SYRIE : Poutine a raison !
lundi 5 octobre 2015
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SYRIE : POUTINE A RAISON !

Par Jacques Nikonoff, porte-parole du Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).

Le 5 octobre 2015.

Texte publié sur Russia Today.

Après dix ans d’absence, la présence de Vladimir Poutine lors de la 70e session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies et son discours du 28 septembre, marque le retour en force de la Russie sur la scène diplomatique mondiale. Le président russe est apparu à la fois comme le chef de file d’une sorte de nouveau camp des non-alignés, et comme défenseur de la légalité internationale et de l’ONU.

Il est encore trop tôt pour dire si cette session de l’ONU entrera dans l’histoire au même rang que la conférence de Bandung (Indonésie) tenue en avril 1955. Elle réunissait pour la première fois les représentants de vingt-neuf pays africains et asiatiques qui allaient devenir une force politique revendiquant pour le Tiers-monde la liberté de choisir son destin entre les deux blocs de l’époque. Il y a un peu de cela dans le discours de Vladimir Poutine qui acte la fin du monde unipolaire dominé par les États-Unis depuis l’explosion de l’URSS. La période que nous vivons est désormais celle du passage de ce monde unipolaire sous domination occidentale, à un monde multipolaire intégrant les BRICS et l’Iran. Ce sont deux visions du monde qui, en réalité, s’opposent. Du côté occidental c’est la défense d’un universalisme artificiel et arrogant, réduit au capitalisme et à la démocratie libérale ; du côté des puissances émergentes c’est la défense de la nation souveraine et de ses choix politiques et économiques, le capitalisme, par exemple, n’étant pas une valeur universelle mais typiquement occidentale. Vladimir Poutine a été appuyé par le dirigeant chinois Xi Jinping qui a affirmé le besoin d’une « nouvelle charte des Nations unies  » afin de bâtir des « partenariats d’égaux à égaux » et de respecter la « souveraineté ». C’est en effet le nouvel ordre mondial qu’il reste à construire pour dépasser celui mis en place, avec l’ONU, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Le dirigeant iranien Hassan Rohani est allé dans le même sens. On regrettera le silence du Brésil, de l’Afrique du Sud et de l’Inde qui, affaiblis par des tensions internes dues aux politiques néolibérales menées par ces pays, réduisent ainsi leur aura internationale.

Mettant l’occident sur la défensive, Vladimir Poutine a défendu le respect de la légalité internationale et le rôle de l’ONU. Il a pulvérisé les leçons de démocratie et sur les droits de l’homme professées en permanence par l’occident. C’est ce dernier qui a organisé un recul très net des principes du droit international. Essentiellement à l’instigation des États-Unis, qui ont mis tous les moyens à leur disposition, le droit international est instrumentalisé pour des causes qui lui sont contraires. Il est même victime d’une tentative de liquidation dans tous les secteurs qui handicapent la liberté de manœuvre des États-Unis. C’est ainsi que la « non-ingérence » dans les affaires intérieures des États et des peuples, disposition centrale de la Charte des Nations unies, devient son contraire avec l’ingérence dite « humanitaire » et le « devoir de protéger » les peuples contre leur propre État. Les États-Unis n’ont jamais supporté les contraintes juridiques issues des conventions multilatérales. Il faut pourtant un retour au multilatéralisme afin de tenir compte de la réalité internationale d’aujourd’hui.

