Premier congrès du M’PEP

Le M’PEP s’est créé en mai 2008. Il tenait les 28 au 30 janvier, son premier congrès. À cette occasion il a publié son rapport d’activité rappelant les raisons de sa création et a débattu de la situation politique.

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PREMIER CONGRÈS DU M’PEP

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 30 janvier 2011.

Le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) s’est créé en mai 2008. Il tenait en région parisienne, du 28 au 30 janvier 2011, son premier congrès. À cette occasion il a publié son rapport d’activité rappelant les raisons de sa création et a débattu de la situation politique.

EXTRAITS DU RAPPORT D’ACTIVITE DU M’PEP

POUR LES ANNEES 2008, 2009 ET 2010
Congrès des 28, 29 et 30 janvier 2011

Le Conseil national, le 20, janvier 2011

PREAMBULE


Il est fréquent que des militants du M’PEP doivent répondre à des interrogations d’adhérent-e-s ou de militant-e-s d’autres organisations : « finalement, le M’PEP, n’est-ce pas une organisation de plus qui ajoute à la dispersion et à la division de la gauche alors que ce sont des démarches unitaires qui sont nécessaires et attendues pour battre la droite, faire reculer les politiques néolibérales ? »
Les membres du M’PEP sont alors amenés à replonger dans la toute récente histoire de notre Mouvement politique d’éducation populaire pour s’expliquer et montrer la pertinence de l’existence du M’PEP, sa singularité.
Notre premier congrès est l’occasion incontournable pour le faire ensemble et publiquement.
Constitué en mai 2008, le M’PEP est le fruit d’un long travail de plusieurs mois de réflexions collectives et de productions intellectuelles. En témoignent les centaines de textes qui ont présidé à sa naissance et qui revisitent des questions clés : qu’est-ce que la gauche, qu’est-ce que l’éducation populaire, leur histoire, leurs cheminements au fil des décennies, qu’est-ce-que le capitalisme, quels ont été ses évolutions, qu’est-ce-que le socialisme, peut-on encore s’en revendiquer, comment tirer les leçons des socialismes proclamés et de leurs échecs ? Où en est-on de la souveraineté populaire et nationale, de la laïcité, du triptyque républicain liberté-égalité-fraternité ? Ont-ils encore un sens ? La République est-elle bonne à jeter ou perfectible ? Le combat écologique peut-il s’articuler avec le combat social ? Les grandes victoires du passé, la Révolution française, la loi sur la laïcité, le Front populaire, Mai 68, sont-elles porteuses de sens aujourd’hui, comment s’inscrivent-elles dans l’imaginaire du peuple ?
La question de l’Union européenne a été et reste sans conteste l’une des marques de fabrique du M’PEP. En inscrivant le « non » au référendum sur le projet de traité constitutionnel européen de mai 2005 parmi les grandes victoires qui ont fait sens et ont pris place dans la mémoire collective, les militants qui ont créé le M’PEP, et ont joué un rôle important dans cette bataille, ont voulu prolonger leur engagement en le marquant d’une volonté d’aller plus loin : en assumant un positionnement politique affiché sans attendre d’une « sous-traitance » de leurs idées par des partis politiques institués hantés par leur propre histoire et leurs défaillances.
La forfaiture de la majorité des sénateurs et des députés qui ont adopté le Traité de Lisbonne quelques mois après le « non » à 55% du peuple français, et qui, pour ce faire, ont modifié la Constitution française, a marqué une nouvelle étape dans la défiance du peuple à l’égard de ses élus. Le Parti socialiste et une partie des Verts ont alors, avec la droite, trahi la souveraineté du peuple français. Le sentiment que les politiques ne sont plus au service de leurs électeurs et de la République mais agissent selon leur bon vouloir et pour leurs intérêts propres a été accru et a creusé un peu plus le fossé existant entre la population et les élites politiques.

