L’échelle de l’Union européenne est-elle vraiment efficace pour résoudre la crise ?
dimanche 19 juillet 2009
Auteur : par Texte du M’PEP

Pour le M’PEP, la réponse est non. L’Union européenne actuelle, par les politiques néolibérales qu’elle mène sans discontinuer, est responsable de la crise. Y compris des effets en Europe de la crise des subprimes née aux Etats-Unis, dans la mesure où la déréglementation des marchés financiers a été encouragée et conduite par Bruxelles. Responsable de la crise, comment l’Union européenne pourrait-elle la résoudre ?

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L’ECHELLE DE L’UNION EUROPEENNE EST-ELLE VRAIMENT EFFICACE POUR RESOUDRE LA CRISE ?

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)

Le 19 juillet 2009.

Pour le M’PEP, la réponse est non. L’Union européenne actuelle, par les politiques néolibérales qu’elle mène sans discontinuer, est responsable de la crise. Y compris des effets en Europe de la crise des subprimes née aux Etats-Unis, dans la mesure où la déréglementation des marchés financiers a été encouragée et conduite par Bruxelles. Responsable de la crise, comment l’Union européenne pourrait-elle la résoudre ?

D’autant que le centre de gravité politique et idéologique des 27 pays qui composent l’Union européenne penche nettement à droite. Comment des gouvernements de droite, qui mènent des politiques de droite dans leurs pays respectifs, pourraient-ils subitement mener des politiques de gauche à l’échelle européenne ?

 Comment l’UE a participé à la montée de la crise


L’Union européenne est un des responsables de la crise actuelle à plus d’un titre.

« Le projet de Marché commun est basé sur le libéralisme classique du XXIe siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. Dix crises graves, tant de souffrances endurées, les faillites et le chômage périodique nous ont montré le caractère de cette théorie classique de la résignation. » (Pierre Mendès-France 1957).

D’un point de vue général, l’Union européenne est un modèle de renoncement à la politique et à la démocratie. Or la raison fondamentale de la crise actuelle est le choix du renoncement à la politique et à la démocratie au profit du marché. La crise était en germe depuis que la politique a été effacée devant ce que certains propagandistes ont appelé la logique des marchés, et surtout devant la finance. La politique a été discréditée, de même que l’Etat, au prétexte que l’Etat était étriqué, égoïste, fauteur de guerres... Pour beaucoup la politique n’est plus la gestion des affaires publiques mais un détournement de l’état de nature, la nature étant sensée être innocente avant que la politique ne s’en mêle.

Ce discrédit jeté sur l’Etat et la politique a porté ses fruits dont le plus visible actuellement est la crise financière et économique. Quand on discrédite la politique, au profit d’un monde idéal et imaginaire, on laisse la voie libre aux marchés et à la finance, avec les conséquences que nous connaissons. Et sur ce point de la réduction du politique, l’Union européenne est à l’avant-garde. D’abord par ses institutions : une Commission européenne qui au nom de l’expertise, et à l’aide de 20 000 lobbyistes, prétend diriger l’Union européenne, proposer ses lois, réprimander les Etats ; une Cour de justice, qui au nom de la concurrence « libre et non faussée » rend ses arrêts et fait jurisprudence à tour de bras, Une Banque centrale européenne indépendante de tout contrôle politique. Quel pays pourrait se dire démocratique avec de telles institutions ? Et pourtant l’Union européenne a bien des supporters, parce que beaucoup considèrent qu’être bien gouverné c’est être au dessus de la mêlée, au dessus de la démocratie, comme si la démocratie avait fait faillite !

Concrètement, l’Union européenne a été un modèle aussi pour la libéralisation qui a entraîné cette crise. Elle a poussé très loin la libéralisation financière et le renoncement du droit de regard du politique sur la création monétaire. Et nul ne peut nier que la libéralisation financière est à la source de la crise actuelle. Y compris des effets en Europe de la crise des subprimes née aux Etats-Unis, dans la mesure où la déréglementation des marchés financiers a été encouragée et conduite par Bruxelles. Responsable de la crise, comment l’Union européenne pourrait-elle la résoudre ?

