Lettre ouverte aux militants du Front de gauche
mardi 10 juin 2014
Auteur : par Panthéa KIAN
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 LETTRE OUVERTE AUX MILITANTS DU FRONT DE GAUCHE !

Par Panthéa Kian, membre du Conseil national du M’PEP.

Le 7 juin 2014.

Les résultats des élections européennes ont été qualifiés par les médias et les observateurs officiels comme la victoire écrasante du FN sur les partis gouvernementaux, et ceux à la gauche du PS. Une montée désirée, construite et accompagnée par les mêmes médias qui par la fréquence de l’invitation des dirigeants du FN sur tous les plateaux ont fortement contribué à la banalisation de ses positions et à la formation de son image publique positive et fréquentable.

 Des calculs qui relativisent la « vague » FN

Malgré une visibilité extraordinaire offerte au Front national sur les écrans et dans les postes, il n’a obtenu qu’une victoire toute relative. En comparaison du nombre de voix obtenu lors des présidentielles de 2012, la formation d’extrême droite n’a pas fait de percée. Mais comme chaque élection a ses propres enjeux, il ne faut pas simplement comparer les présidentielles avec les européennes. Pour une compréhension de l’impact électoral et politique du FN il faut ramener son score aux inscrits, c’est-à-dire à l’ensemble du corps électoral. Cette méthode s’impose surtout dans une élection européenne, moment privilégié pour son discours démagogique contre l’UE et l’Euro [1], ultra-nationaliste et xénophobe. Cet exercice relativise considérablement les 24,86% des suffrages pour l’extrême droite, car ce score n’a été obtenu que sur une population Française réduite à 42,43% des inscrits. Ainsi malgré le caractère défouloir des élections européennes a priori favorable au FN, ce dernier n’a mobilisé que près de 11% des inscrits [2].

 La cruauté de l’arithmétique

La même méthode de calcul appliquée au score du Front de gauche peut aussi rendre compte de l’impact de ce courant de la gauche française. Avec les 6,33% des 42,43% de participants au scrutin, force est de constater que le Front de gauche n’a mobilisé que quelques 3% des citoyens inscrits. Ce résultat est d’autant plus coûteux pour le Front de gauche que sa position sur l’UE, raisonnablement critique dans les limites du politiquement correct, d’apparence radicale mais sans pour autant mettre sa légitimité en cause, n’a pas été payante en termes d’adhésion populaire. Ni le fait que le FN hurle avec les loups pour combattre l’abstention, ni ses louanges d’un « Parlement » européen aux prétendus pouvoirs démocratiques « offerts » par le bon traité de Lisbonne, ni même la culpabilisation des électeurs abstentionnistes qui favoriseraient le FN, n’ont réussi à mobiliser les citoyens conscients du seul véritable enjeux de la farce électorale de cette élection : leur refus de vote.

 Les positions européennes ambiguës et inconséquentes de la « gauche » française

Le 25 mai 2014, les enjeux des élections étaient européens pour une majorité des citoyens qui se sont exprimés en votant ou en s’abstenant de voter [3]. Ce fait explique le taux élevé d’abstention citoyenne malgré les millions d’euros dépensée par l’UE en propagande lors de ces élections et les maigres résultats de la gauche dans son ensemble, le Front de gauche en particulier. C’est la seule lecture possible du score de 6,33% des voix exprimées, ou 2,57% des inscrits [4] pour le Front de gauche. Mais Mélenchon refuse d’admettre la responsabilité de ses renoncements et capitulations face à l’Union européenne dans un tel désastre : « Les Français sont en train de substituer la question sociale par la question ethnique ou religieuse [5] ».

Il est en effet plus commode d’accuser de xénophobes tous les Français qui ont voté pour le FN plutôt que de voir en ce vote et en l’abstention massive, le désespoir d’une majorité de Français à trouver à « gauche » un projet politique cohérent, clair et sans compromission avec le système européen honni.

 Protestation par l’abstention ou le vote sanction

La protestation politique lors des élections européennes a pris trois formes d’expressions : soit par un vote blanc qui a compté pour 2,77 % des bulletins, soit par une abstention citoyenne, ou encore par un vote circonstanciel au Front national (limité au contexte et enjeux européens). Ce dernier explique le score anormalement élevé des voix ouvriers (46%) et employés (36%) pour cette formation. Cela ne signifie pas, et de loin, l’adhésion des ouvriers aux fondamentaux antisémites et islamophobes de l’extrême droite qui tient les plus pauvres parmi les pauvres pour responsables des méfaits de la mondialisation et du libre-échange. Le vote Front national des couches populaires est d’abord un vote protestataire. Une enquête d’Ifop datée du 25 mai montre l’ampleur de cette réalité : « 84% des électeurs du Front national ont exprimé leur souhait de sanctionner l’Union européenne » [6]. C’est l’expression du ras-le-bol des conséquences de la politique européenne dans leur quotidien qui explique le vote des couches populaires notamment les ouvriers et employés pour le Front national « anti-UE » aux élections européennes. Ce comportement électoral explique aussi les « 25% de votes FN parmi les salariés proches d’un syndicat. L’extrême droite a recueilli 33% chez les salariés proches de FO, 29% chez les sympathisants d’un autre syndicat (CFTC, CFE-CGC ou UNSA), 22% chez ceux de la CGT, 17% chez ceux de la CFDT et —plus surprenant encore — 27% chez les sympathisants de Solidaires, syndicat plutôt proche de l’extrême gauche et du Front de gauche. [7] »