Ce que le politique a fait, le politique peut le défaire


L’engagement en politique des créateurs du M’PEP a été dopé par l’impérative nécessité de relégitimer le politique comme seule action efficace possible pour renverser l’ordre social existant fondé sur l’exploitation des êtres humains et des ressources naturelles. Ce que le politique a fait, le politique peut le défaire.
Face au sentiment de fatalité, résultat d’une guerre idéologique sans merci des néolibéraux, notamment depuis leur offensive organisée née au sein de la Société du Mont-Pèlerin, et à la déconnexion des élus avec la réalité populaire, la gauche ne porte plus la potentialité de changements idéologiques et programmatiques indispensables pour faire face et engendrer un engagement social et politique capables d’impliquer une grande partie du peuple. Les catégories populaires se sentent abandonnées, livrées à leur sort, orphelines de projets de transformation sociale mobilisateurs. Les ouvriers, promis à la disparition par les théories de la fin du travail, la désindustrialisation et les délocalisations, les employés, précarisés et paupérisés, ont, en grand nombre, rejoint les bataillons de chômeurs et très souvent des abstentionnistes. Certains étant livrés à la tentation du vote FN. D’autant que ce dernier dissimule son véritable programme ultralibéral derrière un discours/slogan habile de dénonciation de la mondialisation, des délocalisations et de l’européisme.
Le reflux du Parti communiste français, l’entêtement de l’extrême-gauche à jouer la carte du sectarisme, la trajectoire sociale-libérale du Parti socialiste, ont constitué des facteurs cruciaux de l’incapacité de la « gauche » à bâtir les piliers d’une alternative au système hégémonique national, européen et mondial. La toute puissance de la finance qui a pris dans ses griffes pays du Nord et du Sud et peuples de ces pays, le ralliement de la Chine au capitalisme, la chute du bloc de l’Est et l’intégration de certains pays émergents comme l’Inde, le Brésil et la Russie, aux négociations d’ouverture du commerce international concourent à une démonstration médiatique quotidienne que le mondial a définitivement pris le pas sur le national et qu’un État, seul, ne pourrait mener une autre politique que celle du libre-échange, faute de sombrer dans le repli nationaliste et l’isolement suicidaire. La France, inféodée aux traités et aux directives de l’Union européenne, serait ainsi condamnée à se « moderniser », à « s’adapter à la nouvelle donne, la mondialisation », à renoncer à « ses spécificités », notamment ses services publics « à la française », à « réduire ses dépenses publiques » et à éradiquer de nombreux acquis sociaux, notamment ceux hérités du Programme du Conseil national de la Résistance.
La « crise » du capitalisme financier et ses effets boule de neige aux quatre coins de la planète aurait démontré avec plus d’acuité encore que l’interdépendance au sein d’un capitalisme mondialisé serait devenue réalité et que rien ne permettrait d’y échapper.

Faire face et démonter les croyances néolibérales


C’est à l’ensemble de ces idées, de ces croyances ancrées à coups de marteau télévisuel, que le M’PEP a décidé de s’affronter. Analyser les mécanismes financiers et économiques, décrypter les langages technocratiques qui masquent les idéologies et les actions des néolibéraux et des capitalistes, dénoncer sans relâche les pièges tendus – notamment le mythe européen et les litanies sur la « paix », « l’Europe sociale », « les bienfaits de l’euro » -, proposer des pistes et des solutions alternatives par un travail argumenté : telles sont les orientations que le M’PEP a prises dès sa constitution en mai 2008. Contribuer à la construction d’une grande force politique de gauche, courageuse, capable de se confronter aux questions taboues et/ou refoulées, reprenant le combat pour un socialisme du XXIe siècle, en lien avec les luttes syndicales, sociales, renouant avec une volonté politique radicale de dépasser le capitalisme.
Ambitieuse et exigeante ambition qui n’a cependant pas conduit notre Mouvement à l’isolement. La création du Parti de gauche, quelques mois après celle du M’PEP, la constitution du Front de gauche, et les alliances locales et nationales que nous avons réussi à mettre en œuvre, bon an mal an, à l’occasion des élections européennes, puis régionales, ont permis à nos idées de se frayer un chemin. Ainsi la désobéissance européenne a-t-elle été adoptée par le PG – certes du bout des lèvres - et parfois par des Fronts de gauche locaux même si la direction du Parti communiste français reste en la matière plus que frileuse.
Présent et actif au plan local et régional dans les manifestations sociales, notamment contre la réforme des retraites, le M’PEP a participé à des réunions publiques, à des collectifs unitaires (Services publics, OTAN, retraites, etc.) et a mené ses propres initiatives : colloques (60e anniversaire de la Charte de La Havane, Comment sortir de la crise de l’Union européenne, Crise financière et environnement, Crise du capitalisme néolibéral et socialisme du XXIe siècle, Quel socialisme pour le XXIe siècle, qui ont donné la parole à d’autres organisations (politiques, syndicales…) et ont mis en lumière les analyses et propositions de notre Mouvement, universités d’été et d’automne (dès 2008, à Poitiers, en 2009 à Lille, en 2010 dans la Drôme). Le M’PEP a mené des campagnes : sortie de l’Union européenne, sortie de l’OMC, sortie de l’euro. Il édite désormais sous sa propre signature : « Ne soyons pas des écologistes benêts » et publiera dès le printemps 2011 deux livres, l’un sur la désobéissance européenne et l’autre sur la sortie de l’euro.

