez le faire.Sans rancune et Kenavo.
    Claude Thomas

    repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    20 janvier 2014 11:04, par Yadec

    Si juste que soient certaines remarques, l’adoption de cette charte serait une avancée vers la reconnaissance à terme de toutes les langues minoritaires de France comme l’arabe, le tamazight ou le cinti. D’autre part le breton n’est pas une langue ethnique. Il y a-t-il vraiment des langues ethniques ? Le succès de l’idée de Bretagne vient de sa taille. La Bretagne est une solidarité de taille humaine où l’histoire récente est bien plus importante que le passé. Le premier maire communiste en France était breton, le premier maire noir en France était breton, la première femme élue en France était bretonne et le premier baptisé par Picasso était un Juif breton. Le communautarisme dangereux est celui des pays recroquevillés sur eux-mêmes et sur le passé avec leurs excezptions culturelles et autres et leur management d’un autre âge. L’Etat-nation se meurt de vieillesse. 50 pays en 1900, pas loin de 200 maintenant.

    repondre message


  • Pour la charte des langues régionales.

    20 janvier 2014 12:37, par DALGALIAN

    Le texte de F. Morvan est un condensé parfait de l’idéologie du monolinguisme pour tous, en fait un plaidoyer pour un communautarisme qui exclut toutes les différences et toutes les richesses propres aux bi-et plurilingues.
    Contrairement à ce qu’elle affirme de façon péremptoire, les bilingues en général et ceux qui ont la combinaison français-langue régionale en particulier ne sont pas des éléments de cloisonnement de la société française : ils sont de véritables ponts entre les peuples, les cultures, les humains. Ceux qui, comme F. Morvan, s’opposent à eux sont eux en train d’ériger des murs entre les peuples, entre les langues, entre les cultures.
    D’ailleurs F. Morvan oublie que toute l’émergence d’Homo Sapiens a été inséparable de la diversification des humains, toujours et de plus en plus, et sur tous les plans : c’est même cette diversité (des croyances, des mythes, des musiques, des techniques, bref des cultures) qui fait la richesse de l’humanité et qui fonde la pulsion démocratique. Le passé le prouve, l’avenir le confirmera.
    Gilbert DALGALIAN, psycholinguiste, promoteur de l’éducation bi-et plurilingue.

    repondre message


    • Pour la charte des langues régionales.
      12 février 2014 12:35, par LBM

      A PROPOS DE FRANCOISE MORVAN

      Surdouée (plus jeune agrégée de France, à 22 ans), cofondatrice d’une école en breton (Diwan) à Guingamp, Françoise Morvan, spécialiste de la littérature sur les fées et les lutins, fait autorité en matière de folklore breton. Elle découvre dans les archives un fonds inexploité de textes du folkloriste François-Marie Luzel, mandaté en 1863 par le ministère de l’Instruction publique, à l’initiative d’Ernest Renan, pour "recueillir tous les documents pouvant servir à l’histoire, à la philologie, à la mythologie comparée des peuples celtiques". Comme les frères Grimm en Allemagne, François-Marie Luzel a passé sa vie à collecter la culture populaire orale : contes, chants, théâtre. Déjà docteur d’Etat, Françoise Morvan entreprend d’éditer ce trésor et d’y consacrer une thèse, sous la direction de l’inévitable Pierre Denis. Celui-ci lui obtient de l’ICB, où il règne, une bourse et la garantie de subventions pour l’édition bilingue d’une vingtaine de volumes.

      Les choses se gâtent quand Pierre Denis lui demande de réécrire en breton unifié les manuscrits de Luzel ! Elle refuse. Non seulement Pierre Denis abandonne la direction de sa thèse et procède lui-même à une édition partielle en breton-unifié, mais l’ICB ne propose plus qu’une aide dérisoire que l’éditeur de Françoise Morvan, les Presses universitaires de Rennes, scandalisé, refuse.

      Affaire symbolique, où l’on voit un projet scientifique contré par une démarche militante qui a tout pouvoir sur l’aide publique destinée à défendre la culture bretonne authentique... C’est le Centre national du livre qui aidera les Presses universitaires de Rennes au titre des "grands projets du patrimoine français" à éditer les manuscrits de Luzel.

      repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    20 janvier 2014 14:07, par Frédérique

    Je m’investis depuis longtemps dans la sauvegarde du patrimoine du secteur où j’habite. Pour moi patrimoine signifie : habitat, nature et paysage, histoire (la petite et la grande), langue... Selon Larousse, « le patrimoine est un bien commun d’une collectivité, d’un groupe humain, considéré comme un héritage transmis par les ancêtres. »
    S’intéresser au patrimoine est une forme de reconnaissance des outils mis en place par ceux qui étaient là avant moi et qui sont mis à ma disposition pour qu’à mon tour, je puisse participer à l’histoire du Monde. Je parle bien d’outils et non pas de Valeurs. Pour moi, les Valeurs, c’est ce qui me permet de me regarder droit dans les yeux et d’être fière de l’image que j’y vois. Les Valeurs sont la capacité de Libre Choix, le fait de prendre conscience qu’il y ait un passé, un présent et un futur, la Responsabilité de moi-même et de mon regard sur l’Autre, la Dignité.
    La langue régionale fait donc partie des outils et n’est en rien une valeur.
    Comme tout outil, on peut en faire le meilleur ou le pire. Mais je n’ai jamais vu que l’on ait supprimé les marteaux ou les pics à glace, sous prétexte qu’un imbécile s’en soit servi pour massacrer son voisin.
    Par contre, j’ai vu des jeunes enfants prendre plaisir à découvrir la langue que parle leur grand père ou arrière grand père, cette langue mystérieuse qui leur permet de créer un lien particulier avec eux, de comprendre la signification des noms de lieu ou de ville.
    J’ai vu ces mêmes enfants s’intéresser à une tribu au fin fond du monde qui parle elle-aussi une langue particulière avec les anciens.
    Et j’ai vu ces mêmes enfants apprendre la langue du pays voisin ou celle de l’autre bout de la Terre.

    Connaître la terre et l’histoire de la région où je vis, à toujours été pour moi, source d’échange et m’a grandi dans ma connaissance de l’Autre. Mes propres racines me permettent de découvrir ce qui fait la beauté de celui qui est en face de moi. Ses racines me nourrissent.
    Et pour vous donner un exemple. C’est la connaissance du flamand qui permet aujourd’hui à ma mère de pouvoir échanger quelques mots avec les Anglais, les Allemands ou les Néerlandais, grâce au tronc commun qui constitue chacune des langues. En effet, dans toutes ces langues, le mot « route » et le mot « pain » ont une sonorité approchante.

