Pierre Laurent, la Grèce et les mensonges
lundi 3 août 2015
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 PIERRE LAURENT, LA GRECE ET LES MENSONGES

Par Jacques Sapir, texte diffusé par le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).

Le 3 août 2015.

Le 25 juillet dernier, l’économiste Jacques Sapir a rendu public un texte en réaction à l’entretien donné à Marianne par le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent. Ce dernier, en effet, démontre une nouvelle fois que la gauche « radicale », « de gauche » ou « anticapitaliste », dans la plupart de ses composantes politiques, syndicales ou associatives, s’est convertie à l’euro-libéralisme. Elle est devenue le dernier rempart de protection de l’euro. Faisons sauter ce rempart ! Le Parti de l’émancipation du peuple partage l’indignation de Jacques Sapir après les propos tenus par Pierre Laurent, sauf sur deux points. D’une part, Yanis Varoufakis, l’ancien ministre grec des Finances, même s’il a travaillé à un plan B que Tsipras a refusé, n’a pas l’orientation politique que Jacques Sapir lui prête puisque il est un fervent défenseur de l’euro. Quant au Parti de gauche, il ne se distingue en rien, dans sa majorité, de l’analyse du PCF. Il est vrai cependant qu’une forte minorité (45%), s’est prononcée pour la sortie de l’euro à son dernier congrès, et que seules des manœuvres d’appareil ont empêché un changement de direction.

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 PIERRE LAURENT, LA GRECE ET LES MENSONGES

Par Jacques Sapir, texte diffusé par le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, vient de donner le samedi 25 juillet une interview à Marianne [1]. Il justifie sa position au sujet de la Grèce et son soutien à la capitulation consentie par Alexis Tsipras. C’est son droit. Mais, pour se faire, il prend un certain nombre de libertés avec les faits. Et cela est beaucoup plus condamnable. Cette interview est une excellente illustration des illusions d’une partie de la « Gauche Radicale », illusions sur l’Euro et sur l’Europe, dont il semble désormais que le Parti de Gauche commence à se dégager [2].

Un petit florilège des citations de Pierre Laurent permet de voir qu’il entretient de sérieuses illusions, et même qu’il adopte un point de vue « européiste » qui n’est pas éloigné de celui du Parti dit « socialiste ». Mais, il faut aussi savoir que les prises de position de Pierre Laurent sont aujourd’hui fortement critiquées dans de larges fractions de la base comme de l’appareil du PCF. Ces prises de position reflètent bien plus les errances d’un homme et d’un groupe de direction du PCF qu’une position largement défendue au sein du Parti.

 Une analyse tendancieuse du 13 juillet

Tout d’abord, quand il entend justifier la capitulation de Tsipras, Pierre Laurent dit au journaliste la chose suivante :

« Ils ont enfermé la Grèce et ses dirigeants dans une alternative qui était soit le Grexit — souhaité par les Allemands de manière ouverte, Wolfgang Schaüble, le ministre des Finances allemand, a plaidé jusqu’au dernier moment auprès des Grecs pour une sortie ordonnée —, soit le plan d’austérité qui a finalement été imposé. Le choix qu’a fait Tsipras est un choix qui évite la banqueroute bancaire de son pays, une situation qui aurait été terrible pour les Grecs. Je crois qu’il n’avait pas d’autres alternatives » [3].

Si je suis d’accord qu’un effondrement des banques est une catastrophe, je signale à Pierre Laurent que ce que Tsipras a refusé c’est la proposition de Varoufakis de (1) réquisitionner les banques et (2) de réquisitionner la Banque de Grèce. Ce faisant, le gouvernement aurait eu accès aux réserves (sous contrôle de la BCE avant la réquisition) déposées à la Banque de Grèce mais aussi dans les banques commerciales. La réquisition est un mécanisme qui permet à tout gouvernement de la zone Euro de s’affranchir de la tutelle de la BCE. Dire, dans ces conditions, que le choix de Tsipras était entre la banqueroute et la capitulation est faux. La décision de Tsipras a été politique, et non économique. C’était un choix entre s’engager sur une voie, celle que proposait son Ministre des finances Yanis Varoufakis, voie pouvant le conduire à sortir de l’Euro, ou bien d’accepter l’austérité. Présenter cela comme une décision économique est un mensonge éhonté [4]. Les choses sont désormais publiques, et il est triste de voir Pierre Laurent s’enferrer dans le mensonge.

