Stéphane Heber, Freud sociologue, Éditions le Bord de l’eau, 2012.
mercredi 1er août 2012
Auteur : par webmaster
fontsizeup fontsizedown impression envoyer l'article par mail suivre la vie du site syndiquer le forum 0 réaction
 
Accueil > Analyses et propositions > Enseignement / Culture / (...) > Culture > Stéphane Heber, Freud sociologue, Éditions le (...)
 

Freud sociologue

Auteur : Stéphane Heber

Editions : le Bord de l’eau, 2012



En matière de connaissance des réalités collectives, Freud n’a-t-il été que cet amateur mal éclairé ou ce partisan d’une réduction aveugle du social au psychique que la plupart des commentateurs du siècle passé ont réprouvé ?

Cet ouvrage montre, au contraire, que le père de la psychanalyse fut, sous bien des aspects, bel et bien un sociologue. Mais un sociologue paradoxal et singulier, attentif tant à l’hétéronomie du monde social qu’à son entrelacement complexe avec le monde du psychisme individuel. Et si cette drôle de sociologie n’a donné lieu à aucune systématisation finale, elle s’est déployée de manière assez cohérente et différenciée, au fil d’une oeuvre dont elle n’occupait pas le centre, mais que cette marginalité, paradoxalement, émancipait.

La fécondité d’un tel engagement théorique se mesure à l’intérêt qu’il nourrit pour les formes émergeantes, indécises ou instables du social. Bref, pour un social qui ne s’est pas encore solidifié, qui ne peut ou ne peut plus le faire, ou le fait au détriment des personnes. D’où l’importance de thèmes comme ceux de l’individuation, de la contrainte, de la souffrance et de la violence.

À l’heure où les sciences sociales tentent de franchir les frontières que les sociologues classiques avaient tracées pour mieux isoler leur objet par rapport à certaines altérités essentielles (la société et la nature, la société et l’individu, la société et la violence destructrice, etc.), les incursions sociologiques du fondateur de la psychanalyse méritent de nouveau d’attirer l’attention.