    Faire disparaître une langue régionale ne fera pas reculer l’obscurantisme et l’ignorance. Mais cela renforcera le sentiment de ne pas être compris en tant qu’Etre avec sa culture. Comment puis-je comprendre que la langue de mes ancêtres est une langue négative, indigne d’exister ? Supprimer une langue régionale ne fera pas disparaître ce qui permet à cet obscurantisme et à cette ignorance de s’installer. C’est la peur de l’autre et les conditions de vie difficile qui permettent cela. Plutôt que de supprimer une langue, utilisons là pour dire tout haut ce qui fait que l’on soit fière d’être un Homme sur Terre

    repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    20 janvier 2014 17:54, par Guy

    Je viens de prendre la peine de lire la fameuse charte, rédigée en anglais et traduite en français. Je trouve qu’il est abusif de prétendre d’exiger que la justice doive « à prévoir que les juridictions, à la demande d’une des parties, mènent la procédure dans les langues régionales ou minoritaires ; et/ou », l’autre partie n’ayant plus son mot à dire. Surtout de la part d’un organisme qui ne publie pas ses actes dans toutes les langues officielles des pays intéressés... et qui produit ses documents dans la langue d’un pays qui fait si peu parti de l’Europe. Dans les entreprises on aurait la possibilité d’utiliser une langue régionale alors que l’on tolère l’obligation d’utiliser l’anglais exclusivement...
    Dans le cas de l’enseignement, comment peut-on encore envisager un programme d’échange. J’ai connu un jeune français qui a souhaité faire une partie de ses études en Espagne, à Barcelonne, quelle n’a pas été sa surprise d’avoir tous les cours en catalan...
    Je parle un occitan élémentaire, celui d’un enfant de 10 ans(j’en ai 77), quand il m’arrive d’aller dans le village de mon enfance, je ne rencontre que des Anglais, Allemands et Hollandais, les quelques français que je rencontre n’ont jamais entendu parler occitan.
    Je crois que cette charte entre dans une logique de division et de suppression des nations, elle va avec la réduction du nombre régions et la demande du Medef d’avoir la possibilité d’un code du travail ‘adapté’ aux régions...

    repondre message


  • Pour une politique humaine et sociale de non discrimination linguistique

    20 janvier 2014 18:25, par Philippe BLANCHET

    J’ai été inscrit sur ce site par des amis qui connaissent mes convictions humaines et sociales. Je n’en reviens pas qu’on puisse y publier cet appel au maintien des discriminations linguistiques -que j’appelle glottophobie- avec un argumentaire de type "théorie du complot" qui d’ailleurs a été démonté depuis longtemps, preuves à l’appui. La Charte en question est un texte a minima qui ne ferait que limiter les discriminations dont souffrent au quotidien les gens en France qui comme, moi, sont placés "hors de la République" par la Constitution à chaque fois qu’ils utilisent ou cherchent à utiliser leur langue première, pourtant "langue de France" (en ce qui me concerne, le provençal).

    Je rappelle que plusieurs textes fondamentaux de protection des droits de l’Homme ayant force de loi en France (qui les a déjà ratifiés) interdisent les discriminations linguistiques, de quoi les poursuivre et les faire condamner sinon par la France (qui pourtant devrait le faire mais ne le fait pas) au moins par les tribunaux internationaux. Ils vont donc beaucoup plus loin que la Charte qui n’octroie de droits à personne, ne porte que sur les langues, et n’interdit rien : elle ne fait que recommander en proposant des engagements que chaque Etat choisit en ratifiant.
    Je cite ces textes ci-dessous, qui, comme on le voit, n’ont pas conduit à l’éclatement de la France, et dont personne ne prétend (enfin j’espère) qu’ils ont été inspirés par de dangereux ethnicistes qui veulent faire exploser le monde.

    Entre temps, je me désabonne de cette liste de diffusion qui n’est pas capable d’appliquer une éthique sur ce qu’on y diffuse. Pour moi, ce texte de F. Morvan est idéologiquement plus proche du Front National que d’une émancipation sociale et humaniste. L’ethno-nationalisme le plus grave n’est pas celui que F. Morvan croit voir dans toute revendication linguistique régionale ou apparentée (où on en trouve parfois mais si rare et si marginal), c’est celui d’une France ethnicisée autour d’une langue unique, d’une culture unique, d’une identité unique, d’un peuple unique, d’une nation homogénéisée... Celui là fait 20% des voix aux élections : il est autrement plus dangereux et c’est lui qu’il faut combattre au lieu de perdre du temps et de gaspiller de l’énergie.

    Philippe Blanchet, professeur de sociolinguistique et de didactique des langues à l’université Rennes 2, écrivain de langue provençale (Grand Prix Littéraire de Provence 2002).


    Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIRDCP, adopté par l’ONU en 1966, ouvert à la ratification en 1976, ratifié avec réserves par la France en 1980) :

    Article 26. Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit sans discrimination à une égale protection de la loi. A cet égard, la loi doit interdire toute discrimination et garantir à toutes les personnes une protection égale et efficace contre toute discrimination, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique et de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
    Article 27. Dans les Etats où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d’avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion, ou d’employer leur propre langue (cet article a été refusé par la France)

    Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE, ONU 1989) prévoit :

    Article 2. 1. Les Etats parties s’engagent à respecter les droits qui sont énoncés dans la présente Convention et à les garantir à tout enfant relevant de leur juridiction, sans distinction aucune, indépendamment de toute considération de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou autre de l’enfant ou de ses parents ou représentants légaux, de leur origine nationale, ethnique ou sociale, de leur situation de fortune, de leur incapacité, de leur naissance ou de toute autre situation.
    Article 29. 1. c. (sur le droit de l’enfant à l’éducation) Inculquer à l’enfant le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs nationales du pays dans lequel il vit, du pays duquel il peut être originaire et des civilisations différentes de la sienne.
    Article 30. Dans les Etats où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques ou des personnes d’origine autochtone, un enfant autochtone ou appartenant à une de ces minorités ne peut être privé du droit d’avoir sa propre vie culturelle, de professer et de pratiquer sa propre religion ou d’employer sa propre langue en commun avec les autres membres de son groupe (cet aricle a été refusé par la France)

    Convention Européenne des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales (CEDHLF, Conseil de l’Europe 1950, ratifiée par la France en 1974) :

    Article 14 : Interdiction de discrimination. La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.

