Cinq propositions pour un FRONT DE GAUCHE POPULAIRE
lundi 7 juin 2010
Auteur : par webmaster

Après l’épreuve des élections régionales de mars 2010, faisant suite aux élections européennes de juin 2009, le Front de gauche peut désormais occuper une place significative sur l’échiquier politique. Il existe cependant une condition : prendre la mesure des attentes qu’il a suscitées. Le Front de gauche marque une avancée, peut-être le commencement d’un processus, d’une dynamique de construction d’un nouveau rassemblement politique. Le Front de gauche a commencé à « réidentifier » la gauche, pour reprendre une expression du M’PEP.

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  Sommaire  

CINQ PROPOSITIONS POUR UN FRONT DE GAUCHE POPULAIRE

Déclaration du Conseil national du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 7 juin 2010.

Réuni à Montreuil (93) les 5 et 6 juin 2010, le Conseil national du M’PEP a adopté la déclaration suivante :

Résumé

Après les expériences des campagnes électorales des européennes et des régionales, où le M’PEP a milité activement pour le succès des listes du Front de gauche, en ayant d’ailleurs des candidats aux régionales, le M’PEP fait 5 propositions pour un Front de gauche populaire :

Première proposition : préciser la perspective politique et la stratégie d’alliance du Front de gauche avec le Parti socialiste.

Le M’PEP demande une série de clarifications au Front de gauche (composé du PCF, du PG, de GU) dans ses rapports avec le Parti socialiste :

  • Le Front de gauche peut-il parler de « la gauche » en y intégrant le PS ?
  • Le Parti socialiste est-il de gauche ?
  • Faut-il utiliser l’expression l’ « autre gauche » ?
  • Le Front de gauche est-il favorable à la notion de « gauche solidaire » de Martine Aubry ?
  • Le Front de gauche a-t-il pour objectif de passer devant le PS ?
  • Dans quelles conditions le Front de gauche est-il prêt à s’allier au PS ?

Le M’PEP demande en outre au Front de gauche de ne participer à aucun gouvernement avec le Parti socialiste tant qu’un rapport de forces ne permettra pas de prendre des mesures de rupture avec le système capitaliste.

Il demande en outre la création d’un lieu pour échanger.

Deuxième proposition : élaborer le programme de gouvernement du Front de gauche à partir d’un comite de pilotage pluraliste qui sollicitera la « base », plutôt que de s’engager prématurément dans la campagne des présidentielles.

Le M’PEP ne partage pas la stratégie actuelle qui consiste à lancer prématurément la campagne présidentielle à partir d’un candidat auto-désigné. Il faut d’abord élaborer et populariser le programme du Front de gauche. La question même d’a voir un candidat du Front de gauche ne va pas de soi, un débat devrait s’engager sur le caractère bonapartiste de la constitution de la Ve République et de l’élection du Président de la République au suffrage universel.

Il faut une méthode ouverte, claire, démocratique, pluraliste, efficace d’élaboration du programme du Front de gauche, le M’PEP propose les dispositions suivantes :

  • Mettre en place un « collectif national de pilotage pour l’élaboration du programme du Front de gauche ».
  • Lancer des « cahiers de doléances et de la colère ».
  • Organiser des débats thématiques à l’échelle locale.
  • Faire voter les militants du Front de gauche fin 2011 pour adopter le programme.

Le programme devrait être articulé autour de quelques questions-clés, particulièrement le chômage et la précarité ; la crise de l’Union européenne ; le libre-échange ; les déficits et la dette ; la conversion écologique du mode de production ; l’égalité ; le démantèlement des marchés financiers.

Troisième proposition : redessiner le périmètre du Front de gauche pour le rapprocher du Front populaire.

Le Front de gauche, malgré de nombreux appels, n’est pas parvenu à s’élargir, ses appels sont restés sans réponse. Paradoxalement, le Front de gauche a refusé d’intégrer les deux seules organisations qui avaient répondu favorablement, République et Socialisme et le M’PEP.

Les membres actuels du Front de gauche n’ont pas valorisé la participation des organisations qui étaient leurs partenaires lors de la campagne des régionales.

Trois options s’offrent aujourd’hui au Front de gauche :

  • maintien du périmètre actuel avec les trois composantes du Front de gauche : stagnation programmée ;
  • un Front de gauche « élargi » : progrès incertain ;
  • un Front de gauche qui se transforme en nouveau Front populaire : dynamique assurée.

Quatrième proposition : tirer le bilan du mode de fonctionnement du Front de gauche et passer au Front de gauche populaire.

Le M’PEP propose d’analyser les points faibles du fonctionnement national – innombrables - pour améliorer l’efficacité du Front de gauche.

Il faut construire le Front de gauche populaire à partir de la base :

  • créer des comités locaux du Front de gauche populaire ;
  • créer une coordination nationale des comités locaux du Front de gauche populaire ;
  • organiser des assises ouvertes du Front de gauche populaire.

