Supprimer le chômage et la précarité pour transformer le monde !
vendredi 5 janvier 2007
Auteur : par Gérard LALOT
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Par Gérard Lalot, Lille

Vouloir supprimer le chômage et la précarité, c’est travailler à élaborer des outils intellectuels pour contrer l’idéologie néolibérale, dominante depuis près d’un quart de siècle.

Le chômage est un cancer pour les sociétés et les peuples. Il coûte cher, plonge des millions d’hommes et de femmes dans la misère financière et psychologique, dans ce terrible repos qui est celui de la mort sociale [1] . Outre les effets catastrophiques du chômage sur les individus, atteints dans leur vie quotidienne (baisse du pouvoir d’achat, pauvreté, dévalorisation symbolique, fragilisation personnelle sur le plan psychologique, etc.), il a des conséquences directes et indirectes sur ceux qui occupent un emploi, la vie sociale et politique à l’échelle du collectif : conditions de travail dégradées, stress, pression sur les rémunérations, désyndicalisation, diminution de la conflictualité, sentiments fatalistes, dégradation des conditions de vie dans les cités populaires, progression du racisme et montée du Front national, etc.

C’est pourquoi il apparaît incontournable de reprendre la question du chômage à la racine, comme objet, bien entendu, mais également comme une question qui permet de travailler l’ensemble des thématiques auxquelles sont confrontés les acteurs du monde politique et du mouvement social. Un monde sans chômage, c’est un autre monde.

Pour engager une lutte efficace contre le chômage et la précarité, et pour cela proposer des alternatives, il convient tout d’abord de faire un bon diagnostic en répondant à une question majeure : quelles sont les raisons qui ont conduit l’ensemble des pays occidentaux à une situation de chômage massif dès la fin des années 70 après avoir connu durant une longue période le plein emploi, ce que l’on a appelé « les trente glorieuses » ?

Il existe de nombreuses réponses à cette question. Il ne s’agit pas, bien entendu, de traiter dans cet article l’ensemble de celles-ci. Néanmoins nous pouvons avancer l’idée que deux hypothèses fondamentales dominent. La première repose sur l’idée que le chômage massif est la conséquence de problèmes économiques, de la « mondialisation », du progrès technologique, etc. Cette hypothèse trouve des adeptes à droite comme à gauche. La deuxième consiste à formuler l’idée que le chômage serait le résultat d’une volonté politique. Cette hypothèse-ci, en revanche, ne trouve aucun écho à droite et chez les libéraux et néo-libéraux. Elle est difficilement admise à gauche.

Pour les premiers, ceux qui pensent que le chômage est avant tout d’ordre ou de désordre économique, cette situation serait consécutive aux « rigidités » du marché du travail qui empêcheraient la concurrence pure et parfaite nécessaire, selon les néolibéraux, à l’équilibre de tout marché. Les libéraux expliquent le chômage de cette façon. D’autres, encore, pensent qu’il s’agit de la crise du système capitaliste, crise qui perdure depuis trente ans, due à ses propres contradictions.

La deuxième hypothèse, beaucoup moins connue et admise, consiste à avancer l’idée que le chômage est, avant tout, d’ordre politique. Autrement dit, le chômage serait un outil au service du capital, construit et entretenu. Dans cet article, nous ne traiterons que de cette approche, considérant d’une part que le chômage n’est pas le résultat d’un marché du travail trop contraint, et d’autre part, que le système capitaliste n’est pas à proprement parler en crise [2] durable et structurelle. En effet, depuis son apparition, il ne cesse de s’adapter, de changer [3]. Dans cet esprit et dans le cadre de cette approche, nous examinerons, tout d’abord le contexte politique et social qui conduit les libéraux à vouloir reprendre les choses en mains, situation devenue insupportable pour eux à la fin des années 60, pour ensuite traiter des décisions politiques prises au cours des années 70, reprises et amplifiées par les gouvernements sociaux-démocrates en Europe, pour enfin exposer quelques pistes de réflexion et des propositions.

I- LA FIN DES ANNÉES 60 EST MARQUÉE PAR UN CONTEXTE POLITIQUE ET SOCIAL INSUPPORTABLE POUR LES LIBÉRAUX

Rappelons que les années dites des Trente glorieuses ont été marquées par une longue période de plein emploi et d’avancées sociales structurantes. En 1960 le taux de chômage se situe autour de 1,4 % au sens du BIT. Cette période est marquée par les conceptions keynésiennes qui se sont affirmées après la crise des années 30, dans un contexte de soutien et d’une certaine réussite économique de l’URSS, dans un rapport de force, depuis la Libération, défavorable au patronat.

