Référendum grec : La leçon de choses européenne
lundi 6 juillet 2015
Auteur : par webmaster

L’extraordinaire processus politique à l’œuvre en Grèce depuis l’élection d’Alexis Tsipras le 25 janvier 2015 peut être considéré comme une leçon de choses européenne. Il révèle au grand jour la réalité, la véritable nature des institutions européennes et leur incompatibilité radicale avec le moindre processus démocratique. Jusqu’à présent, aucun gouvernement de la « nouvelle » gauche « radicale » (Syriza, Podemos, Front de gauche, Die Linke, etc.), se distinguant apparemment des partis de gauche classique tout en restant dans la logique européiste, n’était parvenu au pouvoir au sein de l’Eurozone. Les forces politiques qui, comme le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP) en France, ou Antarsia, MARS, Plan B ou l’EPAM en Grèce sont pour une reconquête des processus démocratiques par la sortie des traités et institutions néolibérales européennes, étaient accusés de faire des procès d’intention ou de professer un scepticisme jugé désagréable de la part de ceux qui pensent qu’une rupture avec le néolibéralisme est compatible avec le maintien dans les institutions européennes.

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REFERENDUM GREC : LA LEÇON DE CHOSES EUROPEENNE

Communiqué du Bureau politique du Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).

Le 6 juillet 2015.

L’extraordinaire processus politique à l’œuvre en Grèce depuis l’élection d’Alexis Tsipras le 25 janvier 2015 peut être considéré comme une leçon de choses européenne. Il révèle au grand jour la réalité, la véritable nature des institutions européennes et leur incompatibilité radicale avec le moindre processus démocratique. Jusqu’à présent, aucun gouvernement de la « nouvelle » gauche « radicale » (Syriza, Podemos, Front de gauche, Die Linke, etc.), se distinguant apparemment des partis de gauche classique tout en restant dans la logique européiste, n’était parvenu au pouvoir au sein de l’Eurozone. Les forces politiques qui, comme le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP) en France, ou Antarsia, MARS, Plan B ou l’EPAM en Grèce sont pour une reconquête des processus démocratiques par la sortie des traités et institutions néolibérales européennes, étaient accusés de faire des procès d’intention ou de professer un scepticisme jugé désagréable de la part de ceux qui pensent qu’une rupture avec le néolibéralisme est compatible avec le maintien dans les institutions européennes.

Depuis l’accession au pouvoir de SYRIZA, il en va tout autrement. Personne ne peut plus se payer de mots. C’est désormais à l’épreuve de la réalité que l’on voit ce qui est réellement possible et ce qui ne l’est pas dans le cadre institutionnel européen. De l’autre côté de ce rapport de force dont tous les européistes se seraient bien passés, la logique sous-jacente des institutions européennes est contrainte de révéler au grand jour ce qui se passe réellement derrière son idéologie sucrée et hypocrite. L’année 2015, de ce point de vue, restera comme un spectaculaire effet de réel, ou effet de loupe, sur la réalité adémocratique des institutions européennes. Tout le monde aura pu observer le cynisme impitoyable de la Troïka et des « créanciers » face au gouvernement grec tentant désespérément de donner une perspective crédible à un double mandat totalement contradictoire, rester dans l’euro et stopper l’austérité.

L’Allemagne, la BCE et la Commission européenne, (la France de Hollande ne se distinguant en rien de fondamental des exigences de ces acteurs décisifs), étaient dans une position « dure ». Il leur fallait démontrer que les contraintes des politiques économiques dictées par les institutions européennes n’étaient surtout pas modulables en fonction des résultats électoraux, faisant donc de la Grèce un cas d’espèce, une victime pour l’exemple. Alors que la crédibilité de Tsipras, leader de la gauche dite « radicale » « alter-européiste », impliquait au contraire que ses « partenaires » institutionnels lui laissent un minimum de marge de manœuvre, ne serait-ce que symboliquement, pour pouvoir garder un tant soit peu la tête haute face à la population grecque à l’issue de négociations particulièrement asymétriques. Cette contrainte essentielle notamment pour l’Allemagne, tant qu’elle reste souterraine et réservée aux couloirs discrets des institutions européennes, peut être masquée aux yeux de l’opinion publique. Mais vu le contexte public et spectaculaire des négociations grecques, l’effet révélateur met au grand jour ce qui n’est supportable que lorsque cela reste masqué, c’est l’effet « Dracula » pour les institutions européennes, qui prennent normalement grand soin de l’éviter à tout prix. C’est dire si cette année aura été exceptionnelle en tous points.

Alexis Tsipras savait dès le début que la partie serait particulièrement délicate, mais tablait sur son habileté et l’intérêt bien compris de chaque partenaire de lâcher un peu afin que chacun puisse sauver la face. Mais les intérêts de la Grèce et de l’Allemagne sont à ce point objectivement opposés dans le cadre de l’Eurozone, et cette opposition structurelle encore plus avivée par le contexte politique de l’élection d’un « alter-européiste » au pire moment pour Merckel, que le fait que les deux acteurs soient tous les deux des européistes déclarés ne change rien aux données de fond qui contraignent chacune des deux parties à une lutte frontale. De manière moins spectaculaire mais tout aussi objectivement contraignante, François Hollande, à la remorque de l’Allemagne, ne peut se permettre l’effet, pour lui délétère, d’une petite Grèce financièrement étranglée qui prouverait qu’elle peut obtenir plus de marge de manœuvre que la France de Hollande, qui elle, n’aura jamais tenté de rien renégocier, malgré les promesses pourtant molles de la campagne présidentielle française. Le référendum désespéré de Tsipras forme ainsi un cruel contraste entre un président français particulièrement suiviste et un politicien grec beaucoup plus volontariste. Là aussi, l’effet de réel est dévastateur.

La victoire très nette du NON à ce référendum (plus de 61% avec de surcroît un très fort taux de participation) porte déjà toute une série de leçons politiques précieuses.

