Vers un printemps grec ?
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 VERS UN PRINTEMPS GREC ?

Communiqué du Bureau exécutif du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 26 janvier 2015.

Le M’PEP se réjouit de la victoire de SYRIZA lors des élections législatives du 25 janvier 2015 en Grèce. Avec plus de 36% des voix, SYRIZA est désormais la première force politique du pays, son leader, Alexis Tsipras, est devenu Premier ministre. La Commission européenne, la Banque centrale européenne, les milieux dirigeants allemands, soutenus par les grands médias, avaient pourtant tenté de semer un climat d’inquiétude sur la perspective de l’accession de SYRIZA au pouvoir. Ce parti a été qualifié de « gauche radicale » pour effrayer le public, alors qu’il se classe plutôt dans la gauche modérée puisqu’il ne souhaite ni sortir de l’Union européenne, ni de l’euro. D’ailleurs les marchés financiers n’ont manifesté aucun signe d’inquiétude après la victoire électorale de SYRIZA.

 1.- Les Grecs ont manifesté leur volonté de reconquérir leur souveraineté nationale et ils ont rejeté les politiques néolibérales d’austérité et la classe politique corrompue et discréditée, gauche et droite confondues.

Le peuple grec s’est prononcé pour une solution nationale : libérer la Grèce des envahisseurs que sont les hommes en noir de la Troïka (Banque centrale européenne, Fonds monétaire international, Commission européenne), retrouver leur dignité. Cette lutte de libération nationale a pour but de redonner à la Grèce sa pleine souveraineté, seule solution pour que le peuple choisisse lui-même son destin. C’est ce qu’a dit, à juste titre, Alexis Tsipras dimanche soir : « le peuple grec a écrit l’histoire ». La leçon est bonne pour toute l’Union européenne : chaque peuple a la possibilité de reprendre en main sa souveraineté à l’échelle nationale.

Le chemin, néanmoins, reste encore long pour que les Grecs retrouvent leur pleine et entière souveraineté. Car la Grèce, comme tous les membres de l’Union européenne et de la zone euro, ne disposera toujours pas des leviers économiques décisifs que sont la politique monétaire, budgétaire et de commerce international. Les marges de manœuvre du nouveau gouvernement grec sont donc très étroites.

Dimanche, le peuple grec s’est clairement exprimé pour sortir enfin d’une austérité qui a suscité des souffrances sociales inimaginables. Ce sont 25% des Grecs qui sont au chômage, alors qu’un quart de la population vit aux alentours ou sous le seuil de pauvreté. Les salaires du privé et du public ont été baissés de 30 à 50%, comme les pensions, alors que le taux de TVA était remonté à 23% (la moyenne dans la zone euro, déjà extravagante, est de 20,8%). Les effectifs de fonctionnaires ont été réduits drastiquement, paupérisant tous les services publics.

Le peuple a balayé les vieux partis corrompus de droite et de gauche. La fin des gouvernements de coalition gauche-droite entre le PASOK (parti socialiste) et Nouvelle Démocratie (droite) est une excellente nouvelle. Ces oligarques ont régné, depuis la fin de la dictature militaire il y a quarante ans, sur la vie politique grecque avec les résultats que l’on connaît.

 2.- Le programme proposé par SYRIZA contient des mesures favorables aux intérêts des classes dominées.

Le rejet des politiques néolibérales menées délibérément par les classes dominantes pour aggraver les inégalités en leur faveur, constitue le programme de SYRIZA. Celui-ci, appelé « programme de Thessalonique », comporte deux grands objectifs : faire face à la « crise humanitaire » et relancer la croissance.

Concernant la « crise humanitaire » (1,8 milliard d’euros au total y sont consacrés), des mesures sociales d’une grande portée sont envisagées : subventions pour l’alimentation des familles pauvres (756 millions) ; courant électrique gratuit pour 300.000 ménages pauvres ; suppression de la nouvelle loi d’imposition du patrimoine ; création de 300.000 emplois dans les secteurs privé et public (5 milliards) ; rétablissement du salaire minimum à 751 euros par mois (il a été abaissé à 586 euros) ; gratuité des soins de santé pour les chômeurs sans assurance ; annulation des « réformes » du droit du travail… Ces mesures vont coûter entre 12 et 13 milliards d’euros pour les deux ans qui viennent.