La volonté de sanctionner l’UE est la motivation principale d’une part considérable des 57% d’abstentionnistes et des 2,77% de Français qui ont déposé un vote blanc dans les urnes. Cette majorité de refus est devenue persistante depuis qu’en 2008 le traité de Lisbonne a été adopté par les parlementaires comme substitut à la Constitution européenne rejetée en 2005. Depuis lors l’abstention consciente et le boycott actif sont devenus un acte éminemment politique et leurs acteurs s’imposent désormais comme les gardiens du Non français à l’UE, à ses traités, à toutes ses institutions y compris son soi-disant Parlement. Ils constituent indéniablement la force politique la plus importante et la plus radicale dans le paysage politique français. L’ignorer comme l’ont fait les médias télévisés et la presse est une faute professionnelle sinon de la désinformation et dans les deux cas, un cadeau de plus au Front national. Un sondage Ifop daté du jour des élections auprès de cette catégorie d’électeurs montre que seuls 12% des abstentionnistes ne votent pas par manque d’intérêt à la question européenne. Parmi eux 4% ne votent jamais et 8% ne s’intéressent pas à l’UE. La quasi-totalité des restants ont motivé leur refus de vote par une opinion négative envers la politique européenne, les élections européennes et la ressemblance des partis politiques sur la question [8]. Ignorer la puissance politique des abstentionnistes comme l’ont fait les médias radio-télévisuels et la presse écrite est un scandale.

Seuls les analystes du Front de gauche semblaient connaître le poids des abstentionnistes, non pour reconnaître les raisons de leur désaveu par la population, mais comme Mélenchon pour regretter que « beaucoup d’électeurs de gauche critiques vis-à-vis de l’Europe, se soient abstenus [9] ». Le sous-entendu de cette apostrophe et les réactions des militants du Front de gauche notamment sur les réseaux sociaux était la responsabilité des abstentionnistes anti-UE dans la monté du Front national et de leur propre échec. Il est nécessaire et urgent aujourd’hui plus que jamais que le Front de gauche comprenne le sens de l’absence de vote d’une majorité de la population.

 La nature a horreur du vide

Au vu de ces données, tout laisse à penser qu’une plus grande participation de ces électeurs conscients de l’impact direct et néfaste de cette construction européenne sur leurs vies, n’aurait pas été favorable au Front de gauche. Car ils ont compris que les positions modérément critique et pleine de contradictions et d’incohérences du Front de gauche ne sont pas à la hauteur des enjeux et ne font pas écho à leur volonté de rupture avec la mondialisation capitaliste et son pilier européen, l’Union européenne. Comment en effet soutenir une formation politique qui se veut proche du mouvement ouvrier mais qui défend le maintien de la France dans cet ordre ultra-libéral qui a fait du libre-échange, du dumping social, des délocalisations de leurs emploi, du déplacement des travailleurs, de l’insécurité de l’emplois et du détricotage du droit du travail, autant de lois immuables dans ses traités [10] tout en détruisant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?

A l’autre bout de l’échiquier politique, l’autre Front conscient de la portée de ces thèmes anti-capitalistes et de l’absence d’une offre politique alternative, s’est fait habilement la voix des revendications populaires contre l’ultra-libéralisme européen. Tandis que son programme politique ne comporte aucune mesure contre le système capitaliste et se limite aux vœux de son retour dans le cadre national de l’exploitation des travailleurs français par les capitalistes français, ses leaders s’abreuvant du discours et des travaux de certains mouvements socialistes et des économistes opposés à l’UE et à l’Euro [11]. Surfant sur la vague de l’impopularité de la construction européenne, sa démagogie politique n’empêche pas ses ravages parmi la population fragilisée et la classe ouvrière trahie, abandonnée. Malgré ces faits et la démonstration des résultats des européennes, les leaders du Front de gauche font preuve d’un aveuglement et d’une erreur d’analyse stupéfiantes à réduire les causes du succès du FN à la « question ethnique ou religieuse ». D’ailleurs ce n’est plus l’immigration musulmane qui est la principale cible du FN, mais l’immigration tout court, européenne comme africaine. C’est la liberté de circulation des travailleurs à l’intérieur de l’Union, la désindustrialisation de la France par les délocalisations et d’autres problématiques européennes qui constituent le fonds de commerce du Front national. Et il est d’autant plus audible pour les couches populaires que la « vraie gauche [12] » a déserté le champ de la critique radicale du système représenté par l’Union européenne, l’abandonnant à la démagogie du Front national.