PREMIÈRE LEÇON, tout simplement, le fait que la population grecque est scandalisée de l’humiliation des « négociations » où des créanciers lui imposent une politique aux conséquences sociales dramatiques sans aucune rationalité économique, autre que la démonstration que la démocratie ne peut contredire des décisions prises dans les enceintes institutionnelles européennes. Les contraintes budgétaires, économiques et sociales du carcan imposé par la Troïka, instances non élues, et des traités, ne peuvent pas être mises en balance avec le résultat d’élections nationales. Telle est la première et spectaculaire leçon de choses. Mais les électrices et électeurs ne peuvent accepter une telle réalité, et dès que l’occasion leur est donnée, le font massivement savoir, comme chez nous en 2005, et en Grèce en 2015, dix ans après.

DEUXIÈME LEÇON, tout aussi évidente : dans le contexte européen, épicentre de la révolution de la mondialisation néolibérale au niveau institutionnel, les processus électifs, notamment parlementaires, sont devenus vides de sens. Ils sont en effet sans portée politique et démocratique du fait que les décisions cruciales ont toutes été déportées au niveau antidémocratique européen (cet espace supranational où on n’entend pas une mouche démocratique voler). Les seuls procédés démocratiques résident encore dans les référendums décisionnaires, où les processus « représentatifs » sont court-circuités par une décision directe de la nation souveraine. Du moins tant que des partis de gouvernement visibles médiatiquement ne portent pas l’exigence de sortie unilatérale des institutions néolibérales européennes.

TROISIÈME LEÇON : Tsipras a martelé, afin de gagner ce référendum puisque les Grecs veulent encore majoritairement rester dans l’euro et l’UE, et parce que telle était sa propre volonté, que ce référendum portait sur le contenu du mémorandum de l’Eurozone, et non pas sur le maintien dans l’euro. Ce référendum a ainsi été organisé comme un moyen de reprendre la main dans des négociations qui étaient dans l’impasse pour Alexis Tsipras. Il n’aurait pu conserver une majorité au Parlement s’il était revenu une fois de plus sans aucun acquis contre l’austérité pour obtenir la prochaine tranche de prêt indispensable à la survie financière de la Grèce tant qu’elle reste dans l’euro. La victoire fait donc repartir à nouveaux la machine des négociations, seule manière de rouvrir un jeu qui ne lui laissait plus aucune marge de manœuvre, à l’intérieur comme à l’extérieur, et qui l’aurait à terme condamné à la démission. Mais tout indique que c’est reculer pour mieux sauter. Sa pression pour faire immédiatement démissionner son symbolique ministre des Finances, le trop médiatique Varoufakis, au verbe haut, indique trop bien que Tsipras est très conscient que l’humiliation ouverte des institutions européennes, désavouées publiquement par le peuple grec qu’elles sacrifiaient volontairement, implique un geste symbolique symétrique, afin de rétablir la position inégale de chacune des parties.

Le compte n’y est naturellement pas, et la Commission ainsi que l’Allemagne vont tout tenter pour démontrer qu’on ne peut s’écarter de la ligne tracée par les traités, la BCE, la Commission et l’Allemagne, gardienne du temple de l’austérité budgétaire. Mais c’est la preuve que Tsipras est embarrassé de sa propre victoire, sentant le moment proche où l’Allemagne préférera éjecter la Grèce voire même sortir elle-même de l’euro, ou le faire tomber, plutôt que de mettre en question sa politique monétaire et budgétaire. Il aura ainsi bien malgré lui provoqué une accélération de l’histoire qui contredit ses convictions, sa stratégie et son intérêt.

QUATRIÈME LEÇON, plus amère mais pédagogique sur un aspect essentiel : les Grecs, comme toutes les nations de l’UE en général et de l’Eurozone en particulier, ne sont plus du tout souverains. Là-dessus, plus personne ne peut se raconter d’histoires. Le destin économique et social de tout un peuple, se joue lors de négociations avec un tiers qui n’est ni politique, ni démocratique, et qui n’est responsable devant personne. La Troïka est un ensemble technocratique constitué de la BCE, de la Commission européenne, et du FMI, au service des classes dominantes européennes. Les Grecs avaient déjà solennellement signifié qu’ils ne voulaient plus d’une folle et criminelle austérité qui aggravait la dette en détruisant les bases économiques et sociales de leur pays, simplement pour satisfaire la volonté de fer de l’Allemagne pour maintenir coûte que coûte - pour les Grecs - le statu quo. L’Union européenne représenterait donc la paix entre les peuples européens, comme nous le chante la propagande européiste, tout aussi contrefactuelle là-dessus que sur le reste. Mais les élections dans le cadre des institutions européennes valant ce qu’elles valent, c’est-à-dire rien, il leur faut le redire encore plus clairement. Nous verrons bientôt que cela aura été tout autant en vain.

Il y a là une perversité que tout le monde ne voit pas forcément clairement. En faisant ce référendum dans les conditions et les termes proposés, les seuls possibles à vrai dire en raison du contexte, les Grecs cautionnent par-là, bien malgré eux, et légitiment officiellement une aberration démocratique. Celle qui veut que leurs « décisions » ne soient en définitive qu’un élément de négociation avec des créanciers et des technocrates en dehors du jeu démocratique, et en dehors du périmètre national . Cette soi-disant « décision » qui ne décide en fait de rien, se révèle ainsi cruellement pour ce qu’elle est au sein des institutions européennes antidémocratiques, l’équivalent d’un sondage sans valeur décisionnelle. C’est la « démocratie participative » à l’échelle supranationale selon la célèbre formule : « vous participez, nous décidons »… Alexis Tsipras, en poussant à la démission son charismatique et emblématique ministre des Finances Yanis Varoufakis le lendemain d’un référendum lui donnant raison, en dit long sur les contraintes rédhibitoires du point de vue démocratique de la logique du fonctionnement réel des institutions européennes dans lesquelles cette équipe veut à tout prix rester. Il s’agit en effet de reprendre des négociations sans lesquelles toute la stratégie et les engagements de l’équipe au pouvoir changent radicalement de sens. Il va falloir reprendre une logique antidémocratique, mais après avoir dû mobiliser ce qu’il reste d’espace démocratique dans les institutions européennes, le référendum, qui se voit le lendemain pour ainsi dire annulé par le jeu même des processus européens. Cette perversité fondamentale ne pourra qu’apparaître pour ce qu’elle est aux yeux des Grecs et des peuples européens. Et notamment à toutes celles et à ceux qui se bercent encore d’illusion sur ce qu’il est possible ou pas de faire au sein des institutions européennes, qu’ils voudraient tellement croire être un outil « international » neutre, apte à recouvrir n’importe quelle politique, même antilibérale si les « bons » gouvernements son élus.

