Interview de Jacques Nikonoff dans l’Est Républicain, le 9 août 2011
jeudi 11 août 2011
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INTERVIEW DE JACQUES NIKONOFF DANS L’EST RÉPUBLICAIN, LE 9 AOÛT 2011.

Interview - Vieille figure altermondialiste, ex-président d’Attac,
porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire, Jacques Nikonoff
plaide pour l’abolition de la monnaie unique européenne...

« Il faut sortir de l’euro »

Pourquoi un tel engrenage ?

Cette situation relève de la responsabilité des dirigeants américains et
européens. Depuis des années, ils ont libéralisé les marchés de capitaux,
obligataires et d’actions, tout en supprimant un grand nombre de
réglementations qui permettaient de les encadrer. Le phénomène de volatilité
n’a rien d’étonnant. Cette crise est le fruit des décisions qui ont été
prises par ceux qui la déplorent aujourd’hui.

Les marchés vont continuer à chuter ?

Sur celui des actions, il existe un décalage entre l’affolement et la
réalité des chiffres. Un certain nombre d’opérateurs boursiers vendent des
actions pour acheter sur le marché obligataire parce que les rendements
offerts y sont supérieurs. Ils agissent ainsi car les perspectives de
croissance économiques sont mauvaises aux États-Unis et surtout en Europe où les plans d’austérité appliqués, officiellement, pour des raisons de
contrôle des dépenses publiques, ne font en fait qu’aggraver la situation.
Sur le marché actions, il n’y a pas de panique à redouter. La situation est
beaucoup plus grave sur le marché obligataire, car les investisseurs ne
croient pas du tout au plan de sauvetage de la Grèce et de l’euro. Et après
l’Italie et l’Espagne, les attaques contre la France devraient intervenir à
un moment ou à un autre...

Le plan grec ne sert à rien...

Ce n’est pas une mesure qui permettra de résoudre les problèmes à l’échelle de la zone euro, car il y a un profond désaccord politique lié à la position rigide des dirigeants allemands.

Que préconisez-vous ?

Il faut remplacer la monnaie unique en monnaie commune par le biais de
décisions unilatérales d’États, sans pour autant qu’ils se fâchent avec les
autres. Dans une monnaie commune, les pays conservent leur monnaie
nationale, ils pratiquent leur propre politique monétaire avec des taux
d’intérêt adaptés à leur réalité économique et pour les transactions
internationales, ils utilisent une monnaie commune, fictive, structurale qui
permet d’éviter les risques de change... Ensuite et pour que cesse le
chantage permanent des marchés financiers sur les États, il faut qu’ils
ferment définitivement les marchés obligataires, qu’ils se financent à
partir de l’épargne nationale, qu’ils fassent appel aux prêts des banques
centrales et qu’ils imposent aux banques et aux compagnies d’assurance
l’achat de bons du Trésor...

Ce scénario semble utopiste...

L’euro provoque le chômage, encourage les délocalisations, verrouille les
salaires... Il faut donc en sortir, on n’a pas d’autre choix... Mais il est
clair que les dirigeants actuels ne vont pas dans cette direction...

Et si d’autres arrivaient au pouvoir ?

Cette politique est celle que des dirigeants de gauche devraient mettre en
place, mais je n’y crois pas, à court terme en tout cas..
.

Et le FN ? Il plaide lui aussi pour une sortie de l’euro...

Sa proposition n’est qu’un effet d’annonce à but électoral.

Propos recueillis par Patrice COSTA