Incapable de penser et d’agir hors du cadre institutionnel du système, cette gauche-là n’est plus la gauche de transformation mais une gauche institutionnelle en quête de respectabilité politique et des carrières politiques pour ses dirigeants. Elle n’est plus portée par l’idéal des « jours heureux » mais par le rêve d’occuper des sièges de notables, d’atteindre le sommet du pouvoir. Pour accéder à cet objectif, il est plus facile de composer avec l’ordre établi que de le combattre, et de vouloir le maintenir en le fardant de quelques changements plutôt que son renversement. Tant pis si en réalité même le moindre « changement » des articles du traité, il faudra l’unanimité inatteignable des 28 Etats membres, et l’accord bienveillant de l’Allemagne.

 Une « vraie gauche » accommodante ou une gauche radicale et intransigeante ?

« Se priver d’un vote vraiment de gauche aux élections du 25 mai serait une erreur fatale » écrivait Francis Wurtz, dirigeant du PCF [13].

L’erreur fatale n’était pas de refuser de cautionner l’UE, elle était justement celle que commettait le Front de gauche en participant à la campagne de l’UE, malgré l’austérité pour les peuples et la prospérité pour les possédants. L’erreur fatale était de se mettre en faute devant les 60% [14] de la population, les 64% des salariés qui ont refusé de légitimer la farce électorale de l’UE. Car le peuple a compris ce que les forces de gauche n’ont pas compris. Que voter et pire encore, présenter des candidats à leur « parlement » revenait à oublier que l’UE et ses agents nationaux ont confisqué son avis souverain, son Non à la constitution de l’UE en ratifiant par voie parlementaire le traité de Lisbonne à sa place. Les candidats de « gauche » aux européennes ont-ils oublié que les Français avaient rejeté l’esprit et les lois de la construction européenne, ses traités comme ses institutions ?

Ont-ils oublié l’histoire des luttes dans ce pays, de sa révolution de 1789, la Commune de Paris, la Résistance, pour le libérer de la tutelle et de la domination et lui rendre son autorité souveraine ? Aujourd’hui encore il faut une pensée radicale pour s’attaquer aux racines des problèmes sans complaisance ni calcul, et ces racines se trouvent dans le système économique capitaliste des oligopoles et de la finance mondialisé. Cette caractéristique est inhérente à la construction européenne et à toutes ses institutions sans exception. L’Union européenne que la gauche accepte dans ses principes mais veut seulement réformer est érigée contre les peuples et se substitue à leur souveraineté, et de ce fait elle est fondamentalement anti-démocratique. L’UE permet en un seul mot aux classes possédantes de reprendre « sans violence » les avancées acquises par les peuples dans les rapports de forces d’après la guerre 39-45 et de démanteler les formes persistantes de l’Etat social. C’est dans cette perspective que la participation des forces de « gauche » à ces institutions européenne et à l’élection de son « Parlement » prend toute sa dimension politique consternante. Quelle crédibilité révolutionnaire reste-t-il à cette « gauche européenne » prétendument radicale, traînant ses électeurs devant l’autel de l’Union européenne, sous ses drapeaux et devant ses urnes dressés sur le corps mutilé de la souveraineté des nations ?

En parallèle aux lois européennes ultralibérales qui enlèvent aux nations leur libre arbitre en matière économique et sociale, infligeant même des amendes aux Etats qui tardent à transposer en lois nationales les directives dictées par la Commission européenne au « Parlement » européen, les Etats sont privés de leurs pouvoirs régaliens en matière de souveraineté monétaire. Soumis aux dictats du marché pour chaque euro emprunté et entraînés dans la spirale de l’endettement public, ils se désengagent de leurs impératifs sociaux et abandonnent les services publics aux intérêts privés. Ce déferlement incessant et planifié de catastrophes économiques et sociales, accentué par le Pacte budgétaire européen, impose une politique d’austérité perpétuelle sous prétexte d’atteindre le chiffre arbitraire de 3% de déficit public.

Devant un tel scénario de désolation absolue, quel diagnostic et quel remède le Front de gauche propose-t-il au peuple ?

Une analyse sans tranchant, formulée dans le programme mou intitulé « l’Humain d’abord », comme une dissertation sur un rêve pour un pays hors du temps et de l’espace, abstraction faite du capitalisme néo-libéral ordonné et structuré au sein de l’UE et régnant en maître sur les nations d’Europe. Imposant un système totalitaire où les peuples n’ont pas voix au chapitre, le projet de « l’Humain d’abord » et la promesse de changer l’UE de l’intérieur ressemble à une triste plaisanterie, une leurre qui visiblement ne trompe plus grand monde dans ce pays.