Le règlement de la question syrienne sera-t-il l’acte de naissance d’une nouvelle architecture politique mondiale ? C’est, en tout cas, le sens des propositions du président russe. C’est lui qui rappelle les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies, foulés aux pieds par l’occident : la « non-ingérence dans les affaire intérieures d’un pays ». Sa proposition de « coordonner toutes les démarches contre l’État islamique » par une « véritable coalition mondiale contre le terrorisme, semblable à la coalition antihitlérienne », « incluant les pays arabes », et « dans les règles de la charte de l’ONU », est la seule qui peut permette d’avancer vers la résolution du conflit. Vladimir Poutine a encore raison quand il explique qu’il n’y a « pas d’autre solution à la crise syrienne que de renforcer les structures gouvernementales et leur accorder une aide dans leur lutte contre le terrorisme. » Il faut en effet penser aux populations et assurer le fonctionnement des hôpitaux, des écoles, de la distribution d’eau et d’électricité. Il constate que « à la place d’États souverains et stables, nous voyons la propagation croissante du chao ».

Daesh et les autres groupes criminels fanatiques menacent paix du monde. L’objectif principal doit être leur destruction, c’est l’ennemi principal en Syrie, ce n’est pas Bachar el-Assad, même si ce dernier est un dictateur criminel. L’enjeu n’est pas la survie du gouvernement syrien mais celui de la Syrie elle-même. Vouloir détruire le gouvernement syrien, objectif de la coalition occidentale, provoquerait le même chaos déjà observé dans des pays comme l’Irak ou la Libye. C’est ce qu’il faut admettre, car les groupes criminels fanatiques contrôlent 60% de la Syrie, et sur le terrain seule l’armée syrienne est au combat avec les Kurdes du PKK et les unités de défense YPG.

La coalition internationale dirigée par les États-Unis, depuis plus d’un an, bombarde le territoire syrien de manière ciblée. Elle n’a aucun mandat de l’ONU et n’a pas non plus l’accord du régime syrien, quoique l’on pense de ce dernier. Elle n’a donné aucun résultat, les groupes criminels fanatiques ne font qu’étendre leur emprise. Il est donc nécessaire de franchir une nouvelle étape. Dans ce but, il n’y a pas d’autre solution que de rassembler une nouvelle coalition et d’articuler ses forces armées aux forces armées du gouvernement syrien. Il ne s’agit pas de soutenir le dictateur criminel Bachar el-Assad ou au contraire de mettre en préalable son départ. C’est aux Syriens de résoudre cette question. Il s’agit de concentrer toutes les forces pour éliminer le djihadisme fondamentaliste. Un tel accord serait de même nature que celui passé pendant la Seconde Guerre mondiale entre l’URSS et les États-Unis contre l’Allemagne et le Japon. L’URSS et les États-Unis étaient en désaccord sur tout, sauf sur la nécessité supérieure de détruire le nazisme.

Jacques Nikonoff est professeur associé à l’Institut d’études européennes de l’Université Paris 8. Il est également porte-parole du Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).

http://francais.rt.com/opinions/7605-jacques-nikonoff-sur-dossier-syrien-poutine-a-raison


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Forum de l'article  -24 Messages

  • SYRIE : Poutine a raison !

    6 octobre 2015 08:54, par CANDAS

    J’ignore qui a raison ou tort ; ce que je sais parce que je le vois c’est que le président Syrien assassine son peuple a coup de barrils d’explosif ou de gaz ??? et que tout le monde détourne les yeux y compris l’ONU comme au temps de la SDN et des accords de Munich quand messieurs Hitler Mussolini et Franco assassinaient leurs peuples et que l’on adoptait la Non intervention en Espagne, qu’il ne fallait pas "contrarier" M. Hitler
    Qui a tort qui a raison ??? Continuons a caqueter comme des poules mouillées : les peuples meurent à nos portes

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    • SYRIE : Poutine a raison !
      6 octobre 2015 13:00, par Bien sur qu’il a raison

      Il y a les bons et les mauvais assassins.
      Les USA et Israel, par exemple peuvent assassiner,annexer,emprisonner au mépris des droits humains les plus élémentaires, sans que cette fameuse communauté internationnale ne s’en émeuve. Ce sont de bons assassins. Ils font comme les mauvais, mais c’est pas pareil ; eux ils ont le droit (divin) probablement en leur faveur.