 Pierre Laurent révolutionne la science économique

Commentant un possible Grexit, Pierre Laurent ajoute alors :

« Et une sortie de la zone euro laisserait n’importe quel pays qui la pratiquerait devant la même pression des marchés financiers, voire une pression décuplée et une dévaluation nationale plus grave encore ».

Il semble ici que Pierre Laurent, qui a pourtant fait des études d’économie à Paris 1, ignore qu’il existe des moyens réglementaires permettant à un pays de faire fortement baisser la pression exercée par les marchés financiers. Cela s’appelle le contrôle des capitaux. Non pas le « contrôle des capitaux » imposé par la BCE à la Grèce, et qui aboutit à empêcher les entreprises grecques de faire des opérations sur l’étranger via les comptes Target2 (et qui s’apparente en réalité à un contrôle des changes), mais les contrôles sur les mouvements de capitaux à court terme non liés à des opérations matérielles. Ces mouvements représentent entre 90% et 95% des flux de capitaux, et sont essentiellement des mouvements spéculatifs. Bien entendu, pour les mettre en œuvre, il faut recouvrer le contrôle sur la Banque Centrale. Ici, soit Pierre Laurent fait la preuve de sa méconnaissance des mécanismes économiques de base, soit il les connaît, et en ce cas il ment en toute connaissance de cause. Je laisse le lecteur libre de son choix.

 Pierre Laurent est un grand logicien

Pierre Laurent assène alors un argument qui lui apparaît imparable pour écarter une sortie de l’Euro. Cet argument, le voici :

« Il y a d’ailleurs des pays aujourd’hui qui, en dehors de la zone euro, sont également frappés par des politiques d’austérité. Car la pression des marchés s’exerce partout et sur tous les pays ».

On reste sidéré par ce que ce paragraphe implique comme méconnaissance des liens logiques qui relient plusieurs éléments. Bien sûr, il existe des pays qui ont des politiques d’austérité sans appartenir à l’Euro. Nul ne l’a nié. Mais, connaît-on un pays de la zone Euro qui n’applique pas une politique d’austérité ? En fait, on peut montrer que la zone Euro induit un cadre dépressif pour les économies qui y participent [5]. Donc, cet argument ignore ce qu’en logique on appelle des conditions nécessaires et des conditions suffisantes. La sortie de l’Euro est une condition nécessaire à une rupture avec une politique d’austérité, mais ne constitue nullement une condition suffisante. Par contre, par sa méconnaissance de la logique la plus élémentaire, Pierre Laurent nous montre qu’il est suffisant mais pas nécessaire.

 Pierre Laurent révolutionne la science économique (bis)

On revient à un argument en apparence plus économique avec la citation suivante, qui se révèle, à nouveau, tout à fait catastrophique :

« Oui, mais aujourd’hui, la différence est que tous les avoirs détenus par les Grecs sont en euros. Et le transfert de ces avoirs dans une monnaie nationale qui serait dévaluée par les marchés financiers conduirait, dans un premier temps, à un affaiblissement considérable du potentiel de ressources des Grecs. Alors que pour reconstruire leur pays, ils ont besoin d’un niveau d’investissement important ».