Après la seconde guerre mondiale, dans le monde industrialisé, le rapport des forces entre le capital et le travail est devenu très favorable au monde du travail ainsi qu’aux mouvements de libération et mouvements progressistes dans les pays colonisés et en voie de développement. En France c’est la mise en place de la Sécurité sociale, la nationalisation de l’énergie électrique et de la production de charbon, des usines Renault, c’est la création du statut des fonctionnaires, etc. C’est, dans le monde capitaliste, la mise en œuvre des politiques keynésiennes qui privilégient la croissance soutenue par une demande forte (politique salariale soutenue, grands travaux, une certaine maîtrise de l’Etat). Les politiques keynésiennes seront couronnées de succès dans l’ensemble des pays industrialisés. Le chômage est au plus bas, le fort niveau de conflictualité sociale permet une amélioration sensible et permanente des conditions de vie et de travail du monde salarié, le partage de la valeur ajoutée se rééquilibre. L’idée que les enfants vivront mieux que leurs parents est dominante et se vérifie dans les faits.

Au plan mondial, c’est la naissance et le développement des pays « non alignés », c’est la période de décolonisation qui s’amorce.

C’est dans ce contexte et donc dans une période de plein emploi, qu’en France particulièrement, un des plus grand mouvement social se produit en mai 1968.

68, ne se produit pas seulement en France. Ce mouvement est international, même s’il prend des formes différentes, même si ce qui domine est également différent tant du point de vue des acteurs que de l’esprit qui marque la fin des années 60. Ces évènements sont vécus par le patronat, vingt ans après la Libération, période importante de progrès social, comme une menace très sérieuse. 68 fait trembler les libéraux. Dès lors un certain nombre de décisions politiques seront prises pour « remettre au pas » le monde du travail et la jeunesse.

68 fait trembler les libéraux

1968 continue d’être une date de référence pour beaucoup. Cependant ces « évènements » restent pour beaucoup dans les mémoires comme étant des manifestations essentiellement estudiantines, comme une sorte de « révolution culturelle ». Or, si cet aspect est indiscutable, et important, il convient de rappeler qu’il s’agit aussi, et peut-être avant tout, d’un très grand mouvement social, d’affrontement de classes, marqué par plusieurs semaines de grèves dans les entreprises du secteur privé et public. Les usines sont occupées, les grands magasins, les théâtres, les ports, les hôpitaux, les administrations, les mines, sont en grève. Le chiffre avancé, concernant le nombre de grévistes, se situe entre huit et dix millions. L’ampleur est plus importante qu’en 1936 ! Une grève comme notre pays n’en avait jamais connu, écrira un des leaders de la CGT dans un article publié en 1998 [4]. D’immenses manifestations se déroulent dans toutes les grandes villes de France. Ce mouvement est marqué également par son extrême diversité. Les étudiants et les salariés, bien sûr, mais parmi ces derniers, les grévistes sont de catégories et de professions très différentes. Ce mouvement social est donc très puissant à plus d’un titre. Il est social, politique et culturel. De façon inconsciente il appelle à la construction d’une autre société.

1968 ce n’est pas un mouvement franco-français. Ce vent de révolte, de contestation de l’ordre établi, et pas seulement dans le champ sociétal, souffle très fort dans l’ensemble des pays occidentaux. Le système capitaliste est en danger. On remet en cause la société de consommation, on parle d’autogestion, de droits nouveaux pour les salariés, de répartition plus juste, de révolution, de pouvoir au peuple, etc. Cette période a permis au monde du travail, particulièrement en France, d’obtenir des avancées sociales très importantes.

De grandes avancées sociales

Les accords de Grenelle [5], puis ensuite d’autres négociations sont à l’origine d’acquis sociaux, aujourd’hui remis en cause, très importants.

Rappelons-en quelques-uns :
- Le droit à l’existence de sections syndicales dans les entreprises, interdites jusqu’alors.
- Augmentation de 35 % du SMIG [6].
- Suppression des abattements de zone [7].
- La quatrième semaine de congés payés.
- De nombreux accords de branches sont signés.
- La quasi intégralité des jours de grève est payée.

Les quelques années qui vont suivre seront favorables au monde du travail parce que les luttes sociales seront très importantes. 68 agit comme un encouragement et une démonstration que c’est par l’engagement, la lutte, que les choses évoluent. Entre 1971 et 1975 le nombre de journées de grève est évalué à en moyenne 4 millions. En 1997, à moins de 360 000 !

Grâce à ces mouvements sociaux, les salariés ont obtenu, par exemple, la mensualisation, la loi sur la durée maximale du travail, la généralisation des retraites complémentaires, le droit à la formation continue, les indemnités journalières de maternité, etc.

Notons également que cette nouvelle situation économique, notamment l’augmentation du pouvoir d’achat, a eu immédiatement des conséquences positives pour la croissance et l’emploi. Le chômage reflue dès septembre [8], confirmant ce que l’on peut lire dans le supplément n° 7 de l’INSEE, en juillet 68, Etudes et Conjoncture : « L’industrie française est littéralement condamné à l’expansion ». Tout cela a un coût pour le capital. En effet, la part des salaires dans la valeur ajoutée qui représente 60 %, progresse de 4 % en un peu plus de 10 ans pour atteindre 64 % en 1970 [9].

Comme on le voit, les années 60 et tout particulièrement mai 68 constituent une étape importante, après la Libération, pour le mouvement ouvrier et social. Cette situation inquiète le patronat français d’autant que des évènements similaires se produisent dans le monde occidental et que d’autres phénomènes internationaux apparaissent, qui contredisent la puissance capitaliste.