 Le mirage du pouvoir du « Parlement » européen

Le prétendu renforcement du pouvoir de contrôle du « Parlement » sur la Commission n’est en réalité qu’une mystification pour justifier la participation à la farce électorale de l’UE. Mais de quel pouvoir du « Parlement » parle-t-on, alors qu’il est privé de la prérogative régalienne d’initiative des lois au profit d’un collège de technocrates non élus de la Commission européenne ?

Pouvoir de changement des traités ?

De quel pouvoir de changement de l’orientation de l’Union européenne nous berce-t-on, alors qu’aucun des articles du traité de Lisbonne mettant en péril notre modèle social hérité du programme du Conseil national de la Résistance ne pourra être révisé par ce « Parlement » ? Il peut seulement « proposer un projet de révision au Conseil européen ». Le Conseil après avoir consulté l’avis de la Commission décide à la majorité simple s’il donne une suite favorable à l’examen des modifications proposées [15] ! Même si par miracle, le Conseil des Chefs d’Etats et de gouvernements, la Commission européenne (avec Junker à sa tête ?) et une majorité des chefs d’Etats membres acceptaient que le projet de révision soit mis à l’examen, il faudrait encore l’unanimité des 28 pays pour qu’une modification même mineure puisse être adoptée. Il faut arrêter de raconter des histoires aux peuples d’Europe. Aucun des articles qui instituent l’ordre ultra-libéral ne sera jamais ni retiré ni changé en faveur des travailleurs et contre les intérêts allemands ou des multinationales qui commandent l’UE.

Se contentant de vagues critiques de la carence démocratique de l’UE, le Front de gauche se garde bien de dénoncer les pratiques totalitaires et les procédures décisionnelles largement monopolisées par la Commission érigée en pouvoir législatif et le Conseil des Chefs d’Etats et de gouvernements en pouvoir exécutif.

Du pouvoir de rejet des projets de la Commission européenne

L’histoire trentenaire du « Parlement » européen peut se réduire à un seul acte remarquable : le rejet du projet d’accord anti-contrefaçon appelé ACTA. L’été 2012, Wikileaks divulguait les textes d’une négociation avec des puissances économiques menée par la Commission européenne depuis plusieurs années sans même en informer le « Parlement » européen. L’ACTA est en réalité une camisole pour les libertés numériques sous prétexte de la défense du droit d’auteur. Relayée par les acteurs du Net et les citoyens, l’information a suscité l’indignation et la mobilisation partout en Europe. Les eurodéputés de tous bords, outrés de ce mépris (et débordés par la mobilisation populaire), ont voté à une majorité écrasante, tous groupes confondus, le rejet de l’accord avec 478 voix contre et seulement 39 pour. Leur vote a été applaudi par les médias et les internautes. Mais la réalité est toute autre. Le rejet de l’ACTA à une majorité écrasante au « Parlement » a empêché sa ratification dans la loi communautaire mais ne l’a pas enterré pour autant. Si la porte a été fermée sur cet accord voulu par les gouvernements de l’Union, la fenêtre est restée grande ouverte : l’ACTA fait ainsi l’objet de négociations en vue d’un accord intergouvernemental ! Une preuve de plus que le « Parlement » européen possède une seule vraie fonction, celle de donner une apparence démocratique à la dictature des dirigeants de l’Union européenne. La récidive du même procédé dans les négociations du traité de libre-échange Transatlantique (PTCI) menées dans l’opacité totale et avec l’exclusion méprisante du Parlement, est la démonstration du peu de cas de cette assemblée aux yeux des puissantes autorités de la Commission et du Conseil. Les députés seront encore mis devant le fait accompli et uniquement une fois les négociations terminées et l’accord bouclé ! Si par aventure, une majorité d’élus votait contre malgré les trois procédures de lectures et le Comité de conciliation, le Conseil européen pourra toujours le faire passer par la procédure d’accord intergouvernemental comme il est en train de faire avec l’ACTA. On a beau chercher dans les traités comme dans les expériences vécues du « Parlement » européen, il n’y a rien qui démontre un semblant de pouvoir de celui-ci. Il faut être naïf de croire que ceux qui ont bâti la construction européenne, dans le but de servir les intérêts exclusifs des classes dominantes et les marchés, auraient laissé la possibilité institutionnelle aux élus européens de les en empêcher ou de faire valoir l’intérêt des populations soumises à leur dictat.