Notons tout d’abord que ce ne sont pas les « marchés financiers » qui transfèrent les avoirs qui sont détenus par les grecs. C’est en réalité le système bancaire, s’il s’agit d’avoirs détenus en Grèce. Pierre Laurent, à l’évidence soit ne connaît pas les règles de fonctionnement de l’économie, soit cherche à nous mener en bateau. Ces avoirs en Euros seront automatiquement re-dénominés en Drachmes. Mais cette redénomination touchera toutes les valeurs de l’économie grecque. Donc, le potentiel d’investissement sur la base de l’épargne (oui, cette chose que l’on apprend en fin de première année d’économie, l’égalité entre l’épargne et l’investissement) sera inchangé par rapport aux valeurs de l’économie grecque. Mais, une partie de ces avoirs ne sont pas détenus en Grèce. Donc, ils resteront en Euros (ou dans une autre monnaie, que ce soit le Dollar ou, peut être, le Mark allemand…). Si la Drachme est dévalué, disons de 25%, cela signifie que ces avoirs seront réévalués de 33%. Donc, le potentiel d’investissement, sur la base des avoirs grecs détenus à l’étranger, sera largement augmenté. Ce qui veut dire que les grecs ayant mis leurs avoirs à l’étranger pourraient les rapatrier avec un effet bien plus positif sur les investissements que si la Drachme n’avait pas été dévaluée. Notons encore que ceci s’applique aussi à l’ensemble des investisseurs étrangers. En fait, une sortie de l’Euro et une dévaluation de 25% de la Drachme constituent la condition pour qu’un flux d’investissement important en drachmes se reconstitue en Grèce.

Mais, il est peu probable que Pierre Laurent ignore à ce point les mécanismes de base de l’économie, ou alors il faut s’interroger sur les conséquences délétères sur le cerveau humain d’années de travail au journal l’Humanité. Il est bien plus probable que Pierre Laurent, ici encore, mente, et qu’il mente avec l’aplomb d’un arracheur de dents.

 Quand Pierre Laurent joue au prestidigitateur

Reprenons le cours du raisonnement. Pierre Laurent nous offre une magnifique perle avec la citation suivante :

« Puisque les solutions apportées par Tsipras étaient totalement viables et elles restent praticables dans la zone euro. Ce n’est pas la zone euro qui les empêche mais la décision politique prise par les dirigeants allemands et un certain nombre d’autres dirigeants européens de rendre impossible l’expérience politique de Syriza ».

Ici, Pierre Laurent fait mine de croire que les dirigeants allemands et européens ont été conduits uniquement par leur haine politique de Syriza. Que ces dirigeants n’aient pas apprécié Syriza est certain. Mais, quand bien même l’auraient-ils apprécié, accepter les solutions proposées par Tsipras impliquait, à relativement court terme, faire basculer la zone Euro vers ce que l’on appelle une « union de transfert ». Or, les montants nécessaires pour faire fonctionner la zone Euro sans les politiques d’austérité ont été évalués, et on trouvera l’une de ces évaluations d’ailleurs dans ce carnet. Pour faire court, il faudrait que l’Allemagne consacre entre 8% et 10% de son PIB tous les ans pendant environ dix ans à ces transferts. Il est clair que cela n’est pas possible, sauf à vouloir détruire l’économie allemande. La véritable cause du rejet des options de Syriza se trouve là. Affirmer que « les solutions apportées par Tsipras étaient totalement viables et elles restent praticables dans la zone euro » est un nouveau mensonge. Les solutions proposées par Tsipras impliquaient une refonte totale de la zone Euro, et cette refonte aboutissait à faire peser un poids excessif sur l’Allemagne. Telle est la vérité. Mais, cette vérité gêne Pierre Laurent, qui préfère la faire passer sous le tapis pour sauver l’illusion de la possibilité d’une zone Euro qui ne soit pas austéritaire. Pierre Laurent doit donc mentir quant aux conditions de viabilité de la zone Euro, mais, nous l’avons vu, il n’est pas à un mensonge près.

 Le dernier mensonge

Il ne reste donc à Pierre Laurent qu’un argument : le point Godwin ou la réduction du dilemme grec à un affrontement avec le Front National. Il suffit de regarder le paragraphe suivant pour s’en convaincre :

« Il y a aujourd’hui trois options en débat. L’option d’une Europe de l’ordre libérale, celle qui existe aujourd’hui. Il y a l’option d’une destruction de l’Europe et d’un retour à la compétition, voire au choc des nations dans la crise que traverse l’Europe, c’est l’option du Front national et des forces qui l’appuient. Et il y a l’option qui est la nôtre, celle de Tsipras, la mienne, celle que nous défendons, qui est l’option de la reconstruction d’une Europe de coopération, de solidarité, d’une Europe de souveraineté qui doit laisser plus de place aux pouvoirs de chaque nation de négocier démocratiquement son insertion dans cette Europe de solidarité. Nous parlons d’une Europe à géométrie choisie… ».