Face à l’inertie des appareils il faut construire le Front de gauche populaire à partir des militants.

Cinquième proposition : impliquer le Front de gauche populaire dans les luttes sociales.

Le Front de gauche populaire doit s’exprimer et prendre des initiatives sur les grandes questions sociales comme le chômage et la précarité, les retraites, le système de santé…


 Introduction

Après l’épreuve des élections régionales de mars 2010, faisant suite aux élections européennes de juin 2009, le Front de gauche peut désormais occuper une place significative sur l’échiquier politique. Il existe cependant une condition : prendre la mesure des attentes qu’il a suscitées. Le Front de gauche marque une avancée, peut-être le commencement d’un processus, d’une dynamique de construction d’un nouveau rassemblement politique. Le Front de gauche a commencé à « réidentifier » la gauche, pour reprendre une expression du M’PEP.

Toutefois le Front de gauche aurait pu faire beaucoup mieux et le peut encore. C’est pourquoi le M’PEP est d’accord avec le PCF lorsque ce dernier déclare, à l’occasion de son Conseil national des 27 et 28 mars 2010 : « Nous ne réussissons pas encore à faire décoller cette dynamique politique comme nous le souhaiterions. Nous ne cristallisons pour l’instant qu’une partie très politisée de la société. Nous sommes loin de réussir à enrayer l’abstention avec un réel ancrage populaire de notre rassemblement. » Le M’PEP est également d’accord avec la déclaration du secrétariat national du PG du 25 mars 2010 : « Cela implique que le Front de gauche trouve un nouveau souffle. Il doit se remettre en question positivement ».

C’est vrai, le Front de gauche éprouve des difficultés à grandir et sa construction reste fragile. L’expérience de deux campagnes électorales et le résultat malgré tout modeste obtenu par le Front de gauche aux régionales 2010, qui témoignent de l’absence d’une dynamique et d’un enracinement populaires de cette démarche, incitent le M’PEP à demander une clarification politique. Nous n’avons à cet égard aucune illusion, les trois partis qui composent le Front de gauche ne répondent jamais aux courriers qu’on leur adresse ! Ce texte est donc destiné aux électeurs et électeurs potentiels du Front de gauche qui se désespèrent de tant d’inertie.

Le Front de gauche doit changer de braquet. Il doit même se révolutionner. Certes, il s’agit d’une force politique en gestation qui n’est pas encore – loin s’en faut ! - arrivée à maturité et qui n’a pas pu, pour l’instant, révéler son potentiel. Mais Pour y parvenir, précisément, une clarification politique est nécessaire. Le Front de gauche n’est pour l’instant qu’une force d’appoint qui ne peut avoir l’espoir d’infléchir la politique d’accompagnement du néolibéralisme menée par le PS dans les régions et soutenue par Europe Écologie. Il ne parvient pas, pour le moment, à mobiliser l’électorat populaire. Sans doute parce qu’il n’incarne pas encore de rupture identifiable avec le système actuel et qu’il ne porte pas de projet.

Il faut poursuivre la démarche engagée dans l’esprit de la bataille du référendum de 2005, à partir d’une démarche unitaire, d’un large rassemblement de forces. Le Front de gauche possède des réserves électorales considérables qui ne demandent qu’à être mobilisées. Il s’est trouvé lui aussi en échec, comme les autres, pour réduire l’abstention. Rappelons-nous pourtant que le « non » de gauche avait fait plus que le « oui » de gauche. C’est bien sur cette base idéologique qu’il est possible d’envisager de passer devant le PS.

La stratégie du M’PEP visant à « réidentifier » la gauche passe par la construction d’une grande force politique de gauche. C’est pourquoi, dès la création du Front de gauche, le M’PEP a salué cette initiative et a participé, aux côtés du Front de gauche, aux campagnes électorales des européennes en 2009 et des régionales en 2010. Le M’PEP confirme aujourd’hui sa volonté d’alliance avec le Front de gauche.

Cependant le Front de gauche devrait préciser sa doctrine, son programme, son périmètre, son fonctionnement et son implication dans les luttes sociales.

 I.- PRÉCISER LA PERSPECTIVE POLITIQUE ET LA STRATÉGIE D’ALLIANCE DU FRONT DE GAUCHE AVEC LE PARTI SOCIALISTE

C’est la première proposition du M’PEP qui considère que par certains aspects, des déclarations et des pratiques des partis membres du Front de gauche restent ambigües vis-à-vis du PS. Une clarification politique sur cette question serait nécessaire.

Pour convaincre et mobiliser la population, en tout cas pour dire où il veut aller et comment il veut y aller – ce qui est une condition préalable – le Front de gauche doit faire état, clairement, de sa « perspective politique ». Ce n’est pas encore le cas, et cette absence contribue beaucoup au manque de dynamique populaire du Front de gauche. On entend ici par « perspective politique » la définition des contours de la société que le Front de gauche veut bâtir et la manière d’y parvenir. Autrement dit, la «  perspective politique » doit traiter de la fin et des moyens, l’une et les autres étant indissociables.