Seulement, la chronique de ce tragique échec annoncé, ne sera pas la même que si ce référendum crucial n’avait pas eu lieu. Car désormais, autant les acteurs institutionnels européens qu’Alexis Tsipras sont tenus par le rappel solennel du peuple grec : la perpétuation de l’austérité en Grèce n’est pas compatible avec une démarche démocratique ! Le réel va donc implacablement continuer à s’accentuer et se dramatiser. Si les « négociations » (comment peut-on accepter de négocier une décision référendaire ?) persistent à maintenir ce que le peuple grec a par deux fois refusé en 6 mois, plus personne ne pourra se dissimuler derrière des phrases creuses et généreuses, la clarification sera dévastatrice.

CINQUIÈME LEÇON, la crédibilité de la « gauche radicale », qui tente depuis des années de se refaire une virginité et se drape dans les habits de la nouveauté politique à peu de frais tout en dissimulant les véritables alternatives (maintien ou sortie des institutions néolibérales), se joue désormais à la vue et au sus de tous en Grèce et des fameuses « négociations » de l’Eurozone. Lorsque Alexis Tsipras sera arrivé au bout de son talent de négociateur, il faudra bien se résoudre à conclure sur ce qu’il est possible de faire et de ne pas faire en restant dans le cadre contraignant des institutions européennes. Car paradoxalement, son talent et son courage indéniables serviront bien malgré lui à démontrer l’inverse de ce qu’il voulait prouver : la démocratie et le progrès social sont incompatibles avec les institutions européennes, quelle que soit la détermination des dirigeants et des peuples eux-mêmes. Cette démonstration tragique et spectaculaire en vraie grandeur sera sans doute faite avant les élections générales espagnoles de novembre 2015, pour le malheur de Podemos, qui devra revoir son logiciel européiste ou se résoudre à disparaître aussi vite qu’il est apparu. En France, le peu de crédibilité du PG, du PCF et du Front de gauche qui va pour les mêmes raisons se faire achever par cette même démonstration dont ils se seraient volontiers passé, car les discours idéologiques aussi généreux qu’ambigus ne craignent rien de plus que l’épreuve cruelle de la réalité.

SIXIÈME LEÇON, la Grèce est isolée parmi les dirigeants européens. Elle l’est, d’abord, auprès de ce que le gouvernement grec appelle ses « partenaires » (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international). Mais la Grèce est également isolée auprès de tous les gouvernements de l’Union européenne. Il ne s’en trouve pas un seul pour témoigner de la moindre solidarité ou même, c’est moins onéreux, de la moindre compassion. Hormis l’Allemagne, les gouvernements les plus vindicatifs sont ceux d’Espagne, de Pologne, des pays baltes… Autant dire qu’une révision du traité de Lisbonne, processus juridique et politique obligatoire pour qui veut changer l’Union européenne de l’intérieur, n’est pas pour demain. Autant dire également que la sortie de l’euro et de l’Union européenne ne sera qu’unilatérale, chaque pays exerçant alors sa souveraineté.

L’histoire s’accélère, et désormais, les effets de réel s’accumulent malgré le gigantesque effort de toutes les classes dirigeantes et des grands médias pour masquer la réalité inhérente au processus des institutions européennes. Mais ils peuvent être battus, comme le démontre l’exemple des Grecs qui ne se sont pas laissés impressionner par la campagne de peur organisée par les oligarques européens. D’ici un an, les peuples européens sauront encore mieux que la démocratie n’est plus qu’un mot creux, vide de toute réalité, depuis qu’ils ont accepté de laisser coiffer leurs institutions nationales par les institutions européennes. En quelque sorte, là aussi la mauvaise monnaie chasse la bonne : soit on accepte des traités et institutions supranationales qui s’emparent des choix économiques et sociaux, soit on maintient des processus démocratiques qui ne peuvent être autre chose que des rapports de force nationaux, dans le cadre de la souveraineté nationale, afin que les décisions en dernier ressort restent dans le périmètre où se passent les élections politiques, la nation. Mais on ne peut avoir les deux, il faut choisir, ou en accepter les conséquences inévitables et de plus en plus dramatiques. La crise aura au moins servit à cela : révéler impitoyablement la réalité qui se masquait derrière les discours lénifiants. Ce sont des raisons supplémentaires pour intensifier la lutte en faveur de la sortie de l’euro et de l’Union européenne.


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Forum de l'article  -15 Messages

  • 7ème leçon

    7 juillet 2015 00:40, par F.Vannier

    Demain, Mardi 7 Juillet 2015,

    Que va faire le Gouvernement Grec quand il y aura refus de l’ALLEMAGNE de négocier la dette ?

    Espérons que Tsipras prendra une décision d’urgence pour le peuple grec. Sortir de l’Euro !
    C’est la seule solution pour les grecs. Sinon, c’est un effondrement politique complet en perspective en Grèce.

    En plus, la Commission et le Conseil des Ministres et la BCE risque de tomber dans leur propre piège. Affaiblir un Etat ne résoudra pas les difficultés de l’immigration en provenance de Lybie et de Syrie-Irak. Et aussi sur la guerre en Ukraine.

    Ainsi, la Grèce peut se détacher de l’OTAN ; et de déclarer sa neutralité sur le résolution des conflits.

    Cette affaire monétaire peut déboucher sur des conséquences inimaginables en diplomatie.

