La gauche "radicale" adopte un troisième plan d’austérité en Grèce
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 LA GAUCHE « RADICALE » ADOPTE UN TROISIEME PLAN D’AUSTERITE EN GRECE

Par le Bureau exécutif du Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).

Le 12 août 2015

Conséquence de la reddition du gouvernement grec du 13 juillet après la trahison d’Alexis Tsipras le Premier ministre, c’est dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 août que les « négociateurs », dans un « climat apaisé » (le gouvernement grec a jeté l’éponge), ont trouvé un accord (le gouvernement grec, la Commission européenne, la Banque centrale européenne, le Mécanisme européen de stabilité financière et le Fonds monétaire international). Afin de lui permettre de rembourser ses créanciers dans les trois années qui viennent, la Grèce va encore recevoir des prêts se montant à environ 86 milliards d’euros. Mais en contrepartie, le gouvernement grec de Syriza devra saigner encore davantage le peuple. Le journal l’Humanité est enthousiaste ! Certes, écrit-il, l’UE « dicte ses conditions », mais « Athènes obtient des concessions » ! Ouf, on avait eu peur ! En fait nous assistons à une convergence tragique entre la droite, la gauche socialiste et la gauche qui se prétend « radicale » ou « de gauche ».

 Il s’agit d’un troisième plan d’austérité, dans la suite des deux premiers

Le premier plan d’austérité, en 2010, était celui de Monsieur Papandréou, socialiste du Pasok, le deuxième, en 2012, était celui de Monsieur Samaras, de la droite de Nouvelle démocratie, et le troisième vient de Monsieur Tsipras, gauche radicale. Quelle différence entre ces trois plans ? Aucune. Ils visent tous à écraser le peuple grec et la nation grecque. Il s’agit d’un « accord technique » devant être confirmé sur le plan politique, jeudi au Parlement grec, vendredi à l’Euro-groupe, et dans les jours suivants par trois parlements nationaux : Allemagne, Espagne, Finlande.

Ce sont 35 mesures, dont beaucoup poursuivent l’œuvre de libéralisation du pays dont a vu les brillants résultats, qui vont être imposées. Certes, quelques mesures évidentes, qui s’imposaient depuis longtemps, font partie du paquet, comme le renforcement de la lutte contre la délinquance financière, la réforme de l’administration (à condition que derrière ce mot fourre-tout on fasse la chasse à la corruption et à l’inefficacité), les banques devraient être recapitalisées de 10 milliards d’euros, permettant de relancer les prêts. Mais le plus important n’est pas là, il se trouve dans les mesures d’austérité :

  • Le déficit primaire autorisé pour le budget (hors charge de la dette) sera de 0,25% en 2015, tandis qu’un excédent devra être obtenu (0,5% en 2016, 1,75% en 2017 et 3,5% en 2018). Le journal l’Humanité appelle cela des « marges de manœuvres arrachées par le gouvernement Syriza sont une petite avancée ». N’importe quoi ! Une « petite avancée », cette utilisation antisociale du budget de l’État ? Il n’y a aucune marge de manœuvre possible, et si les créanciers ont légèrement baissé leurs ambitions, c’est tout simplement parce que la Grèce est en récession et qu’elle ne parviendra pas à atteindre ces objectifs déments et absurdes.
  • Baisse des prestations des régimes de protection sociale équivalente à 0,5% du PIB (élimination progressive des préretraites…).
  • Libéralisation du marché du gaz.
  • Approbation du programme de privatisation de 50 milliards d’euros.
  • « Réforme » du marché du travail.
  • Etc.

Il fallait aboutir avant le 20 août, date à laquelle la Grèce doit rembourser un prêt obligataire de 3,5 milliards d’euros à la BCE.

 Le journal l’Humanité, porte-parole de la troïka

Dans son édition datée du mercredi 12 août, le journal l’Humanité ne cache pas sa satisfaction après l’accord. Quitte à recourir à des propos malhonnêtes, comme écrire que les 86 milliards de prêts obtenus allaient « permettre à l’État grec de subvenir à ses besoins jusqu’en 2018 ». Quelle honte ! Jaurès doit se retourner dans sa tombe. Mais non, amis de l’Humanité, ce n’est pas ça du tout ! Les prêts promis à la Grèce, comme les précédents, ne servent absolument pas à l’État grec pour « subvenir à ses besoins » ! Ils servent à permettre de rembourser les créanciers, et répondre aux besoins de ces derniers. À la malhonnêteté s’ajoute la duplicité quand le journal, toujours dans le même article, écrit « première épreuve démocratique jeudi, devant le Parlement grec ». Le journaliste qui écrit cela n’est probablement pas au courant que c’est désormais la troïka qui fixe les dates des réunions du Parlement grec, l’ordre du jour et le contenu des lois à faire voter ? N’est-il pas au courant que la Grèce n’a plus aucune souveraineté et qu’elle est devenue une colonie de l’UE ? N’est-il pas au courant qu’un référendum s’est tenu le 5 juillet en Grèce, que le NON à l’austérité a emporté 61% des suffrages, et que c’est pourtant un programme d’austérité qui va être voté par les parlementaires de droite, les socialistes et les députés de Syriza favorables à Alexis Tsipras ? Elle est belle cette démocratie !

