Déclaration publique de PAREMVASI après les élections législatives du 25 janvier 2015 en Grèce
samedi 7 février 2015
Auteur : par webmaster
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DÉCLARATION PUBLIQUE DE PAREMVAS

(Traduction pour le M’PEP – Virginia Lombard)

1. L’organisation politique PAREMVASI soutient et participe à la coalition politique de ANTARSYA et METOPIKI ARISTERI SYMPOREUSI. Cette initiative – en dépit de ses difficultés et de ses limitations – est une étape vers la tentative pour élaborer la réponse nécessaire à la nouvelle situation que les prochaines élections sont sur le point d’engendrer. Cinq ans après l’entrée de la Grèce dans un régime de memorandums, une première série de gouvernements de “memorandums extrêmes” semble sur le point de s’achever. Une ère de gouvernements anti-memorandum s’annonce – des gouvernements considérés comme de gauche, ou avec des marqueurs de gauche, qui ont promis des politiques en faveur du peuple, mais éloignés des ruptures avec les centres qui travaillent contre les intérêts du peuple. En cette période, toutes les contradictions du discours anti-memorandum de l’opposition apparaîtront nécessairement. Même ce discours anti-memorandum, pré-électoral et limité, devra entrer en concurrence avec le cadre international et européen (auquel le
pays appartient), sans le remettre pour autant en question et, de plus, sans se préparer à une opposition, un affrontement ou une libération de ce même cadre. Concrètement, nous nous acheminons vers une intégration et une retraite en faveur des exigences du marché, des prêteurs et des partenaires. Dans ces circonstances, il est nécessaire pour nous de construire et de rendre autonome cette partie de la gauche qui s’est préparée, ainsi que le peuple, à une bataille et non à un compromis.

2. La coalition électorale d’une grande partie de la gauche politique et sociale avec SYRIZA, basée sur l’argumentation logique du “enfin, laissons-les partir, pour que quelque chose de bien, même minime, puisse arriver”, est totalement compréhensible, tout autant que l’est le doute contre la partie de la Gauche qui n’appartient pas à SYRIZA. La série de sanctions contre Samaras et Vénizelos est tout à fait justifiée et, en même temps, le climat de suspicion contre SYRIZA existe bel et bien. Le peuple peut et veut, mais SYRIZA parvient toujours à susciter de nouvelles questions. Bien que le courant électoral de SYRIZA consiste en des milliers de travailleurs et de jeunes de gauche, progressistes, il est largement reconnu qu’ils recherchent une expression politique à la gauche de SYRIZA, comptant sur une politique qui ne respectera pas les cadres internationaux ni les limites que le système pose. Des milliers de travailleurs, dans les professions manuelles et intellectuelles, recherchent pour la Grèce un état différent, des relations internationales différentes, un système d’éducation et de santé. Ils comprennent que l’UE et l’Euro sont le problème, et que c’est là que réside la solution. Une opposition à l’UE et à l’Euro est la première condition, afin de construire une nouvelle Grèce sans chômage, sans l’exode de la jeunesse, une Grèce avec des travailleurs décents, créatifs et fiers. Voilà pourquoi notre point de vue doit prendre en
considération une période de temps dans son intégralité, pour voir le lendemain, pour exiger la préparation des moments très difficiles qui sont sur le point de survenir, afin de ne pas prétendre au rôle de Ponce Pilate ou encore pour échapper à nos responsabilités. Le choix de PAREMVASI n’affecte pas seulement les circonstances présentes. Il dérive d’une politique cohérente, dotée d’un plan, qui s’efforce de construire le pouvoir frontal nécessaire, afin que le lendemain ne trouve pas le peuple et le mouvement dans un état d’effondrement, la Gauche fortement discréditée, et la société dans un état de décomposition. En ce “jour nouveau”, une gauche frontale et anti-système est plus que jamais nécessaire. C’est cet objectif que PAREMVASI s’est fixé.

3. Avant et juste après les élections, avec ou sans un gouvernement autonome, une question dominante demeure, qui intègre toutes les contradictions et frictions existantes, toutes les possibilités de rupture ou d’incarnation, d’esclavage ou de libération : s’il existe une possibilité de découvrir une porte de sortie hors de la crise, et vers une résurrection de cette mort lente, tout en restant en même temps dans le cadre européen, auquel le pays appartient. Ce n’est pas par hasard si la question centrale qui monopolise la période préélectorale concerne l’appartenance de notre pays à l’UE et principalement à l’Euro. Aller contre ces cadres exige un nouveau choix stratégique pour le pays. Cela signifie aussi un choix de classe particulier : le cadre européen garantit les conditions les plus favorables pour le capital et le pire enfer qui soit pour le travail. Le problème fondamental du pays et de ses travailleurs, en cet instant précis, c’est l’obéissance à ce régime étouffant de surveillance, de tutelle, d’austérité dure, de chômage élevé. Cela signifie l’obéissance au programme de la Troïka ou de l’UE. Ce programme demeurera valable aussi longtemps que le pays restera soumis au choix stratégique de la classe dominante “d’appartenir à l’Occident”. Une liste électorale de rupture avec ce choix stratégique particulier est la condition politique de ANTARSYA et de METOPIKI ARISTERI SYMPORESI.