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  • Référendum grec : La leçon de choses européenne

    7 juillet 2015 10:13, par Gérard Blanc

    Gérard Blanc
    Le discours du parti de l’émancipation du peuple est connu. Il faut sortir de l’Europe et de l’euro et votre parti conseille sans doute (les conseilleurs ne sont pas les payeurs) à la Grèce d’initier le mouvement d’éclatement de l’Europe. Ce qui me sidère quand je lis vos analyses, c’est qu’à chaque fois elles sont pétries d’idéologie, mais ne tiennent que très peu compte de la réalité. Je me permets d’en rappeler quelques unes en vrac.
    - Les Grecs ont voté non et quoiqu’on en dise, c’est une victoire de la démocratie. Sur ce point (sans doute le seul) nous serons sans doute d’accord. Mais les grecs demeurent attachés à l’Europe car ils savent trop ce qu’ils perdraient en sortant de l’UE
    - Que je sache, je n’ai jamais lu des propos venant de votre parti dénonçant le fait que la Constitution grecque prévoit que les armateurs et l’Eglise soient défiscalisés.
    - Vous savez en outre que Syriza n’est pas seul dans le gouvernement grec. Il est allié avec l’extrême droite : paradoxe pour un parti qui se dit de gauche. Votre parti approuve sans doute cette situation, ce qui ne fait que confirmer mon analyse selon laquelle les partis d’extrême gauche sont sur des positions qui ne sont pas très éloignées des partis d’extrême droite. Je vous en ai souvent fait la remarque à propos de vos propres positions. A chaque fois vous m’avez répondu sur le ton de la vierge effarouchée, mais cela ne change rien à la réalité.
    Au total, contrairement à l’opinion du parti de l’émancipation du peuple, la seule solution c’est la recherche, je dirai presque à tout prix, d’un compromis. La sortie de l’euro pour la Grèce et pour l’Europe serait une catastrophe.
    + Est-ce que la sortie de l’Europe et de l’euro ferait par un coup de baguette magique retrouver à la Grèce le chemin de la prospérité ? Certes la Grèce serait en cessation des paiements et verrait de fait sa dette annulée. Cela suffirait-il ? Evidemment non, car la nouvelle monnaie serait complètement dévaluée et provoquerait une inflation sans précédent dans ce pays. Je vois déjà la solution préconisée par le parti de l’émancipation du peuple : la Grèce devrait se reconstruire en comptant sur ses propres forces. Slogan séduisant mais qui fait fi de la réalité économique. Les solutions de l’économiste S. Amin en vogue dans les années 60-70 n’ont jamais été véritablement été confrontées à la réalité.
    + La Grèce ne serait-elle pas tentée de se jeter dans les bras de la Russie, voire de la Chine (régimes recommandables s’il en est) qui en contrepartie ferait main basse sur l’économie grecque comme on le voit déjà avec la privatisation du port du Pirée ? En termes de géopolitique, ce serait sans doute la pire des solutions et une bévue énorme à long et moyen terme de nos dirigeants européens.
    + Quel exemple pour le monde qu’une entité fédérant plusieurs Etats se délite ?
    Salutations

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    • Référendum grec : La leçon de choses européenne
      7 juillet 2015 12:17, par F.Vannier

      Cher Monsieur,

      Les générations européennes de l’Europe de l’Ouest (Allemagne, Bénélux, Italie, France, Irlande, Grande-Bretagne), nées après 1945, ont cru que les institutions européennes
      protégeraient l’avenir des Nations. Certains référendums ont rejeté les traités.
      Pourtant, les traités ont été signés et ratifiés de force.

      Le Mythe de l’état stationnaire n’est qu’une illusion. Ce qui a été acquis pendant des décennies, peut s’évaporer en quelques mois. Regardez la désintégration de l’URSS : très rapide 1989-1991. Les rapports de force changent en permanence sur des constats et des volontés idéologiques.

      Aujourd’hui, nos sociétés industrielles arrivent à bout de course. Alexi de Tocqueville a montré les limites de la démocratie par la bureaucratisation des comportements.
      Et, l’Asie fait basculer les rapports de forces depuis les années 1990, en particulier sur les salaires à la baisse et aussi la possibilité de polluer à peu de frais. Le libre-échange du capitalisme a permis de détruire la planète (effondrement de la biodiversité, la forte acidité des Océans et le risque de disparitions des Forêts Tropicales et équatoriales à l’horizon 2030, de nouvelles maladies sur les hommes et les femmes).

      Le plus fragile pour l’idée d’Occident, ou l’individu est pris en compte, c’est la perte de sens collectifs. Il n’y a plus de projet commun dans les Nations et encore moins pour les institutions de l’Union Européenne. Les Grecs ont refusé et refuse la destruction de leur Nation (la mortalité infantile a augmenté entre 2010-2015 et les taux de suicide ont pris le même chemin) : c’est une prise de conscience qui dérange pour les élites néolibérales européennes. Les Grecs ont senti qu’ils sont occupés par une puissance étrangère.

      Enfin, imaginer la France en 2018 qui peut être dans des conditions similaires de la Grèce de 2015. Les humiliations racistes et de bas étages dans les négociations internationales. Que faites-vous ?

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    • Référendum grec : La leçon de choses européenne
      8 juillet 2015 21:36, par Vinnie Reb

      "Mais les grecs demeurent attachés à l’Europe car ils savent trop ce qu’ils perdraient en sortant de l’UE"
      => Qu’en savez-vous ? Ils ont déjà tellement perdu ! Ils n’ont plus grand chose à perdre pour la plupart d’entre eux. Ceux qui ont beaucoup à perdre sont les oligarques grecs (les armateurs entre autres). Là encore, les classes dominantes.
      => C’est enfin aux Grecs de le dire, c’est à eux de se prendre en main, dans le sens de prendre leur décision. Pas à nous.
      => Ce que le PEP dit, c’est qu’il n’est pas possible de refuser l’austérité et la combattre, tout en restant dans l’euro et l’UE. C’est incompatible. Les analyzes du PEP sont très claires sur ce point.
      => Le PEP ne conseille pas de sortir de l’euro et de l’UE. Il agit en ce sens ! Par l’éduc pop, l’action militante, l’analyze et la prise de position. C’est bien plus que "conseiller".
      => Les analyzes du PEP se basent sur la réalité. Il suffit de regarder autour de soi pour voir les dégâts causés par l’euro et l’austérité imposée par la BCE, la Kommission et le FMI, entre autres. La réalité est au coeur de nos constats et de nos propositions et de nos actions.
      => Parce que l’ultra-libéralisme, le capitalisme prédateur, le dogme de la concurrence libre et non-faussée, ne sont pas des idéologies ?! Et en plus, ces idéologies ont pignon sur rue, micros et caméras grand ouvert dans les média qui sont souvent la propriété des puissances d’argent. L’accusation d’idéologie contre le PEP ne tient pas la route... ou bien elle souligne la mauvaise foi de votre argumentation.

