
LE M’PEP LANCE UN FEUILLETON POUR AIDER À COMPRENDRE ET MAÎTRISER LA CRISE DE L’UNION EUROPÉENNE
Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).
Le 29 mai 2010.
Il fallait commémorer dignement le cinquième anniversaire de la victoire du « non » au référendum du 29 mai 2005 sur le traité constitutionnel européen. Conformément à sa démarche d’éducation populaire et de repolitisation de la population, le M’PEP a donc décidé de décrypter et d’essayer de rendre accessible au plus grand nombre les ressorts de la crise de l’Union européenne et les solutions à envisager pour y mettre un terme, au moyen d’un feuilleton qui devrait compter une douzaine d’épisodes. Car il se dit et s’écrit n’importe quoi à propos de cette crise. Les grands médias manipulent, beaucoup d’ « experts » enfument, et le citoyen de base peine à s’y retrouver. La situation peut être parfaitement contrôlée si un certain nombre de mesures sont prises dans les pays concernés, et donc en Grèce, en France ou ailleurs.
Deux conditions sont à réunir pour y parvenir : des luttes sociales d’une ampleur et d’une radicalité encore inconnues – à situation exceptionnelle luttes exceptionnelles -, et l’accession au pouvoir de gouvernements réellement de gauche. Les analyses et propositions formulées par le M’PEP ont pour ambition de contribuer à stimuler et à préciser les objectifs des luttes sociales immédiates et à alimenter la construction d’un programme de gouvernement vraiment de gauche qui fait défaut aujourd’hui.
Si la Grèce était une banque, il y a longtemps que l’Union européenne et le FMI l’auraient « sauvée » ! Le peuple grec, et bientôt tous les autres peuples membres de la zone euro et au-delà , sont victimes à la fois du système financier international (la crise de la dette privée des subprimes), de l’Union européenne (UE), des dirigeants des pays membres de l’Union européenne, de leurs propres gouvernements (socialistes pour les Grecs, les Espagnols et les Portugais) et du Fonds monétaire international (FMI). Voilà les adversaires à désigner clairement et à combattre.
La situation à la fin du premier semestre 2010, au moment où ce texte est écrit, comme dans toute période de crise, peut susciter des réactions opposées. D’un côté, les forces les plus obscures des sociétés peuvent se déchaîner. Ce sont les forces mues par les instincts les plus vils et les plus bas, de la haine, du racisme, de la xénophobie, du nationalisme, de l’extrême droite. Ce sont les forces de la déraison et de l’irrationnel. C’est le fond de cuve des sociétés qui se met à faire surface. Depuis des années ces forces gagnent du terrain en Europe et en Europe seulement, au fur et à mesure que les dirigeants politiques de l’Union européenne étalent leur impuissance, leur suffisance et leur vanité. On pourrait se demander, tant les décisions prises par ces dirigeants apparaissent souvent aberrantes, si cette impuissance est réelle ou volontaire. Et si, par conséquent, l’écrasement des peuples et l’instauration d’une forme de dictature eurocrate est vraiment leur ambition.
Si les classes dirigeantes européennes avaient pu éviter la crise de la Grèce, qui est devenue la crise de l’euro pour se transformer en crise de l’Union européenne – avant de devenir peut-être la nième crise financière internationales – elles l’auraient fait. Car cette crise menace la stabilité et le niveau des profits de certains agents du système (les banques notamment) et nuit à la crédibilité de tout le système. L’appel à l’aide du Fonds monétaire international est également une preuve d’impuissance, certains oligarques européens auraient préféré s’en passer puisque ce recours établit la preuve que le système de Bruxelles ne peut pas résoudre lui-même les problèmes européens. Les dirigeants allemands, en revanche, font partie de ceux qui souhaitaient l’intervention du FMI.