Si dans la procédure législative ordinaire comme dans le cas cité l’avis des eurodéputés est requis, bien que facilement contournable par la Commission et le Conseil, il en va tout autrement s’agissant de la procédure législative spéciale. Elle est applicable dans les domaines aussi importants que les dérogations aux règles du marché intérieur, la politique fiscale, le droit de la concurrence, ou encore l’admission d’un nouveau membre. Les élus n’y ont aucun rôle même consultatif : « Le Parlement peut approuver ou rejeter une proposition législative ou y proposer des amendements. Le Conseil n’est pas juridiquement tenu de suivre l’avis du Parlement, mais, selon la jurisprudence de la Cour de justice, il ne peut statuer sans l’avoir reçu. » [16]

Du pouvoir de censure de la Commission européenne

Quant au droit du « Parlement » européen à censurer la Commission européenne formulé sans rire par Francis Wurtz, c’est encore de la poudre aux yeux des électeurs abstentionnistes : « Les députés européens auront à approuver ou à rejeter la future Commission européenne ; ils pourront à tout moment la renverser. » [17]

A supposer que l’exaltante aventure du renversement de la Commission soit réalisable, on ne comprend pas pour quel objectif ce renversement aurait lieu. Certainement pas pour appeler les peuples à reprendre en main leurs souverainetés et renverser toutes les institutions de leur domination ! Alors à quoi bon de « renverser » une Commission désignée par les Etats membres de l’UE puisqu’une autre sera aussitôt nommée à sa place pour mener exactement la même politique.

Du strict point de vue du droit, il est en effet prévu par l’article 201 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne que « Le parlement européen peut adopter une motion de censure de la Commission ». Mais F. Wurtz ne dit pas aux lecteurs de son plaidoyer en faveur du « Parlement » européen quelles sont les exigences imposées pour censurer la Commission dans le même article du traité. Pour qu’une motion de censure puisse être adoptée, il faut au moins deux- tiers des voix exprimées ; la censure ne peut être prononcée qu’en raison de la mauvaise gestion des affaires par la Commission (sujet amplement subjectif) ; elle ne peut donc viser des Commissaires individuellement mais l’ensemble du collège des 28 [18]. A voir de près les conditions de la censure de la Commission par les eurodéputés, aucune personne dotée de discernement ne peut croire que la censure de la Commission soit possible à « tout moment », encore moins lors de sa présentation aux parlementaires comme le prétend M. Wurtz, car comment leur reprocher la mauvaise gestion des affaires qu’ils n’ont pas encore prises en main ?

De la poudre aux yeux !

Les dirigeants du Front de gauche savent pertinemment que ce « Parlement » n’en est pas un, qu’il n’a aucun véritable pouvoir, d’ailleurs quand ils sont élus ils ne se montrent pas très présents ni aux séances ni ne participent aux activités habituelles des députés.

La vérité sur la présence du Front de gauche dans la campagne des européennes n’est ni un quelconque pouvoir du « Parlement » ni le moindre espoir de changement de l’UE de l’intérieur. Ce sont des histoires pour mobiliser les troupes. Le seul et véritable mobile des dirigeants du Parti de gauche et du Parti communiste pour se jeter dans la bataille pour quelques sièges de notables aux européennes est le rapport de force en leur faveur, face au Front national au niveau français et face aux formations d’extrême droite européenne au « Parlement » européen. Wurtz en parle dans son article mais Jacques Généreux l’avoue dans une remarquable phrase lors de sa Conférence-débat avec Emanuel Todd qui défendait la position du boycott des élections européennes : « Personne ne va voter pour qu’on croit que le Parlement européen sert à quelque chose. Ce qui se joue dans les élections européennes c’est les rapports de forces entre le Front de gauche et le Front national. [19] »

Un objectif électoral donc, qui n’a rien à voir avec les luttes de classes et les intérêts des classes populaires. Une obsession devenue le fil conducteur de la politique européenne du Front de gauche et le déterminant de sa stratégie, qui se mesure non en nombre de mouvements sociaux suscités et de victoires acquises, mais en pourcentage de voix pour le Front de gauche contre le Front national. On comprend mieux l’expression dépressive et l’immensité de la déception de Mélenchon au soir des élections. Il venait de perdre le rapport de force contre le Front national !


Notes

[1La sortie de l’Union européenne et de l’Euro ne sont pas des positions officielles du FN mais orales limitées aux discours de ses dirigeants. Le programme du Front national ne comporte aucune mention d’une sortie unilatérale de l’UE ni de l’Euro. Il évoque au contraire une sortie concertée, groupée avec les principaux membres de l’UE ! Autrement dit le FN ne veut sortir de l’UE et de l’Euro que si l’Allemagne le voulait bien !

[2Les chiffres définitifs publiés par le Ministère de l’intérieur : http://elections.interieur.gouv.fr/ER2014/FE.html

[3Sondage Ifop Profil des électeurs et les clefs du scrutin européen, 25 mai 2014.

[446 544 712 inscrits, 1 200 713 de voix pour le Front de gauche, source : Ministère de l’intérieur.

[5Discours de Mélenchon au soir du 25 mai à l’annonce des résultats du scrutin, Les Echos du 25 /05/14.

[7Sondage de l’Ifop, réalisé le 25 mai 2014 auprès d’un échantillon de 3 373 personnes, et publié par L’Humanité du 28 mai.

[8Tableau -Ifop Déterminant de l’abstention, lien identique.

[9Les Echos, 25 /05/14.

[10Les articles 34, 35, 45, 63,77.