 I.- RAPPELS SUR LA CRISE

« Le capitalisme porte la crise comme la nuée porte l’orage »
(paraphrase de Jaurès, avec « la crise » au lieu de « la guerre »).

Les crises du capitalisme, on le sait, peuvent aussi bien déboucher sur des régressions effrayantes que sur un monde meilleur… La crise actuelle n’éclate pas comme un orage dans un ciel serein. Elle vient après une phase où le capitalisme néolibéral et financier semblait triompher (1980-2000) avant de connaître des ratés sérieux au détour du 21ème siècle.

Pêle-mêle : crises asiatiques, russe, argentine, crise boursière dite de la nouvelle économie, Enron… puis crise alimentaire et envolée des prix de l’énergie. Sans en avoir précisément annoncé la date et les formes, cette crise était annoncée, notamment par l’économiste Jean-Luc Gréau (Le capitalisme malade de sa finance).

Cette crise, à l’origine économique et financière, désormais sociale et environnementale, est inséparable d’une crise politique : hégémonie militaire des Etats-Unis ; voire crise culturelle, certains parlent même de crise morale… Elle peut prendre la forme d’une « guerre des civilisations » dont on imagine les ravages…

Le capitalisme livré à lui-même génère aussi une crise écologique : ceci est nouveau par rapport aux analyses critiques historiques du capitalisme.

Il existe en outre des aspects économiques conjoncturels :

  • crise des subprimes (2007) puis faillite de banques (nationalisations de fait en 2008 aux USA et au RU) ;
  • effondrement du commerce international, de l’investissement et de l’emploi, déséquilibres abyssaux des finances publiques.

 Rappel de l’analyse de cette crise

  • Les États ont décidé d’abandonner progressivement tout contrôle sur les mouvements de capitaux, livrant le monde aux marchés financiers (c’est la mondialisation financière, qui n’a rien de « naturel »).
  • Or les marchés financiers sont déstabilisateurs par nature, autrement dit leur logique s’impose à celle de l’économie réelle (« autoréférentiels » selon l’économiste André Orléan).
  • Spéculation (pratique habituelle), titrisation (pratique récente), évasion fiscale, « court termisme » ont fait rage.
  • Parallèlement, les obstacles au libre-échange ont été levés (OMC), accélérant le développement des firmes multinationales.
  • Celles-ci on pu remettre en cause le « compromis fordiste » qui avait permis la croissance parallèle de la production, des salaires et de l’investissement des années 50 au début des années 80.
  • D’où une stagnation des salaires et donc des débouchés pour la production.
  • Forte croissance de l’endettement des ménages pour compenser cette stagnation salariale.

La confiance de la population dans les dirigeants, économiques et politiques, est certainement atteinte en profondeur, mais les partis travaillistes, sociaux-démocrates et socialistes n’en sont pas pour autant plus crédibles, au moins pour le moment, puisqu’ils ont été largement associés à l’essor du capitalisme financier.

 La France

Sarkozy a eu de la chance ! La crise a éclaté trop tôt pour qu’il ait le temps de mettre en place tout son programme. En particulier, il n’a pas pu instaurer les subprimes à la française qu’il mijotait et qu’il avait d’ailleurs annoncés. Certains le présentent aujourd’hui comme le défenseur du « modèle social français », ce qui ne manque pas de sel !

Face à cette domination sans partage, les travailleurs ont été sur la défensive :

  • baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée ;
  • délocalisations et précarité du travail ;
  • privatisations (notamment pendant le gouvernement de la « gauche plurielle ») ;
  • recul de la plupart des partis qui se réclament plus ou moins du mouvement ouvrier ;
  • désyndicalisation.