Pour financer ces mesures, SYRIZA espère profiter des retombées de la croissance ; la lutte contre l’évasion fiscale et la contrebande (3 milliards) ; la réaffectation de ressources issues du programme européen (6 milliards), et du Fonds de stabilité financière. SYRIZA veut ainsi faire une politique de relance de l’économie.

 3.- SYRIZA va faire l’expérience douloureuse de la confrontation avec le système de l’Union européenne, et devra admettre que son programme ne pourra pas s’appliquer sans sortie de l’euro et de l’Union européenne.

Depuis 2007, la Grèce a reçu 380 milliards d’euros de prêts qui n’ont pas servi à soulager les misères du peuple ni à relancer l’activité économique, mais à rembourser les créanciers ! Il faut retrancher de ce total 100 milliards d’euros d’effacement de la moitié de la dette grecque en 2012. La dette de l’État représente aujourd’hui 175% de son PIB (321 milliards d’euros). Elle est détenue à 70% par les créanciers publics internationaux. Le FMI en détient 22 milliards, les pays de la zone euro 53 milliards sous forme de prêts bilatéraux (France 10 milliards), le Fonds européen de stabilité financière (142 milliards)… Cette dette grecque n’a pas à être payée, elle doit être annulée. Tout le monde sait que la Grèce ne pourra pas s’en sortir si sa dette n’est pas allégée, voire supprimée. Le remboursement de la dette représente en effet 20 à 25% du budget de la Grèce, lui ôtant toute marge de manœuvre.

Les créanciers (BCE, UE, FMI principalement, États membres) peuvent décider de diminuer le montant de la dette à rembourser, de diminuer le taux d’intérêt, d’allonger la durée de remboursement ou les trois à la fois. Tout ceci a déjà été fait dans le passé. Les mesures de « quantitative easing » prises par la BCE peuvent servir à cela. Cette perspective est difficilement envisageable, car les oligarques européens ont peur d’une contagion au Portugal, à l’Espagne, à l’Irlande.

La politique de relance de l’économie et d’augmentation de la demande envisagée par SYRIZA ne pourra pas donner de résultats sans mesures protectionnistes, autrement dit sans rupture avec le traité de Lisbonne qui les interdit. Le principal problème de la Grèce est en effet le déficit de sa balance des paiements : la Grèce importe quatre fois plus qu’elle n’exporte. Elle consomme donc plus qu’elle ne produit. Là se trouve le problème principal de ce pays. L’endettement public ne pourra cesser que lorsque le relèvement du tourisme, de l’industrie et de l’agriculture permettront aux Grecs de consommer ce qu’ils produisent. Toute politique de relance, sans ces conditions, sera un échec.

Nous souhaitons ardemment que le peuple grec réussisse à desserrer l’étau qui l’étrangle et nous ne voulons pas jouer les Cassandre. Il ne faut pas cependant se mettre la tête dans le sable et refuser de regarder la réalité en face. Il est impossible de mettre un terme aux politiques néolibérales d’austérité sans s’affranchir des instruments principaux des politiques néolibérales que sont l’euro, le traité de Lisbonne, et toutes les institutions européennes. Comme il paraît peu réaliste d’obtenir l’accord des Vingt-Huit sur ces questions, il faut bien envisager la seule issue qui demeure : une sortie unilatérale de la Grèce de l’euro et de l’Union européenne.

 4.- Le gouvernement SYRIZA – ANEL préfigure-t-il un dépassement du clivage gauche-droite ?

Ayant obtenu 149 sièges alors qu’il en faut 151 pour avoir la majorité au Parlement, SYRIZA a dû trouver des alliés. Elle a choisi de s’allier avec ANEL (Grecs indépendants), qui ne se classe pas à gauche mais revendique la souveraineté nationale et une politique favorable aux plus pauvres. Cette formule politique donnera-t-elle naissance dans plusieurs pays à de nouvelles alliances du type de celle du Conseil national de la Résistance ?

La victoire de SYRIZA a suscité des espoirs en France. Certaines forces politiques veulent s’en inspirer. Elles devront alors faire ce qu’elles se refusent à faire aujourd’hui : placer comme objectif central à leur lutte la reconquête de la souveraineté nationale et populaire, et rompre toute relation avec les socialistes et leurs alliés (les Verts notamment), responsables partout en connivence avec les grands partis de droite de la mise en œuvre des politiques néolibérales d’austérité. Ce message vaut particulièrement pour le Front de gauche en France.

