SORTONS DE L’EURO !
mercredi 3 septembre 2014
Auteur : par webmaster
fontsizeup fontsizedown impression envoyer l'article par mail suivre la vie du site syndiquer le forum 7 réactions
 
 

SORTONS DE L’EURO !

Plusieurs responsables d’organisations politiques progressistes européennes se prononcent pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne

Assise (Italie), le 23 août 2014.

La Coordination nationale de la gauche italienne contre l’euro a tenu son « Forum européen de 2014 » à Assise (Italie) du 20 au 24 août 2014 qui a rassemblé un grand nombre de participants, notamment des pays de l’Union européenne mais aussi d’Ukraine et de Russie. A cette occasion des dirigeants de plusieurs organisations politiques progressistes de l’Union européenne ont adopté une déclaration se prononçant pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne.

Dans tous les pays de l’Union européenne et particulièrement dans la zone euro, de violentes politiques antisociales sont menées avec acharnement par l’Union européenne et les gouvernements qui en sont membres : baisse massive des dépenses publiques sociales, déflation salariale par le blocage des salaires, baisse des cotisations sociales patronales, subventions injustifiées aux grandes entreprises supposées créer les emplois, privatisations, démantèlement des services publics et de la Sécurité sociale, financiarisation de l’économie et des budgets publics… Le résultat est une accélération exponentielle du chômage de masse et de la précarité.

L’origine de cette situation est à rechercher dans les politiques menées par l’Union européenne, entièrement verrouillées par le traité de Lisbonne. Ce dernier repose sur tous les dogmes néolibéraux qui ont pourtant fait la démonstration de leur nuisance pour les intérêts des classes populaires et moyennes. Dans la zone euro les déséquilibres s’aggravent entre pays. L’euro est une arme de destruction massive contre l’emploi. La monnaie unique fonctionne uniquement pour protéger le rendement des capitaux en maintenant de façon permanente et volontaire un taux élevé de chômage.

Il existe une « essence » de cette « construction » européenne qui repose sur les valeurs et les intérêts des classes dominantes occidentales : européisme, atlantisme, capitalisme, autoritarisme. Un tel système ne peut pas changer d’essence, il ne peut pas s’améliorer de l’intérieur. Il faut le démanteler et bâtir quelque chose de radicalement nouveau. L’Union européenne est en effet le système le plus sophistiqué au monde qui s’appuie sur la tentative de construire une civilisation par le marché. L’Union européenne est un monstrueux système de domination et d’aliénation des peuples dont il faut s’émanciper.

L’Union européenne est une pièce maîtresse de l’ordre néolibéral mondial, avec ses firmes multinationales géantes, et ses institutions supranationales (OMC, FMI, Banque mondiale, OTAN, UE, OCDE). Ce système possède une caractéristique principale : agir avec persévérance pour dissoudre la souveraineté des peuples à l’échelle des nations. C’est en effet le meilleur moyen de laisser se développer sans limites la domination du grand capital comme en témoigne le TAFTA. Détruire les nations est la garantie pour les classes dominantes que l’on ne puisse pas revenir sur les « réformes » néolibérales. Il ne peut pourtant pas exister de souveraineté populaire sans souveraineté nationale. Par conséquent, faire disparaître la nation c’est faire disparaître la démocratie. C’est supprimer la capacité d’action des peuples à décider de leur avenir. Le soutien de l’Union européenne au régime fascisant de Kiev témoigne de son alignement total sur l’OTAN et l’impérialisme américain.