Une organisation originale, reflet de notre identité


Le M’PEP a choisi, dès sa création, une forme d’organisation claire et structurée par fédération départementale en particulier et a suscité des coordinations régionales.
Ni parti, ni association au sens « classique » du terme – c’est-à-dire hors du champ politique -, le M’PEP revendique une spécificité qui constitue une part importante de son identité : être un mouvement délibérément politique, inscrit dans le champ du combat politique et électoral, de la prise du pouvoir, et d’éducation populaire au sens originel du terme et de son histoire. Un outil d’émancipation appropriable par tout citoyen et permettant son engagement. Le M’PEP peut présenter des candidats aux élections mais ce n’est pas son unique raison d’être. Il ne se prive pas de cette possibilité car elle est cohérente avec ses objectifs mais il ne réduit pas l’engagement politique aux élections. Nous avons l’habitude de dire que le M’PEP veut remettre de la politique dans l’éducation populaire et de l’éducation populaire dans la politique. Le citoyen détourné de l’engagement politique, écœuré même de tout engagement, est privé des éléments de compréhension du monde, de la société dans laquelle il est partie prenante, à son corps défendant la plupart du temps. Réidentifier la gauche, remettre en lumière les piliers qui l’ont soutenue, passe par des efforts continus de mise à disposition d’explications argumentées débouchant sur des solutions opérationnelles. Le plus récent travail mené par le M’PEP, la nécessité de sortir de l’euro, illustre cette démarche. L’euro, qu’est-ce-que c’est, pourquoi, quand, à quoi il sert, qu’est-ce qu’il dessert et interdit ? Pourquoi en sortir, créer une monnaie commune, comment et pour quoi faire ?

