La BCE, fer de la résistance à un gouvernement du PS au Portugal
jeudi 19 novembre 2015
Auteur : par Administrateur des brèves

La BCE surveille attentivement le Portugal et pourrait porter le second coup à la volonté populaire de sortir de l’austérité.

fontsizeup fontsizedown impression envoyer l'article par mail suivre la vie du site syndiquer le forum 0 réaction
 
Accueil > Actualité > Brèves > La BCE, fer de la résistance à un gouvernement (...)
 

La BCE, fer de la résistance à un gouvernement du PS au Portugal.

18 novembre 2015

La BCE surveille attentivement le Portugal et pourrait porter le second coup à la volonté populaire de sortir de l’austérité. Le premier coup était la tentative du Président Anibal Cavaco Silva qui avait reconduit à son poste, le 24 octobre 2015, le Premier ministre de centre droit Pedro Passos Coelho.

Ce gouvernement a été renversé le 10 novembre et le Président Anibal Cavaco Silva n’a toujours pas nommé le leader du PS, Antonio Costa comme chef du gouvernement.

L’action de la BCE est plus subtile et pourrait être plus efficace en excluant le Portugal de son programme de rachats de titres appelé « assouplissement quantitatif » (ou QE).

Analysons le mécanisme : Le Portugal est sorti du « programme d’aide de la BCE » au printemps 2014, il se refinance donc sur les marchés. Les taux d’intérêts des emprunts (et donc le montant total de la dette, aujourd’hui 128% du PIB) sont fonction du « marché » de la « confiance des marchés » et directement liés aux appréciations données par les agences de notations et au soutient de la BCE au travers son instrument, le fameux QE.

Bien…mais comment bénéficier du QE ?...c’est simple. Pour être incluse dans le QE, une dette souveraine doit être notée dans la catégorie « investissement » par au moins une des agences de notation reconnues par la BCE : les américaines Standard & Poor’s, Moddy’s, Fitch et la canadienne DBRS. Aujourd’hui seule DBRS classe la dette du Portugal dans cette catégorie. Si DBRS « déclasse » le Portugal, il sera de facto exclu du QE, les taux d’intérêts monteront en flèche et la dette du Portugal s’alourdira. Le gouvernement « socialiste » ne pourrait donc qu’appliquer une sévère politique d’austérité ou replacer le pays sous le contrôle de la troïka…un air de déjà vu en Grèce.

Le choix des responsables du Parti socialiste (PSP), du Bloc de gauche (BE) du Parti communiste Portugais (PCP) associés aux Verts de rester dans l’euro ne laisse malheureusement prévoir aucune autre issue.