Manifestations pour la paix en Palestine le 3 janvier
vendredi 2 janvier 2009
Auteur : par Texte du M’PEP

Depuis plusieurs jours, l’offensive militaire israélienne à Gaza intitulée « plomb durci » a causé des centaines de morts et de blessés. Elle vient s’ajouter au blocus inacceptable subi depuis des mois par le peuple palestinien. (...)

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MANIFESTATIONS POUR LA PAIX EN PALESTINE LE 3 JANVIER

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)

Le 2 janvier 2009.

Dans de nombreuses villes françaises, comme dans un grand nombre de pays sur la planète, les jours qui viennent seront marqués par des manifestations pour la paix en Palestine.

Le M’PEP appelle à participer aux manifestations du samedi 3 janvier 2009 qui se tiendront partout en France, et à Paris à 15h place de la République.

Depuis plusieurs jours, l’offensive militaire israélienne à Gaza intitulée « plomb durci » a causé des centaines de morts et de blessés. Elle vient s’ajouter au blocus inacceptable subi depuis des mois par le peuple palestinien. Avec les autres forces progressistes, le M’PEP appelle à l’arrêt immédiat de tous les actes de violence dans les territoires du Moyen-Orient. Il exige des dirigeants politiques concernés en France et dans l’Union européenne, qu’ils prennent des mesures effectives pour que cessent les décomptes morbides. Il considère que les décisions, positions, hypocrisies, mises en attente, confusions, qui permettent là-bas que jour après jour les morts, blessés, blocus, offensives militaires, violences, se perpétuent dans la discrétion voire l’indifférence froide et bureaucratique des institutions et des responsables au pouvoir, doivent cesser ici.

 Le rôle d’Israël pour aider à la création du Hamas


Depuis 60 ans Israël viole les résolutions de l’ONU, se sachant protégé par les Etats-Unis et l’Union européenne. L’Etat d’Israël détruit toute possibilité d’émergence de mouvements de gauche ou nationalistes en Palestine. Tout en se prétendant « seule démocratie au Moyen-Orient », l’Etat d’Israël s’allie à toutes les dictatures qui sévissent dans la région. La stratégie meurtrière de l’Etat d’Israël est dûment calculée, avalisée et soutenue par les grandes puissances néolibérales. Elle atteint aujourd’hui son paroxysme, à la veille des élections législatives israéliennes.

Diviser pour régner, ou comment Israël a mis en selle le Hamas.

Dans les années 1970, Israël avait fort à faire avec le Fatah et les organisations de gauche palestiniennes. Lorsqu’un Palestinien, formé au Caire, crée en 1987 une « association de bienfaisance » qui n’est en fait qu’un paravent de l’islamisme, il est encouragé par l’administration militaire israélienne, qui y voit un moyen d’affaiblir l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Cette association est autorisée à recevoir de l’argent de l’étranger. C’est ainsi que pendant que l’OLP reçoit des coups de la part d’Israël, les islamistes prennent leur envol. Ils développent un important réseau d’aide sociale, mettent en place un réseau scolaire et l’université de Gaza qui formera les futurs cadres du Hamas, qui est créé en 1987. A cette date, le Hamas se donne pour objectifs la création d’un Etat islamique et la réduction de l’influence de l’OLP. Aujourd’hui, Israël feint de découvrir la menace que représente le Hamas...

En 1993, quand sont signés les accords d’Oslo entre Rabbin et Arafat, le Hamas s’emploie à les torpiller (attentats suicides), pendant qu’Israël, de son côté, poursuit la colonisation, multiplie les entraves pour retarder la création d’un état palestinien, prévu au plus tard pour la fin 1998...

En 2001, Ariel Sharon arrive au pouvoir. Il partage avec le Hamas une hostilité nette aux accords d’Oslo. C’est là un tournant majeur. Les attentats commis par les islamistes sont attribués à Arafat, dont Sharon interdit la sortie de Ramallah. Israël entreprend de détruire toutes les infrastructures de l’Autorité palestinienne qui préfiguraient les contours du futur Etat palestinien, lesquelles, au passage, étaient financées par l’Union européenne (sans que l’UE ait jamais demandé de comptes à Israël sur ce plan). En affaiblissant une Autorité palestinienne qui s’arcboutait sur les résolutions onusiennes, Israël a favorisé la montée en puissance du Hamas.

L’Occident, quant à lui, a forcé la main à l’OLP pour organiser des élections législatives en 2006, alors que tout indiquait que le Hamas allait les remporter. Quand ce fut chose faite, Washington et l’UE décidèrent, de concert avec Israël, de couper les vivres des Palestiniens. C’est ainsi que se nourrissant des échecs successifs du processus de paix, du refus d’Israël d’appliquer les résolutions de l’ONU (avec l’aide du veto systématique américain), le Hamas a pu prospérer jusqu’à prendre le pouvoir à Gaza en juin 2007.