[11M’PEP et PRCF, ou les économistes Jacques Sapir et Frédéric Lordon entre autres.

[12Le Front de gauche se réclame de la « vraie gauche » par opposition au PS qui se dit aussi de gauche.

[13Article intitulé « Trois fausses idées » paru dans l’Humanité dimanche, 4 mai 2014.

[1457% d’abstention plus 2,78 % de votes blancs contestataires fait bien 60% de la population qui refuse de cautionner l’UE.

[15Article 48 de la Procédure de révision ordinaire.

[16La procédure de consultation de la procédure législative spéciale, textes sur le fonctionnement du Parlement.

[17.Wurtz Trois idées fausses, Humanité Dimanche, 4 mai 2014.

[18Seul le Président de la Commission a l’autorité d’exclure les membres de la Commission individuellement.

[19Conférence-débat, 30 Avril 2014 à l’École Normale Supérieure.

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Forum de l'article  -5 Messages

  • Lettre ouverte aux vainqueurs des élections européennes

    11 juin 2014 09:00, par HugoTefendarc

    Chers abstentionnistes,

    Avec environ 57% des voix aux dernières élections européennes, vous avez à nouveau remporté une nette majorité des suffrages.

    Les résultats s’en font déjà sentir : les dirigeants européens, constatant le rejet majoritaire de cette Union Européenne, envisagent déjà une dissolution de celle-ci pour respecter la souveraineté populaire.
    Partout en Europe, ces résultats ont provoqué un grand sursaut populaire : les mouvements sociaux se multiplient, réclamant ici le respect des droits sociaux, là des hausses de salaires si longtemps attendues, ailleurs le simple respect de la dignité humaine.
    Les idées d’extrême-droite sont discréditées. Nombreux sont les analystes expliquant que le FN n’obtient pas l’adhésion populaire à cause de ses positions xénophobes, alors même que grandit le sentiment de solidarité internationale.

    Alexis Tsipras, leader de la Gauche Européenne, admet l’inutilité de sa campagne : "Il faut reconnaître que les technocrates européens sont morts de trouille."
    Jean-Luc Mélenchon rejoint son analyse : "Si le Front de Gauche avait obtenu 57% des suffrages en France, cela n’aurait suscité aucun enthousiasme populaire. Avec ces 57% d’abstentions, les Français savent désormais que la Révolution Sociale est possible."


    Soyons clairs : je suis le premier à penser que le Front de Gauche a fait des tonnes d’erreurs sur les questions européennes. Si une proposition politique similaire, rassemblant largement, avait porté des positions plus fermes et claires sur l’UE, peut-être aurais-je voté pour elle.

    Mais appeler tous les opposants de gauche à l’UE à s’abstenir ne mène nul part. Prenez le cas extrême : tout le monde s’abstient, sauf les 11% qui votent FN. Résultat le soir des élections : abstention record, et FN à 100% des voix. C’est sûr qu’ils vont être totalement décrédibilisés... Je maintiens qu’il vaut mieux un Front de Gauche (aussi imparfait soit-il) à 57% qu’une abstention à 57%.

    Le boycott n’avait de sens que si toutes les formations anti-UE décidaient de ne pas se présenter. Or, si le FN se présente, on leur laisserait monopole de la contestation officielle de l’UE. Brillante stratégie, donc.

    Vous feriez mieux de faire bouger les lignes dans les partis du Front de Gauche, en particulier le PG, plutôt que de faire les puristes : tous les anti-UE de gauche se barrent des partis de gauche, et ensuite ils s’étonnent que les partis de gauche ne soient pas plus anti-UE... En plus, si je parle du PG, c’est parce qu’on est vraiment sur une ligne de crête sur les questions européennes. Alors si vous voulez vraiment que ça bouge, adhérez, soyez convainquant, et faites basculer le PG dans votre camp !

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    • Lettre ouverte aux vainqueurs des élections européennes
      11 juin 2014 15:21, par Serge Marquis

      Cher camarade

      Je me permets de te répondre, car je suis membre du PG.

      Je ne suis pas absolument convaincu par l’idée d’abstention. Toutefois, je suis absolument convaincu que la position du PG sur les Européennes était… néfaste.

      Il aura ainsi fallu cinq ans pour que les espoirs mis dans le FdG, depuis son "Changer l’Europe" de 2009, en prennent un sacré coup. A qui la faute ? Au PCF et au PG en premier lieu, et plus exactement à leurs directions. (Rappelons au passage que E. Coquerel, du PG, n’a pas cessé de se répandre pour signifier une nouvelle fois que le FdG pouvait passer devant le PS. De même, le texte du PG sur les Européennes fixe "à la nouvelle génération" l’objectif de "réaliser une Autre Europe" ; j’aurais pensé que l’objectif était plutôt d’arriver au gouvernement et de réaliser une politique de gauche : "Dans dix ans, nous serons au pouvoir", dixit Mélenchon il y a deux ans…).