La création récente de la Confédération syndicale internationale (CSI) procède d’une prise de conscience : les travailleurs, divisés, ont un rapport de force très défavorable face au capital. C’est positif, mais encore loin du compte. Il reste à renforcer les analyses, contenus, propositions de cette centrale syndicale internationale.

Tout plan de relance par la consommation serait inefficace pour l’industrie française et ses travailleurs, s’il n’y a pas de protections douanières. Le plan ne servirait qu’à favoriser les importations. Comme les traités interdisent les droits de douane, pour l’instant tout plan de relance aura une efficacité relative.

Des luttes populaires importantes se développent ici et là. Elles sont significatives, fondées sur une colère profonde : être victimes de la crise après n’avoir été en rien responsables de celle-ci ni bénéficiaires, pour la plupart, de la période précédente. Mais les peuples n’ont pas, ou pas encore, les relais politiques qui leur permettent d’être « candidats au pouvoir ». C’est le rôle des partis et mouvements politiques de gauche que de leur tracer cette perspective. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’action du M’PEP.

 II.- L’ECHELLE « EUROPEENNE » EST-ELLE PERTINENTE ?


Pour répondre à cette redoutable question, il faudrait d’abord être d’accord sur ce qu’on entend par « échelle européenne ». Car il existe actuellement de nombreuses « échelles » en Europe !

Formellement, selon le Conseil de l’Europe et la Commission européenne, le continent européen rassemble 49 pays, dont 27 sont membres de l’Union européenne, 16 de la zone euro et 25 de l’espace Schengen.
L’espace économique européen (EEE) compte quant à lui 30 membres (les 27 + Islande, Liechtenstein et Norvège). Il existe en outre 32 pays qui participent à Erasmus (les 30 de l’EEE + la Suisse et la Turquie). Nombre de pays du continent européen sont en outre membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN : 28 membres au total, dont 26 européens) et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE : 56 membres). Il faudrait mentionner Arianespace, EADS, le CERN et beaucoup d’autres institutions qui associent deux pays européens ou plus…

Cette simple énumération, ajoutée aux différences historiques, linguistiques, économiques et politiques, fait pencher vers une réponse négative à la question posée. On discerne mal ce que pourrait être une « Europe » dans laquelle se reconnaîtrait, avant bien longtemps, un « peuple européen ». Mais cela n’empêche pas de développer échanges et coopérations entre les peuples !

Non seulement, l’Union européenne n’a pas les moyens (politiques, financiers) de s’attaquer aux causes de la crise, mais elle n’en a pas la volonté, elle n’a pas été créée pour ça. Elle ne peut pas élaborer une politique d’investissements publics et d’investissements dans les entreprises, et donc ne peut soutenir l’emploi.

Bien entendu, nous n’allons pas faire ici nôtres certaines références à une Europe qui serait « chrétienne », ou qui appartiendrait à un « camp » ou même à une « civilisation » occidentale, ou encore « blanche » ! Si une construction européenne est possible, elle ne pourra être que laïque, sociale et politique, et même en fait imprégnée d’un socialisme du XXIe siècle.

 L’Europe socialiste du XXIe siècle

Pour répondre d’une autre manière à la question de la pertinence de l’espace européen, on peut se demander dans quelle mesure il nous rapproche d’un projet internationaliste. Surtout pour des gens de gauche, l’Union européenne ne peut être une fin en soi. Elle doit même être combattue si elle participe à des opérations de type impérialiste, ou quand elle s’abandonne au libéralisme comme elle en a fâcheusement l’habitude… Ce qui est le cas.