* * *

Le 28 février 2015, selon ce qui avait été prévu jusqu’à présent, la Troïka doit faire le bilan des « réformes » engagées par la Grèce (sous l’ancien gouvernement) pour décider des nouveaux versements de fonds. Nous aurons donc dès ce moment une indication sur le cap que voudra suivre le nouveau gouvernement. Après, la dernière tranche du deuxième plan de sauvetage devra être prêtée à la Grèce : 10 milliards d’euros dont 7 milliards par le FMI.

En mars 2015 la Grèce devra faire un remboursement à l’Union européenne.

En juillet et août 2015, 7 milliards d’obligations de l’État grec, détenues par la BCE, arrivent à maturité. La Grèce n’a pas les liquidités pour les rembourser, ni les moyens d’emprunter sur les marchés financiers (le taux des obligations de l’État grec à 10 ans, sur le marché secondaire, est de plus de 9%). Si la Grèce ne peut pas rembourser, ce sera le défaut et probablement la sortie de la zone euro. Que se passera-t-il alors ? D’autres peuples se manifesteront-ils pour reconquérir leur souveraineté nationale et se libérer de la tutelle de l’Union européenne ?


 ANNEXE

L’ascension de SYRIZA a été très rapide. De 4,5% des voix et 13 sièges en 2009, la coalition est passée à 27% et 79 sièges en juin 2012 pour parvenir aujourd’hui au score historique de 36% et 149 sièges, à deux doigts de la majorité absolue (151 sièges). Cette progression fulgurante est la courbe inversée de celle du PASOK (Mouvement socialiste panhellénique) qui a chuté de 43,9% en 2009 et 160 sièges, à 12,3% en 2012 et 33 sièges, puis 4,7% le 25 janvier 2015 avec 13 sièges. Par un système de vases communicants, les voix du PASOK sont passées à SYRIZA.
Derrière SYRIZA, la droite incarnée par Nouvelle démocratie réalise 27% (moins 2 points), les néo-nazis d’Aube dorée reculent de 6,9 à 6,3% (17 sièges), le nouveau parti pro-européen de centre-droit la Rivière, fondé en mars 2014 par le journaliste Stávros Theodorákis (6%, 17 sièges) et le Parti communiste de Grèce KKE avec 5,5% (+ 1) et 15 sièges (+ 2).


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Forum de l'article  -22 Messages

  • Vers un printemps grec ?

    27 janvier 2015 07:31, par Jean-Paul

    Je ne sais pas s’il faut se réjouir de voir cette alliance contre nature entre un parti qui se dit de gauche ( certain le qualifiant même de radical) et un parti "souverainiste" qui se rapproche plus de Dupont-Aignant que de Chevènement ou du M’pep. Nous verrons bien vers quel chemin cet attelage contre nature va mener la Grèce. Pourquoi pas d’alliance avec le PC Grec 149+15 la majotité serait net ?

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    • Vers un printemps grec ?
      27 janvier 2015 08:33, par Vinnie Reb

      Moi aussi je me suis posée cette question à propos de cette alliance. Cela dit, le KKE prone une politique bien plus radicale de rupture avec l’UE, ce que ne fait pas SIRIZA. Bien trop radical pour SYRIZA sans doute ?
      Quoi qu’il en soit, je suis d’accord avec le ton de l’article : ne nous réjouissons pas trop vite et attendons de voir ce que SYRIZA va pouvoir faire. Tôt ou tard, ils seront effectivement confrontés au Capital et à ses institutions comme l’UE. On verra alors la limite réelle de la politique de désobéissance, notamment pronée par le FdG en France... Je pense que les thèses du MPEP et d’autres mouvements sécessionnistes seront alors plus que confortées : la seule façon de s’en sortir, c’est de sortir (de l’UE, de l’euro, de l’OTAN et du capitalisme). Le Capital a tout à perdre, il ne lachera pas le morceau aussi facilement, sans opposer un combat féroce.

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    • Vers un printemps grec ?
      27 janvier 2015 09:24, par françoise milliard

      oui, pourquoi pas d’alliance avec le PC ? est-ce que le PC est trop européiste ? le choix a-t-il été celui d’une résistance à l’UE ?