    Charte Européenne des Droits Fondamentaux (CEDF, Union Européenne 2000 devenue contraignante en 2007) :

    CEDF. Article 21 : Non-discrimination

    1. Est interdite, toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle.
    CEDF. Article 22 : L’Union respecte la diversité culturelle, religieuse et linguistique

    repondre message


    • Pour une information objective sur la Charte
      23 janvier 2014 21:52, par Françoise Morvan

      Les commentaires de Philippe Blanchet appellent de ma part quatre remarques :

      1. D’abord, je voudrais souligner l’incroyable grossièreté du procédé : membre depuis quelques mois de la section de Rennes de la Ligue des Droits de l’Homme dont je fais partie de longue date et qui a initié en 1999 mes recherches sur la Charte, Philippe Blanchet m’insulte alors même que notre section organisait un débat sur la Charte. Il n’a même pas eu la correction de m’avertir et d’avertir la section de sa singulière manière d’ouvrir le débat (je lis très rarement les commentaires des articles et c’est par hasard que je suis tombée sur ce texte).
      Je le précise car on peut mieux apprécier dans ce contexte l’honnêteté avec laquelle il me fait passer pour « idéologiquement plus proche du Front National que d’une émancipation sociale et humaniste » (sic). Le FN mène à la LDH, comme chacun sait.

      2. Ce « professeur de sociolinguistique et de didactique des langues à l’université Rennes 2, écrivain de langue provençale (Grand Prix Littéraire de Provence 2002) » n’admet pas que le M’PEP reproduise un article contre la Charte : c’est la preuve selon lui qu’il « n’est pas capable d’appliquer une éthique sur ce qu’on y diffuse ». Exposer des arguments contre la Charte des langues régionales est donc selon lui à considérer comme contraire à la morale. Belle manière de faire passer toute argumentation à la trappe sous couvert d’éthique.
      Le même jésuitisme permet de ne répondre à aucun des quatre points développés dans l’article : le premier de ces points est l’histoire de la Charte, libellée par l’UFCEE (l’Union fédéraliste des communautés ethniques européennes), lobby ethniste, comme le nom l’indique.
      Incapable de contredire le moindre fait, Philippe Blanchet expose que mon opposition à la Charte s’explique par une « glottophobie » qui s’appuie sur « un argumentaire de type "théorie du complot" ». Quel argumentaire ? Quel complot ? Nulle explication : c’est « un argumentaire qui d’ailleurs a été démonté depuis longtemps, preuves à l’appui » . Démontré par qui ? Avec quelles preuves à l’appui ? Vide total.
      À la suite de la parution de l’article sur Médiapart, un occitaniste fulminant s’était lancé, pour vérifier mes assertions, dans une recherche au sujet de l’UFCEE. Il était résulté de son enquête que, oui, l’UFCEE était à l’origine de la Charte, que, oui, c’était un lobby ethniste et que, oui, ses liens avec l’extrême droite étaient attestés.
      J’ai exercé mon droit de réponse et mes explications à ce sujet sont parfaitement connues.

      http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/050713/langues-regionales-la-theorie-du-complot-paravent-du-confusionnisme

      Le confusionnisme du professeur de sociolinguistique est plus grave que celui de l’occitaniste fulminant car, soyons glottophobe jusqu’au bout, errare humanum est, perseverare diabolicum.

      3. De la part d’un « professeur de sociolinguistique et de didactique des langues », qualifier de « texte a minima » la Charte qui, dans sa teneur d’origine, implique de mettre tous les locuteurs de groupes ethniques à même de se faire traduire tous les textes de lois, d’être jugés, soignés, reçus par toutes les administrations, de se faire rédiger les permis de construire et de passer leur permis de conduire — et ce dans les 75 langues reconnues de manière aberrante pour langues de France — témoigne soit d’une totale inconscience, soit d’une totale ignorance, soit d’une totale incompétence. Si j’élimine ces hypothèses, reste la volonté aveugle de voir en la Charte le moyen de remplacer le français par 75 idiomes locaux et d’en finir avec l’unité de la République, égalité des citoyens devant la loi, laïcité reposant sur la séparation de la vie publique et de la vie privée, partage d’une même langue dans la vie publique.
      En conclusion, occulter l’histoire et la teneur de la Charte est inadmissible de la part d’un professeur de sociolinguistique qui aurait pour premier devoir de les prendre en compte pour en informer ses étudiants.

      4. De la part d’un « écrivain de langue provençale (Grand Prix Littéraire de Provence 2002) », défendre la Charte en tant qu’auteur provençal brimé est tout simplement scandaleux. Et ce d’autant que, conseiller de l’Union prouvençalo, qui s’est prononcée contre la ratification de la Charte, Philippe Blanchet sait parfaitement que la ratification de la Charte signifierait la fin du provençal puisque seul est reconnu l’occitan unifié, langue politique mettant au rebut le provençal, le gascon, et autres langues d’oc.
      Quant à se présenter comme victime des « discriminations dont souffrent au quotidien les gens en France... » Quelles « discriminations » ? Quels sont ces pauvres gens qui, en France, sont « placés "hors de la République" par la Constitution à chaque fois qu’ils utilisent ou cherchent à utiliser leur langue première » ? Comment un professeur qui parle, chante, écrit, reçoit des prix en provençal et peut dire autant d’inepties qu’il lui plaît dans la langue qui lui plaît sans que cela l’empêche de toucher son salaire peut-il se dire victime de « discriminations » et « placé hors de la République » ?

      Enfin, Philippe Blanchet, estimant qu’analyser les dangers de la Charte des langues régionales, c’est vouloir « le maintien des discriminations linguistiques » m’accuse d’être atteinte d’une espèce de maladie qu’il nomme « glottophobie ».
      La glottophobie, comme l’accusation d’avoir des accointances avec le FN, est à mettre en contexte : ayant consacré un article (alors élogieux) à mon édition de la collecte de Frédéric Mistral, édition préparée avec Claude Mauron, professeur de provençal à l’université d’Aix (autre grand glottophobe) Philippe Blanchet est bien le dernier à pouvoir prétendre ignorer que je me consacre à éditer les plus grandes collectes de contes des régions de France, après avoir publié 18 volumes de Luzel aux Presses de son université (et en devant affronter ses chers collègues nationalistes bretons du département de Celtique). Je passe sur le recueil d’Anciennes complaintes de Bretagne traduites avec André Markowicz, glottophobe bien connu.

