Critique, « Populismes », n° 776-777, janvier-février 2012.
mercredi 25 juillet 2012
Auteur : par webmaster
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Populismes

Editions : Critique, n° 776-777, janvier-février 2012



Un spectre hante l’Europe : celui du populisme. Et la France, en cette année d’élection présidentielle, n’est pas épargnée. Peu d’éditoriaux, guère de débat où « populiste ! » ne soit lâché contre l’adversaire comme jadis on criait : « anathème ! » À tant servir, un mot s’use vite. D’où la lassitude du public citoyen et la tentation de jeter le bébé avec l’eau du bain.
Ce numéro de Critique prend un autre parti.
Nous faisons le pari que cette notion galvaudée a encore quelque chose à nous apprendre et qu’il vaut la peine d’en rouvrir la question. Car le « populisme » n’est ni une donnée, ni un acquis de l’analyse politique ou historique. Et pourtant il tourne. Indéniablement, il existe. Ne serait-il qu’un mot, il a des effets sociaux et politiques ; et ce mot importe, dès lors qu’avec lui, c’est la question du peuple qui est posée.
Une seule certitude : ce sont les populismes, au pluriel, qu’il faut interroger pour élucider l’énigme populiste. Il faut donc voyager : chez les Narodniki russes, chez les Populists américains du XIXe siècle, qui ne sont pas les Tea Partiers d’aujourd’hui. Il faut écouter M. Blocher en Suisse, qui ne parle pas comme notre « droite populaire », et encore moins comme M. Mélenchon.
Surtout, il faut cesser de croire que le populisme soit exclusivement politique. C’est un phénomène transversal qui divise la culture et la connaissance. Sa compréhension passe aussi par Pound et Pasolini, par le cinéma, par le « roman populiste ». Qu’en est-il des images du Peuple qui servent de socle au populisme ? Qu’en est-il du populisme en art, en littérature, parmi les intellectuels et les savants ? En matière d’écologie ou d’anthropologie ?
Les contributions ici réunies par Pierre Birnbaum, Laurent Jeanpierre et Philippe Roger viennent d’horizons très divers : littérature et politologie, philosophie et sociologie, linguistique et anthropologie. Elles donnent au populisme une nouvelle silhouette.