Bousculer la pensée dominante, y compris à gauche


La démarche du M’PEP heurte parfois quelques esprits chagrins qui pensent qu’il est dangereux de prôner toute forme de protectionnisme, que la désobéissance européenne, la sortie de l’UE tinte en résonance avec les thèses d’extrême droite, nationalistes, que le système de l’UE est réformable de l’intérieur et que les « peuples européens » doivent lutter ensemble et ne pas se replier dans le cadre de leurs frontières. La crainte de l’inconvenance, du politiquement incorrect, a pris le pas sur la hardiesse historique de la gauche qui a longtemps battu le pavé à contre-courant des pseudos évidences édictées par la bourgeoisie. Ce renoncement de la gauche à bousculer la pensée dominante la cloue au sol et la condamne à la paralysie. Force est donc de constater que sur certaines questions, notamment sur la « nature » de l’Union européenne, une partie du peuple a un train d’avance sur les directions des partis de gauche. Ce qu’ils n’osent pas penser ni dire est cependant pensé et dit au sein des catégories populaires qui sentent que les vérités ne sont pas dites, qu’il existe des zones obscures de silence, d’arrangement avec la réalité, voire de mensonges. Le M’PEP ne craint pas d’occuper une position qui bouscule les pions sur l’échiquier. À ceux qui ont peur, le M’PEP montre, preuves et exemples à l’appui, que le danger le plus grand qui menace les valeurs historiques de la gauche, ce sont les renoncements successifs qui ont fait du Parti socialiste une organisation qui pactise avec les piliers du néolibéralisme et du libre-échangisme : l’Union européenne, le FMI, l’OMC. Les positions occupées par Pascal Lamy à la tête de l’OMC et de Dominique Strauss-Kahn à la direction du FMI, toujours membres du PS, parti membre de l’Internationale socialiste, en disent long sur la compromission idéologique avec le capitalisme, la finance et les intérêts des multinationales. Oser envisager de présenter le directeur du FMI, « affameur des peuples » par les plans d’ajustement structurel notamment, qui soutient et participe à la mise en œuvre des plans de rigueur imposés aux Grecs, aux Irlandais, aux Espagnols, qui approuve la réforme des retraites menée par le gouvernement Sarkozy, atteste de l’abandon de tout projet socialiste par le Parti socialiste. La campagne lancée en janvier 2011 par le M’PEP pour demander l’exclusion du PS de ces dirigeants de l’OMC et du FMI s’inscrit dans la ligne du travail de clarification que la gauche doit mener. À ceux qui opposent que ce seraient des affaires internes au PS, le M’PEP rétorque qu’à partir du moment où le PS se revendique de la gauche, qu’il invite les citoyens se réclamant des valeurs de la gauche à désigner le candidat du PS aux présidentielles lors de « primaires », l’exclusion de Lamy et Strauss-Kahn concerne tous les citoyens de gauche.
Faute de clarification la bouillie idéologique continue d’être entretenue à feux doux et accroît les risques de montée de l’abstention et d’un nouvel enchantement du Front national. Phénomènes observés dans de nombreux pays européens.
Au sein du Parti communiste français, nous savons qu’il existe des voix dissonantes et que des militants aimeraient pouvoir oser revendiquer le retour à la souveraineté populaire et nationale, que les idées du M’PEP font souvent mouche. Mais les plaques tectoniques qui secouent encore ce qui fut le parti de la classe ouvrière ne laissent que peu de latitude pour tracer des lignes de rupture franche et crédible. Une berceuse lancinante qui emmêle internationalisme et européisme, conjuguée à de douloureuses blessures identitaires anesthésient les meilleures volontés de ceux qui prônent « la co-construction », « l’élaboration de programmes partagés » mais qui, de fait, renoncent aux débats de fond, ou tout du moins font tout pour y échapper.
On aurait pu attendre que la création du Parti de gauche fin 2008 contribue avec plus de vigueur à la clarification de la gauche. À son actif il faut reconnaître sa volonté de rompre avec l’aile social-libérale du PS, sa volonté de se lier avec une gauche historique « de classe » et son attachement à la laïcité et à la République sociale. Il ne parvient pas toutefois à proposer de véritables ruptures. Il n’a pas su faire entendre un discours porteur durant la « crise » financière malgré les talents de tribun de son leader. Mais nous savons aussi que de nombreux militants du PG prêtent une oreille attentive aux analyses du M’PEP et interrogent la direction de leur parti sur des questions clés, comme l’euro, ou le démantèlement des marchés financiers.
De leur côté, les altermondialistes, brillants bretteurs contre la « mondialisation néolibérale », l’OMC, la financiarisation de l’économie, n’ont pas su ou voulu aller au bout de leur logique et de leurs combats. Ils prônent la régulation des marchés financiers, la convergence entre batailles sociales et batailles écologiques, mais ruent devant l’obstacle majeur : attaquer le libre-échange et lui opposer une alternative protectionniste universaliste. Au soir du « non » au TCE, les altermondialistes ont, pour une grande partie d’entre eux, eu peur des conséquences du succès des urnes. Ils ont préféré le repli a-politique et ont sapé les capacités de la force propulsive qu’ils avaient pourtant développée avec patience et passion depuis la création d’Attac en 1998. Les ambigüités altermondialistes actuelles à propos de l’euro, de l’Union européenne et d’une mondialisation heureuse ajoutent à la confusion générale. En tout cas l’altermondialisme n’éclaire plus d’un jour nouveau les processus mis en œuvre par les néolibéraux et ne parvient pas à trouver un nouveau souffle malgré les coups de boutoir de certains militants qui tentent d’ouvrir des brèches. La peur, là encore, a perverti les analyses altermondialistes ; ses positions en faveur d’une hypothétique Europe sociale, son renoncement à construire des réponses en rupture véritable avec le système capitaliste ont généré des discours tièdes et peu audibles. La « crise » qui aurait dû être un moment clé de la pertinence des analyses altermondialistes originelles a été, en réalité, un flop absolu. Cette mouvance n’a rien eu à dire de plus que le Parti socialiste, les Verts ou Dominique Strauss-Khan, désormais tous d’accord pour déclarer qu’il « faut réguler les marchés financiers et appliquer une taxe ».