Le Front de gauche doit s’exprimer sur une grande variété de sujets, ce qu’il fait très peu, puisque les textes qu’il a publiés jusqu’à présent tiennent sur les doigts d’une seule main. C’est très insuffisant pour mener la lutte idéologique, contribuer aux luttes sociales, et gagner les batailles électorales. Le Front de gauche devrait donc préciser son analyse du capitalisme, son « dépassement » ou toute autre formule qui montrerait qu’il veut remplacer le capitalisme par autre chose. Corrélativement, le Front de gauche devrait aussi se prononcer sur la question du socialisme et la conception qu’il s’en fait. Le socialisme – ou un socialisme pour le XXIe siècle – est-il l’objectif ultime du Front de gauche ?

Il serait parfaitement concevable que le Front de gauche ne possède pas une telle perspective – dépassement du capitalisme et socialisme – ou qu’il ne souhaite pas s’en doter pour se limiter à n’être qu’un rassemblement électoral. Un tel choix serait compris par tous – citoyens et organisations de gauche - et serait lui-aussi une « perspective ». Au moins les choses seraient claires, chacun sachant où il va. L’essentiel pour le Front de gauche est d’expliquer où il veut en venir et de ne pas en rester au flou actuel.

De toute façon, la nouvelle société que le Front de gauche voudra construire devra résulter de l’articulation entre les luttes sociales et les luttes idéologiques, politiques et électorales. Dans ces différents types de luttes et leur articulation, le succès dépendra des alliances et de leur contenu. C’est pourquoi le M’PEP considère qu’il est temps, pour les partis membres du Front de gauche, d’indiquer leur perspective politique. Pour y contribuer, le M’PEP souhaiterait dialoguer avec le Front de gauche autour d’une série de questions qui lui paraissent fondamentales. Inversement, le M’PEP soumet au Front de gauche la proposition de ne participer à aucun gouvernement avec le Parti socialiste – et de le dire clairement - tant qu’un rapport de forces suffisant ne permettra pas de prendre des mesures de rupture avec le système capitaliste.

 A.- Le M’PEP demande une série de clarifications au Front de gauche dans ses rapports avec le Parti socialiste

  • Le Front de gauche peut-il parler de « la gauche » en y intégrant le PS ?
  • Le Parti socialiste est-il de gauche ?
  • Faut-il utiliser l’expression l’ « autre gauche » ?
  • Le Front de gauche est-il favorable à la notion de « gauche solidaire » de Martine Aubry ?
  • Le Front de gauche a-t-il pour objectif de passer devant le PS ?
  • Dans quelles conditions le Front de gauche est-il prêt à s’allier au PS ?

 1.- Le Front de gauche peut-il parler de « la gauche » en y intégrant le PS ?

Des déclarations du PG et du PCF, au lendemain des élections régionales de 2010, ont été ambigües. En tout cas elles sont apparues comme telles au M’PEP et à un nombreux public. Elles donnent l’impression que le Front de gauche banalise le PS et le social-libéralisme qu’il professe, et qu’il prépare une alliance avec le PS sans débat public avec les militants.

Ainsi, dans une déclaration de son secrétariat national du 25 mars 2010, le PG parle à propos du résultat des élections régionales d’un « Vote massif pour la gauche ». Et il ajoute : « En effet, il y a de nouveau 21 régions métropolitaines sur 22 gérées par la gauche. Qu’allons-nous faire de notre victoire électorale ? ». Le M’PEP ne pense pas que l’on puisse parler vraiment de « la gauche » aussi simplement en mettant toutes ses composantes sur le même pied et dire «  notre victoire ». La victoire du PS dans sa configuration idéologique et le rapport de forces à gauche actuels ne peut que déboucher sur la mise en œuvre d’une politique social-libérale, source de nouvelles déceptions pour la population. Le M’PEP, pour sa part, ne se considère absolument pas concerné par la « victoire » du PS qui n’est pas la sienne et qu’il ne faut pas confondre avec celle de la gauche.

Même chose du côté du PCF quand, dans une déclaration de Marie-George Buffet et Pierre Laurent (L’Humanité, 24 mars 2010), on peut lire : « Les listes de la gauche rassemblée et des écologistes remportent une belle victoire » ou encore « Faire de la victoire des régionales un appel vers d’autres victoires ». Peut-on raisonnablement affirmer que la gauche, intégrant le PS, est « rassemblée » ? Mais rassemblée sur quoi ? Sur quel programme ? Pour faire quoi ? Les aspects idéologiques et le rapport de force électoral permettent-ils de réunir les conditions pour une véritable alternative politique avec le PS qui laisserait espérer d’autres « victoires » ?

Du point de vue du M’PEP, il aurait été plus conforme à l’esprit de ce que veut faire le Front de gauche – ou à ce que le M’PEP en a compris - de parler de victoire du PS et non de victoire de la gauche sans autre précision. Ces ambigüités laissent la porte ouverte à de multiples interprétations qui sont nuisibles à la crédibilité du Front de gauche.