L’évolution du monde inquiète le patronat

Pour cet article nous nous limiterons à un simple rappel du contexte international. Celui-ci est important car il contribuera également à la réaction des libéraux. Face à cette situation ces derniers vont chercher à contenir ce « désordre » et à restaurer les profits. Pour y parvenir, ils vont créer les conditions d’un chômage de masse dans les pays riches et stopper les évolutions des pays en voie de développement.

Tout d’abord, notons que la fin des années 60 et le début des années 70 sont marqués par une réelle concurrence des pays dits socialistes avec les pays capitalistes. De très nombreux salariés et étudiants regardent avec beaucoup de sympathie ce qui se passe du côté du « bloc soviétique » ou de le la Chine de Mao Tsé-toung.

Dans le même temps, les Etats-Unis connaissent de sérieux problèmes, le mythe américain est contesté à l’intérieur comme à l’extérieur. Des millions d’hommes et de femmes dans le monde et aux USA manifestent pour la paix au Vietnam et le retrait des troupes américaines. Les années 60 sont aussi marquées par des révoltes violentes des populations noires dans les grandes villes des Etats-Unis. Le mouvement Hippies, même s’il est peu structuré remet en cause l’ordre établi par la société capitaliste. Dans le même temps, l’affaiblissement du rayonnement du pays de « l’oncle Sam » profite aux mouvements progressistes.

Par ailleurs, ces années sont celles de l’accession à l’indépendance de Cuba, du développement des mouvements de type révolutionnaire en Amérique latine. La gauche au Chili gagne les élections et Salvador Allende est élu Président.

Les pays dits « non-alignés » prennent du poids, et imposent une revalorisation du prix du pétrole, ce qui devient insupportable pour les pays capitalistes développés.

Cette situation préoccupe le monde des libéraux car, pensent-ils, cela peut remettre en cause le système capitaliste lui-même. Pour enrayer cette montée des idées et des mouvements progressistes, le patronat, la droite et leurs idéologues vont engager une véritable « contre-révolution » néo-libérale. Pour cela ils vont prendre un certain nombre de mesures qui vont littéralement étouffer les pays en voie de développement qui composent l’essentiel du mouvement des « non-alignés », « mater » le monde du travail, en utilisant une arme redoutable qu’est le chômage et mener une puissante guerre idéologique. Nous nous limiterons aux deux dernières questions dans le cadre de cette étude.

II- POUR « MATER » LE MONDE DU TRAVAIL : GUERRE IDÉOLOGIQUE ET CHOMAGE

Au début des années 70, le constat est donc amer pour les libéraux occidentaux, tant au plan de la situation politique internationale qu’au plan intérieur. La part des profits dans la valeur ajoutée est en baisse, l’inflation altère les patrimoines. Les peuples manifestent leur volonté de voir changer les choses.

Il s’agit donc, pour le patronat, de réagir. Pour cela, les libéraux qui travaillent depuis la fin de la deuxième guerre mondiale à de nouvelles approches idéologiques, vont engager une puissante guerre des idées et prendre des décisions politiques, là où ils en ont le pouvoir politique et économique, visant à créer un chômage de masse durable, puis à développer largement la précarité.

Une puissante guerre idéologique

Nous le savons, après la deuxième guerre mondiale, le patronat et la droite connaissent une situation difficile. Au plan international, si les Américains sont vécus comme des libérateurs, les Soviétiques apparaissent comme étant ceux qui ont, avec la victoire de Stalingrad, changé le cours de la guerre. Par ailleurs, la voie choisie par ce pays suscite un grand espoir pour les peuples. En France, le patronat s’est fourvoyé avec les nazis en « préférant Hitler au Front populaire ». Le Général De Gaulle lui-même ne fait pas confiance au patronat pour redresser la France anéantie par quatre années de guerre et d’occupation. Ce qui lui fait dire, en s’adressant au patronat à Libération : « Messieurs, on ne vous a pas beaucoup vus à Londres ! » [10] De nombreuses nationalisations auront lieu, c’est l’heure de la planification. A cette époque, personne n’ose remettre en cause cette vision des choses contraire à l’esprit libéral. Le libéralisme est battu, du fait de la position du patronat au cours de la guerre, à cause, également, de l’image très positive de l’URSS. De plus la crise de 29 reste gravée dans les mémoires. Crise du capitalisme financier, qui, rappelons le, crée les conditions d’accession de Hitler au pouvoir en Allemagne en 1933.

