Non à la notion de "coup de pouce" au SMIC !
mardi 26 juin 2012
Auteur : par Jacques NIKONOFF

Désormais la notion de « coup de pouce » au SMIC semble être utilisée par tout le monde, du patronat aux syndicats, du gouvernement aux médias en passant par les partis politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite.

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NON À LA NOTION DE « COUP DE POUCE » AU SMIC !

Chronique de Jacques Nikonoff du12 juin 2012.

Jacques Nikonoff est porte-parole du M’PEP et ancien président d’Attac. Derniers ouvrages publiés :

  • « Sortons de l’euro ! Restituer au peuple la souveraineté monétaire » (Mille et une nuits, 2011).
  • « La confrontation. Argumentaire anti-FN » (Le Temps des Cerises, 2012).

Désormais la notion de « coup de pouce » au SMIC (Salaire minimum interprofessionnel de croissance) semble être utilisée par tout le monde, du patronat aux syndicats, du gouvernement aux médias en passant par les partis politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite.

Mais que peut bien vouloir dire cette expression ? Si on prend le Petit Larousse 1999, on peut lire avec effarement : « Coup de pouce : aide légère apportée à quelqu’un, souvent de façon frauduleuse ».

Alors pitié, camarades syndicalistes, des partis et de la presse de gauche ! Cessez sur le champ de reprendre cette expression manifestement inventée par nos adversaires ! Pourquoi l’augmentation du SMIC, qualifiée de « coup de pouce », devrait être, par principe, « légère  » ? Il faut au contraire qu’elle soit massive, et le terme « coup de pouce » ne convient vraiment pas. Pourquoi, en plus, faudrait-il accepter cette expression qui contient l’idée d’une action « frauduleuse  ». On comprend très bien que pour la théorie libérale, qui rejette toute idée de salaire minimum, une augmentation du SMIC ait un caractère frauduleux. Mais pourquoi les syndicalistes et le peuple de gauche devraient-ils eux aussi accepter cette conception ?

En généralisant l’utilisation de la notion de « coup de pouce », les classes dirigeantes et les médias à leur service sapent l’idée même d’un salaire minimum. Ce dernier apparaît ainsi comme fragile, provisoire, illégitime, relevant de la charité publique, contraire aux « lois  » économiques, son augmentation ne pouvant qu’être une menace pour les entreprises.

Parlons tout simplement d’augmentation du SMIC !

Jacques Nikonoff