      "- Vous savez en outre que Syriza n’est pas seul dans le gouvernement grec. Il est allié avec l’extrême droite : paradoxe pour un parti qui se dit de gauche. Votre parti approuve sans doute cette situation, ce qui ne fait que confirmer mon analyse selon laquelle les partis d’extrême gauche sont sur des positions qui ne sont pas très éloignées des partis d’extrême droite. Je vous en ai souvent fait la remarque à propos de vos propres positions. A chaque fois vous m’avez répondu sur le ton de la vierge effarouchée, mais cela ne change rien à la réalité."
      => ANEL n’est pas un parti d’extrême-droite, c’est un parti souverainiste, ce n’est pas du tout pareil. Le souverainisme n’est pas l’apanage de l’extrême-droite, Dieu merci. Il faut vous renseigner avant d’écrire de telles choses. Une telle alliance avait déjà eu lieu dans l’Histoire : le CNR de 1943, qui réunissait des gaullistes et des communistes (entre autres). Ce qu’a fait Syriza avec ANEL n’est pas une nouveauté.
      => Ensuite, le clivage droite/gauche et donc extrême-droite/extrême-gauche ne fait plus sens. C’est obsolète. C’est pourquoi nous autres au PEP nous parlons de clivage classes dominantes/classes dominées. Notre position sécessionniste envers l’UE et de rupture envers l’euro est parce que justement, nous nous plaçons du côté des classes dominées. L’UE et l’euro sont des outils des classes dominantes pour mieux détruire le seul lieu où peut se faire la (re)conquête des droits progressistes, c’est-à-dire la Nation. C’est une position réfléchie, qui s’appuie sur la réalité.

      "Au total, contrairement à l’opinion du parti de l’émancipation du peuple, la seule solution c’est la recherche, je dirai presque à tout prix, d’un compromis."
      => Les événéments récents montrent bien que la recherche d’un compromis ne mène nulle part quand en face vous avez des gens qui sont uniquement intéressés par l’humiliation de tout un peuple, la destabilisation de ses dirigeants et surtout que le peuple ne reprennne pas son destin en main - la seule chose qui leur colle vraiment la trouille ! Au-delà de l’exclusion de la Grèce hors de l’EuroZone et/ou de l’UE, c’est surtout l’exclusion du peuple de la scène politique pour que le pouvoir revienne et demeure entre les mains de l’oligarchie financière. Il arrive un moment où la recherche d’un compromis mène à la compromission.

      "La sortie de l’euro pour la Grèce et pour l’Europe serait une catastrophe."
      => Affirmation purement gratuite et sans fondement. D’autres pays ont vécu des expériences similaires, notamment l’Argentine qui était arrimée au USD et qui a finalement abandonné cette monnaie pour revenir au peso, au moment de sa crise la plus intense. Aujourd’hui, l’Argentine s’en sort plutôt bien. La preuve : ils ne sont pas revenus au USD.
      => Des économistes hétérodoxes ont calculé que l’euro était responsable pour environ 60 à 65% du chômage en France. Normal : le chômage est un moyen commode pour les classes dominantes de maintenir leur domination et leurs privilèges. Quiconque a été au chômage ou dans la précarité le comprend aisément. Si ce fléau d’une société - et tous les maux qu’il engendre - peut s’atténuer considérablement par la disparition d’une monnaie, alors allons-y ! Idem pour la domination via l’UE : nos vies et celles de nos collectivités sont bien trop importantes pour les laisser aux seules forces de la "concurrence libre et non-faussée" qui est le dogme sacro-saint de l’UE.

      "+ La Grèce ne serait-elle pas tentée de se jeter dans les bras de la Russie, voire de la Chine (régimes recommandables s’il en est) qui en contrepartie ferait main basse sur l’économie grecque comme on le voit déjà avec la privatisation du port du Pirée ?"
      => Si la Grèce a dû privatiser le port du Pirée, c’était bien sur les injonctions de la Troïka ! Je pense que si elle avait pu l’éviter, elle l’aurait fait. Mais les privatisations (et pas uniquement celle du Pirée) ont été imposées aux gouvernements précédents pour pouvoir obtenir des prêts.
      => Vous semblez sous-entendre que la Russie et la Chine ne sont pas des régimes recommandables. Certes. Mais à ma connaissance, la Russie et la Chine n’ont bombardé personne depuis ces 15 dernières années. Ces 2 pays n’ont pas une politique impérialiste agressive comme celle des USA. Par contre, allez-vous me dire que les USA et certains pays de l’OTAN (dont le nôtre, hélas) sont bien plus recommandables ? Ces mêmes USA qui ont détruit l’Irak et la Libye, ont continué le chaos en Afghanistan, et tentent par tous moyens d’en finir avec la Syrie, avant sans doute de s’en prendre à l’Iran ! Par les temps qui courent, personnellement ce sont plus les USA et l’OTAN qui me paraissent être une menace pour la paix dans le monde et sur notre continent en particulier - pas la Chine ni la Russie.