Seuls quelques « irréductibles », après la Libération, continuent, discrètement, de travailler à reconstruire l’idéologie libérale. Un des chefs de file du mouvement naissant du néolibéralisme, Friedrich Von Hayek [11] , donnera le coup d’envoi avec la publication, en 1944, d’un livre important intitulé The road to serfdom (traduit par La route de la servitude). Il s’agit d’un texte théorique et politique, véhément, contre l’interventionnisme étatique et l’Etat social. Cet ouvrage constitue en quelque sorte la charte fondatrice du néolibéralisme. Margaret Thatcher a fondé son action politique sur les théories développées dans cet ouvrage. Elle confie dans ses mémoires, Les chemins du pouvoir : « Ce ne fut qu’au milieu des années 70 (…), que je saisis réellement les idées qu’il avançait. C’est alors seulement que je considérais ses arguments du point de vue du type d’Etat cher aux conservateurs - un gouvernement limité, sous le règne de la loi - plutôt que du point de vue du type d’Etat à éviter - un Etat socialiste où les bureaucrates gouvernent sans frein. A ce stade, c’étaient les critiques, selon moi irréfutables, du socialisme contenues dans La Route de la servitude qui avaient un impact » [12]

En 1947, trois ans après la parution de The road to serfdom, lorsque les fondements de « l’Etat providence » se mettent en place dans l’Europe d’après guerre, Von Hayek organise une réunion avec ceux qui partagent son orientation idéologique. Il les réunit en Suisse, au Mont-Pèlerin [13] . De cette rencontre naîtra un véritable think tank : « La société du Mont Pèlerin ». Milton Friedman, un des participants de la première heure, deviendra quelques trente années plus tard le conseiller de Ronald Reagan. Cette société, comme d’autres clubs [14] et associations vont beaucoup travailler. Une dizaine de thèmes, qui forment aujourd’hui le corps de la doctrine néolibérale peuvent être identifiés.

1- La mondialisation serait inéluctable et profiterait à tous.

2- La libre concurrence pure et parfaite est le seul moyen pour résoudre les problèmes.

3- Le libre-échangisme sans entrave est l’objectif à atteindre pour apporter la prospérité

4- Les chômeurs sont responsables du chômage

5- La baisse des « prélèvements obligatoires » est indispensable au développement économique et à l’emploi.

6- Les déficits publics sont un frein au développement économique et à l’emploi.

7- L’Etat doit réduire son rôle dans tous les domaines.

8- Les entreprises privées offrent une meilleure efficacité que le secteur public.

9- Le pouvoir excessif et néfaste des syndicats est l’origine des difficultés des entreprises.

10- La lutte contre l’inflation est la condition d’une bonne santé de l’économie.

Ces idées vont être les supports d’une guerre idéologique que les libéraux vont gagner. Cette situation se traduira au plan politique par l’élection de Ronald Reagan en 1979 aux Etats-Unis et en 1980 de Margaret Thatcher en Grande Bretagne. Avant eux, Augusto Pinochet avait mis en œuvre les préceptes néo-libéraux au Chili. José Pinera, jeune ministre du travail de l’époque, confiait à La Tribune [15] « Il était beaucoup plus facile d’instaurer une flexibilité totale du travail, donnant lieu à une envolée du chômage, d’imposer des baisses de salaires et des fonds de pension sous une dictature militaire… »

Le tournant pris par la gauche en France en 1983, dans une tout autre situation, bien évidemment, reposera également sur ces concepts néolibéraux. La « guerre idéologique » engagée au plan mondial et portée abondamment par les médias, s’est accompagnée de mesures de rétorsion concrètes aux Etats-Unis, au Royaume Unis, au Chili, tout comme en France. La création, puis le maintien à un haut niveau du chômage a été l’une des mesures majeures de rétorsion.

Le chômage a été créé de façon volontaire pour supprimer l’inflation et « remettre de l’ordre ». Le monde capitaliste est donc confronté à plusieurs difficultés : une baisse des profits, une inflation qui ronge le capital financier, une remise en cause de l’ordre établi, de la hiérarchie, des rapports sociaux et de domination.

Au cours des années 70, l’inflation atteint des niveaux records. Outre le fait qu’un tel niveau d’inflation risque d’engager le pays dans une crise violente, cette situation est devenue insupportable pour les détenteurs de capitaux. C’est pourquoi il faut combattre à tout prix ce fléau qui, comme la rouille, ronge les patrimoines. Pourquoi existe-t-il un tel acharnement qui vise à supprimer, si cela était possible, toute inflation ? Le raisonnement est simple : quand un détenteur de capitaux place une somme d’argent avec un taux d’intérêt [16] de 5 %, que l’inflation est de 6 % il perd 1 % de sa valeur. En revanche quand l’inflation est réduite à 2 % il gagne 3 %.

Nous ne développerons pas, bien entendu, avec cet article, les différentes interprétations structurelles de l’inflation. Cela n’ajouterait rien au raisonnement. Nous simplifierons en disant que, globalement l’augmentation des salaires dans des secteurs à plus faible gain de productivité conduit à une augmentation des prix quand les employeurs veulent conserver leur marge. Autrement dit, dans ce cadre, l’action des salariés pour obtenir des augmentations de salaire est responsable de l’inflation. Dès lors, la réponse pour « supprimer » l’inflation est simple : il faut créer des conditions qui découragent les salariés de revendiquer. Au fond, « Le chômage n’est pas le problème, c’est la solution » [17].