      Tout cela en raison de l’unipolarité dominée par les USA.

      Poutine a raison de porter un coup à cette communauté internationale libérale qui est la tumeur maligne de l’humanité dans le temps présent.

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    • SYRIE : Poutine a raison !
      6 octobre 2015 19:05, par SADKI

      Où avez-vous vu ou lu Candas/Candide que Bachar avait utilisé des "gaz" pour tuer son peuple ? N’avez-vous pas entendu parler quelque temps plus tard du rapport à la suite d’une visite de membres de l’Onu à la demande du gouvernement syrien justement, que ces gaz, s’ils avaient été bien tirés, l’avaient été d’une zone contrôlée par la fameuse "opposition-démocrate-désarmée". Rapport de Mme Delponté (si ma mémoire est bonne) Quant aux barils d’explosifs : vous n’avez jamais entendu parler de montage vidéos ? Au tout début de la "Révolution syrienne" et pour affirmer que Bachar "tuait son propre peuple", des photos provenant des massacres commis en 1945 à Sétif et Guelma (Algérie) par les colons et les soldats français revenus du front avaient été diffusées sur le web.Vous croyez encore la presse cher/e Canda/Candide ? L’Aberration/L’Immonde/Le Figaro ? Tous aux mains des mêmes groupes militaro-industriels ou représentants étrangers. Quant à la mère Aubenas ! Qui parle ou plutôt qui parlait (car on ne l’entend plus guère sur cette affaire) de la ville de Hatay (sic).Cette ville n’existe pas. C’est une région.

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    • Poutine et Obamas ont torts ! !
      8 octobre 2015 00:01, par François

      Dans cette histoire de Syrie-Irak, la position chinoise n’est pas analysée. Cet article ne mentionne pas la Chine et ni la Grande-Bretagne.
      Ainsi, 5 puissances qui sont au conseil de sécu de l’ONU ne sont même pas capables de se mettre d’accord. Ces 5 puissances sont-elles criminelles ? OUI

      En ce moment, nous assistons à une démonstration de la force navale russe depuis
      la Mer Caspienne en passant par l’Iran, l’IRAK et le Kazakhstan. C’est un nouveau type de conflit. Bientôt depuis la Mer Noire ? Ce n’est plus de la dissuasion et de potentiel menaçant.

      Attention, aux analyses à chaud ! Cette analyse de la direction du exMPEP peut vite tourner
      à une catastrophe intellectuelle. Puisque les actions du Kremlin nous mènent aussi dans une très mauvaise pente. Le résultat à court terme n’est pas connu.

      La Russie est entrain de passer son Second pic pétrolier, c’est le deuxième exportateur de pétrole, et c’est la première fois qu’elle intervient de façon direct et massive, loin de ses frontières, depuis 1945. L’article ne le mentionne pas.
      Nous entrons peut-être dans la troisième guerre mondiale en ce moment.

      Ainsi, la Russie va intervenir dans le nouveau partage du Moyen-Orient. Le premier fut décidé en 1918 pour l’extraction pétrolière entre GB, FR et USA. Maintenant, il y a la Russie et la Chine en plus.

      Enfin, combien de temps l’armée russe peut assurer l’approvisionnement de ses forces en Syrie ? Avec quels soutiens ?

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      • La Chine ? L’Idéologie ? Quel partage ?
        14 octobre 2015 23:20, par FVannier

        voilà, ce jour du 14 octobre 2015, Pékin commence à exprimer un bémol par rapport à Poutine
        et aussi au passage envers Obama.

        Cette histoire Syrienne nous montre une chose. Même, si la structure étatique est un enjeux important. La Russie et la Chine ne s’opposent pas au système capitalisme. C’est à souligner.
        Ils veulent prendre un leaderchip dans le système capitalisme.