 2.- Le Parti socialiste est-il de gauche ?

La gauche peut être définie par son idéal ultime qu’est l’égalité, c’est-à-dire l’action, sous toutes ses formes, pour tendre vers cet objectif. Le Parti socialiste, comme la social-démocratie, a renoncé à cet idéal, à cette valeur centrale et fondatrice de la gauche. Il récuse d’ailleurs officiellement ce principe pour lui substituer celui d’ « équité ».

Dans de nombreuses déclarations (voir ci-dessus et ci-dessous), les partis membres du Front de gauche assimilent sans nuance le Parti socialiste à la gauche, par exemple quand le PG et le PCF parlent de « victoire de la gauche » aux élections régionales de 2010. Cette absence de nuances peut laisser croire que le Front de gauche recherche une alliance avec le PS, elle aussi sans nuance. Les choses sont peut-être claires dans l’esprit des dirigeants du PG et du PCF, mais elles n’apparaissent pas ainsi aux yeux de la population. De plus, cette assimilation pure et simple du PS à la gauche alimente de toute évidence un vote utile en faveur du PS. En effet, si le PS est « de gauche », sans autres précisions, pourquoi voter pour le Front de gauche et pas directement pour le PS ?

Le Parti socialiste se présente et se définit comme un parti de gauche. Ses adhérents et électeurs, les journalistes et commentateurs politiques, sans parler évidemment des électeurs de droite pour lesquels il n’y a pas de risque de confusion, placent le PS à gauche de l’échiquier politique. Si le M’PEP considère que le PS est bien historiquement un parti de gauche, il n’en considère pas moins que le PS a abandonné toute volonté de transformation sociale s’appuyant sur les valeurs et l’histoire de la gauche – principalement l’égalité -, et qu’il n’a plus, depuis longtemps, de programme de gauche. Pour la période récente, on peut dater cet alignement sur les politiques néolibérales à 1983. Certes, ici ou là, dans sa pratique gouvernementale et ses programmes de reconquête du pouvoir, on peut trouver telle ou telle mesure de gauche. Et surtout beaucoup de discours à connotation de gauche. On n’attire pas, en effet, les mouches avec du vinaigre : ces bonnes intentions ne sont que des appâts pour attirer les électeurs authentiquement de gauche.

Quelle que soit l’analyse des dirigeants des partis membres du Front de gauche sur cette question, il serait préférable qu’ils la rendent publique, ou qu’ils disent en toute modestie qu’ils ne parviennent pas à trouver de terrain d’entente. Ce serait mieux que le silence et les ambigüités actuelles qui pénalisent le Front de gauche.

 3.- Faut-il utiliser l’expression l’ « autre gauche » ?

Cette expression, souvent utilisée par le PG, s’inscrit dans les ambigüités qui viennent d’être relevées et les renforce. Elle nous parait malheureuse pour deux raisons : elle banalise le PS et elle crée de la confusion.

On ne peut pas mettre le PS sur le même plan que le Front de gauche et les forces qui se réclament de la gauche de transformation sociale et qui combattent le social-libéralisme. C’est pourtant l’impression que donne cette expression d’ « autre gauche » qui, en outre, crée de la confusion en n’indiquant pas clairement qui elle désigne. Sauf à être déjà initié, personne ne peut deviner qui se cache derrière cette « autre gauche » : le Front de gauche et la gauche de transformation sociale ou le PS ?

Le M’PEP ne se considère pas concerné par cette appellation et préfère de son côté parler de la « gauche de gauche », de la « vraie gauche » ou de la « gauche de transformation sociale ».

Évidemment nous ne demandons pas au PG d’abandonner cet intitulé s’il y tient vraiment, mais nous voulons souligner ses graves inconvénients. De plus, comme d’autres organisations l’ont déjà dit, le M’PEP ne souhaite pas être intégré, contre son gré, à cette « autre gauche ».

 4.- Le Front de gauche est-il favorable à la notion de « gauche solidaire » de Martine Aubry ?

Après les régionales qui lui offrent un bel avenir pour 2012 – du moins le croit-il - le PS cherche un nouveau concept pour nommer la configuration politique qu’il imagine, une fois l’hypothèque du MoDem levée. Il ne peut pas reprendre l’appellation de « gauche plurielle » (le PS, le MRC, les Radicaux de gauche, le PCF, les Verts ont participé au gouvernement où Lionel Jospin était Premier ministre entre les législatives de 1997 et celles de 2002). Cette expérience s’est terminée par une débâcle. Le PS semble pencher pour « gauche solidaire » (à ne pas confondre avec le projet de « République solidaire » de Dominique de Villepin !). Martine Aubry parle désormais ouvertement de la « gauche solidaire ». Celle-ci existe déjà pour Le Monde qui, dans son éditorial du 30 mars 2010, évoque « la gauche solidaire qui rassemble le Parti socialiste, Europe Écologie et le Front de gauche ». Sans démentis de la part des dirigeants du Front de gauche !