      Nombreux sont les pays qui n’ont ni signé ni ratifié la Charte, nombreux sont les pays qui, l’ayant signée, ne l’ont pas ratifiée pour des raisons qu’un professeur de sociolinguistique devrait avoir à cœur d’étudier au lieu de s’aveugler et aveugler les autres.

      repondre message


      • Pour une information objective sur la Charte
        24 janvier 2014 21:46, par Philippe Martel

        Dieu sait (s’il existe) que je suis en désaccord avec Philippe Blanchet sur un certain nombre de points relevant de la sociolinguistique et de la romanistique, deux disciplines que Mme Morvan est bien excusable d’ignorer. Mais il me semble que la réponse qu’elle lui fait laisse pas mal à désirer.
        - "L’occitaniste fulminant" dont elle parle sans le nommer, ce qui empêche les lecteurs d’aller vérifier par eux-mêmes ce qu’il dit, a effectivement fait des recherches sur le FUEV. Sa conclusion est que, quoi que ce truc puisse être par ailleurs, en faire le chef d’orchestre clandestin de la charte est pour le moins exagéré, sauf à lui prêter des capacités d’influence (hypnotisme ?) démesurées. Bien sûr qu’il existe des groupuscules ethnicistes et d’extrême droite pour se parer du titre de défenseurs des langues régionales. Et alors ? Les mêmes ou leurs semblables défendront tout autant le français. Et d’autres, qui ne sont pas d’extrême-droite, ne considèrent pas comme une catastrophe l’idée que les langues régonales puissent avoir un statut moins misérable que celui qui leur est fait jusqu’à présent : voir les prises de positions du PCF ou du NPA per exemple, à moins que Mme Morvan considère qu’il s’agit là d’officines stipendiées par les Prussiens. Tous ceux qui connaissent la question savent ce qu’il faut penser des déclarations vertueuses sur le fait que ah ben oui, ces langues sont comme des coqs en pâte dans notre pays. De toute façon pour ces gens, toute concession, même minime, faite à ces patois de ploucs est déjà une concession dangereuse qu’ils ne méritent pas.
        Bine entendu, ceux qui savent de quoi on parle, et connaissent les articles signés par la France, savent bien qu’il n’est pas question d’obliger qui que ce soit à passer le permis de conduitre en occitan, et que la traduction des lois en langue régionale n’intéresse que fort peu de monde. C’est de présence dans l’école publique et dans les médias publics qu’il est question. Quant à s’imaginer que donner davantage de place à ces langues débouchera fatalement sur un effondrement de la connaissance du français, nul dans son bon sens ne peut y croire une seconde.
        - Quand on regarde le débat actuel, on constate de quel côté viennent les ennemis les plus déterminés de la Charte : Mme Marion Maréchal-Le Pen, les figurants de Debout la République, l’inénarrable Guaino, le Malraux du pauvre, les gens de Riposte laïque(sic), sans oublier ce Pierre Hillard qui sur agoravox explique tranquillement qu’aux origines de tout il y al le lobbying des francs-maçons juifs du B’nai Brith en direction de Wilson en 1919.... Que quelques garçons qui se croient de gauche ( les derniers natinal-molletistes de la bande à Chevènement, Mélenchon, ses ex-amis lambertistes) se laissent embarquer dans ce qui s’annonce comme un bel exemple de coalition rouge-brun ne plaide pas en faveur de leur maturité politique. Mme Morvan n’aime pas qu’on l’assimile au FN, fort bien. Qu’elle veille alors a ne pas donner des arguments à ceux qui opèrent ce rapprochement, dont je ne demande personnellement qu’à croire qu’il n’est pas justifié.

        repondre message


  • Contre "Contre la charte des langues régionales."

    21 janvier 2014 01:28, par juju19

    Table des lois d’internet :
    - que tu sois riche ou pauvre, intelligent ou stupide, humaniste ou fasciste, de bonne ou de mauvaise foi, toujours tu dénigreras tes adversaires selon ces 2 grands commandements :
    1- la reductio ad hitlerum : ton adversaire tu agoniras de soupçons, d’arguments spécieux et de sous-entendus qui le ramèneront à notre maître à tous en matière de mal : Hitler !
    2- la théorie du complot : ton adversaire, tu insinueras, est forcément l’instigateur, ou bien mieux encore, la naïve marionnette d’une terrible conspiration (maçonnique, néo-libérale ou judéo-musulmano-opusdeo-scientologico quelquechose)

    Beau boulot et belle illustration de la part de Mme Morvan, Vraiment ! car pour arriver sur un site humaniste et sérieux à publier, à propos d’un sujet relativement mineur, soi-disant un combat d’arrière-garde, un tel monceau de haine, il faut une bonne dose d’habileté !

    A mon tour de m’amuser :
    C’est indirectement à cause de Napoléon, fondateur de l’état-nation moderne, que le jacobinisme s’est transformé en impérialisme, imposant dans sa logique hégémonique la langue comme instrument de domination à l’ensemble du corps social. Or, Hitler était un grand admirateur de Napoléon, et personne n’a porté plus haut que lui, à travers le pangermanisme, l’utilisation de la langue comme outil d’oppression. Donc, lutter contre la reconnaissance de la diversité des langues nationales, c’est pratiquer, certes en plus policé, la même politique qu’Hitler. CQFD.
    Et comme je suis sympa, je vous évite la théorie du complot, la trilatérale, etc. mais ça marche tout aussi bien. Consternant !

    repondre message


    • Contre "Contre la charte des langues régionales."
      22 janvier 2014 18:55, par ab66

      @juju19

      Ce qui est consternant ce sont les raccourcis que vous faites vous même au sujet de l’analyse de Mme Morvan.

      Comme beaucoup de personnes aujourd’hui vous usez de cette méthode qui consiste à accuser ceux qui font politique (ce qui passe forcément par le fait de désigner un ou des adversaires) d’alimenter la théorie du complot.

      Le sujet n’est pas mineur si vous l’appréhender dans la dynamique politique actuelle qui consiste à détruire l’Etat-nation qu’est la France pour construire une Europe des Régions.

      C’est bien à cela que s’attelle nous gouvernants mondialistes de droite et de gauche. L’Etat-nation, cadre dans lequel se sont organisées les luttes sociales qui ont permis les avancées que nous connaissons (droit du travail, sécu, service public, école gratuite et laïque etc.) doit disparaître car il gêne la mise en oeuvre de la mondialisation néolibérale.

      Tout ceci est donc bien cohérent. Pas de complot, mais des intérêts défendus bec et ongle par les classes dominantes qui trouvent dans les cadres des défenseurs zélés, car formatés à l’idéologie néolibérale.

      Et surtout qu’on ne me vienne pas me vanter les mérites de la décentralisation et de l’action au plus proche des habitants... car dans les collectivités nous sommes plus proche aujourd’hui du système féodale que de la démocratie. J’ai des tas d’exemples !

      repondre message


      • le même sans faute et sans mot manquant (désolé) :

        @juju19

        Ce qui est consternant ce sont les raccourcis que vous faites vous même au sujet de l’analyse de Mme Morvan.

