Michel Biard, Procès-verbaux de la société populaire d’Honfleur (Calvados) de janvier 1791 à février 1795, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2011.
jeudi 5 juillet 2012
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Procès-verbaux de la société populaire d’Honfleur (Calvados) de janvier 1791 à février 1795

Auteur : Michel Biard

Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2011


le texte présentatif suivant est issu de l’Humanité

Il n’est pas fréquent qu’un quotidien signale la parution d’un ouvrage qualifié d’«  érudit  » : ce sera pourtant le cas cette fois-ci, car il s’agit d’évoquer un travail monumental qui a trait à l’une des questions des plus importantes qui soient et des plus actuelles, de surcroît. On tient généralement la Révolution française pour avoir introduit le principe démocratique dans la vie politique et le mode de gouvernement des sociétés modernes. Mais comment concevoir pratiquement le fonctionnement de la démocratie politique, telle est toujours la question. La démocratie doit-elle se faire représentative, directe, participative, délibérative, plébiscitaire, référendaire, et selon quelle combinaison ?

Le temps de la Révolution française, dès 1788, mais en particulier sous la première République, de 1792 à 1799, et surtout avant la fin de 1795, fut celui de l’expérimentation à grande échelle des formes de l’innovation démocratique, cela depuis Paris, capitale, jusqu’au niveau des collectivités locales d’une France encore rurale mais déjà urbaine pour un cinquième, marchande et manufacturière. Le développement des sociétés populaires dans toute la France (près de 6 000 !) en fut l’un des paramètres essentiels qui contribua ainsi à former l’«  esprit public  », comme on disait, peut-être même à structurer ce qu’on appellera postérieurement l’«  opinion publique  ».

En se fondant sur les formidables archives de la société populaire de la ville et du port d’Honfleur (9 000 habitants) de 1791 à 1795, Michel Biard, éminent historien de la Révolution et président de la Société des études robespierristes, donne à voir, comme si nous en étions témoins, ce que fut la vie politique à Honfleur au temps des «  jacobins  » de province : nombre d’adhérents à la Société, participation à la vie sociétale, recrutement social, pratiques politiques, montant des cotisations, jeu des intérêts particuliers et familiaux ou mouvement des passions, relations avec l’État et les autorités locales ou départementales, choix d’orientation et interrogations stratégiques ou idéologiques, conflits et retournements, etc., rien ne manque dans les procès-verbaux, tous publiés pour satisfaire notre curiosité ! Ajoutons que l’auteur du recueil l’a fait précéder d’une solide étude d’une cinquantaine de pages qui dit tout ce qu’il nous faut savoir d’Honfleur et des années 1790-1795, afin de nous aider à saisir la portée de la saisissante documentation qu’il a rassemblée.

Un ouvrage majeur et exemplaire dans une collection appelée à se développer.

Claude Mazauric, historien.