        Que va proposer la Chine pour résoudre le conflit ? Que va proposer les USA pour réaliser une paix au Moyen Orient avec la chine et les Russes ? Quelles seront les concessions entre ces trois belligérants ? IL vont essayer de s’entendre pour le période 2016-2020.

        Le Capitalisme essaie de se développer sans la structure étatique, mais ce système bute sur la finitude de la planète et d’un développement de la bureaucratie par les privatisations du secteur public.

        Donc, s’il n’y a plus de capitalisme, y-a-t-il encore existence de la structure étatique ?
        Vastes réflexions.

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  • SYRIE : Poutine a raison !

    6 octobre 2015 09:35, par Jean Claude Bonnin

    Ahurissant... La Russie, la Chine seraient donc anticapitalistes !.... les états criminels intouchables et même à respecter ? Poutine, ce parvenu qui a fait assassiner les Tchétchènes, qui veut reconquérir les anciens territoires soviétiques un bon dirigeant.
    Soit c’est farfelu d’en faire un personnage respectable, soit plus grave c’est la pensée de votre petit parti, avec votre petite tendance vers le souverainisme, merci cous avez raison de ne plus vous dire de gauche, no pas parce que les paris s’en réclamant ont fait faillite, mais parce que vous n’en êtes plus.
    Désolé vos écrits étaient pourtant en général très intéressants.

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    • SYRIE : Poutine a raison !
      6 octobre 2015 11:57, par Adinarayanin Charles

      Désolé de devoir m’opposer à votre positionnement :

      Jacques Nikonoff a totalement raison.

      Poutine est un dictateur comme Bachar el Assad .Mais se tromper d’ennemi (celui qui représente le danger le plus grave et immédiat),en ne se concentrant pas sur DAESH aurait équivalu en 1939 à ne vouloir abattre que la dictature Stalinienne en ne se concentrant pas sur le danger réel : Hitler et le nazisme.
      Bien sûr , je n’oublie pas que je suis adhérent au P.E.P (ex M’PEP)
      ce qui ne fait pas de moi un "suiveur" aveugle.
      Avec ma sympathie pour votre sensibilité à ces questions qui nous préoccupent tous.

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      • SYRIE : Poutine a raison !
        6 octobre 2015 16:47, par Tramoy

        Poutine dictateur, Castro dictateur, dictature communiste chinoise, Assad dictateur, dictature au Vénézuela !! Cette facilité avec laquelle on traite de dictateurs les dirigeants de certains pays… et surtout pas d’autres (Israël, Arabie saoudite, …) parce qu’ils sont NOS alliés.
        Qu’est-ce qu’une dictature ? Quelle différence avec un régime autoritaire ? Qu’est-ce qu’une démocratie (gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple). Y-a-t-il, parmi les 195 Etats représentés à l’ONU, une seule démocratie ? la Suisse ? Le Vénézuela ?
        Qu’est-ce qu’un assassin : le gouvernement de Gaulle, qui fait assassiner 40 000 algériens le 8 mai 45. Mitterrand qui fait tirer sur les mineurs en 48 ou sauter le Rainbow Warrior ? Sarkozy qui bombarde la Lybie ? Assad, Sadam Hussein ? Franco, avec lequel la république pactise ? Kennedy, Johnson, Nixon qui écrasent sous les bombes au napalm le peuple vietnamien ? L’OTAN qui bombarde un hôpital à Kunduz ? Les Etats-unis qui balancent deux bombes atomiques sur le japon ? Le pape qui pendant la croisade des Albigeois participe à la tuerie de 20000 personnes à Béziers en 1224, un des premiers génocides de l’histoire ? Notre allié Erdogan qui bombarde les kurdes du PKK aux prises avec Daesh ?
        J’arrête : moi qui suit du côté de Ghandi, je demande la clarté. Y-a-t-il un seul homme d’Etat qui un jour n’ai pas joué le rôle de l’assassin. C’est à dire celui qui tue, non pas pour se défendre, mais pour défendre "ses intérêts", ses privilèges, sa zone d’influence, etc. Autant de questions sans réponse facile.
        Un pays en guerre civile (Syrie) est-elle une dictature ? Qui défend quoi, dans ce pays ?
        Un peu d’analyse. Un peu de réflexion. Un peu de dialectique. Merci Jacques Nikonoff. NB : je suis en désaccord avec les positions du PEP, mais je peux adhérer à celle-là : Poutine n’a sans doute pas "raison", mais il est un peu plus dans la vérité que "nos démocraties".