        Comme beaucoup de personnes aujourd’hui vous usez de cette méthode qui consiste à accuser ceux qui font de la politique (ce qui passe forcément par le fait de désigner un ou des adversaires) d’alimenter la théorie du complot.

        Le sujet n’est pas mineur si vous l’appréhendez dans la dynamique politique actuelle qui consiste à détruire l’Etat-nation qu’est la France en vue de construire une Europe des Régions.

        C’est bien à cela que s’attellent nous gouvernants mondialistes de droite et de gauche. L’Etat-nation, cadre dans lequel se sont organisées les luttes sociales qui ont permis les avancées que nous connaissons (droit du travail, sécu, service public, école gratuite et laïque etc.) doit disparaître car il gêne la mise en oeuvre de la mondialisation néolibérale.

        Tout ceci est donc bien cohérent. Pas de complot, mais des intérêts défendus becs et ongles par les classes dominantes qui trouvent dans les cadres des grands partis politiques des défenseurs zélés, car formatés à l’idéologie néolibérale.

        Et surtout qu’on ne me vienne pas me vanter les mérites de la décentralisation et de l’action au plus proche des habitants... car dans les collectivités nous sommes plus proches aujourd’hui du système féodale que de la démocratie. J’ai des tas d’exemples !

        repondre message


        • Contre "Contre la charte des langues régionales."
          23 janvier 2014 19:40, par LBM

          Enfin un jugement sérieux qui voit où est l’essentiel. Derrière les autonomistes-indépendantiste-régionalistes se cachent tous ceux qui veulent en finir avec les conquis sociaux obtenus dans le cadre de l’Etat-Nation. La défense des langues régionales n’est qu’un cache-sexe.

          repondre message


        • Contre "Contre la charte des langues régionales."
          23 janvier 2014 19:56, par LBM

          " Les partisans de la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires jouent sur une ambiguïté qu’il faut lever d’entrée. Est-il souhaitable de soutenir la connaissance et l’apprentissage des langues régionales en tant qu’elles appartiennent à notre patrimoine culturel et qu’elles répondent à une demande d’une partie de la nation ? La réponse est oui. Est-il souhaitable de ratifier la Charte européenne en tant qu’elle confère des droits spécifiques à des "groupes" de locuteurs de ces langues à l’intérieur de "territoires" et en reconnaissant un droit à pratiquer une langue autre que le français non seulement dans la "vie privée" mais également dans la "vie publique" (justice, autorités administratives et services publics) ? La réponse est non. Ces deux questions sont en effet totalement distinctes. Et qu’on ne dise pas que le gouvernement n’a accepté de souscrire qu’à 39 des dispositions de la Charte, voulant ignorer les autres. La ratification une fois acquise sur ces bases, c’est à l’ensemble de la Charte que la France aurait été réputée avoir souscrit. "

          Anicet Lepors (ancien ministre)

          repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    24 janvier 2014 12:00, par Guy SCARPETTA

    Entièrement d’accord avec Françoise Morvan.
    Par rapport à certains commentaires : ne pas oublier que la gauche a perdu l’hégémonie idéologique au profit du néo-libéralisme précisément quand le mot "jacobin", dans son discours, est devenu péjoratif.
    Voir le rôle désastreux qu’a joué, dans cette régression, un idéologue comme François Furet.
    Si cette position de Françoise Morvan doit devenir une pétition, vous pouvez me compter parmi les signataires.

    repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    24 janvier 2014 18:19, par J. Mann

    Je me permets de partager avec vous un article que j’ai écrit sur le sujet. Au plaisir de lire vos remarques : http://www.tak.fr/la-francophonie-dabord/.

    repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    24 janvier 2014 20:45, par sylvain

    C’est étonnant le nombre de personnes qui confondent "défense de la langue" avec "défense de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires". Même des autoproclamés "de gauche" qui défendent une thèse raciste...

    Tout aussi étonnant ces anti-états primaires qui se réfugient sous le parapluie bruxellois, car dans le genre centralisé et uniformisateur, on n’a pas fait mieux depuis le dernier empire.
    Au passage, les bretons, basques, catalans, normands, niçois, savoyards, picards, corses, et j’en passe, accusent la france, et oublient toujours que la france, ce sont des bretons, basques, catalans, normands, niçois, savoyards, picards, corses, et j’en passe...savent pas vivre ensembles, mais vive la fédération européenne ! Et vive le globish ! Les élites locales avaient abandonné leur patois local pour le français, maintenant elles abandonnent le français pour une bouillie d’anglais...et le bon peuple continue de suivre...

    Sinon, le premier défenseur des langues régionales, comme le souligne l’humoriste " Misérables jacobinistes, vous avez envoyé votre fatras à un prof d’occitan républicain de l’école publique.", c’est l’ogre soit disant jacobin, et ce depuis les années 50. C’est lui aussi qui impulse la régionalisation. Il est vraiment diabolique...! En fait d’imposition du français jacobino-colonial, c’est une période de 80 ans commencée vers 1870 où les officiers se sont rendu compte que la soldaterie ne comprenait même plus les ordres basiques en français (çà la fout mal pendant un conflit, et çà la fout aussi mal pour le mythe du méchant jacobin, de la révolution, de l’empire, restauration, république : 80 ans de rouleau compresseur centraliste et arrogant...et de moins en moins de francophones...). Parenthèse qui a donc commencé à se refermer dès l’après guerre. Le témoignage poignant de l’humoriste en atteste si besoin.
    M’enfin, aujourd’hui, quand je veux faire une analyse politique, économique, scientifique, ou même littéraire, ou même simplement discuter de ces sujets, je le fais en français, il y a tous les outils nécessaires. En picard par contre, c’est pas trop çà...en globish non plus d’ailleurs...

    repondre message


    • Contre la charte des langues régionales.
      25 janvier 2014 10:24, par Philippe Martel