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    • Vers un printemps grec ?
      27 janvier 2015 10:53, par MD

      Il n’est pas certain que le PC grec ait souhaité une alliance avec SIRYSA car il est favorable à la sortie de l’UE et de l’euro ce qui n’est pas le cas de SYRISA. Mais on peut souhaiter que les choses évoluent et que SYRISA soit placé devant la nécessité d’une sortie unilatérale de la Grèce de l’UE et de sa monnaie unique.

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    • Vers un printemps grec ?
      27 janvier 2015 11:02, par Aliser

      Jean-Paul, tu as entièrement raison !!!

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    • Vers un printemps grec ?
      27 janvier 2015 11:03, par Mazon Michel

      Le KKE a exclu toute alliance avec Syriza, c’est écrit en toute lettre sur le site web du KKE avec d’excellents arguments d’ailleurs
      (c’est ici : http://fr.kke.gr/fr/firstpage/ )

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    • Vers un printemps grec ?
      27 janvier 2015 11:57, par Bernard

      J’ai lu quelque part que les communistes ne veulent pas s’allier avec SYRIZA. D’autre part je ne vois pas en quoi cette association serait contre nature, si les accords entre ces deux formations portent sur la prise en main par les Grecs de leur avenir, concrètement et non plus seulement dans les mots. Les notions de "gauche" - "droite" ne veulent sans doute plus dire grand’chose (cf chez nous PS et UMP, chez eux le PASOK et l’équivalent de droite). En tout cas elles ne peuvent être utilisées pour différencier les politiques menées jusqu’à présent.

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    • Vers un printemps grec ?
      27 janvier 2015 12:02, par hervé

      Bonjour,
      Si le pc grec est comme le pc français ils ont raison de ne pas s’allier avec lui : dès que le ps agite un truc brillant ils se jettent dessus comme une mouche sur la ....
      Le pc va systématiquement où il voit son intérêt au lieu d’agir en fonction de l’intérêt général.
      Ici le pc fait normalement parti du front de gauche... quand ça l’arrange ! Bien que dans le front de gauche il s’allie pourtant par endroits avec le ps alors que la ligne de conduite du fdg est "pas d’alliance".
      Bonne chance et bon courage aux grecs.
      Et vivement la même chose chez nous.

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      • Vers un printemps grec ?
        27 janvier 2015 19:50, par LBM

        Le KKE n’a rien à voir avec le PCF pro-UE. D’ailleurs le PCF n’entretient aucun lien avec son "parti frère" grec depuis qu’il (le pcf) est pro-UE et pro-Euro.

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    • Vers un printemps grec ?
      27 janvier 2015 17:52, par Le.Ché

      Il ne peut pas y avoir d’alliance avec le PC Grec pour la simple raison que le PC Grec est pour la sortie de l’euro et de cette Europe capitaliste alors que Syriza veut continuer avec l’euro.

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    • Vers un printemps grec ?
      31 janvier 2015 21:29, par Manis

      L’alliance de Syriza avec ce parti indépendantiste, et non avec les communistes, viendrait peut-être de son espoir de renégocier la dette grecque : une alliance avec ces derniers, pourtant naturelle, aurait peut-être été jugée trop à même "d’effrayer les marchés", et de dégrader plus encore la situation financière grecque.
      Syriza aurait alors été précipitée dans le (non)choix de la sortie de l’euro (via celle de l’Europe, ou techniquement, par ré-émission d’une monnaie propre). Ce que Syriza ne souhaite pas (ouvertement, à tout le moins).

      mais tout cela est conjecture. Par contre, et comme le suggère l’article, ne pourrait-on pas rapprocher cette alliance de celles faites par le Nouveau CNR, notamment avec l’UPR ?

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  • Vers un printemps grec ?

    27 janvier 2015 08:59, par Limonov

    Les politiques de droite manipulent actuellement l’opinion en affirmant que si les grecs ne payent pas leur dette, les autres européens devront le faire à leur place. Je voudrais savoir qui détient exactement la créance française (les 10 milliards)et dans quelle mesure le défaut de la Grèce nous porterait préjudice à nous, le peuple français. Il nous faut des arguments pour contrer ce discours nationaliste.

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  • Vers un printemps grec ?