      Et si je lis les déclarations du PG, depuis, je vois que cette même direction botte en touche, orientant ses militants vers toujours plus d’activisme (le GMT, cette fois).

      Il faut admettre que les conditions de fonctionnement du PG sont difficilement compatibles avec l’autocritique, le débat démocratique, toutes choses si nécessaires pour avancer.

      Je reste membre du PG pour un temps encore, mais j’ai pris contact avec L’Opposition de gauche du FdG, qui déroule une thématique plus en concordance avec mes convictions.

      Bon courage à toi.

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    • En réponse à Hugo et le ou la camarade du PG
      12 juin 2014 00:24, par Une militante du MPEP

      A Hugo : La différence entre ceux qui ont refusé (dont moi) de jouer au jeu de l’UE avec vous Hugo, c’est que pour combattre l’ordre de l’UE (si jamais c’était un objectif pour vous) nous ne suivons pas ses règles qu’elle impose, comme cette mascarade des élections européennes. Nous essayons de tracer les lignes de l’émancipation du peuple de cet ordre capitaliste euro-libéral. Et cette ligne, elle ne passe pas par l’arrêt "Parlement européen" ni aucune de ses institutions. Nous ne sommes pas tentés par les gamelles bien fournies en pâtés d’une carrière européenne, comme tant de dirigeants politiques. Dont les dirigeants du GUE et la personne d’Alexis Tsipras qui s’entendent si bien avec la Commission européenne qu’ils ont signé l’accord pour la nomination de l’ultra-libéral Jean-Claude Juncker au nom de l’Union de la gauche européenne !

      Mais chacun son chemin, le votre n’est pas le mien tout comme la catastrophe sociale causée par l’UE avec la complicité des gens que vous devez bien connaître, ne me laisse aucun goût pour l’ironie, que pourtant vous semblez affecter !

      Au Camarade du PG : Le boycott n’a pas de sens ? Pensez-vous vraiment que si la France, deuxième puissance de l’UE enregistrait 89% d’abstentions, pour 11% du FN (pour prendre votre exemple) ce serait nul en terme de conséquences politiques pour l’UE ? Certainement pas. Ça aurait été même un grand tremblement de terre qui aurait fait fissuré le pilier Français de la construction européenne, car ce faisant le peuple Français aurait délégitimé l’UE, et "les vainqueurs" élus par cette petite minorité des Français n’auraient aucune crédibilité aux yeux du peuple. Plus sérieusement si nous étions même 70% d’abstentionnistes d’un côté et 30% de tous les partis qui mangent à la gamelle de l’UE, ça aurait été aussi une victoire notable contre la domination de l’UE et une forte affirmation pour notre souveraineté. Mais "grâce" aux médias aux ordres de l’ordre établi et des partis euro-béats de gauche et de droite, et le FN qui a collecté quelques millions de voix des plus désespérés pensant voter contre mais qui ont en réalité voté pour l’UE (voter était égal à accepter la légitimité de l’UE) le score de l’abstention n’a pas été à la hauteur du rejet de l’UE. Pourtant avec ses 60% (57,3+2,77 votes blancs)elle reste quand-même la force majoritaire dans ce pays.

      Le problème n’était pas que le FN ne boycottait pas, mais que la "gauche de la gauche" ne le faisait pas. Imaginez un instant que toutes les forces de gauche boycottaient cette mascarade d’élection, et que le FN restait seul à y participer aux côtés des partis européistes UMPS. Quel n’aurait pas été son discrédit aux yeux des populations ! Donc, la justesse d’une stratégie ou d’une position politique ne doit pas varier selon que les autres partis prennent ou non la bonne décision, elle doit se baser sur la nature de la chose jugée (l’UE et son "Parlement") et l’objectif politique recherché (retrouver notre souveraineté pour mener des luttes de classes sans complaisances contre le système économique, prendre des mesures de réhabilitation de l’intérêt général, bref aller vers ce que nous appelons le Socialisme du 21ème Siècle). Les deux conditions étaient réunies dans le contexte des élections européennes. Reste encore la conscience politique des populations sur la question européenne. Là aussi on ne peut que constater l’impopularité des politiques de l’UE et l’adéquation de la stratégie de rejet avec leur niveau de compréhension des problématiques politiques.

      Vous ne pensiez pas si bien dire quand vous écriviez : « Brillante stratégie, donc. » Eh oui, la seule stratégie qui était en adéquation avec la nature de classe de l’UE, qui allait dans le sens du bouleversement social que nous suscitons, et qui en plus était en accord avec le niveau de la conscience générale, était bien celle du boycott actif, càd une campagne politique de dénonciation de l’UE et de ses institutions, en faveur de l’émancipation de son joug. Et cette campagne a montré que les couches populaires étaient bien plus réceptive à notre position que les intellectuels des classes supérieures, moralisateurs, tout au plus euro"sceptique" sinon carrément européiste mais surtout manquant d’audace et de clarté politique.