      Je ne suis pas sûr de tout comprendre. Je ne "défends" pas la charte, je constate simplement que sa dénonciation cache bien mal un mépris purement bourgeois pour les "patois locaux". Je n’ai personnellement rien contre la France, étant fonctionnaire ; c’est même en tant que citoyen français que je revendique pour un statut digne pour des langues de citoyens français. On voudra bien noter que je n’utilise pas le mot "jacobin", parce qu’il n’a rien à voir avec notre sujet. Guillaume Lavabre, de Puylaurens,, qui a composé à l’automne 1792 une chanson à la gloire de Marianne (c’est la première attestation du personnage comme incarnation de la République, ce Lavabre était plus jacobin que la plupart des gens qui interviennent ici ; il l’était assurément plus que l’abbé Grégoire, qui s’est fait lourder du club des jacobins pour cause de calotinitude aggravée. On est gentil, on ne mélange pas tout, et on n’utilise pas à tort et à travers une étiquette politique liée à un contexte bien particulier qui n’est plus le nôtre aujourd’hui. Quant au blogueur alsacien qu seréfère sans critique à François 1er et Rivarol, alors là, en voilà un fameux républicain.
      On ne mélange pas non plus citique de l’Europe du capital et débat sur les langues. Ca se passe à deux niveaux qui n’ont rien à voir. Comme si développer l’offre d’enseignement d’occitan ou de breton dans l’école publique pouvait favoriser la dérégulation salariale et des dividendes plus hauts pour les actionnaires !
      C’est assez marrant de voir quelq’un trouver tout naturel que les "élites" aient abandonné les langues régionales, et se metre à couiner en voyant que ça se reproduit aujourd’hui au profit de l’anglais. Sur les ondes, y compris de service public, on entend davantage de chansons en anglais, y compris dan des bouches françaises, que de chansons en occitan ou en breton. Cela devrait prouver à d’aucuns qu’on est toujours l’occitan ou le breton de quelqu’un et ça devrait inciter à la tolérance et à la solidarité.
      Par contre, s’imagier qu’on ne peut parler science ou littérature en occitan ou en breton, ç’est un peu sommaire. Pour mémoire, le premier manuel de droit romain en langue vulgaire date des années 1160, et il est en occitan, comme la première grammaire d’une langue vulgaire rédigée en cette langue, au XIIIe siècle. Les langues s’équipent en vocabulaire spécialisé quand elles e ont besoin,et ce n’est pas un problème, sinon on écrirait encore en latin. Je laisse aux Picards le soin de dire ce que l’astuce de Sylvain sur leur parler leur inspire.
      Et je répète une fois de plus : le fait de tenir en gros le même discours que tout un tas de droitiers plus ou moins répugnants, ça ne vous interpelle pas au nom de votre conscience de gauche ? C’est en homme de gauche parlant à des gens de gauche que je vous le dis, et que je prends la peine d’intervenir sur ce forum.

      repondre message


      • Contre la charte des langues régionales.
        25 janvier 2014 10:46, par ab66

        "On ne mélange pas non plus citique de l’Europe du capital et débat sur les langues..."

        Et bien si ça a complétement à voir. Le but de l’Union Européenne est de démanteler les états nation (dont la construction repose en partie sur une langue commune). Il s’agit d’en finir avec les souverainetés nationales sans lesquelles il ne peut y avoir de souveraineté populaire... donc de démocratie.

        L’Etat nation gêne la mise en œuvre de la stratégie développée par les classes dirigeantes depuis les années 70, à savoir celle de la mondialisation dont l’Union Européenne est la cheville ouvrière en Europe.

        Je vous renvoi à cet article que nous avons écrit il y a quelques temps :
        http://www.m-pep.org/spip.php?article3245

        repondre message


        • Contre la charte des langues régionales.
          26 janvier 2014 10:38, par Philippe Martel

          Je persiste : les acquis sociaux actuellemetn attaqués par le patronat ne sont pas le fait de l’Etat Nation : l’Etat bourgeois ne les a accordés que parce que le mouvement social l’y a contraint, et il est justement en train de revenir dessus actuellement, pas seulement à cause de l’Europe, mais bel et bien pour complaire à ses amis patrons, en surfant sur la résignation des travailleurs. Ce quin ’empêche pas tous ces braves gens de proclamer leur attachement à la Nation, même quand ils planquent leur fric en Suisse ou ailleurs. Il ne suffit pas de crier "Nation Nation" en sautant comme un cabri pour que tous les problèmes de lutte de classes s’évanouissent comme par miracle : une des fonctions du mythe natiolnal est justement d’amener les gens à penser que la solidarité entre Français est supérieure à celle qui existe entre membres d’une même classe. Si on en bave face à l’Europe, c’est peut-être parce que l’on n’a pas su nouer au niveau européen les contacts entre mouvements sociaux qui auraient permis d’affronter solidairement le capital international.
          Je signale par ailleurs que le recours au mythe national, dans l’histoire du mouvement ouvrier, à toujours été le prélude à un glissement à droite : l’Union Sacrée en août 14, les pleins pouvoirs à Pétain (refusés par ailleurs par des députés occitans, plus un Breton, Tréminitin, auteur de propositions de loi pour le breton sous la IIIeme comme sus la IVeme... Et on n’oublie pas Mollet couvrant la torture en Algérie. Tout ceci vaut, bien entendu aussi pur un éventuel nationalisme breton, occitan, basque... La seule différence est que ces nationalismes sont partagés par bien moins de gens que le nationalisme français, et qu’ils ne comptent donc pas, politiquement.
          Bref, je répète, on ne mélange pas critique de l’Europe du capital et débat sur les langues.

          repondre message


          • Contre la charte des langues régionales.
            28 janvier 2014 22:46, par ab66

            Je vous parle du cadre dans lequel ces luttes ont pu aboutir et dans lequel les acquis sociaux se sont structurés. Une fois que ce cadre aura été complétement démantelé, une fois les régions lancées dans la concurrence sauvage organisée par les traités européens, vous nous expliquerez comment ces mêmes régions iront reconstruire ce qui a été été détruit.

            Mais vous préférez raisonner de manière totalement idéologique que d’accepter cette réalité... se faisant vous laissez ainsi la voix libre au capitalistes. C’est votre choix.

            repondre message


  • Défendre sa langue et sa culture est une évidence telle que je ne vois pas comment quelqu’un sans doute de "gauche"peut s’allier sur ce point à nos pires adversaires.Faut-il rappeler que la plupart des grandes luttes sociales de l’Histoire` ont été aussi des luttes pour rester soi-même, de la guerre albigeoise à la seconde guerre mondiale en passant par les Bonnets Rouges les vrais, ceux de1674, les Vietnamiens ou les Tchtchènes ?

    Quelqu’un, issu de nos rangs, veux nous entonner le grand air de la civilisation par l’uniformité et du progrès par le massacre ? A vomir...

    repondre message


    • Vous faites des raccourcis il ne s’agit pas d’interdire à quiconque de parler sa langue.