En 1968, Milton Friedman, économiste libéral, dont nous avons déjà parlé, travaille cette question et publie un article extrêmement important intitulé « The Role of Monetary Policy », qui marquera la pensée économique et qui sera à l’origine d’un outil qu’utiliseront les gouvernements et les banques centrales pour maintenir un niveau de chômage élevé : le NAIRU [18] . Avant lui, dans les années 50, un économiste néo-zélandais, Alban William Phillips, avait mis en relation le chômage et l’inflation en publiant la célèbre « Courbe de Phillips. [19] »

Une théorie construite pour justifier la contre offensive libérale

Pour théoriser cette démarche, Milton Friedman, dans cet article paru en 1968 [20] , avancera l’hypothèse d’un taux de chômage naturel. Ce taux est défini comme le « taux de chômage qui n’accélère pas l’inflation ». C’est ce concept qui sera à l’origine du NAIRU. Il s’agit de fixer un niveau de chômage qui dissuade les salariés de revendiquer des augmentations de salaires qui sont responsables de l’inflation. Pour la France le NAIRU s’établit, en 2000, pour l’OCDE à 9,5 % [21]. Par conséquent, sur la base de cette théorie, si le taux de chômage est inférieur au niveau du NAIRU, il y a un risque inflationniste car les salariés se sentent plus en sécurité pour revendiquer.

La lecture d’un rapport d’information du Sénat [22], publié en 2005, « Les perspectives économiques 2005-2009 : les voies d’une croissance autonome et soutenue » confirme la thèse du NAIRU dans un pays comme la France. On peut y lire : « Depuis les travaux de PHILLIPS en 1958, la liaison entre inflation et baisse du chômage est une des bases de l’analyse macroéconomique. Un demi-siècle plus tard, les débats entre économistes sur la nature et la pertinence de ce dilemme inflation-chômage sont toujours extrêmement nourris, mais finalement assez peu conclusifs. Cette question peut être présentée aujourd’hui dans les termes suivants : il existe un niveau du chômage en dessous duquel apparaissent des tensions sur le marché du travail, des difficultés de recrutement et donc des revendications qui tendent à accélérer l’évolution des salaires et des prix ; ce niveau de chômage « accélérateur d’inflation »12(*) est actuellement estimé pour la France par la plupart des institutions économiques (OCDE ou Direction de la prévision) autour de 9 %. »

On ne peut plus éclairant. Autrement dit, cela indique qu’en France, le niveau de chômage doit être maintenu autour des 9 %, pour limiter tout mouvement social d’ampleur, qui pourrait être une source inflationniste.

Il est à noter que l’estimation du NAIRU, évolue dans le temps et dans l’espace. L’OCDE, publie régulièrement le niveau souhaité pour chaque pays. Il est plus ou moins élevé, en fonction des conditions de vie des salariés, du niveau de précarité, de la force des syndicats, de la pénétration de l’idéologie néo-libérale. La situation du Royaume Unis n’est pas comparable avec celle de la France. Par exemple, le temps partiel concerne 24 % de l’emploi total contre 13,4 % en France. C’est aussi le pays qui connaît le plus grand nombre de travailleurs pauvres. Cette situation n’est pas sans incidence sur les luttes sociales.

L’économie volontairement « refroidie »

Nous avons vu qu’à la fin des années 70 le niveau de l’inflation est très élevé. C’est pourquoi la décision a été prise, notamment aux Etats-Unis, en 1979, de « refroidir » l’économie en augmentant de façon sensible et brutale les taux d’intérêt qui grimpèrent jusqu’à 20 % ! Et depuis ces taux sont globalement restés à un niveau anormalement élevé et particulièrement en Europe et en France. Cette décision aura deux grandes conséquences dramatiques. Elle fera d’une pierre deux coups. La première concernera les pays en voie de développement qui sont endettés. Leur situation, nous le savons, est depuis catastrophique. Il convient d’ajouter que cette situation ainsi créée a permis au FMI, d’imposer des politiques, dont on connaît aujourd’hui la nocivité. La deuxième sera la montée en puissance du chômage de masse. Avec des taux d’intérêt élevés, l’épargne est préférée à l’investissement productif. L’épargne, les placements boursiers sont des richesses qui sont en quelque sorte, chloroformées et qui ne participent pas à la croissance C’est ainsi que l’économie a été volontairement « refroidie »

En créant une telle situation, à la fin des années 70, le patronat, les financiers, les dirigeants politiques savent que le chômage va augmenter, et ce de façon durable, et qu’ainsi les travailleurs vont cesser de revendiquer des augmentations de salaires, cause, à leurs yeux, d’un niveau élevé d’inflation. C’est donc délibérément que le chômage a été créé afin de « remettre au pas » le monde du travail, condition sine qua non pour à la fois restaurer les profits et garantir la valeur des patrimoines. Le taux élevé de chômage est donc volontairement maintenu et les banques centrales veillent en permanence en prenant les décisions utiles pour maintenir le chômage au niveau fixé par le NAIRU. Rappelons, que l’indépendance de la BCE dont la mission principale est la lutte contre l’inflation, constitue une façon de dessaisir le politique, sensible au mouvement social et d’opinion.