 Sortie de l’euro et de l’Union européenne

Tout ce qui a échoué est poursuivi dare-dare : perte de 25% de l’économie depuis 2010, 25% de chômage, baisse des salaires et des retraites jusqu’à 40%, augmentation de la TVA…

Tout ce que les Grecs ont rejeté par référendum est mis en œuvre par une étrange coalition, allant du FMI (filiale des États-Unis d’Amérique), à la BCE (filiale de l’empire allemand), en passant par la Commission européenne et… la gauche radicale (soi-disant la « vraie gauche ») ! Non seulement Syriza en Grèce, qui apparaît comme la force de réserve de l’oligarchie, mais aussi ses soutiens que sont le Front de gauche en France, Podemos en Espagne, Die Linke en Allemagne…

Seule la sortie de l’euro et de l’Union européenne, conditions nécessaires mais néanmoins insuffisantes, permettront à la Grèce de se redresser.


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Forum de l'article  -5 Messages

  • AMALGAME : je lis régulièrement les écrits du MEP , le contenu est souvent pertinent mais votre agressivité envers ce que vous appelez "la gauche radicale" tourne au dévoiement : assimiler l’ensemble des forces du front de gauche au travers un article paru dans l’ Humanité du 12/08/2015 est malhonnête tant dans les faits que sur le fond.
    Plus que de la manière dont vous mené le débat , plutôt que celui argumenté vous en êtes à des méthodes détestables.

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    • Détestable et honteuse : la position du FDG (entendez les organisations qui en sont membres) sur l’UNion européenne et l’euro. Il n’y a pas que l’article de l’Huma ! Les déclarations de Pierre Laurent sur la Grèce sont pathétiques et effroyables. Oui la gauche qui se prétend radicale est européiste. PLutôt l’euro que les intérêts du peuple. c’est bien cela qui s’exprime au grand jour désormais. On comprend que cela soit difficile pour des militants sincères de la gauche de gauche. Mais ouvrez les yeux et les oreilles ! Soit vous changez les directions de vos orgas (et là bonne chance et longue vie !) soit vous sortez de ces orgas qui sont objectivement les alliés de l’UE et des puissances capitalistes et des classes dirigeantes. D’ailleurs des voix ont tenté de se faire entendre au congrès du PG mais sans rien obtenir. AU sein du PCF idem. ALors ?

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  • Traiter alexis Tsipras de traitre est facile et ignoble. Vous n’arrêtez pas de présenter la sortie de l’UE et de l’Euro comme la solution sans jamais avoir envisagé les conditions réelles de cette sortie et pris en considération les pressions concrètes exercées par le pouvoir économique. Oui le gouvernement grec s’est "rendu" parce que les menaces étaient insupportables pour le peuple grec, parce que l’UE a les moyens et la volonté de couper les vivres à la population, parce qu’Alexis Tsipras avait le couteau sous la gorge et ne pouvait prendre cette décision suicidaire. Il faut sortir de l’UE, vous avez raison mais l’UE est une prison, un "camp d’internement" pour les peuples dont ils ne pourront sortir que par l’insurrection violente. Ayez le courage de parler du réel et de sortir de votre vocabulaire du "Yaka".

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    • Le Parti de l’émancipation du peuple et avant le M’PEP a écrit de nombreux textes décrivant les moyens pratiques de sortir de l’euro en précisant toujours que c’est là une condition nécessaire mais pas suffisante pour vaincre les forces capitalistes. Lisez par exemple si vous ne l’avez pas encore fait notre Étude sur la reddition du gouvernement et du parlement grecs et sur la manière élégante de sortir de l’euro.

      Pensez-vous que le fait d’avoir signé ce troisième accord d’austérité va supprimer "les menaces insupportables pour le peuple grec". Les banques et l’UE n’en sont plus aux menaces, elles imposent leur volonté au peuple grec, c’est cela le réel. Et Tsipras en promettant la fin de l’austérité en restant dans l’euro est un grand naïf ou a menti au peuple grec. En refusant de s’appuyer sur le peuple grec, en refusant d’envisager la sortie de l’euro, il s’est livré pieds et poings liés aux négociateurs de la Troïka, qu’il baptise maintenant du nom plus respectable d’institutions.

      MQ

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    • Vous faites très fort, Limonov !... Espérer une insurrection violente et donner des leçons de courage et de réalisme..., il semble évident que vous n’ayez peur de rien !..., sauf peut-être, de la démocratie...?
      Les insurrections violentes sont souvent le fait de minorités..., quand la majorité s’insurge, elle n’a pas besoin d’être violente... Voyez comment les Espagnols ont viré Aznar...

      Pour sortir de l’UE, il y a l’article 50 pour commencer et claquer la porte si les négociations ne sont pas à notre goût.
      Un peuple qui est incapable de montrer sa détermination pour sortir de l’UE légalement (du moins tant qu’on ne nous met pas de bâtons dans les roues...) n’en aura pas plus pour s’insurger.

      D’autre part, personne ne peut couper les vivres à une nation qui montre sa détermination et qui retrouve l’usage de sa banque centrale nationale et de la création monétaire pour financer les politiques publiques. Dès l’annonce d’une sortie de l’Euro, la France retrouverait sa crédibilité internationale avec le Franc Français, même si la sortie de l’UE s’accompagnait d’un défaut sur la dette...Le monde de la finance, opportuniste et sans figure, serait à nouveau à nos pieds dès le lendemain...

      Je n’ai pas encore compris selon quelle procédé le M’pep envisageait de sortir de l’UE, mais je suis d’accord avec lui pour considérer que c’est un préalable absolument nécessaire avant de passer à autre chose... Je souhaite simplement que cet "autre-chose" puisse être choisi démocratiquement.

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