Penser le changement : nouvelle monnaie par Jacques Nikonoff
samedi 6 avril 2013
Auteur : par webmaster
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PENSER LE CHANGEMENT : NOUVELLE MONNAIE POUR JACQUES NIKONOFF

Publié sur le site L’ESPOIR

Pour l’organisation de sa première conférence, le blog « L’espoir » avait fait le choix de deux penseurs du changement : Philippe Murer et Jacques Nikonoff. Le premier nous a dévoilés, pour la première fois dans une conférence, son analyse de la transition énergétique et l’impasse représentée par le choix des énergies fossiles. Le second nous a détaillés les différents mécanismes qui rendent inéluctable la fin de l’euro. Deux analyses imparables.

Au cours de la seconde partie de la conférence, Jacques Nikonoff est intervenu afin d’évoquer les dysfonctionnements de l’UE dont la zone euro est la caricature. Son exposé commença par ridiculiser les sauvetages historiques de la monnaie unique qui se succèdent à une vitesse effrénée et ne peuvent plus masquer l’évidence de l’échec de l’euro.

Les raisons sont multiples et l’actuel porte parole du M’Pep s’est attaché à décrire les plus évidentes. L’absence d’une zone monétaire optimale qui empêche de rendre efficace une politique monétaire unique qui ne peut s’adapter à des pays membres aux caractéristiques économiques divergentes.

L’Allemagne est sévèrement critiquée par l’ancien leader d’ATTAC, notamment au regard du comportement de passager clandestin de Berlin qui a amené ce pays à pratiquer une politique de déflation salariale favorisant ses exportations et freinant ses importations. Cette politique, débutée par Gerhard Schröder, a eu pour conséquence de créer de forts excédents commerciaux pour notre voisin d’outre-rhin et de creuser la dette des pays du Sud.

De surcroît, l’Allemagne se refuse à procéder à des transferts budgétaires qui permettraient de rééquilibrer ces dysfonctionnements au sein de la zone euro et exige des pays en difficultés financières de résoudre le problème par des mesures austéritaires. Or le problème est qu’une politique de déflation salariale et de réduction des dépenses sociales ne peut fonctionner que si elle est réalisée de manière isolée. La généralisation de ces politiques au sein de la zone euro ne peut que mener l’UE dans une impasse.

De plus, même en Allemagne une telle politique n’est pas favorable aux salariés dont les plus pauvres sont touchés par une forte baisse de leur pouvoir d’achat.

Afin de sortir de la crise, Jacques Nikonoff insiste sur l’importance pour la France de retrouver sa souveraineté monétaire et donc de pratiquer la désobéissance européenne. Actuellement, les politiques permettant de sortir de nos difficultés sont interdites par l’UE. Il s’agit pourtant d’armes clés comme la dévaluation qui permettrait à notre pays de retrouver sa compétitivité sans avoir recours à la déflation salariale, beaucoup plus douloureuse puisque les prix à l’intérieur du pays ne baissent de la même proportion que les salaires.

Le contrôle des changes a également été évoqué au travers de l’exemple de Chypre comme un moyen permettant d’éviter une fuite des capitaux en dehors du pays. Enfin à propos de la question de la dette, la porte parole du M’PEP a argumenté en faveur de la décision de ne pas rembourser la dette ou de la rééchelonner. Il a montré que dans un tel cas, la pression n’est plus mise sur l’emprunteur, sommé de rembourser, mais sur le prêteur qui craint de ne pas être remboursé.

Dans une violente charge à l’égard des marchés financiers, il s’est positionné en faveur de la fin de l’indépendance de la Banque Centrale afin que cette dernière puisse prêter directement aux Etats. L’ancien leader d’ATTAC est même allé jusqu’à proposer le démantèlement des marchés financiers qui finissent par apporter plus de problèmes que de solutions à l’économie réelle.

L’intervention de Jaccques Nikonoff a permis de parfaitement mettre en évidence les rapports de force auxquels notre pays est confronté. En entendant ce discours, les mots de Pierre Victurnien Vergniaud, « Les grands ne sont grands que parce que nous sommes à genoux : levons-nous ! », prennent tout leur sens. Il importe donc de rester convaincu que notre pays reste maître de sa dette et qu’il sera hors de question de subir les sacrifices vécus par les Grecs. De plus, l’Allemagne de Madame Merkel ne doit pas décider de tout en Europe et la France possède des armes à sa disposition pour mettre fin au comportement de passager clandestin de ce pays et à ses exigences austéritaires. Encore faudrait-il que le protectionnisme cesse d’être un sujet tabou. En ce sens la démarche de Jacques Nikonoff mérite d’être largement saluée.

Theux