Tout est venu d’une mise en scène entre les deux tours des régionales. Martine Aubry, Marie-George Buffet et Cécile Duflot ont remonté la rue Saint-Sabin dans le 11e arrondissement de Paris, côte à côte et tout sourire, pour tenir une conférence de presse dans un café « branché » du quartier dans le but louable de rassembler les voix de gauche au deuxième tour. Martine Aubry a alors parlé de « gauche solidaire » sans susciter de réactions chez ses deux collègues. Le M’PEP désapprouve la présence de Marie-George Buffet à cette initiative qui n’a servi qu’à semer la confusion.

Le Front de gauche devrait s’exprimer sur cette question et dire clairement qu’en l’état actuel du programme du PS, aucun changement ne peut être envisagé pour la politique de la France. Dans ces conditions, le Front de gauche ne peut pas imaginer d’alliance avec le PS.

 5.- Le Front de gauche a-t-il pour objectif de passer devant le PS ?

Autant le PG a paru clair sur cette question, autant la direction du PCF s’est-elle soigneusement gardée, jusqu’à présent, d’évoquer l’objectif pour le Front de gauche de passer devant le PS. Quelles sont les raisons de ce mutisme ? En cultivant ce silence, l’ambigüité s’installe et alimente l’impression que la direction du PCF veut - à n’importe quel prix et sans condition – participer au pouvoir avec le PS. Les cas de participation d’élus communistes aux exécutifs régionaux avec le PS nourrissent cette impression.

Le M’PEP considère que le Front de gauche et ses alliés doivent, lors de chaque consultation électorale, accumuler des forces pour, le moment venu, passer devant le PS. Le rééquilibrage du rapport des forces à gauche en faveur de la gauche de transformation sociale est la condition première et décisive pour participer au pouvoir dans le but de briser les reins au capitalisme. Toute participation gouvernementale qui ne s’appuierait pas sur un tel rapport de force serait vouée à l’échec et susciterait, une nouvelle fois, la déception et la colère. Une telle attitude nourrirait le Front national bien plus « efficacement » que le pseudo-débat sur l’ « identité nationale ».

Le M’PEP demande donc à la direction du PCF de s’exprimer sur le sujet.

 6.- Dans quelles conditions le Front de gauche est-il prêt à s’allier au PS ?

Le Front de gauche ne s’est pas encore exprimé sur le sujet. Mais une série de déclarations de dirigeants du PCF alimentent, là encore, les ambigüités.

Peut-on affirmer, comme le fait la résolution adoptée par le Conseil national du PCF des 27 et 28 mars 2010 : « Aujourd’hui, la quasi-totalité des régions, avec les départements et les communes dirigée par la gauche, doivent constituer des points d’appui pour une contre-offensive à la politique de la droite et la construction de véritables boucliers sociaux face à la crise ». Cette analyse repose sur une illusion totale concernant la volonté du PS de transformer la société, l’état du rapport des forces et les compétences des régions. Est-il sérieux de parler de « bouclier social » à propos des régions, alors qu’elles n’ont aucune compétence en la matière et que les élus socialistes, dans leur majorité, n’ont pas la volonté d’y parvenir ?

Marie-George Buffet dans L’Humanité du 6 novembre 2009 explique : « Pour construire cette alternative, nous ne voulons pas opposer une gauche à une autre mais rassembler la gauche pour faire gagner de grandes revendications populaires ». Le M’PEP pense au contraire qu’il faut s’opposer à la gauche social-libérale, celle incarnée par le PS, qui a rompu depuis 1983 avec les politiques de gauche. Il existe une vraie gauche – celle incarnée, normalement par le Front de gauche et d’autres – qui tente de faire vivre une alternative au capitalisme.

Dans son rapport devant le Conseil national du PCF, le 4 septembre 2009, Pierre Laurent affirme : « Le périmètre du Front de gauche a également fait l’objet d’un échange, le PG estimant qu’il ne peut y avoir d’ambigüité sur l’inclusion du PS dans ce Front. Là encore, nous lui avons répondu que les objectifs de cette construction (clarté du projet et ambition majoritaire sur ce projet) étaient à nos yeux la meilleure des garanties. C’est sur ces bases que nous visons l’élargissement du Front. Sur les régionales, le PG se prononce pour des listes de 1er tour. Nous lui avons réaffirmé notre volonté de travailler avec nos partenaires du Front de gauche à des dynamiques qui soient là aussi des dynamiques à vocation majoritaire ». Ainsi le PS pourrait être dans le Front de gauche ? Nous sommes, avec une telle analyse, dans la confusion la plus extrême.