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  • SYRIE : Poutine a raison !

    6 octobre 2015 10:35, par DEL RO

    ce qui est dramatique c’est l’entêtement de Fabius et Hollande qui ne veulent pas reconnaître que depuis 20 ans l’occident parle de multiculturalisme et construit des barrières . Depuis 20 ans des décisions aberrantes ont conduit à façonner une haine de l’occident chez certains peuples qui souffrent de ces décisions mortifères. Des campagnes de presse dignes de la propagande que l’on croyait dépassée organisent une sorte de pataugeoire idéologique
    qui a organisé le choc des civilisations si ce n’est l’OTAN machine de guerre au profit des multinationales version "guerre froide" ? De Gaulle revient ils sont devenus fous !...

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  • SYRIE : Poutine a raison !

    6 octobre 2015 12:17, par jihefe

    Il n’y aurait pas un petit côté pacte germano-soviétique à s’allier avec deux dictateurs, même pour des raisons stratégiques ? Même pour s’attaquer à Daesch, ce qui est indispensable, peut-on faire cause commune avec le Poutine qui a encouragé et organisé des crimes de masse en Tchétchénie, fait éliminer physiquement ses opposant(e)s ? Avec le bourreau Assad qui assassine son peuple, enfants compris ? L’auteur de l’article serait bien avisé de relire Merleau-Ponty et Castoriadis car ses positions fleurent bon le retour du stalinisme.

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  • SYRIE : Poutine a raison !

    6 octobre 2015 13:26, par Gaudefroy

    D’accord avec cet article sauf sur la qualification de Assad comme Dictateur criminel. Le bombardement de son peuple avec des barils ou du gaz sarin, c’est de la grossière propagande de guerre relayée par des torchons atlanto-sionistes auxquels on ne peut plus faire confiance (NYT, le monde, l’obs, libération)
    Combien de Français sont sur le terrain en Syrie, à l’exception du journaliste-dissident Thierry Meyssan ?
    Quelle légitimité pour dire ce type là, élu et réelu par une très grande majorité de son peuple est un criminel ?

    L’info vient de tomber, tartempion journaliste syrien accuse Hollande de criminel : l’affaire Charlie est un coup monté de l’état. Photos et témoignages exclusifs dans Le nouvel obs de Damas.

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  • SYRIE : Poutine a raison !

    6 octobre 2015 15:00, par benzekri hamid

    La coalition des "bâtisseurs de la démocratie" comme ils l’ont fait en Irak et en Libye pour ne citer que ces deux pays reproche à la Russie de ne pas cibler comme il faut Daesh... De n’avoir visé les "mauvais" terroristes qu’une fois sur dix selon le premier ministre britannique. Ils reprochent aux Russes de trop frapper les "bons" terroristes qu’ils reconnaissent avoir formés... Or TOUS les terroristes low cost ont été crées et formés par les États-Unis et financés par les plus grandes "démocraties" régionales : L’Arabie Saoudite et le Qatar.
    Et si les "bâtisseurs de la démocratie" savent où se trouvent les "mauvais" terroristes pourquoi les ont-ils ménagés...? Depuis le temps qu’ils disent frapper.
    A moins que le but était et est la chute de Bachar pour atteindre l’axe de résistance à Israël : l’Iran et le Hezbollah alliés de la Syrie...
    L’intervention de la Russie a changé la donne et perturbé les calculs malsains d’une coalition impérialiste réactionnaire et sioniste,prête à composer avec le DIABLE DAESH soit-il. Quand à la liberté et la démocratie ils doivent rester l’affaire des peuples pour les arracher et les défendre sans aucune ingérence étrangère, "progressiste" soit-elle ?
    D’accord sur bien des choses dans l’article. Nous n’avons pas, cependant, à nous justifier et à chercher à prendre nos distance à chaque fois avec les régimes non démocratiques.