Passons sur le fait que proclamer que l’on vivrait mieux dans le monde des bisounours, la troisième option, na jamais fait avancer le débat. Mais, une sortie de la Grèce de l’Euro, et à terme, une dissolution de l’Euro, entraineraient-ils ce cataclysme que prévoit Pierre Laurent ? En fait, de nombreux économistes soutiennent aujourd’hui qu’une sortie de l’Euro était préférable, certains conservateurs comme Henkel [6], d’autres progressistes comme Kevin O’Rourke [7] ou Stefano Fassina [8], ancien ministre du PD en Italie, et parmi eux des assistants de Varoufakis [9]. C’est donc un nouveau mensonge de Pierre Laurent que de prétendre que l’option d’une sortie de l’Euro serait le fait du seul Front National. Un mensonge de plus dira-t-on. Espérons, en tous les cas, qu’il soit le dernier.

Ce texte a été publié sur :

https://russeurope.hypotheses.org/4144


Notes

[1Pierre Laurent : “Une sortie de la zone euro n’empêche pas la pression des marchés”, entretien avec Bruno Rieth, Marianne, 25 juillet 2015, http://www.marianne.net/pierre-laurent-sortie-zone-euro-n-empeche-pas-pression-marches-100235637.html

[2Voir le blog de Guillaume Etievant, responsable économique du PG, le 24 juillet 2015, http://guillaumeetievant.com/2015/07/24/soyons-prets-a-sortir-de-leuro/

[3Pierre Laurent : “Une sortie de la zone euro n’empêche pas la pression des marchés”, op.cit..

[4Je renvoie à l’article de Jamie Galbraith, qui a travaillé avec Varoufakis publié dans Harper’s, http://harpers.org/blog/2015/07/greece-europe-and-the-united-states/ ainsi qu’aux explications données par Yannis Varoufakis lui-même sur son blog : http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/14/on-the-euro-summits-statement-on-greece-first-thoughts/

[5Voir Bibow, J., et A. Terzi (eds.), Euroland and the World Economy—Global Player or Global Drag ? Londres, Palgrave, 2007.

[9Munevar D., « Why I’ve Changed My Mind About Grexit », in SocialEurope, 23 juillet 2015, http://www.socialeurope.eu/2015/07/why-ive-changed-my-mind-about-grexit/

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Forum de l'article  -8 Messages

  • Alerte : chute du prix du baril de pétrole

    4 août 2015 00:53, par F.Vannier

    Euro ou pas euro, dollars ou pas ! !

    La chute du prix du baril, depuis Juillet 2015, reflète un risque probable d’une forte récession mondiale (le CAnada, Brésil, Algérie, Méxique).
    Les licenciements dans les secteurs pétroliers et des minières continuent avec des dizaines de milliers d’emplois pour 2015-2018.

    La conséquence : transformation à court et moyen terme de la réalité physique.
    Le Yuan chinois ou le système financier chinois sera-t-il basé sur la rareté du pétrole conventionnel ?

    De plus, un métal assez rare n’est quasiment plus produit (les réserves facilement exploitables sont déjà épuisés) : le terbium, seule la Chine extrait ce métal (qui est nécessaire pour les ampoules basse consommation).

    Le Suivant c’est l’hafnium qui sera difficilement exploitable après 2018-2020.....

    Donc, l’investissement globale des entreprises sera négatif en 2015 car l’industrie des hydrocarbures et des minerais représente en 30% de l’investissement totale mondiale.
    Ainsi, les coupes budgétaires de ces deux secteurs sont de l’ordre de -5% à -10% entre 2014-2015.

    D’où, un nouveau système monétaire international dans les deux prochaines années.
    La preuve : jamais le barils est aussi bas(inférieur à 48$) et l’augmentation de la consommation mondiale est très faible (entre +2% et +3% alors que les prix sont divisés par deux) Que se passe-t-il ?

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  • Pierre Laurent, la Grèce et les mensonges

    4 août 2015 02:24, par Danièle Dugelay

    Bonjour. Je vois que vous avez changé d’avis à propos du déroulement et des conclusions du congrès du Parti de Gauche. En effet, le début du texte qui se trouve sur la page de présentation n’est pas identique à celui qu’on peut lire sur la page réservée à la lecture du communiqué dans son intégralité.