 Le rôle de l’Autorité palestinienne


L’Autorité palestinienne, sans ressources, sans autonomie et sans soutien, est condamnée à subir la situation. Elle s’accroche aux négociations d’Annapolis, comme un noyé à un fétu de paille. Rien n’est fait au sujet des colonies de peuplement israéliennes qui se sont multipliées aux cours de ces négociations.
Rien n’est fait au sujet des barrages routiers israéliens qui ont augmenté considérablement pendant cette période. Rien n’est fait à l’encontre du système d’apartheid renforcé par les gouvernements israéliens successifs.
Annapolis semble n’être qu’une tactique supplémentaire de retardement de la part du gouvernement américain et des négociateurs israéliens.

Dans la situation actuelle, les efforts de négociation de l’Autorité palestinienne sont vains étant donné l’intransigeance israélienne. Et cela renforce le Hamas. Ainsi Israël crée délibérément de l’extrémisme en Palestine ce qui renforce la désunion selon le vieux principe « diviser pour régner ».

Il est urgent que les institutions internationales favorisent la restauration d’une unité nationale palestinienne, la constitution d’une direction politique unifiée capable de parler d’une seule voix à l’administration américaine et au monde : cela est possible.

L’Autorité palestinienne pourrait alors appeler à une conférence internationale basée sur les résolutions des Nations Unies. Des dispositions internationales sous l’égide de l’ONU pourraient favoriser un rapprochement des différentes instances palestiniennes et instaurer les conditions indispensables à la négociation de paix. Les pays arabes et les palestiniens en particulier, peuvent coopérer avec les autres puissances de la scène internationale et ainsi empêcher les Etats-Unis de monopoliser cette médiation.

 Le rôle des États-Unis d’Amérique


Depuis le début des années 1950, les USA ont soutenu les différents gouvernements israéliens. Cette attitude pouvait trouver une explication rationnelle, du temps de la guerre froide. Mais pourquoi cette aide s’est-elle accrue depuis la chute du Mur de Berlin ? Pourquoi les Etats-Unis utilisent-ils en permanence leur droit de veto pour toute résolution de l’ONU qui met en cause les agissements d’Israël vis-à-vis des Palestiniens ?

Des voix commencent à s’élever qui affirment que cette politique est contre-productive pour les intérêts de la nation américaine, car elle est un facteur d’hostilité et donc d’insécurité pour les américains, partout dans le monde. La réponse est à chercher du côté du très puissant lobby AIPAC (American Israël Public Affairs Committee, créé en 1951), présent dans tous les rouages des administrations, tant démocrates que républicaines. Depuis l’ère Bush, il a pris une vigueur particulière en trouvant un appui important auprès de la droite chrétienne, pour laquelle Israël est à défendre coûte que coûte. Les évènements du 11 septembre ont créé un climat favorable au développement de ces mouvements, qu’accompagne une attitude « antimusulmane » dont le « Patriot Act » est une des conséquences.

Le sujet est – encore - considéré comme tabou dans la presse, qui comme en France censure ou s’autocensure, toute critique du gouvernement israélien étant assimilé à de l’antisémitisme. C’est ainsi que la population américaine est privée d’un débat ouvert sur la question, et que le peuple américain est largement sous informé sur ce qu’il se passe à Gaza. Il est en revanche bien informé sur Guantanamo parce que les médias démocrates, en opposition à Bush, ont fait leur travail d’information. Les choix s’opèrent en fonction des impératifs de politique intérieure.

Que va faire Obama ? Pour le moment, il ne dit rien. Pour éclairer sa position, voici quelques extraits de la conférence que le candidat Obama à la présidentielle a donnée à l’AIPAC, le 4 juin 2008 : « J’apporterai à la Maison Blanche un engagement inébranlable pour la sécurité d’Israël. Cela se traduira tout d’abord en assurant à Israël l’avantage militaire au plan qualitatif. Je garantirai qu’Israël puisse se défendre contre toute menace, de Gaza à Téhéran. En tant que Président, je mettrai en place un Protocole d’accord afin de fournir une aide de 30 milliards de dollars à Israël pour la décennie à venir (...) Je me dresserai toujours, dans l’enceinte de l’ONU et dans le monde, pour soutenir le droit d’Israël à se défendre. » Plus loin : « Jérusalem restera la capitale d’Israël, et elle doit rester indivisible ». Cette dernière phrase est contraire à la résolution de l’ONU qui prévoit que la capitale de l’Etat palestinien soit Jérusalem Est…

Depuis ce discours de candidat, la crise financière internationale a éclaté... Quels seront les choix d’un Obama président, qui va devoir faire face à la nécessité de coupes budgétaires drastiques concernant la santé, l’éducation et les retraites ? Affrontera-t-il le débat public sur la question de l’aide inconditionnelle à Israël ? En sera-t-il empêché ?