    27 janvier 2015 09:01, par Alexis

    "Il est impossible de mettre un terme aux politiques néolibérales d’austérité sans s’affranchir des instruments principaux des politiques néolibérales que sont l’euro, le traité de Lisbonne, et toutes les institutions européennes. Comme il paraît peu réaliste d’obtenir l’accord des Vingt-Huit sur ces questions, il faut bien envisager la seule issue qui demeure : une sortie unilatérale de la Grèce de l’euro et de l’Union européenne."

    Pourquoi ? Expliquez...

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  • Vers un printemps grec ?

    27 janvier 2015 10:58, par Bonnet Daniel

    « Les bolchevistes » sont de retour, « c’est une gauche modérée, pas comme le FRONT DE GAUCHE » dit une pauvre « militante » PS sur BFM le soir de l’élection... On entend de tout, mais seule la victoire est belle : c’est aussi la nôtre ! Après le sursaut citoyen du 11 janvier en France, ce 25/01/15, en Grèce et en Europe, est un tournant décisif pour les peuples qu’on affame, pour notre dignité qui est piétinée... Ce dimanche soir j’étais heureux et les gueules coincées de nos chers socialos que je veux retrouver à 5%, comme quand j’avais 20 ans, n’altèrent pas la jubilation de cette belle victoire, bien au contraire ! Quant aux écolos, de Rugy s’est montré narquois avec Mélenchon, autant que la journaliste, et le chemin sera long et semé d’embuches en France, beaucoup plus qu’en Espagne qui sera le 2ème peuple a franchir le pas de l’émancipation, à mon avis, surtout avec le calendrier électoral qui est le leur. L’angle d’attaque d’une 6ème République est judicieux et toutes les forces anticapitalistes doivent apporter de l’eau au moulin !

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  • Vers un printemps grec ?

    27 janvier 2015 12:14, par Aliser

    Blanc bonnet, bonnet blanc ou le non-changement.

    L’aspect positif — s’il y en a un — du changement de gouvernement en Grèce — après la victoire du parti Syriza — c’est que les pauvres resteront toujours pauvres et les riches toujours riches. Fêtons le non-changement, les grecs ne veulent pas changer de système politique !

    Aliser

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  • Vers un printemps grec ?

    27 janvier 2015 13:15, par frederic maurin

    " La dette de l’Etat représente aujourd’hui 175% de son PIB (321 milliards d’euros). Elle est détenue à 70% par les créanciers publics internationaux"

    Je me trompe peut-être mais avant 2008 cette date était largement privée ? Auquel cas, il fallait le rappeler.

    Et nature de la dette, odieuse-légitime ? - la Grèce "10ième place du monde dans la liste des importateurs d’armes et est le plus grand importateur d’armes dans l’Union européenne."

    La dette grecque, défaut ou pas, ce n’est pas perdu pour tout le monde...

    Sinon, FORZA SYRIZA ! http://rupturetranquille.over-blog.com/2015/01/forza-syriza.html

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  • Vers un printemps grec ?

    27 janvier 2015 19:49, par cf74

    L’analyse est juste : Syriza a gagné mais les "marchés" n’ont pas bougé !. Et si tsipras - à son corps défendant, soyons généreux - était le "moindre mal" pour l’Europe, c’est à dire le meilleur atout pour démontrer qu’il n’est pas possible d’échapper au système mais que le système n’est pas si mal. On lui accordera des délais, des crédits (qui feront pousser des hauts cris à l’allemagne) voire même des annulations partielles de dettes mais il devra rester dans le cadre européen....
    Tout changer pour que rien ne change : Syriza sera t il l’agent (involontaire ??) de ce machiavélisme ????
    Sous peu , les médias nous expliqueront que Podemos est aussi une perspective politique possible et que le FDG a une bonne approche du problème !. Juste histoire de faire durer le système quelques années de plus....

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  • Vers un printemps grec ?

    28 janvier 2015 10:09, par Gabriel Berthomieu

    La sortie de l’€ ne me semble pas opportune,réfléchissons plutôt aux monnaies complémentaires,certains ont parler d€-franc d’€-lire pourquoi pas si ça permet de retrouver une autonomie national et surtout de l’espoir en l’avenir d’un monde apaisé .

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  • Vers un printemps grec ?