      "En termes de géopolitique, ce serait sans doute la pire des solutions et une bévue énorme à long et moyen terme de nos dirigeants européens."
      => Bévue de nos dirigeants européens, certes oui. Surtout des dirigeants français qui ainsi décrédibilisent notre pays (cf. la non-livraison des Mistrals à la Russie). On passe pour des rigolos au mieux. Au pire, la France n’est désormais plus rien sur le plan géopolitique.
      => La pire des solutions ? Là encore une affirmation purement gratuite. Au contraire, la pire des solutions serait de laisser les clés du monde à l’oligarchie financière, capitaliste, qui ne cherche qu’à se goinfrer aux dépens de milliards de gens à travers le monde tout en saccageant la planète, le tout sous bonne garde des USA érigés en défenseurs des intérêts des classes dominantes et chargés de mater les révoltes des pays qui auraient le désir de reprendre leur destin en main.

      "+ Quel exemple pour le monde qu’une entité fédérant plusieurs Etats se délite ?"

      => Si cette Union est un échec, c’est au contraire une preuve d’humilité et d’intelligence que de reconnaître qu’on s’est trompé et de cesser ainsi l’erreur. Actuellement, et de la manière dont l’UE est conçue, il est insensé de continuer l’expérience. L’erreur est humaine, mais persévérer ainsi en devient diabolique.
      => Le reste du monde n’a que faire des expériences des Occidentaux. C’est encore une conception centrée sur l’homme blanc occidental que vous défendez ainsi. Le reste du monde n’a pas besoin de nous autres pour s’en sortir. Il faut voir les pays d’Amérique Latine, lesquels ne nous ont pas attendus pour se libérer de l’emprise des USA. Croire que le bon exemple vient de chez nous est une forme de pensée colonialiste. C’est à chaque peuple de trouver les solutions qui lui conviennent le mieux. On peut s’inspirer de ce que font les autres, certes. Mais surtout, si une expérience tourne mal chez autrui, autant ne pas la reproduire.

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  • Référendum grec : La leçon de choses européenne

    7 juillet 2015 10:55, par Jean-Michel Dariosecq

    Pour les indépendantistes nationaux (de droite comme de gauche), la principale leçon du referendum grec du 05 Juillet 2015 se résume en une question : constatant l’aliénation des peuples par la caste politico-médiatique, aliénation qui se traduit par le désir de ces peuples de rester dans leurs prisons destructrices (l’UE, le Mark, l’OTAN, l’OMC, etc...), quelle est la meilleure stratégie ? :

    a) Respecter ce consentement à la servitude volontaire (en tous cas ne pas le heurter de front), mais pousser le système au bout de ses contradictions (impossibilité mécanique de rester dans le Mark sans subir l’austérité). Donc ce faisant, obliger l’eurocratie à montrer sa nature dictatoriale (en punissant ou en éjectant la Grèce).

    b) Essayer de convaincre les peuples qu’il faudra bien un jour oser essayer de sortir de ces cages, sous peine de mort.

    Syriza (comme en France le PC, le PG ou le FN) a choisi la première voie, celle de l’aporie : défendre les intérêts nationaux et populaires tout en disant vouloir rester dans le Mark et dans l’UE (qui sont au service exclusif des banques et des firmes transnationales). Le MPEP ou l’UPR ont choisi la seconde : éduquer le peuple à la nécessité d’une évasion.

    En réalité, ces deux stratégies semblent complémentaires parce qu’elles ne s’adressent pas aux mêmes personnes. Les moins manipulées savent (ou sont presque prêtes à comprendre) qu’il faudra sortir un jour ou l’autre, que le plus tôt sera le mieux et qu’il faut s’y préparer. Les autres tremblent toujours à l’idée de perdre leurs chaînes, mais constituent encore la majorité des voix (ce dont on doit bien tenir compte, en "démocratie"...).

    La bascule se fera petit à petit, au fur et à mesure que les souffrances des peuples s’accentueront. L’eurocratie et ses exécutants feront tout pour retarder ce moment, pour pouvoir encore pomper le maximum de richesses, voler non seulement les travailleurs (classique du marxisme) mais aussi les consommateurs, les retraités, les petits épargnants, les petits emprunteurs, pour accroître toujours plus la masse de "Grand Capital".

    Plutôt que d’opposer systématiquement les deux stratégies de résistance, reconnaissons la vertu de leur complémentarité.

    Jean-Michel Dariosecq
    07 Juillet 2015

    PS. Ne nous inquiétons pas pour Yanis Varoufakis ! Sorti en réalité vainqueur de cette épreuve, son recul symbolique et tactique ne signifie pas sa disparition. Et ce pourrait bien être lui qui un jour réimprimera des drachmes...

    PS2. La Grèce est peut-être isolée, mais elle a un plan B, d’alliance avec la Russie. Le PIB grec ne représentant que 2% du PIB de l’UE, ce que craignent les eurocrates n’est pas la sortie de la Grèce du Mark ou même de l’UE, mais que cette sortie (avec défaut sur la dette odieuse et illégitime et dévaluation de la drachme) soit un succès économique. Comme l’Iran ou la Russie, elle doit donc s’attendre à des "sanctions" (boycotts commerciaux, exclusion de Target-2, voire de Swift) et à des attaques spéculatives (comme sur le rouble fin 2014). Voire à des attentats terroristes islamiques sur son sol, pour ruiner son tourisme. Elle sera donc "naturellement" poussée à s’allier avec les pays du "club des sanctionnés", c’est à dire du "club de la résistance"...

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    • Référendum grec : La leçon de choses européenne
      7 juillet 2015 13:47, par Claude

      "La bascule se fera petit à petit, au fur et à mesure que les souffrances des peuples s’accentueront."
      Affirmation parfaitement gratuite.

      "Plutôt que d’opposer systématiquement les deux stratégies de résistance, reconnaissons la vertu de leur complémentarité."
      Le maintien dans l’euro-système et la sortie de l’euro-système ne sont pas deux stratégies complémentaires mais bel et bien opposées. Les soit-disant "résistants" depuis l’intérieur du système de domination, l’Histoire les a déjà jugés...