Pour le M’PEP, l’existence de lobbies, comme de tous groupes de pression, fondés notamment sur le communautarisme, fait peser une menace sur la démocratie. L’exemple américain nous montre à quel point la citoyenneté est inséparable de la laïcité.

Les questions économiques, sociales, politiques et institutionnelles de ces territoires doivent être posées sans aucune concession aux lobbys ou groupes religieux. De plus, travestir la question politique en problème religieux, ici comme là-bas, permet d’occulter les enjeux de la lutte de classes. Les massacres passés et présents touchent principalement les populations les plus pauvres de Palestine. Des Israéliens souffrent également de la pauvreté et des discriminations imposées par les dirigeants israéliens.

 Le rôle de l’Union européenne


L’Union européenne porte une responsabilité écrasante dans la situation actuelle de Gaza. Elle souscrit et participe au blocus de la bande de Gaza. Elle a délibérément laissé G.W. Bush seul maître du jeu des négociations d’Annapolis.

Un fait est moins connu : en 1999, un accord de libre-échange a été conclu entre l’UE et Israël. Or, comme dans tout accord européen de ce type, l’article 2 fait du respect des droits de l’Homme par les deux parties la condition de validité de ce contrat. Malgré le constat officiel du Conseil des Nations Unies, les gouvernements successifs d’Israël ont violé ces droits : exécutions sans jugement, tortures, occupation avec colonisation, emprisonnement sans jugement, punition collective des populations, expropriation des terres dans les territoires occupés... Que cet article 2 n’ait jamais été invoqué est proprement sidérant et indigne de nos démocraties !

Quand on sait que 65% des exportations israéliennes vont vers les 27 pays de l’UE, on est fondé à penser que si l’accord était suspendu, même temporairement, Israël engagerait des négociations avec les Palestiniens. L’UE a en son pouvoir les moyens diplomatiques, politiques et économiques pour amener le gouvernement israélien à la raison. L’Union européenne pressée par sa présidence française, marque là sa pleine responsabilité politique dans la situation actuelle en Palestine.

Le M’PEP rappelle son opposition au libre-échange. Le commerce international doit développer la coopération entre les peuples, et être soumis à des critères observables, et mesurables par les peuples.

 Le rôle de la France


C’est sous la présidence française qui s’achève que le « rehaussement » des relations entre Israël et l’UE vient d’être décidé, en décembre 2008. Le Conseil européen est passé outre le vote du Parlement européen refusant d’émettre « l’avis conforme » auquel la décision du Conseil est soumise en la matière, tant qu’Israël n’aura pas donné des signes tangibles de sa volonté de relancer le processus de paix.

Dès lors, le feu vert était donné au gouvernement israélien pour lancer cette opération militaire. Pourquoi s’en priverait-il ? Non seulement il n’y aura pas de sanction économique, mais les relations avec Israël seront rehaussées ! Sarkozy et Kouchner resteront marqués comme les complices de ce massacre, qui fait honte à la France.

L’hypocrisie de notre ministre des Affaires étrangères, qui consiste à renvoyer dos à dos les auteurs de tirs de roquettes et les forces militaires israéliennes de type « plomb durci », est indigne de sa fonction et en incohérence parfaite avec l’ingérence humanitaire dont il s’était fait le porte-parole en matière d’intervention politique.

 Le rôle de Nicolas Sarkozy


Sur le plan national, Nicolas Sarkozy a rompu dès le début de son mandat avec la politique traditionnelle de la France, qui, sous les présidences et les gouvernements successifs, avait su maintenir une relation de diplomatie équilibrée au Proche-Orient. En s’arrimant aveuglément à la politique américaine, Nicolas Sarkozy fait perdre au pays son potentiel de crédibilité dans cette partie du monde. Aucune discussion au Parlement n’a précédé ce virage dans la diplomatie de la France : elle est « le fait du prince », avec la complicité de la droite. La gauche parlementaire, quant à elle, a réagi mollement. Or, ces choix diplomatiques s’avèrent être des choix politiques. Nicolas Sarkozy apporte ouvertement son soutien au gouvernement belliciste Israélien.

Le M’PEP appelle à participer aux manifestations organisées le samedi 3 janvier 2009 partout en France, et à Paris à 15h place de la République.