Energie : le pétrole

Les réserves de pétrole sont par nature limitées. Cependant la production de nouveaux bruts dits de « haute technologie » devrait néanmoins retarder leur tarissement. Personne n’est d’accord pour définir le « pic du pétrole ». En 1970, il était dit que le pétrole se tarirait dans 30 ans, soit en 2000 ;

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ENERGIE : PETROLE

Les réserves de pétrole sont par nature limitées. Cependant la production de nouveaux bruts dits de « haute technologie » devrait néanmoins retarder leur tarissement. Personne n’est d’accord pour définir le « pic du pétrole ». En 1970, il était dit que le pétrole se tarirait dans 30 ans, soit en 2000 ; aujourd’hui on entend le même discours. Pourquoi ? Parce que les ressources ultimes de pétrole représentent l’ensemble de l’héritage de la Nature, soit 10 000 à 12 000 milliards de barils de pétrole. Mais seuls 30 % sont accessibles aux conditions actuelles de coûts et techniques. On estime les réserves connues et exploitables aux conditions d’aujourd’hui à 1 100 milliards de barils, soit à peu près 40 ans sur une base 2006 de 30 milliards de barils. Mais les sables asphaltiques et les schistes bitumeux représentent un potentiel de 7 000 milliards de barils, soit 50 % du pétrole conventionnel. Dont :

- Les sables asphaltiques et bruts extra lourds : 4 000 milliards de barils dont 600 milliards semblent récupérables. Trop visqueux à transporter ils sont raffinés sur place. Le coût en environnement est lourd (gaz à effet de serre, l’eau utilisée en grandes quantités doit être ensuite traitée). Déjà exploités, leur coût est de deux fois le prix du pétrole actuel.

- les schistes bitumeux : 3 000 milliards de barils sous forme non liquide c’est-à-dire sous forme de roches imprégnées, l’exploitation est du type minier. Ils sont déjà exploités en Estonie. Mais la recherche de nouvelles technologies se poursuit.

On appelle ces pétroles « pétroles de haute technologie », ils sont désormais compétitifs. On est donc loin d’avoir épuisé le sous-sol.

Il n’y a pas de réelle pénurie de pétrole si l’on intègre ces sables bitumeux qui se trouvent pour l’essentiel au Venezuela et en Alberta. Ces deux sites représentent un potentiel comparable au reste du pétrole conventionnel dans le monde. Mais les procédés d’exploitation par injection de vapeur sont coûteux et polluants : ils émettent en effet de grandes quantités de CO2. Cependant à 100$ le baril ils sont compétitifs.

Il faut savoir que 85 % des réserves actuelles de pétrole sont détenues par des compagnies nationales : Sonatrach en Algérie, Saudi Aramco en Arabie Saoudite, qui ne sont pas obligées de fournir des informations sur l’état des réserves. Seul 30 % du pétrole est extrait des réserves par les techniques classiques. Paradoxe : les producteurs sont nationalisés mais pas les prospecteurs, raffineurs et vendeurs (Total).

Il existe aussi les schistes bitumeux dont les réserves colossales sont encore plus difficiles à exploiter, mais pour combien de temps ? On parle aux conditions actuelles :

- de réserves possibles quand la probabilité de récupération du pétrole n’est que de 10 % aux conditions du moment ;

- de réserves probables quand cette probabilité passe à 50 % ;

- de réserves prouvées quand cette probabilité passe à 90 %.

On dit que le pétrole le plus facilement extractible reste le pétrole irakien et le plus riche en potentialité d’obtention de molécules chimiques de base le pétrole iranien. D’où les foyers de guerre. Le raffinage du pétrole exige la présence de catalyseurs généralement minéraux, secteur qui relève de la chimie et la mise au point de processus industriels, secteur qui relève du génie chimique. Ces deux secteurs demeurent toujours des axes de recherche importants.

L’acheminement du pétrole par pipeline est une autre source de conflits : Afghanistan/Pakistan et Syrie pour l’acheminement, ensuite par mer du pétrole caucasien.

Sur le prix du pétrole :

On constate que fin 2006 le prix du pétrole est inférieur à celui de 1980. Et question bien connue : pourquoi le pétrole étant payé en dollars et l’euro ne cessant d’augmenter par rapport au dollar, toute augmentation du prix du baril ne serait pas compensée ? En fait on paye le baril de pétrole et les intérêts de la spéculation financière sur le pétrole.

Illustration : informations extraites d’une interview de Pierre Terzian, consultant sur le pétrole, janvier 2008. « Rien ne justifie l’actuelle flambée du pétrole ». « A 60$ le baril on couvre largement les coûts de production des pétroles les plus chers, la rémunération des différents acteurs et la prime de risque. Au delà de 60$ c’est de la spéculation. Les cours ont commencé à s’envoler avec la guerre en Irak et la demande de la Chine comme motif est totalement réducteur. En outre les Etats-Unis ont voté une loi qui permet l’opacité des transactions financières en ligne sur les marchés du pétrole. C’est la fameuse loi dite « Enron Loophole ». Sur n’importe quelle bourse il y a un régulateur »

Mais cette loi a suspendu les régulations sur les transactions électroniques du pétrole. Résultat : les hedge funds, qui représentaient à peine 0,2 % des transactions avant 2003, réalisent aujourd’hui 35 % d’entre elles. Il n’y a aujourd’hui aucun manque de pétrole.

L’Arabie Saoudite, par exemple, n’a pas refusé un seul acheteur. Il y a aujourd’hui une capacité de production excédentaire de 3 millions de barils jour, contre 0,5 en 2005, et qui sera de 5 millions fin 2008. Personne ne va stocker une matière première dont la courbe des prix est en baisse sur les marchés à terme. Cette baisse de stockage fait augmenter les prix. Un jour ou l’autre la bulle va se dégonfler et le prix du baril redescendre à un niveau raisonnable.