Le chômage de masse est donc maintenu de façon permanente C’est ainsi que dans un article paru dans Le Monde on peut y lire : « Le vendredi 8 mars laissera sur les marchés financiers la trace d’une journée noire. La publication de chiffres excellents, mais inattendus sur l’emploi aux Etats-Unis a été reçue comme une douche froide, un paradoxe apparent dont les marchés sont coutumiers… Les marchés, qui craignent surtout la surchauffe et l’inflation, ont été victime d’une véritable panique… A Wall Street, l’indice Dow Jones, qui avait battu un record mardi, a terminé sur une dégringolade de 3 % ; il s’agit de la plus forte baisse en pourcentage depuis le 15 novembre 1991. Les places européennes ont aussi lourdement chuté… Les places financières semblent particulièrement vulnérables à toute mauvaise nouvelle… Et encore : « Les analystes attendent de savoir s’ils voient confirmer le chiffre record ».

Il faut constater que cette politique entreprise depuis plus de vingt ans est une pure réussite. Les profits ont été restaurés, l’inflation quasiment supprimée, la productivité décuplée et la « paix sociale » assurée.

En France, cette politique a malheureusement été mise en œuvre par la gauche deux ans après la victoire de celle-ci. En effet, en 1983 le gouvernement de Pierre Mauroy adopte une politique de rigueur, dite de désinflation compétitive. Celle-ci comporte trois piliers : le « franc fort », la rigueur budgétaire et la rigueur salariale. Les arguments, pour justifier cette orientation sont simples. Pour que l’économie soit saine, il faut « supprimer l’inflation » et il faut restaurer les profits au nom du fameux « théorème » d’Helmut Schmidt [23], « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain ». Nous savons ce qu’il en est advenu. En effet les profits ont été restaurés, près de dix points supplémentaires en vingt ans [24] , et le chômage s’est envolé. La gauche, avec cette politique, a donc mis en œuvre une démarche libérale qui vise à construire un niveau de chômage suffisant pour empêcher le développement des luttes sociales et préserver le pouvoir du monde de l’argent et de la finance.

Voilà l’explication essentielle du chômage.

A partir de ce constat, débarrassé des fausses idées sur le chômage, telles que les crises en tout genre (pétrole, capitalisme, etc.), les progrès techniques, la mondialisation, la fin du travail, les rigidités du marché du travail, etc., nous pouvons travailler à la construction de politiques efficaces en terme de lutte visant la suppression du chômage.

III- QUELQUES PISTES DE RÉFLEXION ET PROPOSITIONS VISANT LA SUPPRESSION DU CHOMAGE

Cette dernière partie sera nécessairement plus brève du fait que les solutions à apporter pour supprimer le chômage sont à construire et nécessitent un immense effort collectif. Cependant, au regard du diagnostic que nous venons d’établir nous pouvons, sans nous tromper, tracer quelques pistes et formuler des propositions.

D’une façon générale, il convient tout d’abord de repenser une véritable contre offensive idéologique sur le terrain du chômage.

La situation actuelle n’est pas le résultat d’un marché du travail inadapté, d’un dysfonctionnement de la « main invisible » due à des contraintes imposées par un Code du travail inadapté, etc. Il est l’œuvre de décisions politiques, imaginées par des idéologues, portées par les médias [25] , et mis en œuvre par les institutions politiques, tant au plan national qu’européen concernant ce continent. Par conséquent la lutte pour l’éradication ne dépend pas d’autre chose que du courage et de la volonté politique.

Il s’agit, en premier lieu de reconquérir le terrain perdu par les citoyens au profit des institutions financières et du capital. Nous sommes, sur ce plan, dans une situation très grave. En effet, depuis une vingtaine d’années le champ sur lequel pouvait s’exercer la démocratie s’est considérablement réduit avec la construction libérale de l’Europe, avec notamment, le statut d’indépendance de la Banque centrale européenne (ce que les Etats-Unis n’ont d’ailleurs jamais fait). Les gouvernements se sont privés de toute possibilité d’agir sur les politiques monétaires. Autrement dit, les citoyens, les électeurs ne peuvent plus choisir entre une politique monétaire ou une autre. Aujourd’hui, le Premier Ministre peut toujours regretter que l’Euro soit trop fort, et de ce point de vue il a parfaitement raison, mais il ne peut rien faire. Seule la Banque centrale peut décider du taux d’intérêt, c’est-à-dire du prix de l’argent. Or, nous avons vu que la politique monétaire est déterminante. Elle est un instrument qui est passé du champ politique, c’est-à-dire citoyen, à la sphère privée, intouchable. Il faut bien en convenir : la marge de manœuvre pour les peuples s’est considérablement réduite.

C’est pourquoi il convient de :

1- Remettre en cause l’indépendance de la BCE pour renouer avec une maîtrise politique et démocratique des politiques monétaires. Nous avons vu que, quand le chômage baisse, les banques centrales procèdent à une hausse des taux d’intérêt pour refroidir l’économie. Il convient donc de rompre avec cette logique, quitte à accepter un taux d’inflation supérieur à 2 %. Le chômage ne doit plus être la variable d’ajustement de l’inflation.

