Le changement climatique
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LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

Un changement climatique correspond à une modification durable (de la décennie au million d’années) des paramètres statistiques du climat global de la Terre ou des ses climats régionaux. Ces changements peuvent être dus à des processus intrinsèques à la Terre, à des forces extérieures (par exemple des variations de l’orbite terrestre) ou aux activités humaines. Ce que l’on désigne par « le » changement climatique renvoie depuis quelques années aux variations constatées sur les dernières décennies, très vraisemblablement dues aux activités humaines émettrices de gaz à effet de serre (GES).

En 1988, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) créent le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans le but d’examiner la situation de façon critique. Rapidement, le lien entre l’activité humaine et le réchauffement climatique est établi de façon quasi certaine : la situation aurait une origine en grande partie anthropique.

Six familles de gaz se partageraient la responsabilité : le dioxyde de carbone (CO2) ; le méthane (CH4) ; l’oxyde nitreux (N2O) ; l’hexafluorure de soufre (SF6) ; les hydrofluorocarbures (HFC) ; les hydrocarbures perfluorés ou perfluorocarbures (PFC). Si les deux premiers ont des pouvoirs de réchauffement inférieurs aux quatre suivants, ils sont émis en bien plus grande quantité par les habitants de la planète. Pour simplifier les calculs, les émissions des différents gaz à effet de serre sont converties en une même unité, la « tonnes équivalent CO2 », ce qui explique pourquoi il est fait souvent référence au seul dioxyde de carbone dans les discours officiels et dans les médias.

L’année 1992 voit l’ouverture à ratification d’un traité international, la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC), dont l’objectif est de « stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique ». Ce texte donne une perspective très générale. Il lui faut un traité « fils », qui définisse d’une part des objectifs chiffrés appuyés sur un calendrier, et d’autre part des moyens d’y parvenir. Ce sera le rôle du fameux Protocole de Kyoto, dont la principale phase de négociations a lieu en décembre 1997. Il faudra plus de sept ans avant son entrée en vigueur, en février 2005. L’objectif affiché est de réduire de 5,2 % par rapport à 1990 les émissions de GES des pays ayant ratifié le protocole, alors que le niveau de réduction déjà atteint en 1997 — largement imputable à l’effondrement des économies de l’Est — était de 4,8 %. La période sur laquelle les modalités de Kyoto seront appliquées est la période 2008-2012.

 Publié en 2007, le quatrième rapport du GIEC établit les constats suivants :

 I.- SUR L’ACTIVITE HUMAINE

  • L’essentiel de l’accroissement constaté de la température moyenne de la planète depuis le milieu du 20e siècle est « très vraisemblablement » dû à l’augmentation observée des gaz à effet de serre émis par l’homme (+ de 90 % de certitude contre 66 % en 2001).
  • Le réchauffement général observé de l’atmosphère et de l’océan, ainsi que la diminution de la masse des glaces, étayent la conclusion qu’il est « extrêmement invraisemblable » que le changement climatique mondial des 50 dernières années puisse être expliqué par les seules causes naturelles.
  • Les émissions « passées et futures de CO2 continueront à contribuer au réchauffement et à l’élévation du niveau de la mer pendant plus d’un millénaire », du fait de la durée de vie des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

 II.- SUR LES TEMPERATURES

  • Onze des douze dernières années figurent au palmarès des douze années les plus chaudes depuis que l’on dispose d’enregistrements (1850).
  • Le réchauffement s’est accéléré ces dernières années : 0,74 degrés supplémentaires sur les 100 dernières années (1906-2005), contre 0,6 degrés retenus pour la période 1901-2000 dans le précédent rapport publié en 2001.
  • A la fin du siècle, les températures devraient augmenter de +1,8 à 4° par rapport à 1980-1999. Ces « meilleures estimations » sont des valeurs moyennes, au sein d’une fourchette plus large de 1,1 à 6,4 degrés (1,4 à 5,8 degrés dans le précédent rapport de 2001).
  • Le réchauffement tend à réduire la capacité d’absorption du dioxyde de carbone (CO2) par les terres et les océans, accroissant d’autant la part des émissions humaines qui restent stationnées dans l’atmosphère.

 III.- SUR LES OCEANS

  • Les observations depuis 1961 montrent que la température moyenne de l’océan mondial a augmenté jusqu’à une profondeur de 3.000 m et que l’océan a absorbé plus de 80 % de la chaleur ajoutée au système climatique.
  • Le réchauffement de l’eau de mer provoque sa dilatation. Le niveau des océans pourrait, selon les scénarios, s’élever de 0,18 m à 0,59 m à la fin du siècle (par rapport à 1980-1999).
  • Un réchauffement moyen de 1,9 à 4,6°C par rapport aux valeurs de l’ère préindustrielle entraînerait la disparition complète de la glace au Groenland, avec pour conséquence une élévation du niveau de la mer d’environ 7 mètres.

 IV.- SUR LES IMPACTS

  • Le réchauffement le plus important est attendu sur les terres émergées et aux latitudes élevées, et le moins important devrait apparaître dans le sud de l’océan indien et dans certaines parties de l’Atlantique nord.
  • Les simulations produisent une diminution de la glace de mer dans l’Arctique comme dans l’Antarctique pour tous les scénarios climatiques. Pour certaines simulations, la glace disparaît presque entièrement en Arctique à la fin de l’été dans la seconde partie du 21e siècle.
  • Il est « très probable » que les chaleurs extrêmes, les vagues de chaleur, et les événements de fortes précipitations continueront à devenir plus fréquents.
  • Il est « vraisemblable » que les cyclones tropicaux futurs (ainsi que les typhons et ouragans) deviennent plus intenses, avec des vents maximum plus forts et des précipitations plus fortes.
  • Des augmentations des quantités de précipitations sont « très vraisemblables » aux latitudes élevées alors que des diminutions sont vraisemblables dans la plupart des régions émergées subtropicales (jusqu’à environ 20% en 2100 pour le scénario A1B, le plus proche des projections faites par l’Agence internationale de l’énergie).
  • Il est « très vraisemblable » que la circulation thermohaline de l’Atlantique nord (qui inclut le Gulf Stream) ralentira au cours du 21e siècle (- 25 % en moyenne selon plusieurs modèles). La température continuera toutefois d’augmenter dans la région Atlantique, à cause de l’impact beaucoup plus important de l’effet de serre.

Les négociations pour un cadre international de lutte contre le changement climatique succédant à celui de Kyoto après 2012 sont en cours, et leur issue est loin d’être connue. La conférence de Bali de décembre 2007 n’a réussi qu’à déterminer une « feuille de route » pour la suite des négociations, alors que les émissions mondiales de GES ne cessent d’augmenter.