D’un autre côté, les forces progressistes, humanistes, internationalistes – les forces de la vraie gauche – peuvent gagner la majorité de la population si leurs analyses et propositions coïncident avec les aspirations des peuples et au moment historique dans lequel se trouve l’Europe. Malheureusement, le piège européen s’est refermé sur la gauche. La « construction » européenne, qui n’a été jusqu’à maintenant que la construction d’un capitalisme à l’européenne, s’est révélé être une formidable machine à diviser la gauche. Une partie très importante de la gauche politique, syndicale et associative a été neutralisée en épousant le mythe européen. Pour que la gauche redevienne la gauche, il lui faudra faire sur elle-même un effort considérable de retour au réel et de rupture avec le système de Bruxelles, sans pour autant renoncer à construire de nouvelles formes de relations multilatérales avec les pays européens et méditerranéens. À la fin du mois de mai 2010, les luttes sociales éprouvaient beaucoup de difficultés à se généraliser dans la zone euro. Quant aux gauches européennes, elles restaient divisées sur l’analyse du système européen lui-même et sur la question principale à se poser : la nécessité ou non de sortir de l’euro.
Pour essayer de clarifier ces enjeux et solutions, le M’PEP va diffuser un feuilleton sur la crise de l’Union européenne afin d’aider chacun à se faire sa propre opinion et à lutter pour des alternatives progressistes.
L’épisode n° 1 diffusé le mardi 1er juin est disponible en cliquant sur le titre en rouge ci-dessous :
- Episode n° 1 : « En Grèce comme ailleurs, refuser les plans d’austérité et la remise en cause de la démocratie »
Les prochains épisodes suivront et aborderont, pour l’instant, les questions suivantes :
- Épisode n° 2 : Ne pas accepter les prêts des gouvernements, de l’Union européenne et du FMI car ils sont conditionnés par l’austérité.
- Épisode n° 3 : Sortir de l’euro, rétablir les monnaies nationales, avancer vers une monnaie commune.
- Épisode n° 4 : Dévaluer.
- Épisode n° 5 : Renégocier la dette.
- Épisode n° 6 : Nationaliser la politique monétaire.
- Épisode n° 7 : Nationaliser les banques et les compagnies d’assurance, démanteler les marchés financiers.
- Épisode n° 8 : Contrôler les changes et les mouvements de capitaux.
- Épisode n° 9 : Organiser une relance économique, sociale et écologique basée sur un grand emprunt national servant à amorcer le financement du droit opposable à l’emploi.
- Épisode n° 10 : Prendre des mesures protectionnistes, si nécessaire, dans le cadre universaliste de la Charte de La Havane.
- Épisode n° 11 : Comprendre la crise de l’Union européenne.
- Épisode n° 12 : Après les actionnaires des banques, il faut aider la gauche qui semble totalement dépassée par les évènements.
- Épisode n° 13 : Construire une union des peuples et des nations d’Europe sur des bases de gauche.
UNDERSTANDING THE CRISIS OF THE EUROPEAN UNION
Introduction to a series of articles to be published by the MPEP : Mouvement politique d’éducation populaire
(A political movement combining political action with continuing education)
Mai 29, 2010
Five years ago, on 29 May 2005, the people of France voted NO in a referendum on the European Constitutional Treaty. To commemorate this victory, in keeping with our aims of continuing education and our efforts to bring politics back to the people, we will be publishing a series of roughly a dozen articles on the present European crisis. Media coverage has been confusing, often fallacious : the mainstream media manipulate the facts, while the “experts” cast a foggy veil of disinformation, and the average citizen struggles to understand what has happened. In our articles we hope to decode the mechanics of the crisis, making it comprehensible for a wider public. We will also discuss solutions which might be used to end it - for the situation might very well be brought under control, if certain measures were taken in the countries concerned . . . in Greece, in France, or elsewhere.
To end the crisis, two things must happen : a social uprising of unprecedented proportions and radicality - an exceptional mobilization to deal with an exceptional situation - and the rise to power of governments authentically of the Left. Through our analyses and proposals, the MPEP hopes to help stimulate and define the goals of the current social movements and to contribute to the construction of a programme for governments genuinely of the Left, since such a programme is lacking.