    Je pense que vous avez fait la modification après avoir pris connaissance de l’article référencé dans les notes en 2). Dans ce cas, je trouve qu’il serait également juste que vous rectifiiez l’extrait de la présentation. Ce que vous y dites du congrès du PG, tel que c’est écrit, serait diffamatoire et aurait un aspect insultant très désagréable. Il est donc nécessaire de le corriger au plus vite.

    Je vous remercie de bien vouloir faire les rectifications nécessaires.

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    • Pierre Laurent, la Grèce et les mensonges
      4 août 2015 23:28, par MD

      En quoi est-ce diffamatoire ? 45% pour un texte qui met les pieds dans le plat sur la sortie de l’euro et de l’UE et quoi comme résultat ? Un pseudo plan B annoncé par la direction actuelle à la lumière de la situation des Grecs mais pas à l’issue du congrès du PG.
      EN ce qui concerne les propos désagréables, il y eut les accusations de "maraichalistes" de la part de JL Mélenchon à l’attention de ceux qui voulaient une sortie de l’UE et de l’euro. On attend avec impatience que la direction du PG reconnaisse quelle s’est trompée depuis 5 ans sur la question européenne et qu’elle revienne sur ses propos insultants et désagréables !

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  • Pierre Laurent, la Grèce et les mensonges

    4 août 2015 09:57, par Benzekri

    Après cette analyse argumentée sur Pierre Laurent, Jacques Sapir à fait cette réaction à propos de Varoufakis… cela m’inspire ces remarques avec une suggestion.
    « Pour Varoufakis » Jacques Sapir…
    “Si Yanis Varoufakis doit être inculpé, il serait logique, il serait juste, que le Président de la BCE M. Draghi ainsi que le Président de l’Eurogroupe, M. Dijsselbloem, le soient aussi…”
    “Inculper M. Varoufakis est ainsi absurde…”
    “Le fait qu’il soit désormais défendu par des personnalités comme Mohamed El-Erian, l’économiste en chef d’Allianz et Président d’un comité d’experts économiques auprès du Président des Etats-Unis[4], montre bien que ce qu’il a fait, il l’a fait pour le plus grand bien de l’Etat qu’il servait comme Ministre des finances…”
    Non Mr Sapir, inculper Monsieur Varoufakis n’est pas seulement absurde mais criminel… Varoufakis est, lui et à ce jour, dans le rôle d’un Prométhée (bienfaiteur de l’humanité) alors que les autres de la BCE, de l’Eurogroupe…sont des saigneurs des peuples et donc des truands et des criminels qui doivent un jour rendre des comptes.
    Monsieur Varoufakis est un homme compétent, digne est courageux et n’a que faire du soutien formel de “personnalités” mais il a à coup sûr besoin d’engagements de femmes et d’hommes qui vont au-delà de ce rond rond autour de l’interprétation des faits du monde…
    Marx, que l’on cite souvent, n’a-t-il dit avec forte conviction que l’heure n’était plus à l’interprétation du monde… mais plutôt à un engagement des “philosophes”, notamment, pour sa transformation.
    Et au-delà des critiques, parfois utiles, n’est-il pas plus constructif de dire ce que chacun(e) et/ou chaque formation politique est prête à faire avec les autres pour arracher le CHANGEMENT… Pour ma, je re(propose) ce projet avec une marche à suivre qui exige un engagement de chacun(e) pour sortir la France, pas seulement de l’euro…mais aussi de ces crises fomentées contre les peuples.