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  • SYRIE : Poutine a raison !

    6 octobre 2015 17:59, par Travailleur humanitaire

    C’est depuis une ville du sud de la Turquie, proche de la frontière syrienne, que je vous fais part de ma consternation à la lecture de cet article.
    Votre analyse du problème se réduisant à une nécessaire réponse anti-impérialiste à la présence américaine ou au recentrage sur le Droit international, je vous invite à venir voir sur le terrain quelles sont les conséquences, pour le peuple syrien, de l’intervention militaire de la Russie : nouveaux morts civils, nouveaux déplacements massifs de population ; risque de fermeture du dernier accès libre à Alep, ville qui subit les assauts forcenés du régime de Damas depuis trois ans et va maintenant devenir une ville assiégée.
    Une coalition légitime pour combattre le daesh ? Nécessaire sans aucun doute. Mais au prix d’une collaboration avec l’armée d’Assad ? Il ne faut pas se tromper d’ennemi ; vous semblez avoir totalement oublié que sans Assad, le daesh n’en serait pas aujourd’hui à contrôler la moitié du pays.
    Vous allez donc donner une nouvelle légitimité à un assassin, à la tête d’un système qui soumet la Syrie depuis quarante cinq ans et massacre son propre peuple depuis près de cinq ans. Au peuple de choisir ensuite ? Rappelez-vous simplement que sous Assad, il n’avait pas le choix ; c’est pour cela que, privé de tout espoir, il est descendu dans la rue en mars 2011. Et que, s’il avait été soutenu au bon moment, la Syrie ne serait pas aujourd’hui un champ de ruines. Mais y avez-vous seulement pensé, à ces gens qui ne sont ni pour Assad, ni pour le daesh, ni pour les Etats-Unis, mais qui simplement sont en train de tous mourir parce qu’ils ont voulu clamer leur droit à la liberté ? Ou bien préférez-vous rester dans un débat de salon sur la légitimité d’une coalition soutenue par la Chine, l’Egypte, et autres démocraties bien connues ?
    Votre position va vous valoir beaucoup d’amitiés louches ; c’est tout le bien que je vous souhaite.

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  • SYRIE : Poutine a raison !

    6 octobre 2015 19:02, par Serge

    Oui, le droit international est bafoué assez facilement par les Etats-Unis et ses amis, à travers notamment son utilisation du « droit d’ingérence ».

    Pour autant, votre texte ne répond pas à une question-piège, à laquelle la situation concrète des peuples en état d’insurrection nous oblige à répondre : comment doit faire un peuple soumis à la coercition d’un parti et à sa tête d’une clique dictatoriale, pour parvenir à s’en défaire ?

    Songeons à la situation caricaturale de la Corée du Nord.

    C’est là où pèche sérieusement la position classique de la gauche de la gauche.

    Elle réfute l’interventionnisme occidental : très bien ; mais elle est bien sèche par rapport aux situations critiques dans laquelle les populations peuvent se retrouver, et à l’égard aussi des insurgés, légitimement en droit de se battre contre l’oppresseur mais qui ne disposent pas des mêmes moyens militaires. Leur seul recours serait-il qu’ils préparent des coups d’Etats, opérations plus faciles à dire qu’à faire – Khadafi et Assad ne sont pas Salazar (Portugal)…

    Par ailleurs, le respect de la souveraineté des Etats est également à géométrie variable chez Poutine tout comme chez Xi Jinping. Je ne m’appuierais pas sur eux pour faire respecter le droit des peuples…

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  • SYRIE : Poutine a raison !