If Greece were a bank, the European Union and the IMF would have “saved” it long ago ! The Greek people, soon to be followed by all the other peoples of the Euro Zone and beyond, are the victims of the international finance system (the “subprime” private debt crisis), of the European Union (EU), of those who govern the EU member States, of their own governments (the Socialists, in Greece, Spain ad Portugal) and of the International Monetary Fund (IMF).
As of this writing, near the end of the first half of 2009, the situation - as in all times of crisis - may provoke conflicting reactions. On the one hand, the darkest and most irrational forces of our societies may be unleashed in a wave of the basest bigotry, racism, xenophobia and nationalism of the extreme right, with the dregs of society coming to the surface. These forces have been gaining ground in Europe and only in Europe, in step with the EU’s political leaders’ exhibitions of helplessness, complacency and vanity. The decisions taken by these leaders often seem so outrageous, one wonders whether their helplessness is geunuine or a deliberate pretense, concealing their true ambitions, as they crush the peoples of Europe and establish a form of eurocratic dictatorship.
If the European ruling classes could have avoided the Greek crisis - which went on to become a currency crisis for the euro and then a crisis of the European Union, and now perhaps the latest in the endless series of international financial crises - they would have done so. For this crisis threatens the stability and the profits of certain key agents in the system (notably the banks), and undermines the credibility of the whole system. The appeal for help from the International Monetary Fund is also a sign of helplessness, and certain European oligarchs would have liked to do without it, since this recourse proves that the Brussels system is unable to solve Europe’s problems alone. The German leaders, however, were among those who welcomed the IMF’s intervention.
On the other hand, the forces of the genuine Left - progressive, humanistic, internationalist - could win over a majority of the population, if their analyses and proposals coincide with the peoples’ aspirations and with this historic moment for Europe. Unfortunately, the Left has fallen into the European trap. The “construction” of Europe - which so far has amounted to nothing more than the construction of a European-style capitalism - has acted as a formidable machine for dividing the Left. A large part of the political, trade unionist and associative Left has been neutralized through its adherence to the European myth. If the Left is to shift back to its true nature, genuinely of the Left, it will have to make a considerable effort to face reality and break with the Brussels system, without ruling out the possible construction of new forms of multilateral relationships among European and Mediterranean countries. In late May 2010, social movements have been having difficulty in spreading across the Euro Zone, while the various parties of the Left in Europe have remained divided in their views on the European system itself and on the main question at issue : whether or not to abandon the euro.
In an effort to clarify these issues and their solutions, so that readers may reach their own conclusions and work towards progressive alternatives, the MPEP will be publishing a group of articles in serialized form.
EPISODE I of our serial will be published on Tuesday 1 June and will be entitled In Greece and everywhere else, refuse austerity programmes and the erosion of democracy. Further “episodes” will follow every few days. In the immediate, they will deal with the following issues :
EPISODE 2 : Do not accept loans from governments, the European Union or the IMF, because they demand austerity measures in exchange.
EPISODE 3 : Abandon the euro, re-establish national currencies, work towards the establishment of a new common currency.
EPISODE 4 : Devaluate.
EPISODE 5 : Renegotiate the debt.
EPISODE 6 : Nationalize monetary policy.
EPISODE 7 : Nationalize banks and insurance companies, dismantle the financial markets.
EPISODE 8 : Controls on currency exchange and transfers of capital.
EPISODE 9 : Organize an economic, social and ecological relaunch based on a massive issue of government bonds to provide initial financing for a legally guaranteed right to employment.
EPISODE 10 : Adopt protectionist measures, if necessary, within the universalist framework of the Havana Charter.
EPISODE 11 : Understanding the European Union crisis.
EPISODE 12 : After aid to the banks’ stockholders, assistance must be given to the Left, which seems to be totally overwhelmed by the situation.
EPISODE 13 : Build a union of the peoples and nations of Europe based on foundations of the Left.
- Many thanks to Shelley for the translation

