Accès aux soins : stop à l’hémorragie
2009
Auteur : par Texte du M’PEP

Le 24 janvier des initiatives auront lieu dans de nombreux endroits en France pour protéger l’hôpital public de la maladie qui le ronge : son appauvrissement progressif.

Le retrait de la loi Bachelot serait une première mesure d’urgence à obtenir.

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ACCES AUX SOINS : STOP A L’HEMORRAGIE

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)

Le 23 janvier 2009.

NON AUX SPECULATEURS QUI VEULENT TRANSFORMER LE DROIT A LA SANTE EN MARCHE DE LA SANTE

La Sécurité sociale est le fruit de la construction du peuple français, des salariés, génération après génération. L’hôpital public nous appartient : actuellement nous le finançons avec nos cotisations et nos impôts !

LA SANTE EST UN DROIT, RENDONS-LE OPPOSABLE !

Le financement est possible à condition que soient repris aux actionnaires des grandes firmes capitalistes les 10% qu’ils ont récupérés depuis ces dernières années sur nos salaires et cotisations sociales, organisant ainsi, avec la complicité de l’Union européenne et du gouvernement, le fameux « trou de la Sécu ». Arrêtons de croire la propagande orchestrée par les assurances privées, les lobbies industriels et les libéraux qui gangrènent les services publics de soins.

Lisez ce texte jusqu’au bout pour faire reculer l’épidémie de fatalité ! Nous sommes tous concernés.

Depuis plusieurs années, la protection sociale est prise en étau entre les politiques concertées de l’Union européenne et du gouvernement SARKOZI -FILLON.

Objectif : livrer la santé (protection sociale, complémentaire santé, retraites, structures de soins) au marché des grandes entreprises multinationales et compagnies d’assurances privées. Pour y parvenir, la stratégie est simple et se veut invisible. Au fur et à mesure des mois et des années, s’accumulent plusieurs « petites réformes » qui conduisent, à la longue, au dépérissement du service public de soins, à l’augmentation des coûts pour chaque personne, et à la promotion du secteur privé pour les interventions médicales les plus « rentables ». Les riches pourront se soigner, rapidement, efficacement, moyennant des coûts élevés à leur charge tandis que l’immense majorité formera les longues listes d’attente pour un rendez-vous à l’hôpital public, pour une consultation chez un spécialiste.

Rappelons que le privé est et sera dans les mains de ceux qui ont spéculé et joué en Bourse, c’est-à-dire ceux qui ont engendré la crise financière de 2008.

 Quel est le constat du M’PEP de la situation actuelle ?

  • Assèchement des fonds de la Sécurité sociale et organisation délibérée de son appauvrissement par une diminution des recettes, principalement des cotisations sociales. Le « manque à gagner » de cotisations sociales est dû au développement voulu et programmé du chômage, à la pression sur les salaires, au développement du travail précaire et des diverses exonérations de cotisations sociales patronales.
  • Réduction des personnels dans les services publics de soins et de santé et la gestion des services de la Sécurité sociale.
  • Abandon de toute politique de prévention dans les écoles et les entreprises, alors que de l’insécurité et le mal être se développent au travail

 Quelle est la stratégie du gouvernement SARKOZY-FILLON ?

  • Sarkozy et Fillon ne veulent pas baisser le niveau de soins dont profitent les lobbies médicaux et pharmaceutiques. Ils considèrent la santé comme une marchandise. Le marché de la santé est, pour les néolibéraux et les sociétés multinationales, une source de profit particulièrement importante.
  • Ils veulent diminuer le niveau de remboursement du régime obligatoire de la Sécurité sociale, en augmentant de manière inversement proportionnelle la prise en charge par les organismes complémentaires. Mais ce faisant, ils dé-mutualisent la protection sociale. Ils mettent les citoyens dans l’obligation de rechercher des solutions individuelles à leurs besoins de couverture santé.
  • Leur objectif est de limiter à moyen terme la prise en charge par le régime obligatoire des risques lourds (hospitalisation) et solidaires (personnes sans ressources).

Résultats :

  • Ils organisent les transferts de charges en matière de santé sur le budget des assurés sociaux, obligeant ces derniers à contracter des assurances individuelles. Cela permet aux banques d’investir directement le marché de l’assurance de personnes. De plus en plus de mutuelles se transforment en guichets d’assurances, proposant des « produits » montés à partir de la sélection des risques.
  • Ils mettent en place des aides financières appelées « aides à la mutualisation » pour encourager les citoyens à contracter des couvertures individuelles.
  • Ils veulent restructurer le système de protection sociale et les établissements de soins et de santé, en faisant une large place au secteur privé, national et européen.