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      • Référendum grec : La leçon de choses européenne
        8 juillet 2015 09:30, par Jean-Michel Dariosecq

        Vous avez entièrement raison dans votre analyse de l’Euro et de l’UE, qui détruisent de fait les économies nationales du continent européen. Et dont on peut se demander s’ils n’ont pas été créés et développés DANS CE BUT, pour livrer ensuite les marchés de ces pays aux seules multinationales US, débarrassées de leurs concurrentes autochtones (laminées par une monnaie trop forte, une concurrence déloyale, des normes inadaptées,...). Il est donc absolument certain que pour S’EN sortir, il faut EN sortir !

        Mais comme bien des "avant-gardes éclairées", à toutes les époques, vous ne semblez pas comprendre que la population générale, matraquée à longueur de journée par la propagande génératrice de consentement, n’a pas votre (notre) lucidité ! Et plus encore, que lui révéler la réalité, si cela peut chez certaines personnes provoquer un choc salutaire et leur ouvrir les yeux (tant mieux), a au contraire un effet extrêmement anxiogène chez la majorité.

        On le voit dans les sondages, tant en France qu’en Grèce : plus les gens sont âgés, plus ils ont peur de sortir de l’Euro et de l’UE. Alors que paradoxalement, ils ont connu la période où ces deux monstres n’existaient pas, ils savent que ce n’était pas l’enfer annoncé, et que la situation était même meilleure qu’aujourd’hui...

        Il faut donc certes continuer d’expliquer et de rassurer, mais admettre que la peur est irrationnelle et puissante, entretenue jour après jour par l’oligarchie politico-médiatique. Il y a donc évidemment la place pour les "purs" comme vous, qui disent la "vérité", et qui (on l’espère) convaincront de plus en plus de gens. Mais l’expérience concrète prouve (en Grèce par exemple) que le peuple suit plutôt ceux qui (par conviction ou par calcul) ne font que la moitié du chemin. L’Histoire jugera peut-être qu’ils n’ont pas été si inutiles que ça...

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    • Référendum grec : La leçon de choses européenne
      7 juillet 2015 13:52, par Pierre MAILLET

      @ Gérard Blanc
      Selon jacques SAPIR Les armateurs ne sont pas taxables en Grèce parce que leurs entreprises ne seraient pas domiciliées en Grèce. Concernant l’église orthodoxe, la contre-partie de la taxation de leurs bénéfices seraient la prise en charge par l’État grec de l’entretien des bâtiments religieux.

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  • Référendum grec : La leçon de choses européenne

    7 juillet 2015 11:34, par Hubert VIALLET

    D’accord avec l’article qui essaie désespérément de faire entendre raison aux Européistes béats.
    Pour mettre un peu d’humour et faciliter la transmission du message je vous suggère de diffuser cette vidéo amusante et plus accessible au grand public et qui va totalement dans votre sens.
    https://youtu.be/Mt1Q90Wip3s
    Et bravo pour votre participation active au Forum d’Athènes auquel j’ai assisté.
    Hubert Viallet

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  • Référendum grec : La leçon de choses européenne

    7 juillet 2015 21:24, par Marie

    "Alexis Tsipras, en poussant à la démission son charismatique et emblématique ministre des Finances Yanis Varoufakis" : faux.
    Mercredi 30 juin, Yanis Varoufakis, décrivant son amertume face à ce que la Grosskommission and Co le démissionna ou, en tout cas, invita fortement le gouvernement grec à la pousser du côté de la sortie : "Qu’il pleuve ou qu’il fasse soleil, lundi 6 juillet, je démissionnerai." (aux journalistes lui demandant ce qu’il ferait en cas de victoire du "Non"). Tsipras, lui, ne se prononça pas quand lui fut posée la question.
    Mais c’est sans importance au vu de votre article (que j’ai eu plaisir à lire -merci).

    Néanmoins il me surprend que vous n’évoquassiez point de la leçon suivante : la fin des partis. Très net en Grèce, surtout après la réunion d’hier lundi entre Dimitri Koutsoumbas (KKE), Panos Kammenos (An-EL), Alexis Tsipras (P.M. et Syriza...), Prokopis Pavlopoulos (Président de la République grecque), Vangelis Meimarakis (président par intérim de Nea Democratia, Samaras ayant démissionné), Stavros Theodorakis (To Potami) et Fofi Genimmata (PASOK), le président de Chrysi Avghi ayant décliné l’invitation, à l’issue de laquelle la rumeur d’un accord sur la composition d’une équipe de négociations entre toutes les forces présentes sauf le KKE a circulé, sans qu’aucune annonce officielle soit faite. Il n’existe plus que 2 partis indépendants, en conclusion, et parce que nous pouvons encore rire (quoique... le dessinateur grec Arkas a quelque souci pur faire parâitre ses dessins -ben oui, c’est aussi ça, Syriza !) : le KKE et Chrysi Avghi, qui n’auront qu’à se faire la bourre sur une plage de l’Attique, par exemple.
    Très marrant comme MARS, Antarsya, Scholio B et EPAm se raccrochent aux branches de la victoire du "OXI" vs Tsipras (ce n’est pas vs Syriza...), alors qu’ils ont fait suer tout le monde par leur tergiversions pendant la campagne du référendum. E.PA.M. a même été jusqu’à communiquer un "ΜΠΡΑΒΟ ‪‎SYRIZA-‪‎EPAM-‪ANTARSYA‬ ΓΙΑ ΤΗΝ ΔΟΥΛΕΙΑ ΠΟΥ ΕΚΑΝΑΝ ΓΙΑ ΤΗΝ ΝΙΚΗ ΤΟΥ ΟΧΙ !!", alors qu’il n’y a eu aucun boulot commun !
    Bon, on ne peut pas reprocher à Scholio B, EPAM, ANTARSYA ce que font aussi tous ceux des Frenchies qui se raccrochent aussi aux branches de la victoire soudain commune tellement elle appartiendrait à tous, alors qu’il y eut bien des timides, voire des absents.

    Vivement qu’un front se détermine, à la façon d’E.A.M., comme l’a appelé de toute son âme, l’âme pleine de grécité et d’hellénisme qu’est Mikis Theodorakis.

