Isabelle Garo, Marx et l’invention historique, Syllepse, 2012.
dimanche 12 août 2012
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Marx et l’invention historique

Auteur : Isabelle Garo

Editions : Syllepse, 2012



La notion d’invention n’est pas un concept central chez Marx. Elle permet pourtant d’analyser deux processus, à la fois distincts et indissociables, qui donnent à son oeuvre son originalité : l’invention historique et l’invention théorique. En effet, on a encore trop tendance à voir en Marx un penseur déterministe, pour qui l’histoire se déduirait et ne serait que la réalisation d’un programme. Plus gravement encore, on lui impute un économisme, qui relierait de façon rigide des strates sociales et qui donnerait à la base économique de cet édifice le pouvoir d’en conditionner de façon unilatérale les étages supérieurs ainsi que les étapes successives. Contre ces stéréotypes, il faut souligner que Marx place la politique et les formes collectives d’innovation et d’invention qui lui appartiennent, au coeur du processus historique. C’est donc la dimension proprement politique de son analyse qu’il s’agit de mettre en évidence, à travers sa réflexion continue sur les formes d’organisation, de transition et de médiation politiques.

Mais la question de l’invention concerne aussi les procédés de l’analyse théorique, profondément modifiés par une telle conception du cours historique. En effet, la place neuve que Marx confère à l’intervention politique le conduit à forger un arsenal de concepts novateurs et une conception sans précédent du rapport entre théorie et pratique. C’est l’ouverture fondamentale du cours de l’histoire sur un devenir à la fois déterminé et non pré-écrit, précisément parce qu’il inclut les luttes sociales et politiques en cours qui se réfractent, au sein de l’élaboration théorique, sous la forme d’une saisie dialectique du réel, attentive à ses transformations permanentes mais aussi à la nature d’intervention de la critique révolutionnaire du capitalisme.