Après la démission du Parti socialiste de Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon : union de toute la gauche de gauche !
samedi 8 novembre 2008
Auteur : par Texte du M’PEP

Communiqué du mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)
Le 8 novembre 2008.

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APRES LA DEMISSION DU PARTI SOCIALISTE DE MARC DOLEZ ET JEAN-LUC MELENCHON : UNION DE TOUTE LA GAUCHE DE GAUCHE !

Communiqué du mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)

Le 8 novembre 2008.


Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l’Essonne, et Marc Dolez, député du Nord, ont annoncé le 7 novembre qu’ils quittaient le Parti socialiste et qu’ils s’engageaient dans la « construction d’un nouveau parti de gauche ».

Leur décision fait suite au vote organisé au sein du Parti socialiste sur les motions en vue du congrès de ce parti, qui a placé en tête, avec 29 % des suffrages, la motion de Ségolène Royal dont la stratégie est celle de l’alliance du PS et du MoDem. Au total, les trois motions issues de la majorité sortante du PS (Royal, Aubry, Delanoë) obtiennent 80 % des suffrages sur des orientations politiques qui ont conduit la social-démocratie européenne partout à l’échec : soutien au traité de Lisbonne, mollesse de l’opposition face à la droite, refus de mettre en cause le capitalisme… La motion de Benoît Hamon, avec 19 %, sur des bases clairement à gauche, marque une rupture. De leur côté, Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon évoquent l’expérience, en Allemagne, de Die Linke. Ils appellent à la constitution d’un « front des forces de gauche pour les élections européennes ».

Le Mouvement politique d’éducation populaire prend acte de leur intention de contribuer à la création d’une nouvelle force politique de gauche. Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon y apporteraient leur sensibilité qui enrichirait sa diversité.

Le M’PEP est donc attentif et intéressé par la concrétisation de cette intention. Ainsi le M’PEP propose que, sans attendre, les partis, forces et mouvements se reconnaissant dans la « gauche de gauche » se rassemblent, comme ils ont commencé à le faire au sein de l’ « Appel de Politis ». Il faut, aujourd’hui, aller bien plus loin. Un « Comité de coordination » doit se mettre en place au plus vite et rassembler, outre le nouveau parti venant d’être créé, le PCF, le NPA, les Collectifs unitaires, le Mars, le M’PEP, etc. Son premier objectif serait de présenter des listes unitaires aux élections européennes. Ce « Comité » pourrait préfigurer la nouvelle force politique de gauche que les citoyens attendent, au sein de laquelle toutes les sensibilités de gauche seraient représentées, chacune conservant son identité, mais toutes participant à l’effort commun.

Le M’PEP a adressé un courrier, ce jour, aux responsables des organisations concernées, afin de convenir d’un premier contact.

Des listes unitaires de la gauche de gauche aux élections européennes seraient une immense source d’espoir. Elles pourraient créer la surprise.



Le M’PEP propose 5 étapes pour reconstruire la gauche

Le M’PEP propose à toutes les forces de gauche un accord en 5 points :

1.- S’unir à la base

La nouvelle force politique de gauche n’existera, se développera et n’intéressera des citoyens que si elle apparaît comme porteuse d’un projet collectif et utile à l’échelon local. La définition du sens, des finalités et des formes de l’action militante de cette nouvelle force politique est une exploration à entreprendre dès maintenant. Autrement, une pratique politique de sommet s’imposera. C’est pourquoi le M’PEP propose que les militants des organisations favorables à la création d’une grande force de gauche s’organisent à l’échelle locale.

2.- Agir par des campagnes communes

Sans attendre l’élaboration d’une plateforme commune et la mise en place de premiers éléments d’organisation, c’est l’action unitaire qui devra prévaloir. C’est pourquoi les forces politiques situées à gauche ont une vocation naturelle à s’entendre pour mener des campagnes sur des sujets qui préoccupent ou devraient préoccuper les citoyens.
Ces sujets sont parfaitement bien repérés. Il s’agit de l’emploi et du travail, de la sécurité, de l’éducation, des retraites, des transports en commun, de la santé, de l’environnement… Dans le contexte du sarkozysme, il faut ajouter la laïcité.