Devant tant de difficultés, voire d’hostilité, le M’PEP devrait-il renoncer à sa stratégie, ou même remettre en cause son existence ?


La réponse, vous vous en doutez, est non. Bien sûr, le M’PEP doit poursuivre son travail de clarification de la gauche, ne pas hésiter à mettre sur la table des débats les questions qui fâchent et à proposer des scénarios nouveaux.
Force est de constater que si le M’PEP renonçait à exister pour agir ainsi, qui mènerait cette indispensable bataille ?
Les deux prochaines années seront de forte intensité politique avec les élections cantonales en 2011, les présidentielles et les législatives en 2012. Un temps fertile de politisation des citoyens si toutefois des positions claires s’expriment. Car pour proposer une alternative, une véritable politique de gauche, il faut annoncer la couleur : dire comment elle sera possible face aux puissances financières et à l’armada libérale. Sans briser le carcan de l’Union européenne, ses directives et ses prérogatives sur le droit national, aucune politique de gauche n’est envisageable. Seul le PG tente timidement d’apporter en la matière des éléments de réponse par la désobéissance européenne et son mot d’ordre, encore trop ambigu, de « sortie » du Traité de Lisbonne. Même s’il ne va pas au bout de la logique en ne remettant pas en cause l’euro notamment, il faut saluer ici sa capacité d’avancer. Mais le programme du PG, en l’état actuel des choses, ne permet pas d’envisager un véritable changement dans la mesure où il ne s’attaque pas réellement à quatre questions clés : la « construction » européenne et l’euro ; le libre-échange ; la domination des marchés financiers ; le chômage et la précarité.

Le rôle crucial du « petit » M’PEP


Le rôle du « petit » M’PEP ne sera donc pas négligeable dans la période à venir. Il poussera les feux du « protectionnisme universaliste », la sortie de l’euro et la création d’une monnaie commune, le droit opposable à l’emploi, en rupture franche avec l’acceptation tacite par la gauche de l’existence structurelle du chômage. Il enfoncera le clou de la désobéissance européenne et poursuivra donc son combat pour faire « bouger l’Europe ou sortir de l’Union européenne » avec pour objectifs la restauration de la souveraineté populaire et nationale et la création de politiques sociales et d’outils en faveur de réindustrialisation de la France, de barrières douanières cohérentes socialement et écologiquement. Il popularisera de nouveaux types d’échanges équilibrés et coopératifs entre les pays, en s’inspirant de la charte de La Havane de 1948 comme levier d’instauration de nouveaux types d’échanges équilibrés et coopératifs entre les pays. Il montrera que le problème n’est plus seulement de « réguler » les marchés financiers, mais de les démanteler. Sur le plan politique, il dénoncera l’élection du président de la République au suffrage universel direct et se prononcera pour la sortie de la quasi monarchie républicaine dans laquelle se trouve la France aujourd’hui.
Le M’PEP a devant lui, encore, un immense chantier. Depuis 2008, nous avons construit des fondations solides, concrétisées par une production intellectuelle tonique et continue qui a trouvé son public grâce au travail exceptionnel mené par les militants qui a permis d’établir une liste de diffusion de dizaines de milliers de lecteurs fidèles, dont une partie notable relaie nos textes et grâce au travail quotidien de « soutier » de mise à jour du site internet du M’PEP. Le vif sentiment d’être libres, utiles et indépendants s’articule avec une constante volonté de nous joindre aux combats et aux débats impulsés par des syndicalistes et des militants de « l’autre gauche ». Le M’PEP ne vit pas en vase clos, mais s’inscrit en plein dans la réalité des temps actuels.

Renforcer les fédérations, améliorer l’organisation


Pour poursuivre ses missions il devra améliorer encore son organisation, renforcer ses fédérations, en créer de nouvelles, accueillir de nouveaux adhérents, convaincre les hésitants à franchir le pas d’un engagement politique radical, mais non sectaire. Nul n’oublie que le M’PEP accepte des adhérents également membres d’autres organisations de gauche. Cette spécificité bouscule, elle aussi, les esprits étroits qui considèrent l’adhésion à un parti comme une entrée en monothéisme.