4. Le mouvement PAREMVASI participe à la coalition politique de ANTARSYA-MARS car il soutient l’idée de la coalition la plus large possible de partis et de militants, sur la base d’un programme nécessaire de rupture et d’opposition contre quoi que ce soit qui nous a plongé dans la banqueroute et la destruction sociale. Cette coalition peut constituer un modèle et un ferment de développements futurs positifs pour le lendemain des élections, bien qu’elle aurait dû être bâtie des années auparavant, et s’adresser à la Gauche dans sa totalité, ainsi qu’à la société grecque. De nos jours, cependant, c’est présenté comme un amalgame de quelques forces de la gauche révolutionnaire, anticapitaliste ou communiste. Il ne semble pas toucher l’ensemble de la société. La société veut être soulagée des memorandums et par conséquent, elle vote pour la seule alternative rapide, SYRIZA. En réalité, la société se déterminera selon l’existence post-électorale d’un pouvoir puissant en faveur de l’opposition avec la Troïka, l’Euro et l’UE. Les militants qui comprennent ce besoin aujourd’hui, ne peuvent rester silencieux ou choisir la pente facile du consentement passif du scenario “le moins pire”. Conscients des limites mais aussi des capacités de cette coalition, exigeant des pas bien plus importants et incisifs, les militants et les forces qui comprennent ce qui va arriver demain, doivent être organisés aujourd’hui.

5. Le 25 Janvier, lors des élections, nous allons voter en gardant à l’esprit le 26 Janvier et les jours suivants. Car mettre fin au pouvoir de Samaras n’est pas suffisant. Avec lui, doivent aussi s’achever le pouvoir de la dette, de la Troïka et de la tutelle. Non seulement nous devons mettre fin aux gouvernements des memorandums, mais aussi abolir les chaînes des memorandums. Le memorandum n’est pas juste qu’une autre loi. Ce sont les milliers de changements qui font exploser le chômage et la pauvreté, détruisent les salaires et les pensions. La restauration de ce qui a été détruit à grande échelle ne fait même pas partie des projets de SYRIZA, lesquels se limitent à un programme d’allègement et “d’endiguement” de l’austérité. Même ce programme dépouillé – si nous le considérons comme un début de “casse” du memorandum – est irréaliste et impossible sans un projet alternatif d’opposition à l’UE et aux prêteurs contre leur chantage. La recherche d’un minimum de mesures d’allègement n’est pas suffisante. Nous avons aussi besoin d’être capable de forcer, de mettre en oeuvre et de défendre ces mesures. Cela ne peut advenir par les souhaits pour l’assentiment et l’exorcisme des actions unilatérales.

6. Voter pour la coalition politique de ANTARSYA-MARS signifie soutenir la rupture nécessaire avec les marchés, les prêteurs et l’UE. Cela veut dire que le “NON”, implacable et irréconciliable, tant envers les pouvoirs étrangers qu’envers le pouvoir national qui ont mis le pays dans cet état de destruction et ramené les travailleurs au Moyen-Age, que ce “NON” prenne le pouvoir et s’autonomise. Cela signifie la récompense d’une étape certes petite mais néanmoins existante vers la coalition frontale pour la Gauche. De plus, cela veut dire que dans la dure confrontation entre la Gauche et la Droite, l’espace de gauche qui prend son l’autonomie, est celui qui ne “chante pas de berceuses”. En termes de programme et de mobilisation, il est prêt à se battre. Cette coopération politique particulière démontre qu’il existe des forces aujourd’hui qui, sans pour autant être d’accord sur tous les sujets, s’unissent pour faire face au besoin immédiat de soutenir un programme de rupture avec la Troïka, le refus de payer la dette, l’exonération du cadre oppressant de l’Eurozone et de l’UE. C’est là l’unique moyen qui peut mener le pays et ses travailleurs hors de l’actuel enfer du memorandum et de la ruine future.


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Forum de l'article  -1 Message

  • Je ne peut résister à faire un parallèle entre la position trompeuse de SYRIZA et celle du Front de gauche qui, de la même manière, préfère s’opposer à l’Union européenne avec une douceur coupable, c’est-à-dire chercher à infléchir le pouvoir capitaliste de l’intérieur plutôt que de vouloir rompre.

    C’est tromper le "peuple de gauche" que de le bercer de l’illusion d’une victoire populaire, alors que l’Europe capitaliste mettra tout en oeuvre pour mater la désobéissance éventuelle des pays membres. Curieusement, les médias préfèrent aussi focaliser sur A. Tsipras et ignorent platement PAREMVASI. Le pouvoir de l’oligarchie se prend et se conforte avec la complicité des médias.

    repondre message

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