La question de la participation d’élus communistes aux exécutifs des régions dirigées par le PS pose un problème politique majeur qui dépasse largement le cadre des régionales. Des élus du PCF sont en effet retournés dans les exécutifs, pour occuper des postes de vice-président, sauf dans le Nord-Pas-de-Calais et le Limousin, sans aucune condition. Le Front de gauche n’est pourtant pas assez fort, dans les régions, pour influer sur les principales prises de décision.

Le M’PEP désapprouve ce choix et est en accord avec le PG quand il publie une « déclaration sur les exécutifs régionaux » dans laquelle il explique que « Les conseillers régionaux du PG élus le 21 mars ne participeront pas aux exécutifs régionaux. […] Nous respectons ainsi le texte du 28 octobre qui a constitué la base du protocole national d’accord des listes ‘‘Ensemble pour des régions à gauche’’ et /ou Front de gauche. […] Sur cette base le Parti de gauche a souhaité proposer à la négociation trois conditions thématiques issues du programme des listes Front de gauche : clause de conditionnalité sociale et écologique pour les aides aux entreprises ; grand service public de la formation professionnelle ; création d’un comité régional de planification écologique. Ni le rapport de force, ni le contenu ne nous permettent de participer à des exécutifs ».

Cette situation regrettable vient de la direction du PCF qui, lors de son Conseil national du 15 janvier 2010, dans le rapport de Pierre Dharéville, avait fait observer que « Dans cinq régions un accord satisfaisant a été signé avec l’ensemble des forces de gauche : Bourgogne, Bretagne, Champagne-Ardenne, Haute-Normandie, Lorraine. Nos camarades sont engagés pour porter nos ambitions de façon dynamique et visible afin de faire gagner une gauche capable de répondre aux attentes ». Ces régions sont celles où les adhérents du PCF avaient voté l’alliance avec le PS dès le premier tour. Certes, la direction du PCF a du gérer une situation particulièrement complexe dans laquelle aucune position nationale n’a été décidée puisque les adhérents du PCF avaient fait des choix différents selon les régions. Mais tout se vaut-il ? Était-il justifié de mettre sur le même plan l’alliance avec le PS dans certaines régions, sans aucun rapport de force, et dans d’autres régions la tentative de passer devant le PS pour sortir du social-libéralisme ?

Le M’PEP ne demande pas aux directions du PG et du PCF de s’aligner sur ses positions ! Il leur demande simplement de s’expliquer, d’argumenter, de parler, de sortir de leur mutisme. Et il leur demande la mise en place d’un lieu pour échanger. Car aussi étonnant que cela puisse paraitre, il n’existe aucun espace de dialogue entre les membres du Front de gauche, et encore moins entre le Front de gauche et les organisations et personnalités qui lui sont proches, où il serait possible de dialoguer, d’échanger, de s’expliquer. Pourquoi ?

 B.- Ne participer à aucun gouvernement avec le Parti socialiste tant qu’un rapport de forces ne permettra pas de prendre des mesures de rupture avec le système capitaliste

Le M’PEP est entièrement d’accord avec l’idée développée par le Front de gauche sur la nécessité d’un rassemblement majoritaire pour prendre le pouvoir et l’exercer dans une perspective de remise en cause des politiques néolibérales. Toute la question, bien sûr, est celle de la composition de ce rassemblement et du rapport de forces entre ses composantes, qui détermineront la nature des transformations proposées.

Dans cette perspective, il est nécessaire d’affirmer clairement que l’objectif électoral du Front de gauche est de dépasser le PS. Sans passer devant le PS, on ne voit pas comment ce parti pourrait se convertir, par magie, sans rapport de force, à des politiques de remise en cause du néolibéralisme.

Mais passer devant le PS, en simples termes électoraux, ne serait qu’un raisonnement arithmétique ne donnant strictement aucune assurance de contraindre le PS à adopter un programme de gauche. Dans les deux cas – être majoritaire ou minoritaire à gauche – c’est la dynamique politique, idéologique, électorale, sociale, culturelle qui comptera. C’est cette dynamique qui contribuera à un accord politique et/ou électoral avec le PS, sur la base d’un contenu plus ou moins avancé. Dans ces conditions, et dans ces conditions seulement, une alliance électorale avec le PS sera possible pour gouverner la France, sur la base d’un programme de transformation sociale.

La participation à un gouvernement dirigé par le PS, alors que le rééquilibrage du rapport des forces à gauche n’est pas accompli, est à proscrire formellement du point de vue du M’PEP. Sauf si le PS s’engage clairement à prendre des mesures de rupture qui seront appréciées comme un bon compromis, après approbation des militants et pas seulement des appareils.

Le dialogue avec le PS est donc possible tout de suite, mais dans la clarté et à partir d’un programme du Front de gauche. C’est un préalable.

Tout doit être entrepris pour faire bouger le rapport de forces à gauche afin de négocier en position de force avec le PS. C’est ce qui s’est produit pendant la Résistance et à la Libération.