      Quant à votre proposition d’infiltration dans les rangs du PG : Cette tactique était celle des Trotskistes d’OCI ou de LCR vis-à-vis du PS avec le résultat que vous connaissez. Ce n’est pas notre méthode. Il n’y a rien à espérer ou à attendre de la direction du PG ou du PC, il faut juste arrêter de perdre son temps dans ces structures, s’émanciper et rejoindre le MPEP.

      Il est temps de cesser de fonder ses espoirs dans ce magma d’idéologies molles qu’est le Front de gauche. Emancipez-vous, rejoignez vos forces aux nôtres pour construire le projet post-capitaliste d’une société juste, égalitaire et épanouis d’une nation libre et souveraine.

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      • En réponse à Hugo et le ou la camarade du PG
        12 juin 2014 08:21, par HugoTefendarc

        @ Perceval :

        Votre commentaire sur le Front populaire ne fait que confirmer ma thèse ! Les avancées sociales dont vous parlez ont bien eu lieu sous un gouvernement de gauche, et pas de droite, que je sache. Bien sûr, il a fallu leur tordre le bras ; mais c’est plus facile de le faire avec un gouvernement qui va plutôt dans votre sens, non ?

        @ Militant du M’PEP

        Votre raisonnement se base sur des présupposés totalement contestables.

        D’abord, vous prétendez qu’un fort taux d’abstention serait un "séisme". Certes. Mais vous ne décrivez jamais ce que ce "séisme" va produire. Dans le cas où c’est l’extrême-droite qui est devant, quel sorte de "séisme" cela va-t-il produire, sinon une révolution réactionnaire ? Pour quelle raison la révolution qui en découlerait irait dans notre sens, et pas dans le leur ? Peut-être n’ont-ils aucune légitimité, ... mais quelle est la vôtre ?

        Car c’est là votre deuxième présupposé, totalement erroné à mon sens : le FN serait discrédité parce qu’il participe aux élections européennes avec les européistes. Ah bon. Le FN participe aux élections européennes depuis le départ, et n’a jamais été discrédité pour autant. Vous me direz sûrement : si les partis de gauche boycottaient, nous serions les révolutionnaires et eux les complices.
        Mais vous oubliez un deuxième point : ils n’en ont strictement rien à faire d’être discrédités ! Rien du tout ! L’important, c’est de pouvoir gouverner. Hollande est totalement discrédité, non ? Et pourtant, il gouverne. Le FN sera élu avec 90+x % d’abstention ? Rien à faire, ils gouverneront.

        Selon vous, il faudrait refuser la voie légale, sorte de complicité avec le système, la voie révolutionnaire étant seule issue possible. En réalité, les deux s’entre-aident mutuellement : dans les années 30, c’est bien la combinaison d’un gouvernement de gauche et d’une forte mobilisation sociale qui a permis d’obtenir de nombreuses avancées sociales. Si je comprends votre raisonnement, les électeurs de l’époque auraient du s’abstenir, laisser des gouvernements de droite au pouvoir (mais totalement discrédités, ils en pleurent d’avance), et chercher ensuite à faire la révolution.

        Je me permets alors une question : faudrait-il également s’abstenir aux élections nationales en France ? Car la Ve République est également une négation de la souveraineté du peuple, n’est-ce pas ? Participer à ses élections serait un acte de complicité avec le système. Seule l’abstention massive permettra de renverser la table, en notre faveur (et le FN aura la majorité absolue : j’ai hâte de les voir pleurer...).

        Je résumerai par cette formule bien connue : "Je suis pour la révolution par tous les moyens. Même légaux."

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        • à Hugo et FdG
          18 juin 2014 01:45, par Thierry Delbos

          Hugo vous récrivez l’histoire !
          La 5ème République a été adoptée par référendum en septembre 58 à plus de 80% ! Comment peut-elle être une négation de la souveraineté du peuple ?

          En votant aux législatives, nous confions aux députés de vrais pouvoirs institutionnels, même si trop souvent ils n’en usent pas...

          Les marionnettes européennes appelées députés n’ont aucun pouvoir "systémique", ils servent de faire-valoir "démocratique" à l’UE par nature anti-démocratique, ultralibérale et atlantiste, construction dont la maîtrise d’oeuvre est assurée par les Etas-Unis avec sa dernière pierre qu’est le TAFTA.

          Oui, pour les démocrates véritables, les patriotes authentiques, les progressistes sincères, la seule attitude responsable et loyale vis à vis de cette élection européenne était le boycott, en tant qu’expression politique de l’abstention, pour ne surtout pas légitimer une construction que notre peuple a rejetée en 2005 !

          Pour preuve que l’abstention était bien l’enjeu le plus important,qui faisait peur aux européistes et à leurs commanditaires, on la trouve le soir même du 25 mai lors que BFMTV titre : "l’abstention recule, c’est une grande victoire pour l’Europe !" Fermez le ban.

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