Plus modestement, dans l’immédiat, on voit un peu mieux que le continent européen pourrait être un lieu de développement de coopérations diversifiées, qui associeraient plusieurs de ses pays. C’est déjà le cas d’Arianespace, d’EADS, etc. Remarquons d’ailleurs au passage que ces derniers projets européens ne se sont pas déployés à l’initiative des institutions de l’Union européenne mais des Etats. Contre-exemple : Galileo, que la Commission européenne a tenté de promouvoir par un «  partenariat public-privé » et qui s’est enlisé…

Cependant, la construction nécessaire d’un espace européen ne peut signifier le repli de l’ « Europe » sur elle-même. Cela s’appelle l’ « européisme » : l’Europe pour l’Europe, quels qu’en soient le contenu, les objectifs, les formes… L’européisme est à l’Europe ce que la nationalisme est à la nation. Le M’PEP rejette l’européisme et le nationalisme, qui sont les deux faces d’une même médaille.

La construction d’une Europe socialiste du XXIe siècle doit, dans le même temps, se concevoir en articulation avec la Russie, la Turquie, la Méditerranée, l’Afrique, le Proche-Orient, l’Amérique du Sud et particulièrement les pays de l’ALBA (Alternative bolivarienne pour les peuples d’Amérique).

L’Europe ainsi élargie serait également un espace pertinent pour agir contre le réchauffement climatique, et pour la protection de l’environnement. A condition, bien entendu, de s’attaquer à la domination du capitalisme.

Une meilleure coordination entre services publics est également envisageable, et même nécessaire. C’est là une alternative à la concurrence à la fois sauvage et faussée que se livrent les grands opérateurs de l’énergie, des transports et des télécom, par exemple.

L’Union européenne et l’EEE (Espace Economique Européen) ne sont pas aujourd’hui des espaces d’échanges économiques équilibrés. Seule la zone euro pourrait éventuellement y prétendre. Mais, même au sein de cette zone, les niveaux de salaires et de productivité, les régimes fiscaux et sociaux, l’état de l’économie sont très loin d’être homogènes, ni même convergents. Or on sait que le libre-échange entre pays très différents est potentiellement ravageur pour tous les pays concernés. Il ne bénéficie en effet qu’à certaines entreprises et à une partie des consommateurs, et en tout cas pas aux travailleurs.

Un impôt européen semble problématique du fait du refus de plusieurs pays membres. Il faudra attendre que ces pays se dotent de gouvernements de gauche ce qui, pour certains d’entre eux, demandera du temps (la Grande-Bretagne…). En revanche :

  • l’idée d’un « serpent fiscal européen », inspiré du Système monétaire européen (SME) mérite examen ;
  • une taxe de type Tobin sur les mouvements de capitaux (pas seulement sur les devises) pourrait associer plusieurs pays de la zone euro, voire tous ;
  • un emprunt européen qui financerait notamment des investissements publics d’intérêt général est concevable, même s’il n’est pas conforme aux traités actuels.

L’euro a certainement l’avantage de mettre les 16 pays concernés relativement à l’abri des mouvements spéculatifs sur les monnaies. Mais la crise a fait voler en éclat le pacte dit de stabilité sur lequel il se fondait.
Faut-il, dès lors, abandonner l’euro comme monnaie unique ? C’est à débattre, et d’ailleurs en débat au sein du M’PEP. Si la Banque centrale européenne (BCE) reste un obstacle à une politique monétaire qui favoriserait l’investissement, l’emploi et les services publics, la question de la réintroduction de monnaies nationales, à côté de l’euro (qui pourrait devenir monnaie commune et non monnaie unique) ou à sa place, pourrait se poser.

 La « désobéissance européenne »

Ce dernier exemple illustre ce que pourrait être une « désobéissance européenne » telle que la préconise le M’PEP. Il en est d’autres. L’exemple des communes qui se sont déclarées « hors AGCS » en est un. Pour l’instant, c’est sur le plan virtuel, car ces collectivités publiques n’ont pas encore eu l’occasion de mettre en œuvre leurs engagements puisque l’AGCS n’est pas en vigueur. Un gouvernement de gauche ne devrait-il pas, par exemple, refuser de se plier à certaines injonctions de la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) ? On pense ici aux arrêts qui subordonnent le droit syndical à la « liberté d’établissement » comme elle l’a fait en 2007 et 2008. La gauche pourrait bien s’inspirer du programme commun de gouvernement… de la gauche (1972) qui traçait les voies, à la fois, d’une coopération et - sans employer le terme - d’une désobéissance européenne !