    31 janvier 2015 00:07, par Christian

    Pourquoi le MPEP ne mène t-il pas sa bataille politique pour créer un grand mouvement unitaire, constitué de divers organisations, politiques et de la société civile ? Un front à gauche, en somme, reprenant le modèle grecque qui a si bien fonctionné et que le MPEP semble soutenir malgré des divergences politiques importantes. Ou pensez vous sérieusement qu’une seule organisation puisse arriver a devenir majoritaire à elle seule, avec ses p’tits bras ? Cette vision n’est-elle pas dépassée ? et hypocrite ? Ne risque t-elle pas de jouer la division et l’affaiblissement d’un mouvement qui se veut pluraliste pour combattre les politiques libérales de l’Europe ?
    Pour battre la droite et la gauche libérale (comme en Grèce)à plus ou moins court terme, ne serait-il pas plus judicieux de se rallier au front de gauche ?
    Merci pour la réponse à toutes ces questions qui pour moi me sembles essentielles.
    Christian

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    • Vers un printemps grec ?
      1er février 2015 17:35, par Alain Brachet

      Réponses à Christian :
      1ère question : cette organisation existe en France : le FdG
      Dernière question : oui, il faut qu’une organisation comme le M’PEP, et d’autres analogues, notamment par leur faible taille, ou leur faible impact médiatique, sollicitent – quelles qu’en soient les difficultés – leur adhésion au FdG… pour y porter la bonne parole (quand on est petit, on n’est pas un interlocuteur externe digne d’être pris en considération…la preuve, d’ailleurs, en est que le FdG a refusé pour l’instant de coopter le M’PEP …)
      Réponse à Vinie : OK pour le programme proposé :… « sortir de l’UE, de l’Euro, de l’OTAN, du capitalisme ». Mais l’énoncé d’un tel projet ne suffit pas apparemment pour mobiliser à lui seul les foules nécessaires pour l’imposer, voire même pour leur faire rejoindre en quantités significatives ceux qui le professent. Cet objectif global a besoin d’une stratégie concrète de mise en œuvre. Pour cela :1) le temps presse ; 2) il faut absolument réunir une majorité d’un peuple pour avoir quelque chance de progresser (par exemple, en franchissant une première étape : prendre le pouvoir d’état. Ce qui vient de se faire en Grèce). Cela a manifestement imposé que les porteurs d’un tel objectif (Syriza) s’attachent d’abord à initier une telle stratégie, avec volontarisme et prudence. Ils ont choisi, à ce stade donc, de ne pas mettre en exergue l’objectif de sortir de l’UE…et ils ont eu raison puisqu’ils ont triomphé ! Ils ont probablement estimé que leurs adhérents et le peuple grec seraient rebutés par la perspective, aujourd’hui, d’une sortie de l’UE. Une preuve en est que le PC grec (le KKE) qui formulait cette dernière option est loin derrière Syriza (même s’il a un peu progressé…ce qui mérite sûrement une réflexion supplémentaire).
      La suite n’est pas encore prévisible (en tout cas pour moi), mais j’ai confiance : une organisation politique (Syriza) qui a réussi une telle percée en si peu de temps a du répondant. Il faut capitaliser sur l’acquis (ce qui aurait dû être le cas, en d’autres temps et autres lieux, et dans une situation similaire, avec le succès de Mélenchon aux présidentielles…). Car en face, il y a de sérieux opposants, qui ne reculeront, s’il le faut, devant aucune manœuvre, y compris les plus meurtrières, comme le montrent assez l’Irak, la Syrie, la Lybie, l’Ukraine, la Palestine, etc…
      Il faut jouer fin. L’équipe Syriza semble à la hauteur. Il nous faut absolument soutenir ce combat, de l’extérieur, mais aussi, de l’intérieur en emboîtant le pas. Faire évoluer la France dans le même sens c’est renforcer Syriza, Podemos en Espagne, et en retour, collectivement en somme, nous serrer les coudes et nous renforcer.
      Nous en avons les moyens. Le FdG inclut des bases similaires à Syriza : une alliance de forces politiques, pour une part d’entre elles encore fortement liées aux couches populaires (le PCF), et pour l’autre part, liées à une fraction de couches moyennes, refusant l’obédience au Capital (le PG), et pour ces dernières rompant donc avec un PS devenu serviteur, par ses instances dirigeantes, mais aussi, malheureusement dans sa masse, de ce Capital. Si nous arrivions à unir, ne serait-ce que 50% de chacune de ces deux couches sociales, nous serions largement majoritaires !