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  • réunion du 7 juillet

    7 juillet 2015 23:51, par F.Vannier

    Le calme est revenu, en Europe sur la question monétaire.
    Négociation toujours en cours jusqu’à Dimanche 12 Juillet pour l’ensemble de l’Union Européenne.

    La sortie de la Grèce semble être actée politiquement par l’Eurogroupe.
    mais, cette sortie est très difficile à réaliser avec l’intéraction des traités européens et
    de la destruction de "appareil productif" grec.

    Le problème principale concerne la BCE dans les prochains jours et la banque centrale grecque et du système bancaire grec.

    Le virage va être sévère à négocier. Madame Merkel risque aussi une sortie
    politique de son côté dans les prochains mois.

    Voir article de Romaric Godin pour la Tribune
    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-pourquoi-angela-merkel-refuse-de-parler-de-la-dette-grecque-490094.html

    Ces négociation sont sous la pression des États-Unis qui ont une vision stratégique évidente
    que l’Europe de l’UE ne possède pas puisque ce n’est pas un Etat.

    Les négociations vont durer au moins jusqu’à la fin de l’année sur la Grèce, car la dette
    sera au devant. Entre temps, d’autres événements vont entrer en interaction :

    l’écroulement de la dynamique chinoise, nouvelle baisse fulgurante du pétrole-licenciement à prévoir dans ce secteurs pour les deux prochaines années, En France le bâtiments est sur une dynamique négative- 50000 emplois détruits dans ce secteur au premier trimestre,

    la PAC en UE déstructure en France les exploitations agricoles, enfin l’insolvabilité des pays européens peut poser problèmes à court terme suite au défaut paiement grec, car les échéances vis-à-vis de la BCE semble suspendu par le manque de liquidité de l’Etat grec.

    Le plus difficile de cette année vient de commencer : la négociation de la dette d’un pays
    membre de la zone euro, sachant que sa dette publique et privée est majoritairement de droit étranger. Espérons que cela ne va déstructurer l’Etat grec (surveillance de l’UE pour les budgets et des fonctionnaires grecs).

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  • Leçon Autrichienne ?

    9 juillet 2015 17:58, par F.Vannier

    La Tribune publie un article sur la restructuration du système bancaire Autrichien et Bavaroi, http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/et-pendant-ce-temps-l-autriche-restructure-sa-dette-491019.html

    L’Autriche dit non pour la Grèce mais restructure une très mauvaise dette bancaire,
    Bilan : l’Autriche frôle des incidents de paiement depuis 18 mois.
    Elle compense ces pertes par des coupes dans les budgets Armmée, Ecole et autres ...

    Le système financier est sur le point d’exploser en zone Euro.

    Le Parlement Européen a validé la poursuite des "négociations" du traité transatlantique.

    Ce même parlement valide à titre consultatif, traité Euratom 1957, les normes maximales admissibles de contamination radioactive et de l’alimentation animale en cas d’accident nucléaire majeur.

    Enfin, bonne nouvelle, les bourses Chinoises et Wall Street ont suspendu les transactions cette semaine pour des actionnaires et pour soit disant des problèmes informatiques, le système financier mondiale est sur le point de s’arrêter.
    Les paiements en Or ou en échange de marchandise se réalise de plus en plus pour contourner
    le marché dollars et les embargos sur l’Iran et la Russie.

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  • Cheval de troie à 72H des décisions ?

    10 juillet 2015 11:55, par f.Vannier

    Cette nuit à 1H du matin, révélation des propositions grecques, attention conditionnées
    à une révisions radicale de la dette. Tsipras et le cheval de Troie (les partis pro-UE) Comment sortir de la zone Euro ?
    c’est un jeu de poker,

    Un cour de théorie des jeux pour commencer ...

    L’Allemagne va enclencher l’éclatement de la zone euro, c’est à dire son dogme de rigueur budgétaire et le non effacement des dettes publiques vont sauter. (La France a commencé à obtenir des déficites supplémentaires)

    Si elle refuse d’effacer, Alors la zone éclate immédiatement Lundi.
    Alors, d’autres états pourront demander la sortie en faisant défaut de paiement par des instabilités politiques.

    Si elle efface une partie de la dette grecque, alors les autres états demanderaient des effacements de dettes. Donc, instabilité monétaire très forte et éclatement de la zone car pas de possibilité de transferts de type fédéral.

    Si l’Allemagne, propose une extension dans la durée de remboursement, c’est intenable à moyen terme et à long terme, car 2060 ... c’est l’infini.
    Là Tsipras serait emmerdé par rapport aux générations jeunes, ou l’Eurogroupe serait emmerdé aussi car ce n’est pas réalisable, et leurs dettes peuvent être rembourser plus tard.

    La Brèche est bien entamée pour secouer la Zone Euro.
    15 jours déjà d’attaques et de contre-attaques. Et la Grèce qui continue de survivre sans système bancaire stable.

    Les propositions sont proches de ceux du 26 juin, mais avec l’effacement de la dette en perspective. L’Allemagne avait refusé cette solution.

    L’Art de bien présenter les problèmes ... permet d’obtenir ce que l’on veut.
    Le Gouvernement grecque fait preuve d’habilité.Ce plan est un piège destiné aux dirigeants allemands.

    Encore 72H de patience. Déjà, l’Allemagne ouvre la porte à la sortie de la Grèce de la Zone Euro par ces déclarations de refuser de négocier la dette. iL FAUT AJOUTER des menaces Juridiques vers la Cours Européenne de l’UE et du tribunal international sont très forte de la part de la Grèce en vers la Commission et la BCE (Autre réplique du Gouvernement Grecque).

    Les cours d’économie et bancaire à la fac avaient oublié de nous faire part de la construction bancale de l’Union monétaire et économique de la zone Euro. En 5 ans, le rattrapage est réalisé....

    La BCE a décidé, en Juin, unilatéralement d’acheter des actifs des Multinationales. Une manœuvre qui arrive trop tard ?

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