Jean-Michel Servet, Le grand renversement, Desclée de Brouwer, 2010.
mardi 30 août 2011
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Le grand renversement

Auteur : Jean-Michel Servet

Editeur : Desclée de Brouwer, 2010

Cette analyse est développée dans un ouvrage de 362 pages, publié en mai 2010 par Desclée de Brouwer, Paris. Le professeur Jean-Michel Servet en fait la présentation :
« Revenant aux fondamentaux de l’analyse du fonctionnement des systèmes de production, d’échange et de financement (à l’œuvre notamment chez Karl Marx, Max Weber, Joseph Schumpeter, John Maynard Keynes et Karl Polanyi), l’ouvrage montre qu’à travers la financiarisation généralisée le système néolibéral a fait sortir l’économie capitaliste d’une rationalité substantive pour la soumettre à une rationalité formelle et spéculative. La logique des placements l’a emporté sur celle des investissements productifs. Les inégalités se sont creusées. Ce faisant la demande globale s’est essoufflée, malgré un accroissement considérable des endettements privés et publics.

Au cours du XX e siècle ont été hégémoniques deux principes : celui du marché privilégiant des interdépendances mécaniques et celui de prélèvement - redistribution s’appuyant sur l’État dans des espaces plus limités de la planète. Accroître le poids de ce dernier avait été une façon commune de sortir de la crise de 1929, puis de se prémunir contre le retour d’une situation analogue en agissant pour maîtriser les fluctuations conjoncturelles et les cycles économiques. Aujourd’hui, aucun des deux principes (du marché et de la centralisation-redistribution) n’est absent du fonctionnement économique des sociétés, pas plus d’ailleurs que le principe du partage domestique, la désagrégation de la famille n’étant plus sur l’agenda des remodelages des sociétés. Toutefois, à partir des années 1980, l’organisation néolibérale des sociétés a privilégié le premier principe, celui du marché, et de façon beaucoup plus marginale elle a favorisé des mécanismes de prélèvement – redistribution en faveur d’acteurs privés, les fondations qui généralement bénéficient d’avantages fiscaux notoires.

La solidarité qui s’appuie sur des complémentarités et des interdépendances volontaires et consciemment organisées afin de mieux répondre aux besoins de tous a été négligée. Elle a été considérée soit comme le reliquat de mondes dits « primitifs » supposés en voie de disparition, soit comme une utopie tout aussi sans avenir. Et plus souvent encore, elle a été confondue avec le principe de protection étatique ou privée. Or, ce principe de solidarité qui organise consciemment les interdépendances à différents niveaux et échéances est à même de guider des changements et des alternatives pour sortir du stagboom actuel. La solidarité peut ouvrir une troisième voie en libérant des forces nouvelles afin d’aller dans le sens d’un développement social et humain durable en conciliant efficacité des activités, respect de la justice dans la répartition et équilibres écologiques essentiels pour les générations futures. »

Jean-Michel Servet est professeur d’études du développement. Il est spécialiste de l’économie et du financement du développement ; d’économie sociale et solidaire ; d’histoire de la pensée économique, monétaire et financière ; de l’exclusion financière et de la crise et de socioéconomie.