Des années d’exercice du pouvoir par les partis socialistes, travaillistes ou sociaux-démocrates, dans plusieurs pays de l’Union européenne, permettent désormais de dresser leur bilan. Ce bilan est parfaitement accablant comme on a pu le voir en Grèce, en Espagne, au Portugal, en France... Ces partis sont désormais ouvertement néolibéral, ils n’essayent même plus de faire semblant de vouloir défendre les classes populaires. Ils préparent partout le terrain pour des gouvernements de grande coalition à l’allemande (un gouvernement réunissant gauche et droite), comme l’Union européenne le met en œuvre déjà en Grèce, en Espagne, au Portugal et en Italie. Si le clivage opposant les classes dominantes aux classes populaires s’avive d’année en année, celui entre la gauche et la droite devient de plus en plus flou. Rien d’essentiel ne sépare la gauche de la droite dans de nombreux pays. Ces forces créent le contexte politique qui construit et amplifie la progression de l’extrême droite, elles permettent l’assimilation progressive de la nation avec sa définition essentiellement ethnoculturelle de l’extrême droite. Alors que pour nous la nation est strictement constitutionnelle et politique. Laisser ce concept politique central aux partisans de la définition identitaire de la nation comme l’extrême droite, est donc gravement irresponsable, et signe le fait que tous ces partis abandonnent le principal, les conditions même d’existence de la politique et de la démocratie.

La montée des partis d’extrême droite au sein des pays membres de l’UE a pour cause principale les politiques d’austérité pour les classes populaires et moyennes qui jettent les peuples dans la misère et en concurrence. L’extrême droite peut désormais s’approprier à elle seule l’idée et les symboles de la nation. Et inversement l’idée de nation finit par être assimilée à l’extrême droite. Or l’extrême droite défend une vision étriquée de la nation réduite à sa seule dimension identitaire. Loin d’être antisystème, comme elle le prétend, l’extrême droite est en réalité un agent indirect au service du système et des classes dominantes. Ces partis sont les plus nauséabonds par leur attitude xénophobe, chauvine et hostile aux syndicats et à toutes les organisations qui défendent collectivement les intérêts des classes populaires.

Il est urgent de reconstruire une pensée, une pratique et un programme favorables aux intérêts des classes populaires et des classes moyennes. Les éléments clé, pour nous, sont :

  • La suppression totale du chômage et de la précarité.
  • Des plans de réindustrialisation et de nationalisation des grands secteurs stratégiques de l’industrie et des services.
  • Le démantèlement des marchés financiers.
  • L’annulation et la répudiation de la dette publique.
  • Des mesures protectionnistes nationales dans le cadre universaliste de la charte de La Havane de 1948.
  • Une mutation écologique du mode de production.
  • La sortie des institutions supranationales qui maintiennent l’ordre néolibéral mondial : OTAN, FMI, Banque mondiale, OMC, Union européenne et euro.

Nous appelons cela la démondialisation. Le cœur de cette stratégie et de ce programme est de revendiquer et d’assumer la nécessité de la reconquête de la souveraineté nationale pour chaque pays. C’est-à-dire la lutte décisive pour conserver à chaque pays ses caractéristiques de société authentiquement politique, où le peuple dispose des moyens juridiques et institutionnels pour décider et mettre en œuvre ce qu’il estime correspondre à l’intérêt général.

Les signataires vont organiser une nouvelle rencontre internationale à l’échelle européenne, encore plus importante. Elle visera à rassembler très largement toutes les forces qui œuvrent pour la défense des intérêts des classes populaires et moyennes, pour la sortie de l’OTAN, de l’Union européenne et de l’euro, pour le plein-emploi.

  • Borotba (Combat) : Sergeï Kirichuk, Ukraine.
  • Committee « Euro exit » (Comité « Sortir de l’euro ») : Wilhelm Langthaler, Albert F. Reiterer, Autriche.
  • Coordinamento nationale sinistra contro l’euro (Coordination nationale contre l’euro) : Moreno Pasquinelli, Italie.
  • Frente Civico (FC – Front civique) : Manolo Monero Pérez, Espagne.
  • Front uni populaire (EPAM) : Antonis Raskousis, Grèce.
  • Initiative e.V. Duisburg : Thomas Zmrzly, Allemagne.
  • Left Co-March, Kostas Kostopoulos, Grèce.
  • Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP) : Jacques Nikonoff, Joël Périchaud, France.
  • Plan B : Nasia Pliakogianni, Grèce.