      Le débat est un peu plus subtile que cela. Lisez ce qu’écrivent Anicet Le Pors ou JL Mélenchon à ce sujet. On ne peut pas les soupçonner d’être poches du FN et pourtant ils sont contre cette Charte et ce qu’elle induit pour notre République.

      repondre message


      • C’est la tactique de tous les régionalistes intégristes d’accuser les défenseurs de l’Etat-nation d’avoir les mêmes idées que le FN (il ne faut quand même pas oublier que c’est dans le cadre national que des droits vitaux ont été conquis ... comme la Sécurité sociale, les services publics ... au fait la Bretagne sans la France ne pourrait pas s’éclairer - LOL).
        Si leur rêve c’est de pouvoir aller au Pôle emploi demander en Breton (ou dans une autre langue régionale) un emploi et remplir leur CV dans la même langue, je leur laisse ce rêve.

        repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    26 janvier 2014 09:54, par Guillaume Beaudoin, M’PEP

    En complément de ce texte, il est intéressant de consulter les deux émissions de Là-bas si j’y suis consacré au patronat breton :
    http://francoisemorvan.com/monde-comme-si-suite-linstitut-de-locarn/
    Cela confirme les vrais motifs qui se dissimulent derrière la charte.

    repondre message


  • Les langues ne sont que des langues, et c’est déjà beaucoup !

    26 janvier 2014 12:39, par Linguiste atterré

    Françoise Morvan mérite mieux que cette rencontre avec la théorie du complot ethnique développée par Mme Bollmann. Elle pourrait en particulier accepter – comme elle l’avait prouvé par sa carrière professionnelle – que les langues peuvent être autre chose que des marqueurs d’identité agressive, et qu’elles sont aussi une dimension culturelle. Mais surtout, qu’elles sont d’abord des constructions intellectuelles sophistiquées par lesquelles se forme le sens. En tant que produits de l’esprit humain, elles ne sont pas plus en concurrence, que, disons, l’Odyssée et le Dit de Genji, ou le Parthénon et le Taj Mahal.
    Quatre points inquiétants ou absurdes dans son argumentaire.
    1. Qui pense que la différence entre le breton et le gallo est d’ordre ethnique ? On croyait que, tout simplement, une langue celtique et une forme de langue d’oïl n’entretiennent pas la même relation linguistique avec le français…
    2. Pourquoi taire le nom des personnes prises à parti ? « Le linguiste » s’appelle Bernard Cerquiglini, et a droit à être reconnu (ou critiqué) ; « le juriste » est Guy Carcassonne, récemment disparu, et dont la compétence et la pondération nous manquent.
    3. Dans le contexte où elle apparaît, la liste des langues kanak a des relents d’arrogance d’Européenne, pour ne pas employer un mot plus fort (car je veille à ne l’utiliser que dans les cas patents). On comprend un peu : comment la République indivisible et laïque peut-elle perdre son temps avec le bourguignon-morvandiau (une forme de langue d’oc très peu pratiquée) et des langues (mais peut-on leur attribuer ce titre ?) comme le fwâi, le pwaamei, le pwapwâ, le xârâcùù ou le xârâgùrè ? (Entre les deux guerres, certains auraient ajouté « A vos souhaits ! », et Françoise Morvan devrait éviter de donner l’occasion de ces apparentements).
    4. On dira ce qu’on veut de la Charte, mais il est absurde de se plaindre de ce qu’elle ne concerne pas le turc ou le portugais. Si les langues sont des produits de l’esprit humain, et si la diversité des langues est patrimoine de l’humanité, alors il incombe à chaque Etat de préserver et de valoriser la partie de ce patrimoine qui est représentée par ses ressortissants. Dans le cas du breton, cette tâche n’est du ressort que de la seule France, mais la Turquie et les pays lusophones sont là pour préserver et valoriser leur langue nationale,et la France n’est tenue à rien. Cela n’empêche évidemment pas de développer une meilleure place pour le turc et le portugais dans l’espace français, mais c’est une autre question.

    repondre message


    • Les langues ne sont que des langues, et c’est déjà beaucoup !
      27 janvier 2014 15:29, par Gauche Indépendante Bretonne

      Ce n’est pas en soit que la ratification de la Charte nous intéresse. Elle nous permettrait d’aller plus loin. Notre langue serait enfin reconnue comme LA langue de notre territoire, la Bretagne historique (le Français resterait la langue d’échange avec les autres territoires de France). Avec LA langue, Le territoire et LE drapeau, nous avons ce qui nous permettra de faire de la Bretagne, Nation sans Etat, un véritable Etat-Nation. Dans le cadre de l’Europe fédérale, nous pourrons enfin nous affirmer comme Nation indépendante prête à collaborer avec les autres Nations celtiques (Ecosse, Pays de Galles, Irlande, Galice ...) pour le bien du Peuple Breton. Vive le droit à l’autodétermination du Peuple Breton que nous refuse la France Jacobine !

      repondre message


      • La nation française, avant d’être une réalité culturelle, est d’abord et avant tout une construction politique. Elle prend tout son sens en 1789 quand la souveraineté nationale (celle du peuple) s’érige en lieu et place de celle du monarque de droit divin. Le français c’est la langue de l’espace public, c’est à dire de notre patrimoine commun que sont l’école, les administrations, les services et entreprises publiques... de tout ce qui a été arraché aux intérêts privés. C’est donc avant tout la langue du politique, au sens de "ce qui nous permet de se comprendre, de faire société" et aussi de mener des luttes communes ! C’est cette conception révolutionnaire de la nation (qui a inspiré bien des luttes d’indépendance, et notamment récemment dans les pays arabes) qu’il convient de défendre.

        J’ajouterai pour ma part que devrait pouvoir devenir français (sans autre condition) celui qui travaille et paye ses impôts en France. Celui qui au contraire place son fric dans les paradis fiscaux pourrait se voir retirer sa nationalité. Voilà encore une conception politique de la nation.

        Elle est loin de la conception défendue par les indépendantistes qui est basée sur des considérations culturelles et ethniques, et en cela est pour moi réactionnaire et rejoint complétement celle du Front National. Comme de tout temps elle fera le jeu de la droite et des capitalistes.

        Le temps n’est donc pas à la division, mais au rassemblement du peuple de France, dans toute sa diversité, pour reprendre la nation aux mains des élites néolibérales... et ne pas la laisser à l’extrême droite.