2- Retrouver de l’autonomie pour les politiques budgétaires. Nous devons pouvoir utiliser les déficits pour relancer la croissance. Par exemple par une politique de grands travaux (logements, écoles, infrastructures) et de relèvement du pouvoir d’achat des salariés du secteur public. Il faut procéder à un réajustement du partage de la valeur ajoutée pour revenir au rapport qui était celui des années 70 pour financer ces grands projets. Autrement dit il faut faire baisser les profits : 30 % de la valeur ajoutée comme part du capital (au lieu de 40 % aujourd’hui) constitue un compromis acceptable.

3- Revenir à un secteur public plus important en déprivatisant le secteur bancaire, l’industrie énergétique, les grandes sociétés de transports, ainsi que les grandes industries qui présentent un intérêt général. Il ne s’agit pas d’étatiser mais il faut trouver une forme de propriété qui soit démocratique. La « citoyennisation » pourrait remplacer la nationalisation. Ce concept reste à élaborer. Néanmoins on peut réfléchir à une propriété partagée entre les salariés, des collectivités territoriales, l’Etat et pourquoi pas par des mouvements associatifs.

4- Il faut repenser et limiter le libre-échange. L’OMC doit jouer un autre rôle. De nouvelles règles doivent être établies. Il convient, n’ayons pas peur des mots, de prendre des mesures permettant un certain protectionnisme. Une telle démarche permettrait, non seulement de préserver des industries essentielles, mais de limiter la concurrence entre salariés. Rappelons que dans le monde plus de 350 millions d’enfants travaillent [26]. Il s’agit donc, avec des mesures de type protectionniste, à la fois de se protéger des effets dévastateurs du capitalisme à l’égard des salariés des pays concernés par les délocalisations et d’agir, par exemple, pour l’interdiction dans le monde du travail des enfants. Il convient, également de ne pas accepter que des salariés, dans des pays pauvres soient exploités comme ils le sont aujourd’hui. Il faut s’inscrire dans une démarche de solidarité avec les pays en voie de développement, cesser les pillages et refuser la concurrence.

5- Il faut opérer une nouvelle réduction du temps de travail pour tous. Il convient dans le même temps d’opérer une revalorisation des salaires les plus bas et moyens. Réindexer les salaires sur les prix. Il s’agit là d’une mesure de justice sociale mais également économique qui permet de développer la croissance. Cette croissance ne doit pas être de type productiviste. Elle doit être repensée, durable, écologiquement et humainement acceptable. Il convient d’ailleurs de travailler sur d’autres critères que le PIB actuel pour évaluer la croissance. Des travaux forts intéressants sont publiés depuis déjà très longtemps. La décroissance n’est pas la seule alternative à la croissance actuelle. Il faut construire une autre croissance.

6- Investir et développer la sphère non marchande. L’idée consiste à répondre aux besoins humains. « Ce n‘est pas le travail qui manque, c’est l’emploi » [27]. Il s’agit de partir des besoins exprimés dans les territoires, de les lister et de trouver les financements pour les satisfaire. Le financement de ces emplois se trouve dans les dépenses colossales dues au chômage, ainsi qu’au manque à gagner [28]. En 1998, des dépenses avaient été estimées à 1000 milliards de francs ! En un utilisant ces fonds pour développer l’emploi, on relance l’économie, on réduit les déficits budgétaires.

7- La sécurisation de l’emploi doit figurer dans les objectifs de lutte pour la suppression du chômage. Il convient de travailler à l’idée d’un statut de l’actif qui permettrait aux travailleurs de ne pas connaître des périodes de non activité. La formation doit être adaptée et choisie par le salarié. Elle doit être un droit. Par ailleurs, dans le cadre de licenciement qui ne soit pas de caractère économique (il faut faire évoluer le droit du travail à propos de cette la définition), c’est à l’employeur de retrouver une situation équivalente au travailleur licencié. L’employeur devra entre la rupture du contrat et l’accès à un nouveau travail financer le salaire (direct et indirect), non pas sur les fonds propres de l’entreprise, mais sur la part des dividendes versés aux actionnaires.

Ces propositions, sont de nature à inverser d’une part la toute puissance du système capitaliste, aujourd’hui financiarisé, et d’autre par à éradiquer le chômage pour revenir à une situation de plein emploi. Ces propositions visent à contrecarrer la volonté du monde de la finance de maintenir un taux de chômage élevé (NAIRU) en les privant des outils qui sont aujourd’hui les leurs, à créer des emplois nouveaux grâce à une croissance nouvelle, écologiquement et humainement acceptable, et, enfin à limiter la possibilité d’utiliser les licenciements comme variable d’ajustement en créant une vraie contrainte financière pour les actionnaires.