      Si l’on fait jouer à plein cette union, matérialisée par le FdG, afin qu’elle s’étoffe, qu’elle grossisse (comme nous en avons une fois de plus exemple avec Syriza) il n’est pas douteux que, tant du côté populaire (incluant ceux qui s’abstiennent ou votent FN, par découragement) que du côté des couches moyennes (incluant ceux qui collent de moins en moins au PS) on verra le FdG se développer, car les réserves de militants ou simplement de sympathisants, sont importantes, parmi les laissés à la dérive, de part et d’autre. L’exemple de Syriza est encore là, pour nous prouver qu’il n’a pas fallu longtemps pour que le PS grec (le Pasok), sociologiquement et politiquement semblable au PS français, disparaisse pratiquement au profit de Syriza. En France, pourquoi en serait-il autrement ?
      Une petite remarque complémentaire sur la question : être ou ne pas être dans l’UE, dans l’Euro ?
      En France, comme Syriza en Grèce actuellement, ceux qui ont décidé de faire bouger les choses (le FdG, essentiellement), ont choisi de ne pas promouvoir une sortie de l’UE. Pour une part, ils caressent l’idée de rester « acceptables » par le PS, dont certains espèrent qu’il reviendra vers eux, pour changer vraiment les choses… ou tout au moins pour leur laisser quelques strapontins. On ne peut pas dire que cette idée ait un début de concrétisation, et personnellement je n’y crois guère. Une autre raison peut être imputable à la prudence quant à l’acceptabilité de cette option par les couches populaires et moyennes à mobiliser (elles n’y seraient pas prêtes dans leur masse). J’ai avancé plus haut cette raison pour expliquer un comportement similaire de Syriza. Dès lors que cette option, parmi d’autres, a permis à Syriza de gagner, elle risque d’être renforcée, en France et notamment au FdG : on n’a pas d’expérience concrète différente à opposer à l’expérience maintenant acquise des élections actuelles en Grèce, incluant l’option de rester dans l’UE ou l’euro. Dans le même temps, il semble bien qu’en France ceux qui prônent la sortie de l’UE (dont le M’PEP) restent très minoritaires…et risquent de le rester tant que, par exemple, Syriza et le développement de sa politique gouvernementale n’aura pas fait la preuve, tout en se développant dans le sens prévu, qu’elle bute sur la nécessité de sortir de l’UE. De ce point de vue (être ou ne pas être dans l’UE) l’existence de conclusions assurées, c’est-à-dire fondées sur une expérience concrète, ne sont pas encore à même d’être formulées. Laissons Syriza agir, aidons-la dans ses développements à venir et ne venons pas lui dicter des options qui, bien que séduisantes vues de loin, n’ont pas encore fait leur preuve, et surtout, n’ont pas encore entraîné les contre-réactions sévères qu’échafaudent les élites de l’UE.
      En somme, le M’PEP ou d’autres organisations politiques prônant la sortie de l’UE comme préliminaire, pourraient paradoxalement désormais plus facilement qu’autrefois trouver leur place dans un FdG encore opposé à la sortie de l’UE, en faisant de cette option, comme devrait le faire de son côté le FdG, non pas une condition sine qua non d’intégration, mais une hypothèse de travail que l’on demande à la Grèce de trancher expérimentalement aussi bien que possible.

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      • Vers un printemps grec ?
        2 février 2015 16:09, par MD

        Quand le Front de Gauche revendiquera la sortie de l’euro et de l’UE, conditions indispensables de la souveraineté nationale et populaire et pour ouvrir la voie à un socialisme du XXIe siècle, merci de nous tenir informés ! Depuis le temps que ça dure ce jeu de dupes on n’attend pas, on y va. Si le FDG devient enfin réaliste rien n’empêchera de réfléchir à de nouvelles alliances. Mais aujourd’hui le discours mensonger de la réorientation de l’UE, l’arlésienne de l’Europe sociale ressurgit. Ce sont des foutaises qui ne servent qu’à ménager la chèvre et le chou : les places et les alliances avec le PS et EELV.

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  • Vers un printemps grec ?

    9 avril 2015 20:04, par heras pierre

    pourquoi les grecs devraient rembourser une dette contractée à des bandits par des irresponsables qui savaient que c’était des bandits donc des escrocs . Moi, je ne rembouserais rien , je demanderais aux créanciers de s’adresser à ceux qui ont profité de ces prets.

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