        Cela passe par la sortie de l’Union Européenne pour construire un socialisme du XXIe siècle et un véritable internationalisme basée sur la coopération entre les nations indépendantes.

        repondre message


        • Les langues ne sont que des langues, et c’est déjà beaucoup !
          30 janvier 2014 19:01, par Michel Launey (alias Linguiste atterré)

          Euh, qui répond à qui ?
          Il est bien difficile de tenir un discours rationnel, et plus encore de voir ce discours repris pour être commenté ou critiqué.
          On a le droit d’être indépendantiste breton - mais les propos tenus ne répondaient pas aux miens, et si la Charte n’est défendue que de cette façon ("la langue on s’en fiche..."), avec de tels amis, elle n’a pas besoin d’ennemis.
          Maintenant, chers ab66, je suis plutôt d’accord avec vous (y compris sur les exilés fiscaux), sauf qu’il ne faut pas faire de contresens sur ce qu’est une langue. La diversité des langues peut très bien s’accommoder du cadre politique existant, et des Etats-nations tels qu’ils se sont constitués historiquement. Savez-vous qu’il y a par le monde beaucoup de bilingues, et même, que la plus grande partie de l’humanité vit dans une situation bi- ou plurilingue ? Si vous craignez l’enfermement identitaire, savez-vous que beaucoup de francophones (la plupart ?) ne connaissent que leur langue maternelle, mais que ce n’est le cas, au moins aujourd’hui, d’aucun bretonnant ?
          Quant au français, langue du politique, de la sphère publique et de la vie commune, tout ce que vous voulez, mais il n’est pas en soi "langue du politique", il est langue de la vie politique dans le cadre national français, c’est tout. J’espère que vous ne voulez pas dire que les autres langues ne sont pas capables de dire le politique, parce que cette proposition aurait des relents que j’ai déjà dénoncés (bien qu’en termes mesurés)dans ma première intervention. Et pour qu’il nous "[permette] de nous comprendre", il faut penser de façon un peu intelligente et non purement coercitive la question du passage au français des enfants français allophones des Outre-mer.
          Cordialement à vous

          repondre message


      • Les langues ne sont que des langues, et c’est déjà beaucoup !
        16 février 2014 19:24, par Gauche Indépendantiste Bretonne

        En complément. Ce qui nous intéresse nous les indépendantistes bretons, c’est qu’avec la ratification COMPLETE de la Charte on pourra ne parler que Breton en Bretagne sans être obliger d’utiliser la langue du colonisateur jacobin.

        repondre message


  • La langue française a-t-elle un avenir ?

    15 mars 2015 13:07, par françois

    La langue française est l’une des plus complexe. Cette complexité permet de construire les sciences et surtout les mathématiques. Notre mode de vie est fondé sur des lois physiques et chimiques. L’anglais copie le français pour la description scientifique. Après les évènements du 11 Janvier 2015, M.Kerry (vice-président des États-Unis) a parlé en français.

    Aujourd’hui, la consommation et le mode de gestion utilisent quotidiennement entre 400 et 600 mots. Avec ce niveau de vocabulaire, peut-on réaliser des descriptions scientifiques ? NON ! La transmission de la connaissance est fragilisée par la faiblesse de vocabulaires. Et pour aller réparer une centrale nucléaire dans l’urgence ... quelles vocabulaires utiliser ?

    Nous vivons une mutation depuis 200 ans, où le français a été parlé de façon homogène quelques décennies. Aujourd’hui, c’est du Franco-Anglais ... Anglo-français.

    Les bataille des langues, c’est toujours tragique !

    Dire qu’une langue régionale doit être liée à une "ethnie" ... c’est un retour à la première moitié du XXième siècle. Si la hiérarchie des langues constitue la base de la hiérarchisation des "éthnies". C’est un recule à l’émancipation.

    En ce moment, il y a d’autres batailles à gagner ... la biosphère est sérieusement attaquée pour la vie de l’espèce humaine. L’espèrance de vie en "Bonne Santé" recule tragiquement en France, en Europe, aux États-Unis.

    Est-ce-qu’une langue dite "minoritaire" résistera face à des mouvements démographiques, à des hausses des températures où les récoltes seront difficilement excellentes, à des risques technologiques (la télécommunication et ses abus) ?

    Nous avons des niveaux d’échange d’information exponentiels et exceptionnels, pourtant collectivement le niveau s’effondre. Le sens des mots a été corrompu comme le concept de l’ énergie propre, avant l’énergie était sale (un abus langage ?).

    repondre message


  • Contre la charte des langues régionales.

    25 mai 2015 02:40, par Gurenn Bredouk

    Comment au XXIe siècle on peut encore être pour l’éradication des langues régionales ? Cela est d’un autre temps et d’une idéologie très nationaliste, dépassée et fort douteuse aujourd’hui.
    Car oui, la France veut voir mourir ses langues régionales,elle a tout fait pour et attend maintenant la fin petit à petit. C’est la négation des peuples tout simplement, pour un seul peuple en préfabriqué qui sera plus facile à manipuler et dont voit bien les résultats que ça peut donner. Le colonialisme n’est il pas fini ??
    Quand on sait, après toutes les études et observations, ce que le bilinguisme précoce apporte comme bien faits par la suite. Beaucoup de pays modernes reconnait ce fait.
    Les langues c’est une richesse et une ouverture d’esprit, mais évidemment l’ouverture d’esprit ne fait pas partie de ces Mélenchon, Morvan et le Pen.
    F Morvan en a fait son obsession aussi bien qu’en même temps elle en a fait son gagne-pain !Elle aide ainsi volontiers l’ultra nationaliste d’extrême gauche Mélenchon qui a cela de commun avec l’autre ultra nationaliste de l’autre bord Le Pen, la haine de ce qui n’est pas français et de ceux qui pensent autrement !! Ces deux là partagent le même racisme envers les cultures populaires et régionales.
    Et Françoise Morvan se fait le vers de Mélenchon dans la pomme bretonne ! Ni plus ni moins !! Ses écrits notamment "le monde comme si" , transpirent de haine, de racisme et de conspirationnisme. A partir de faits , elle établit des constructions et des amalgames et joue avec les dates... de 1923 on passe aussitôt à 1941 en une micro-seconde !! Des écrits pour ignorants idéologisés !
    "Mouvement Politique d’Emancipation Populaire" , c’est une blague ???! Le populaire ce sont aussi les langues régionales !!!!! Et si c’est le français que vous voulez uniquement alors restez sur Paris ou partez y et arrêtez avec votre colonialisme digne de la 3e république !!!Ne nous faites pas chier dans nos régions et terroirs !! Pour votre gouverne F Morvan, les communistes dans les années 30 et après guerre chantaient le Bro Gozh ma Zadoù en costumes et tout,du racolage de la part des représentants communistes bien sûr mais c’était bien sincère de la part de cette population.

    repondre message

Haut de la page