 II.- ÉLABORER LE PROGRAMME DE GOUVERNEMENT DU FRONT DE GAUCHE À PARTIR D’UN COMITE DE PILOTAGE PLURALISTE QUI SOLLICITERA LA « BASE », PLUTÔT QUE DE S’ENGAGER PRÉMATURÉMENT DANS LA CAMPAGNE DES PRÉSIDENTIELLES

Le M’PEP est en désaccord avec la stratégie du PG et sa stratégie de mise en avant de Jean-Luc Mélenchon comme candidat engagé dans la campagne des présidentielles. Jean-Luc Mélenchon a beaucoup de qualités et n’est pas ici en cause. Si ce que rapporte Le Figaro du 27 mai 2010 est vrai, Jean-Luc Mélenchon aurait déclaré au « Talk Orange – Le Figaro » : « On représente au moins 10% du corps électoral français et si on me suit cela fera beaucoup plus ».

Le M’PEP considère qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. D’abord, il faut élaborer un vrai programme de gouvernement pour le Front de gauche. Ensuite, le choix d’un candidat éventuel du Front de gauche à la présidentielle doit se débattre démocratiquement, avant toute déclaration de candidature unilatérale. Enfin, le candidat éventuel du Front de gauche devra disposer d’un mandat, et non se placer dans la situation inverse consistant à demander un chèque en blanc. Le M’PEP s’interroge – et invite les partis membres du Front de gauche à s’interroger également – sur la dérive démocratique et institutionnelle profonde que provoque le système présidentialiste. Le M’PEP consultera ses militants sur la question de savoir si la vraie gauche n’a pas intérêt à dévaloriser l’élection présidentielle en ne présentant pas de candidat pour valoriser l’élection législative.

Le M’PEP appelle en tout cas le Front de gauche à ne pas participer au combat des chefs et des ego et à n’évoquer l’éventualité d’une candidature commune du Front de gauche qu’au tout dernier moment. L’électorat de gauche attend que le Front de gauche montre son unité, son ouverture, son efficacité dans les luttes. Qu’il travaille à son programme de transformation sociale. Qu’il ne remplace pas la lutte idéologique et celle sur les contenus par la lutte des personnes et des places. Il faut d’abord des bases et repères idéologiques et programmatiques solides. La question n’est pas d’avoir un bon chef que l’on va suivre, même s’il vaut mieux avoir de bons chefs que de mauvais chefs. La question est de savoir si on fait comme le PS qui a finalement épousé le système de la Ve République, avec ses gènes bonapartistes, ou si on prend des initiatives fortes pour en sortir.

La nécessité, pour le Front de gauche, de disposer d’un « programme de gouvernement » ne va pas de soi. Pour les uns, l’échec du « programme commun de gouvernement de la gauche », signé en 1972 par le Parti communiste français, le Parti socialiste et le Parti radical de gauche signerait l’obsolescence de principe de tout programme de gouvernement élaboré par les partis, au motif qu’ils encourageraient une pratique de délégation de pouvoir. Pour les autres, l’élaboration de programmes de gouvernement relèverait exclusivement de la responsabilité des partis politiques, la consultation des militants et du public n’étant que de pure forme.

Pour le M’PEP, les partis qui aspirent à gouverner doivent annoncer à l’avance ce qu’ils comptent faire et se faire élire sur le programme qu’ils auront proposé aux citoyens. C’est la démocratie, personne ne peut donner de chèque en blanc aux partis politiques. D’autant que l’expérience a montré qu’il ne suffisait pas d’être élu sur un programme pour respecter ce programme ! Mais ce n’est pas une raison pour se présenter aux élections sans programme. La seule condition à réaliser pour que ce programme corresponde aux aspirations des citoyens est de le réaliser avec eux, et qu’en retour ils se l’approprient en l’arrachant des mains des seuls appareils.

Le M’PEP est d’accord avec le PCF quand dans la résolution adoptée par son Conseil national des 27 et 28 mars 2010, il souligne que « La bataille de 2012, contre la droite mais aussi dans le débat à gauche, se gagnera d’abord sur le terrain du projet. Dans la prochaine période, nous appelons à l’organisation de conventions, d’assises, de tous autres évènements à imaginer qui fasse évènement dans la construction de ce projet. Des premiers grands rendez-vous pourraient avoir lieu à l’automne 2010 ».

Parler de candidatures du Front de gauche à la présidentielle et aux législatives de 2012 est en effet prématuré. Parlons d’abord de programme, ce qui n’a pas été possible pendant la campagne électorale, les directions du PG et du PCF ayant décidé, pour une raison encore inconnue, d’arrêter brutalement le travail en cours qui avait pourtant débuté dans d’excellentes conditions.

D’autant que le Front de gauche a connu d’autres expériences malheureuses comme l’initiative du 3 juillet 2009 à la Mutualité. Après les élections européennes, il s’agissait pour le Front de gauche de rebondir et de montrer que son rassemblement n’était pas purement électoral. Une réunion avait donc été convoquée à la Mutualité à Paris, en présence d’ « experts », pour tenter de travailler sur les contenus. Mais la tentative de produire des éléments de programme a échoué : aucun texte n’est sorti de cette séance dont plus personne ne parle. Il faudra clairement procéder de manière différente pour la suite.