    …et comme il n’y a rien à attendre de l’alternance « gauche »/droite et des élections « vote et cause toujours », et des faux débats entre un blanc-bonnet et un bonnet-blanc…osons une société humaine qui tournera définitivement le dos au système libéral en se donnant des moyens sûrs et durables pour la faire vivre et évoluer vers un mieux être…
    Commençons par une marche sur Paris pour libérer l’Elysée et Matignon des deux escrocs qui les occupent et remettons-les à la Justice pour qu’ils répondent de leurs crimes et mensonges d’Etat… C’est un premier signe fort pour marquer la fin de l’impunité…
    Réduisons pour commencer et donner l’exemple les indemnités des Ministres, députés (nationaux et européens) et sénateurs d’un tiers et supprimons les fonctions coûteuses et inutiles à commencer par celle de Président de la République.
    Nationalisons -au franc symbolique- les Banques, Assurances, autoroutes, industrie pharmaceutique et compagnies pétrolières… pour s’assurer de fonds suffisants et permanents pour la santé, l’Education, le logement et la culture pour tous.
    Et puisque tout le monde - de la « gauche » à la droite – s’accorde à dire qu’il est injuste de léguer cette dette/racket estimée à « 2000 milliards d’euros » à nos enfants alors : soumettons sans attendre cette fameuse « dette » à un audit sincère pour liquider sa part légitime et effacer le reste. Que les « créanciers » se retournent contre les escrocs à qui ils ont confié « leurs fonds »…

    Mettons au même régime les détenteurs des fonds de pension et ceux du Livret A puisque les primes de « risque », liées à l’instabilité programmée du système, pour justifier les taux de rendement exorbitants n’auront plus lieu d’être ; l’Etat souverain et riche sera le garant de leurs dépôts s’ils acceptent ces nouvelles règles et mesures d’équité.
    Organisons une véritable chasse aux fraudeurs (grands et petits) du fisc notamment ; 80 Milliards d’euros au bas mot pour les seuls évadés fiscaux… Et les fraudes dans le domaine social, des professions libérales, du travail au noir, des rentrées de fonds non déclarées… ? Et les niches fiscales pour les riches ? Aucune croissance ou productivité ne pourra remplacer une juste répartition de la richesse et une réforme fiscale corrective des inégalités pour les besoins de solidarité.
    Limitons dans un premier temps les revenus annuels à 80000 euros maximum et à pas moins de 20000 euros et interdisons le cumul des fonctions ou mandats/revenus.
    Encadrons les prix des biens et services de première nécessité…
    Prenons en main les moyens d’information par une présence/occupation non violente pour expliquer et discuter avec les citoyens des fins et moyens de la nouvelle République.
    Une République, première du genre :
    - Par le respect de la complémentarité hommes/femmes qui leur assurera une parfaite égalité devant la loi : mêmes droits et mêmes devoirs.
    - Par le rejet des représentations sur des bases religieuses et/ou communautaires et le respect strict de la Laïcité qui fera de la France une seule entité riche par sa diversité.
    Les Députés européens auront pour mission – pendant cette phase - d’expliquer ce nouveau choix du peuple souverain de France qui décidera de son maintien ou départ de l’Union si l’humain n’est pas mis au centre de la nouvelle Europe. Europe qui devrait décider par elle-même et pour elle-même sans ingérence étrangère…
    Tout représentant élu pourrait être révoqué - par les citoyens selon des critères démocratiques fixés par des Assemblées de veille sur les fondements de la nouvelle République - s’il s’avère malhonnête ou incompétent.
    Cette République sera ouverte à tous ceux qui adhèrent aux valeurs de la nouvelle France. Pas la France du MEDEF et des lobbies en tout genre ni celle des profiteurs du système dit libéral qui fomentent crises, désordres, terreurs, violences, guerres et détruisent le patrimoine culturel et écologique… Ceux qui ne pensent qu’à leur carrière et qui passent leur temps à maltraiter et à manipuler les citoyens en leur promettant à chaque fois un demain sans lendemain.
    Puisque le capitalisme par son « laissez faire, laissez passer » est à l’origine du colonialisme, du fascisme, du nazisme, de l’impérialisme et du sionisme et qu’il est responsable du développement, des injustices, des trafics et fraudes en tout genre, de la corruption, de la pauvreté, de la misère, du terrorisme et des guerres que nous avons traversé et continuons à subir…
    Puisque le capitalisme n’a rien de libéral ni de moderne et qu’il est plutôt liberticide et réactionnaire…
    Osons apporter notre contribution à la mise en place d’une société et d’un monde humain, juste, évolué et solidaire.
    La liberté, la justice et la dignité il faut les prendre ; aucun Homme ou formation ne pourra nous en faire cadeau et aucune force ne pourra nous empêcher de les arracher et de les défendre, une fois acquises.
    Soyons cette force tranquille, non violente mais déterminée pour mettre un terme au mépris que nous opposent nos « représentants » et redonner courage et confiance en l’avenir, à nos
    enfants, à notre jeunesse et à nos aînés.