La gauche pourrait aussi faire remarquer que la droite pratique déjà la
désobéissance européenne à grande échelle, mais sans le dire ! Que signifie, en effet, le « dépassement » des critères de Maastricht en matière de budget (3% du PIB) par des pays comme la France ou l’Allemagne, si ce n’est de la désobéissance européenne ? Cette approche de la « désobéissance européenne » peut faire débat. Les propositions du M’PEP sont là pour ça : nourrir le débat.

 Les objectifs du MPEP

  • Agir pour repolitiser les citoyens
  • Démystifier la mondialisation
  • Contribuer à la construction d’une grande force politique de gauche
  • Placer la souveraineté des peuples au centre du débat politique
  • Sortir de l’eurolibéralisme
  • Lutter contre l’emprise du capitalisme et ouvrir la voie à un socialisme du XXIème siècle.

Pour ceci, le M’PEP a entrepris de se ressourcer dans l’histoire des mouvements ouvrier et républicain (notamment 1789, 1936, 1945, 1968, 2005) et formule des propositions nouvelles.

La principale, qui fait aujourd’hui défaut à la gauche, est une analyse correcte des rapports de forces à l’échelle mondiale et européenne, et le courage politique d’affronter les réalités qui en résultent.

Le résultat des élections européennes de juin 2009 le confirme, le centre de gravité idéologique, politique et électoral en Europe penche à droite. Et même très à droite. Comment croire, dans ces conditions, que des politiques de gauche soient possibles à brève échéance à l’échelle de l’Union européenne ? Ce n’est pas sérieux ! C’est désespérer le peuple et encourager l’abstention de laisser croire que des changements politiques significatifs sont possibles à court terme dans l’Europe des Vingt-Sept. A plus forte raison quand des illusions sont répandues sur les pseudos pouvoirs du Parlement européen, comme ce fut le cas au cours de la campagne électorale des européennes.

Si la gauche veut se sortir de ce piège, elle doit réhabiliter le rôle des nations. Nous insistons bien, ici, sur le pluriel, il s’agit DES nations, de toutes les nations, pas seulement de la nation française. Ce n’est pas du nationalisme, c’est de l’internationalisme !

Il faut donc, tout en menant la lutte à l’échelle de l’Union européenne (au Conseil, à la Commission, au Parlement), mener aussi la lutte à l’échelle nationale.

Autrement dit, la gauche doit poursuivre le chemin que certaines de ses composantes ont engagé : montrer sans cesse que les traités européens sont incompatibles avec une politique de gauche. Et aller encore un peu plus loin : montrer que l’Europe actuelle, dans sa conception même et non simplement dans les politiques qu’elle mène, est en fait contre l’Europe et contre la gauche.

Un jour ou l’autre, ces forces de gauche devront nécessairement en tirer les conclusions et se demander, en cas de victoire de la gauche aux élections (en France comme dans tout autre pays de l’Union européenne), comment mener une politique de gauche dans l’environnement libéral du système de Bruxelles. Dès à présent, la gauche doit travailler le sujet, il en va de sa crédibilité. Le M’PEP met à sa disposition la notion de « désobéissance européenne », pour passer outre, très vite, aux blocages que la Commission européenne, le Conseil européen, le Parlement européen (encore que ce dernier, dépourvu de pouvoirs significatifs, ne pèsera pas bien lourd dans la balance), ne manqueraient pas de mettre en œuvre contre une politique de gauche. Dans le même temps, dès à présent, l’hypothèse de la sortie de l’Union européenne doit être mise en débat public. C’est pour n’avoir pas osé cette politique que la « gauche plurielle » a été balayée sur le plan électoral et que cette gauche, depuis, n’en a pas encore tiré les leçons. A elle de prendre conscience des perspectives immenses que recèle le changement de politique ici proposé.