Conclusion

Comme nous venons de le voir, le chômage de masse résulte, non pas de dysfonctionnements économiques mais de décisions politiques. Le chômage constitue un frein considérable pour le développement des luttes sociales. En ce sens, il est une arme redoutable utilisée par les libéraux. C’est pourquoi cette question ne peut pas être « limitée » aux conditions de vie des hommes et des femmes qui connaissent cette situation dramatique. S’il convient de mener des batailles pour l’augmentation des minima sociaux, tant la vie est difficile pour celles et ceux qui connaissent le chômage, la lutte à engager pour la suppression du chômage suppose de « dépasser ces questions ». Nous avons deux façons de traiter ce problème. La première consiste à considérer que le chômage est une question sociale et nous en restons aux luttes que nous menons pour une solidarité plus grande et pour de nouveaux droits pour les chômeurs. Nous constatons que cette façon de faire atteint rapidement des limites. La deuxième repose sur l’idée que le chômage est une arme intelligemment construite et utilisée contre le monde du travail. Dans ce cas, cette problématique intéresse l’ensemble des salariés ayant un emploi ou non car cette situation à des conséquences dramatiques sur leur vie et celle de la cité. Pour mener des luttes pertinentes dans ce domaine il ne suffit pas de s’indigner devant la montée conjoncturelle du chômage, de dire qu’il faut interdire les licenciements, ou bien encore de dénoncer les délocalisations. Il est indispensable de montrer en quoi le chômage et son maintien à un haut niveau est le résultat de décisions politiques visant à créer une telle situation, il faut commencer à déconstruire le discours néo-libéral qui entoure cette question et dans le même mouvement avancer des propositions alternatives. C’est le sens de cet article. Victor Hugo, dans un magnifique discours contre la misère, qu’il prononça le 9 juillet 1849 à l’Assemblée nationale, disait : Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Le défi qui est le nôtre aujourd’hui n’est pas de lutter pour diminuer une des sources de la misère, le chômage et de la précarité, il s’agit de le supprimer !

Gérard Lalot


Notes

[1] Titre d’un article de Pierre Bourdieu à propos de la traduction du livre : Les chômeurs de Marienthal, 1931. Le Monde diplomatique, juin 2003

[2] Même si celui-ci connaît des crises cycliques.

[3] Capitalisme marchand, capitalisme manufacturier, capitalisme industriel, capitalisme postindustriel en cours d’émergence

[4] Henri Krasucki, Quels acquis essentiels à retenir de cette grande page d’histoire ? Un mois de mai très occupé, le Temps des Cerises, 1998

[5] 27 mai 1968

[6] Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti, indexé sur les prix à la différence du SMIC

[7] Les abattements de zone pénalisaient les salariés de provinces payés au SMIG, tout comme le salarié agricole qui percevait le SMAG. La suppression de cet abattement a permis une augmentation de 56% du SMIG horaire !

[8] Le nombre de demandes d’emplois non satisfaites passe de 286 000 en juin à 247 800 en novembre, soit une baisse de près de 20%. Dans le même temps, les offres d’emplois passent de 23 500 en mai à 51 400 en novembre et 61 600 en décembre, soit + 162,1%

[9] Document de travail INSEE N°G9812, octobre 1998

[10] Interviews de Jean-François Sirinelli, auteur de "L’Histoire des droites en France", le FIGARO, 6 novembre 2006.

[11] Economiste autrichien (1899-1992) est considéré comme un des principaux artisans de la reconstruction du libéralisme au XXème siècle.

[12] Margaret Thatcher, Les chemins du pouvoir, Mémoires, tome 2, Albin Michel, 1995, pp. 55-56.

[13] Trente-six personnalités participent à la conférence du Mont-Pèlerin du 1er au 10 avril 1947, parmi lesquelles Maurice Allais, Milton Friedman, Frank Dunstone Graham, John Jewkes, Friedrich August von Hayek, Frank Hyneman Knight, Salavador de Madariaga, Bertrand de Jouvenel, Jacques Rueff, Ludwig von Mises, Fritz Machlup, Karl Popper, William E. Rappart, Lionel Robbins, Wilhelm Röpke, George Stigler

[14] Club de l’Horloge, la Trilatérale, etc...

[15] Déclaration reprise dans La Tribune du 23 novembre 2006, L’analyse de ... LYSIANE J. BAUDU, journaliste au service International de La Tribune

[16] Le taux d’intérêt correspond au prix de l’argent

[17] Laurent Cordonnier, Pas de pitié pour les gueux, Editions Raisons d’Agir, 2000

[18] Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment (Taux de chômage qui n’accélère pas l’inflation)

[19] Article publié en 1958 dans la revue Economica

[20] "The Role of Monetary Policy", American Economic review, vol. 58, 1968, p.1-17

[21] Perspectives économiques de l’OCDE 68, 2000

[22] Rapport d’information n°70 (2004-2005) Joël Bourdin, Sénateur

[23] Chancelier allemand, social démocrate, en 1974

[24] Dans les années 70 le partage de la valeur ajoutée était de 60 pour les profits et 40 pour les salaires. Il est aujourd’hui de 70 pour les profits et de 30 pour la part salariale.

[25] Laurent Joffrin a analysé le bilan du service économique de libération dans ces termes : "On a été les instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche" - Cité dans "Les années libé" film de Michel kaptur.

[26] Le travail des enfants - Bénédicte Manier, Collection Repères La Découvertte, Paris 2003

[27] Jacques Nikonoff, Chômage : nous accusons, Arléa, 1998

[28] Les exonérations de cotisations sociales, l’absence de cotisation due au chômage, les impôts directs et indirects, etc...