Répondre à cet article

Forum de l'article  -9 Messages

  • SORTONS DE L’EURO !

    4 septembre 2014 10:44, par Prosper

    Et si on sortait des profits monétaires et, pour ne pas voir revenir ses dégâts sociaux et écologiqes, de l’usage même de l’argent ?
    v. desargence.org

    repondre message


  • SORTONS DE L’EURO !

    4 septembre 2014 11:37, par Vinnie Reb

    Et vive la Sécession hors de l’Union !
    Si nous devons reconstruire quelque chose, que ce soit un ensemble de pays, dans lequel chaque unité - les nations - demeurerait souveraine. Ce qu’on appelle une Confédération. Pour les questions nécessitant une action coordonnée entre plusieurs pays (et pas nécessairement tous, ce serait selon les besoins), rien n’empêche de mener ces actions ensemble de manière concertée, sans pour autant renier/dissoudre la Nation.

    repondre message


  • SORTONS DE L’EURO !

    5 septembre 2014 10:31, par Le.Ché

    Tout à fait d’accord avec ce texte et aussi avec le programme proposer.

    repondre message


  • SORTONS DE L’EURO !

    5 septembre 2014 19:22, par Pinardon gilbert

    bonjour

    Ce texte prends pour cible l’Europe, qui n’est pas une démocratie, pour dire que seule la nation est la base de la démocratie. Ceci part du postulat que seul l’espace restreint peut permettre la démocratie (le pouvoir du peuple). Dans cet esprit on pourrait dire que seule la cellule familiale est l’expression de la démocratie. Pourtant je connais de nombreuses familles dans lesquelles la Démocratie voire seulement l’esprit démocratique est loin d’exister. Ce n’est donc pas la dimension de l’espace qui fait la Démocratie (observons le fonctionnement des communes) mais la façon dont le peuple se comporte en citoyen qui est le seul gage de Démocratie. Ainsi il me semble que nous devrions plutôt prendre acte que l’Europe est une réalité politique, dont le fonctionnement n’est pas démocratique, pour combattre et obtenir que le système démocratique se mettent en place dnas le respect de la volonté du ou des peuples concernés. Pour cela il faut une constitution à la Démocratie européenne pour une République Européenne, au même titre que nous avons construit en France une première République pour aujourd’hui en être à la 5eme. Le rejet de la monnaie ou de tout système parce qu’il n’est pas parfait est une erreur fondamentale du combat politique. Si nous avons des idées qui sont capables de rassembler ce qui est épars et particulièrement les citoyens, nous devons être en mesure de prendre le pouvoir pour construire la République Européenne et pourquoi pas mondiale. Rappelons-nous que pour construire quelque chose il faut oser mettre les pierres l’une après l’autre et non acheter un modèle tout fait qui nous vient d’ailleurs. La démocratie se vit mais ne s’acquière pas moyennant finance contrairement au pouvoir. Osons, nous l’approprier, même imparfaite, pour ensuite la perfectionner. Pour cela soyons positifs, créatifs intelligents et rassembleur. Seul les hommes de pouvoir divisent pour mieux régner.

    repondre message


    • SORTONS DE L’EURO !
      9 octobre 2014 11:01, par Jack Freychet

      restons en cage, au sein de l’UE et attendons que les capitalistes assoient leur domination sur l’ensemble de la planète et bâtissent une société ou nous ne serons plus que des ilotes corvéables à merci.

      Mieux vaut nous révolter que de survivre en courbant majoritairement l’échine comme c’est le cas depuis plusieurs décennies.

      A chacun sa personnalité mais pendant ce temps là les guerres par mercenaires interposés à la solde des occidentaux font plus de victimes que le virus Ebola et le sida.Sans oublier la malnutrition et l’absence de soins qui découlent de la stérilisation de sommes colossales stérilisées dans la course aux armements.

      ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent contre les iniquités qui font se développer la désespérance qui alimente l’audience du Front National.

      repondre message


    • SORTONS DE L’EURO !
      9 octobre 2014 11:35, par sanculote

      C’est l’éloignement des citoyens par rapport aux centres de décision qui détruit la Démocratie !
      L’élu, éloigné de l’électeur, est automatiquement la proie des lobbies de tous genres, et le contrôle des citoyens est dès lors quasi impossible.
      L’histoire nous démontre que toute entité géographiquement trop étendue explose tôt ou tard (empires romain, napoléonien, etc...).
      Une république européenne est donc une utopie, un non-sens historique.

      repondre message


  • SORTONS DE L’EURO !

    5 septembre 2014 19:35, par martin maryse

    un peu tard pour se réveiller !!!! luttons ensemble contre toutes les magouilles financieres faisons payer aux riches ce qu ils nous doivent !

    qu on oblige tous ces obeses des grosses fortunes a vivre avec le meme
    salaire de smicard

    et militons battons nous manifestons

    repondre message


  • SORTONS DE L’EURO !

    16 septembre 2014 09:17, par Placide

    Rien d’essentiel ne sépare la gauche de la droite dans de nombreux pays

    Tout comme il ne faut pas se laisser voler le mot de "nation" par l’extrème droite, il ne faut pas se laisser abuser par ceux qui - clairement à droite et par leur discours et surtout par leurs actes- essayent de se faire passer pour la gauche.

    En France, au sein du Parti Européen Unique (UMP, PS, EELV,UDI...) il y a la droite décomplexée de l’UMP tirant de plus en plus vers l’extrème droite et la droite complexée perdant ses complexes de Hollande-Valls- Cohn Bendit.
    Appelons un chat un chat, et la droite la droite.
    Sinon, c’est ajouter du brouillage à la confusion.
    l’UE c’est la droite, c’est à dire les forces soutenant l’exploitation et le totalitarisme capitaliste. Le PS c’est la droite.
    La gauche, c’est la défense de la paix et de la démocratie la défense des intérêts du peuple c’est à dire celui de la classe des travailleurs. Sans confusion possible avec la politique belliqueuse anti démocratique et pro patronale des FN, UMP ou PS en France et de leurs équivalents européens.

    Il est assez paradoxale que cette déclaration portée par Sinistra contra euro c’est à dire la gauche contre l’euro considère que gauche est droite c’est la même chose, alors que dans son nom même -et à raison - il y a le besoin de préciser le mot gauche.

    Placide

    repondre message


  • SORTONS DE L’EURO !

    9 octobre 2014 10:08, par Jack Freychet

    regrettable que les commentaires ne soient pas à la hauteur de la déclaration et des enjeux et surtout du discours de jacques Nikonoff : Une analyse économique et politique chronologique, notre Histoire de ces 45 à 50 dernières années tel que la rapporteront les historiens du futur avec une conclusions pertinente page 39 :

    « L’idéologie néolibérale postnationale est composée de trois camps (la droite, la social démocratie et la gauche radicale), et d’un leurre (le FN). Nous dénonçons et combattons ces trois camps, et l’illusion sur le vrai rôle du FN.

    L’enjeu de la période est de faire germer une forme politique qui succède au mouvement ouvrier né au XIXe siècle, qui a connu son épanouissement au XXe et son déclin au XXIe. C’est dans cette perspective que se place le M’PEP. L’élément unificateur, celui qui peut rassembler les forces les plus diversifiées, celui duquel tout dépend pour résoudre la crise est la lutte pour la souveraineté nationale. Car il s’agit aujourd’hui de se battre pour la survie de la France comme nation indépendante , même chose dans tous les autres pays.

    La défense de la France n’a rien à voir avec du nationalisme. C’est aussi un enjeu international pour faire vivre les valeurs des Lumières et des coopérations solidaires entre les peuples et entre leurs pays. »

    La gauche institutionnelle française et européenne est bien un ectoplasme. Il y a belle lurette que j’en suis convaincu

    repondre message

Haut de la page