Repolitiser la population
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REPOLITISER LA POPULATION

L’enjeu de la repolitisation de la population dépasse une simple volonté de démocratie formelle. Il va aussi au-delà d’un besoin légitime de participation du peuple à la vie publique. Les politiques néolibérales aujourd’hui à l’œuvre aux niveaux mondial, européen et national entravent l’intervention du citoyen sur l’histoire en marche, qu’elle soit individuelle ou collective. Pour que la logique de marché supplante celle de l’expression collective par le choix politique, c’est de la capture du pouvoir à tous les niveaux qu’il est question. Pour opérer et maintenir ce transfert du pouvoir de décision de la sphère politique à celle de la finance, l’exercice de la citoyenneté devient un objet politique encombrant.

La dépolitisation des populations est donc devenue un objectif opérationnel du néolibéralisme : le marché est censé savoir ce qui est bon pour lui, sans intervention extérieure.

La repolitisation du peuple est donc une question cruciale aujourd’hui. Elle n’a pas seulement pour objet de former des citoyens responsables et critiques dans l’absolu, elle doit aussi permettre que la responsabilité et la capacité d’expertise des citoyens puissent être mises au service d’une réelle intervention du peuple sur l’histoire qui se fait. Réinvestir l’action politique c’est gager que la démocratie permet la mise en place d’un projet de société défini et investi par le peuple lui-même.

Repolitiser la population n’est donc ni un exercice de style ni une posture romanesque pour le M’PEP, c’est son « cœur de métier ». La revendication de démocratie ne peut plus se limiter à des incantations avec en ligne de mire un système théorique idéal. C’est maintenant un chemin qu’il faut construire jour après jour, commune après commune, proposition après proposition, d’imperfections en imperfections pour enrayer le rapport de force à l’œuvre aujourd’hui, qui nous assène qu’un bon consommateur est un citoyen mort ou servile, voire les deux.

Cependant, la tâche est complexe. Non seulement parce que la sphère politique est peu à peu mise au service d’intérêts uniquement économiques, mais aussi parce que la société est elle-même complexe. Elaborer un réel projet de repolitisation implique de prendre en compte cette complexité, au risque de plaquer des propositions sur une réalité qui nous échappe.