Comment opèrent-ils ? Par la mise en place de « réformes » successives

  • Mise en place de franchises médicales.
  • Transfert d’une partie du budget de la Sécurité sociale sur celui des organismes complémentaires et donc des ménages : un milliard d’euros de cotisations qui s’ajoutent au prélèvement pour financer la CMU, soit 5,9 % des cotisations complémentaires.
  • Suppression des régimes spéciaux de retraite.
  • Départs à la retraite retardés pour une grande partie des travailleurs.
  • Paiement à l’acte dans les hôpitaux.
  • Changement de nomenclature générale des actes médicaux.
  • Fermeture progressive des hôpitaux et maternités de proximité.
  • Maintien du numérus clausus dans le cursus médical (médecins et infirmières).

Ces deux dernières mesures ont également pour but de « raréfier l’offre médicale » et lui donner de la valeur marchande. Elles n’ont pas du tout pour ambition de satisfaire les besoins de santé des populations.

Et au plan législatif… Le vote par le Parlement de textes de loi qui les rendent irréversibles tant que le peuple laissera faire

La loi « hôpital, patients, santé, territoires » rendra certaines régions de France encore plus dépourvues de services publics de santé. De son côté, la loi de financement 2009 de la Sécurité sociale aggravera la situation.

Certes, devant l’arsenal des mesures anti-populaires, il arrive qu’avec le tollé général qu’elles provoquent, certains projets soient retirés. Il en est ainsi des projets d’augmentation du ticket modérateur ou de diminution de prise en charge des affections de longue durée (ALD). Mais ce n’est pas pour autant qu’ils sont abandonnés. Fidèle à sa stratégie de harcèlement des acquis sociaux, le tandem SARKOZY-FILLON reviendra à la charge d’une manière ou une autre, sous l’oeil bienveillant de l’Union européenne.

Ces mesures ne sont pas isolées les unes des autres, elles font partie d’une stratégie globale destinée à répondre aux exigences de l’Union européenne, à savoir la mise en place rapide des SSIG (Services Sociaux d’Intérêt Général) et des SIEG (Services Economiques d’Intérêt Général) pour remplacer la notion de service public dit « à la française ».

L’objectif de l’Union européenne est de détruire notre système de protection sociale solidaire et l’exception mutualiste française qui l’accompagne.

 Que propose le M’PEP ?

  • Opposer aux offensives de l’Union européenne, un projet alternatif solide et crédible.
  • Instaurer une démarche de rupture avec l’Union européenne, à la fois moteur et accélérateur du néolibéralisme.
  • Mettre en place un droit opposable à l’emploi, garantissant un vrai salaire pour chacun, et donc permettant par les cotisations sociales, le financement de la protection sociale.
  • Transformer le droit à la santé en droit opposable, ce qui garantirait pour tous l’accès aux soins et à des politiques de prévention (notamment dans l’entreprise).
  • Augmenter le taux des cotisations sociales patronales pour revenir à son niveau de 1986.
  • Orienter une partie des revenus financiers des entreprises et des particuliers sur des financements complémentaires concernant la rénovation permanente de nos infrastructures de soins et de santé (modernisation et adaptation du service des urgences), le maintien et le développement de structures de proximités de premiers soins et de maternité, la rénovation et l’ouverture d’établissements de soins et de santé adaptés aux 3e et 4e âge.
  • Organiser la prise en charge de la personne âgée et dépendante dans le cadre d’une prise en charge globale, du maintien à domicile à l’admission dans des lieux de vie collectifs et médicalisés.
  • Promouvoir le mutualisme comme outil de solidarité et d’entraide des citoyens.
  • Mettre en place un service public national et déconcentré de l’aide aux familles et aux personnes seules, dont les salariés dépendraient de la même convention collective nationale.

COMPRENDRE, REAGIR, AGIR, CONVAINCRE

UNE AUTRE POLITIQUE PEUT ETRE MISE EN OEUVRE

PARTICIPONS A LA JOURNEE UNITAIRE DU 29 JANVIER A L’APPEL DE TOUS LES SYNDICATS, DE DIZAINES D’ASSOCIATIONS ET DE MOUVEMENTS.

Le 24 janvier des initiatives auront lieu dans de nombreux endroits en France pour protéger l’hôpital public de la maladie qui le ronge : son appauvrissement progressif.

Le retrait de la loi Bachelot serait une première mesure d’urgence à obtenir.