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  • Pierre Laurent, la Grèce et les mensonges

    4 août 2015 10:33, par Debra

    Je suis perplexe devant cet article.
    Remontons plus haut que son contenu manifeste pour nous poser quelques questions.
    L’économie est-elle une science ? Peut-on prédire le comportement, regarder dans la boule en cristal afin de SAVOIR quel sera l’avenir avec la sécession de la Grèce de l’UNION européenne ?
    Peut-on mesurer l’impact de ce que toute sécession produit sur l’UNION, comme entité non pas "économique" ou "politique", mais.. IMAGINAIRE, dans la tête des hommes et des femmes, dirigeants ou pas, dans l’Europe ?
    Je ne crois pas.
    Que les uns et les autres, dirigeants ou pas, aient une frousse terrible devant l’impact de cette sécession, cela me semble aller de soi, surtout dans le monde SECURITAIRE, tous les jours plus sécuritaire, qui est le nôtre.
    Parler de mensonge pour les propos de M Laurent ne me semble pas favoriser un débat politique (si tant est que nous.. VOULONS un débat politique...)
    Si nous devons parler de... faits, je crois que nous pouvons constater à quel point, collectivement, nous ne savons pas ce qu’est l’argent (et oui, on peut bel et bien manier les cartes, les billets, les actions, etc, sans savoir ce qu’on fait, de même qu’on conduit la bagnole sans savoir comment elle marche... en passant l’épargne équivaut à l’investissement dans un monde où l’homme n’est pas un animal irrationnel, comme Harpagon dans l’"Avare"...).
    Plus précisément, les nouvelles technologies ont considérablement chamboulé la nature de l’argent, notre rapport avec lui, et nous sommes sous le coup de ce chamboulement.
    Nos.. machines dématérialisantes vont plus vite que nous, pauvres animaux mortels, fragiles, matériels... ILLOGIQUES et IRRATIONNELS que nous sommes. S’il faut se raccrocher à quelque chose, on pourrait se dire... restons polis avant tout.
    M Laurent peut se tromper. Même il peut se tromper DE BONNE FOI. Pour le salut de MON âme, je préfère penser qu’il se trompe de bonne foi...

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    • Pierre Laurent, la Grèce et les mensonges
      4 août 2015 23:30, par MD

      Pierre Laurent dirige le PCF et la gauche européenne. Il fait de la politique. Il ne s’agit pas de bonne ou de mauvaise foi mais de convictions et de choix. Paix à votre âme !

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      • Pierre Laurent, la Grèce et les mensonges
        5 août 2015 13:31, par Michel616

        Le PCF tout comme les autres partis communiste d’Europe sont révisionnistes depuis qu’ils ont abandonné la thèse léniniste selon laquelle il est impossible pour la classe ouvrière de s’approprier le pouvoir politique en utilisant les instruments et appareils idéologiques tels que l’État et la démocratie bourgeoisie, qui sont issues de la classe dominante et dirigeante, en l’occurrence les capitalistes.

        Jusqu’à preuve du contraire, cette vérité léniniste n’est pas encore contredite.

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  • Pierre Laurent, la Grèce et les mensonges

    10 août 2015 17:41, par CRIBIER

    Jacques SAPIR présente une analyse tout à fait pertinente sur la situation de la Grèce, face à la zone Euro.

    Il serait temps de faire cesser les arguments selon lesquels, partager cette analyse et cette position, revient à opter pour le Front national.

    Le Parti de l’émancipation du peuple, mais aussi des partisans de Jean-Pierre Chevènement, de Nicolas Dupont Aignan, et de la Nouvelle Action Royaliste, sans parler d’un grand nombre d’économistes, et de celui de nombreux anonymes en France, partagent ces mêmes arguments.

    Le problème est de fédérer toutes ces forces pour démontrer qu’une autre alternative existe en dehors du Front national. Qui prendra cette initiative ? C’est la vraie question.

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