L’action devrait être menée sous forme de campagnes, ayant une date de début et une date de fin. Les campagnes peuvent avoir des objectifs variés : information et sensibilisation ; pétition ; préparation de manifestations ; conférences débat… L’idéal serait que ces forces politiques se rassemblent sous un label, acclimatant les citoyens afin de préparer le terrain pour les futures élections.

3.- Elaborer un projet de gouvernement sur quelques points clé

Pour lancer une nouvelle dynamique de gauche, il faut un programme, un projet et une perspective s’inscrivant dans l’histoire. Il faut une suite à l’épopée de la gauche et du socialisme commencés en 1789. Mais une telle ambition demande du travail, beaucoup de travail.

C’est pourquoi le M’PEP veut participer au rassemblement de tous les groupes politiques qui cherchent dans cette direction, de sorte que de cette diversité jaillisse un projet fédérateur.

Ce projet devrait concerner quelques points clé et s’élargir peu à peu : un domaine étendu de propriété sociale ; des droits opposables notamment celui de l’emploi ; une démocratisation généralisée de la société ; la promotion de la Charte de La Havane comme alternative au libre-échange. Tout programme de gouvernement repose sur des présupposés idéologiques, implicites ou explicites. Le débat idéologique, on le sait, est nécessaire mais n’aboutira peu certainement à un accord. C’est pourquoi, tout en poursuivant le débat idéologique, les forces de gauche doivent être capables de se rassembler sur un programme de gouvernement concret. Le tout ou rien devra être proscrit. Aucune force ne pourra faire accepter toutes ses propositions aux autres. Il faudra donc que chacun accepte des compromis en distinguant ce qui va ou non dans le bon sens.

4.- Créer une structure de rassemblement entre mouvements et partis politiques

L’émiettement des forces de gauche peut être la pire ou la meilleure des choses. Il serait la pire des choses s’il devenait permanent, et qu’il se traduise par des attitudes sectaires ou le jeu des ego, comme au moment de la présidentielle de 2007. Mais cet émiettement peut être aussi la meilleure des choses si la mutualisation l’emporte sur la division. Car chaque groupe existant aujourd’hui à gauche possède sa propre spécificité. En rassemblant tous les groupes, ce sont les multiples facettes de la réalité qui seraient abordées, débouchant sur des propositions globales. Il faut donc créer un lien où ces groupes pourront engager le dialogue.

5.- Préparer dès maintenant les prochaines échéances électorales

Le régime présidentiel pèse de plus en plus sur le système politique français. Il rend les alliances électorales très difficiles et favorise la bipolarisation. Mais il demeure, qu’on le veuille ou non, la clé de voute des institutions françaises. Aucune force politique ne peut s’en échapper, sauf à se marginaliser et à disparaître du champ politique. Toute élection présidentielle est une bataille politique à laquelle le M’PEP prendra part.

Sa stratégie sera celle de l’union de la gauche dès le premier tour, y compris avec le PS. Autrement dit, le M’PEP est prêt à faire campagne pour un candidat commun de la gauche issu du Parti socialiste. Une telle décision, cependant, reposera sur un accord politique. Celui-ci devra comporter, évidemment, des engagements concernant la lutte contre les inégalités. Si ces engagements portent sur des mesures susceptibles de faire progresser significativement l’égalité, le M’PEP contribuera à faire élire le candidat qui les défendra.

Prenons un exemple avec le programme de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007. Certes, ce programme, sur le papier, était « moins pire » que celui de Nicolas Sarkozy. Mais le M’PEP n’y a vu aucune proposition susceptible de faire progresser significativement l’égalité. Si un candidat commun à la gauche, incluant le PS, n’était pas possible, le M’PEP agira pour la présence d’un candidat commun de la gauche en dehors du PS, ce dernier étant disqualifié pour porter l’étiquette de gauche. Enfin, si cette dernière hypothèse n’arrivait pas à voir le jour, le M’PEP n’écarte pas la possibilité de présenter son propre candidat ou sa propre candidate.

Mais il n’y a pas que l’élection présidentielle, il y a les élections européennes en 2009 et les élections régionales en 2010. Ces deux élections doivent être des étapes importantes dans la création de la nouvelle force politique de gauche que nous appelons de nos vœux, et pour préparer l’élection présidentielle de 2012. Un label de la gauche républicaine et sociale devrait pouvoir être accordé à des listes et candidats qui porteraient ses couleurs.