    6 octobre 2015 21:18, par Vinnie Reb

    Le mot clé dans le texte, surtout vers la fin, est "chaos". J’ajouterais aussi celui de "destabilisation". C’est exactement ce que le camp occidental, mené par le gouvernement US, est en train de semer : le chaos. Pour pouvoir mieux destabiliser ces quelques pays qui disent NON à la puissance des USA, qui refusent leur hégémonie.

    Il n’y a pas de complot derrière cela : il suffit de lire et d’écouter les conférences faites par les néo-conservateurs. Un néo-conservateur tel que George Friedman ne s’en cache pas (et il n’est pas le seul). Il dit clairement que tous ces conflits - Libye, Syrie, Irak, Afghanistan, Ukraine, entre autres - sont autant de guerres de destabilisation.

    L’analogie entre DAESH et autres groupes fondamentalistes, et le nazisme/fascisme, est bien vue. Il ne faut pas se tromper d’ennemi, effectivement. Le problem "Assad" - si toutefois s’en est un - est le problem des Syriens. Nous n’avons pas à interférer. Rappelons-nous de la Révolution de 1789 : lorsque la République fut proclamée, les autres royautés d’Europe nous sont tombées dessus (Valmy...) alors que nous les Français ne faisions que résoudre notre problem avec notre roi. Nous n’avions alors pas du tout apprécié l’interférence des autres nations, il me semble. Par contre, le danger fondamentaliste (et non pas musulman, pas d’amalgame !) est bien réel. Le problem "Assad" ne va pas s’étendre chez nous. Mais celui posé par DAESH et leurs semblables, oui ! D’autant plus que derrière ces groupes, qui se cache ? La CIA !

    Et si le véritable problem n’était donc pas tant tous ces gens qu’on qualifie de dictateurs - Poutine, Assad, Chavez, Castro, ou encore le gouvernement iranien, par exemple - mais bien le system capitaliste, défendu par les USA et leurs affidés comme l’Arabie Saoudite, le Qatar, Israel ? Car derrière tout ce chaos organisé à grande échelle, n’oublions pas que se profile les visées impérialistes des USA pour préserver leur hégémonie sur la planète. Impérialisme et hégémonie reposant largement sur le pétro-dollar. Comme par hazard, les pays qui ont voulu s’affranchir du dollar pour leurs échanges internationaux (notamment de pétrole et gaz), sont ceux-là mêmes qui ont subi les attaques récentes (guerrières et boursières) orchestrées par le gouvernement US et les grandes institutions supranationales (OTAN, UE, FMI, Bank Mondiale, entre autres).

    Dans ces pays, le feu, le sang, la sueur et les larmes. Dans nos pays, le TAFTA. Mais in fine, le résultat est identique : destruction des nations, asservissement des peuples, hégémonie d’un seul system, le capitalisme. Lequel apporte la guerre comme la nuée apporte l’orage, comme le disait Jaurès.

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    • SYRIE : Poutine a raison !
      7 octobre 2015 11:27, par Le.Ché

      Une chose est certaine le capitalisme veut dominer notre monde et les USA mènent la danse avec la France, si on veut essayer de régler le problème des pays africains et du moyen orient c’est chez eux qu’il faut trouver les solutions.
      Il y a assez de chômage en France avec 10 millions de chômeurs et de travailleurs pauvres, c’est certain que Hollande n’est pas un Homme de Gauche ou la Gauche ne veut plus rien dire.

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  • SYRIE : Poutine a raison !

    7 octobre 2015 10:06, par Eric

    "Il ne s’agit pas de soutenir le dictateur criminel Bachar el-Assad..."

    Bachar el-Assad n’est pas un dictateur criminel, mais un héros de la résistance à la barbarie. Je rappelle qu’en 2014 88,7% des Syriens ont voté pour lui et que le taux de participation fut de 73,42%. Sur les 15,8 millions de personnes appelées à voter en pleine guerre civile, 11,6 millions ont participé au scrutin, a précisé le chef du Parlement Mohammad al-Lahham.

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  • SYRIE : Poutine a raison !

    7 octobre 2015 18:50, par Tanya

    Bien sûr que Poutine a raison de rétablir un équilibre dans l’ordre mondial pour la défense de la souveraineté des Etats et des peuples, merci pour cet article clairvoyant et votre posture si courageuse aujourd’hui !
    Il n’était pourtant pas nécessaire d’insulter le président Bachar el-Assad pour mieux faire passer la pilule, surtout lorsque rien n’a pu être prouvé sur les actes criminels dont on l’accuse si aisément.

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    • SYRIE : Poutine a raison !
      9 octobre 2015 08:18, par chb

      "pas nécessaire d’insulter el Assad" : effectivement, le piège bien-pensant fonctionne, dans le cadre d’une propagande massive entérinée par tous les medias et par l’opinion. Etrange sans doute, quand les accusations contre Kadhafi ont été démontées avant même son exécution. Mais la diabolisation obligée - abondée notamment par les commentateurs de gauche - permet de concilier dans une pensée unique les impérialistes et les bisounours. Grâce à quoi le Parlement se prononce massivement pour la guerre.

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  • SYRIE : Poutine a raison !

    8 octobre 2015 09:21, par Serge Diaz, retraité membre d’Ensemble, mouvance Front de Gauche

    Quel tour de force de la part de M. Nikonoff : faire passer Poutine pour le défenseur de la légalité et de l’anti-libéralisme !!!!
    Que de confusion stratégique ! : Se battre aux cotés de Bachar el Assad, c’est comme si on proposait de s’allier avec Daesh pour combattre l’impérialisme US.
    Cet article coupe l’envie de débattre. On ne peut même pas dire jusqu’où ira le M’pep dans sa défense de Poutine, on est déjà en plein délire rouge brun.

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    • SYRIE : Poutine a raison !
      8 octobre 2015 19:59, par Eric

      Serge Diaz, vous dites n’importe quoi. Poutine est devenu le défenseur de la civilisation occidentale et il est respectueux du droit international, contrairement aux criminels qui gouvernent les pays d’Europe de l’Ouest. N’avez-vous pas honte de comparer l’héroïque armée syrienne à Daesh !? Je vous invite à lire ce témoignage d’un Français qui a passé dix jours en Syrie : http://www.breizh-info.com/31455/actualite-internationale/damas-de-retour-de-syrie-un-francais-temoigne-exclusif/

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    • SYRIE : Poutine a raison !
      15 octobre 2015 08:05, par Marie-Josèphe Cosmidis

      Un rouge-brun c’est une personne de gauche qui devient clairvoyante, c’est quelqu’un qui s’appuie sur les nations pour fédérer la lutte contre le capitalisme-cosmopolite. C’est une personne suffisamment clairvoyante pour ne plus voter PS.
      Ce n’est pas un délire.

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      • SYRIE : Poutine a raison !
        16 octobre 2015 08:30, par chb

        Ah, il n’est pas étiqueté « rouge-brun », le minable NPA qui continue de vouloir armer les "bons rebelles" et s’abstient timidement de dénoncer les intrigues les plus graves...
        Et si on mettait un coup de pied dans la fourmilière du 11 septembre ? Cet événement fondateur de la fausse guerre à la terreur ayant eu des répliques en France, on aurait tout intérêt à fissurer sérieusement la propagande impériale de ce côté-là (et je regrette que Poutine n’y ait pas fait allusion à l’AG ONU, tiens). Avant qu’un nouveau choc bien sanglant n’occupe la petite lucarne et n’emporte les foules dans un consensus belliciste !

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