Surtout que des annonces non suivies d’effets se sont multipliées, comme celles contenues dans le rapport de Pierre Laurent au Conseil national du PCF du 4 septembre 2009 : « Nous devons […] faire émerger les grands axes d’un nouveau projet transformateur, les grands axes d’un projet politique alternatif. La Mutualité tenue le 3 juillet avec le Front de gauche avait à sa manière montré le potentiel de créativité disponible. Il faut maintenant passer le cap supérieur, pour créer une dynamique de projet beaucoup plus large qui combatte le sentiment d’enlisement de la gauche face à Sarkozy. Marie-George Buffet a lancé l’idée le 26 août de tenir courant octobre de premiers grands ateliers thématiques nationaux sur le projet, ouverts aux forces du mouvement social, dans lesquels toutes les forces de gauche et écologistes pourraient se confronter, et un point d’étape national de ce travail en novembre. […] Les thèmes abordés pourraient être au nombre de six : argent public (pôle public bancaire, crédit, financement de la protection sociale, fiscalité) ; services publics et rôle de l’État ; nouveau mode de développement (un atelier sur croissance, emploi, industrie, écologie ; un autre sur les enjeux de Copenhague) ; démocratie, institutions, droits nouveaux ; école et formation). »

Aucune de ces promesses n’a été tenue. Ces « ateliers » ont bien eu lieu, mais ils étaient en réalité des meetings politiques plutôt que des séances de travail. Il n’en est strictement rien ressorti. En outre, on ne voit pas pourquoi ce serait le PCF, seul, qui fixerait la liste des sujets à débattre, les plannings et la méthode de travail. Il manquait d’ailleurs à cette liste deux questions essentielles : celle de l’Union européenne et celle du libre-échange.

Espérons que les choses vont évoluer dans le sens préconisé dans la déclaration de Marie-George Buffet et Pierre Laurent du 21 mars 2010 (L’Humanité, 24 mars 2010) : « Au sein du Front de gauche il [le PCF] prendra les initiatives nécessaires pour l’élaboration d’un projet partagé de transformation de notre société ». Cette déclaration n’est cependant pas dénuée d’ambigüités quand on lit qu’il est proposé que «  Ce travail doit se construire en s’appuyant sur la diversité des approches des trois composantes politiques qui ont permis la victoire […] C’est un chantier qui doit être ouvert à toute la gauche, à toutes ses composantes ». Les forces qui se sont alliées au Front de gauche pendant la campagne des régionales (« personnalités du mouvement social » et, selon les régions, cinq organisations : Alternatifs, FASE, M’PEP, PCOF R&S) seraient donc encore une fois exclues ? Et le PS, en revanche, serait inclus puisque l’initiative concernerait « toute la gauche » ? Pour le M’PEP, le Parti socialiste ne doit pas être associé au processus d’élaboration du programme du Front de gauche. Une fois ce programme établi, il faudra le confronter à celui du PS. Mais en attendant, sauf à vouloir cultiver les ambigüités déjà nombreuses vis-à-vis du PS, il faut que le Front de gauche, par une démarche indépendante et autonome, élabore lui-même son programme.

La préparation d’un programme de gouvernement est cruciale pour le Front de gauche. Elle concerne la méthode et le contenu. Sur le plan de la méthode, le M’PEP invite le Front de gauche à adopter une démarche ouverte, et sur le fond à aborder sans tabou un certain nombre de questions-clés.

 A.- Pour une méthode ouverte, claire, démocratique, pluraliste, efficace d’élaboration du programme du Front de gauche populaire

De la méthode retenue dépendront largement les contenus. Afin de s’assurer que le programme du Front de gauche populaire « colle » aux aspirations des citoyens, que ces derniers, en y participant, se l’approprient, et que les militants du Front de gauche populaire soient associés à la base, le M’PEP propose une démarche totalement inédite. Elle reposerait sur 4 étapes :

  • Mettre en place un « collectif national de pilotage pour l’élaboration du programme du Front de gauche ».
  • Lancer des « cahiers de doléances ».
  • Organiser des débats thématiques à l’échelle locale.
  • Faire voter les militants du Front de gauche fin 2011 pour adopter le programme.

 1.- Mettre en place un « collectif national de pilotage pour l’élaboration du programme du Front de gauche » populaire

Laisser les directions des partis politiques membres du Front de gauche organiser seules le travail sur le programme reviendrait à s’inscrire dans les vieux réflexes et comportements de la politique classique, celle menée par la droite et le PS. En outre, il y aurait le risque de reproduire les mêmes phénomènes que ceux rencontrés lors des élections européennes et régionales : jeux d’appareils paralysants ; absence de travail réel ; coupure avec les militants et la population. Une autre façon de procéder est possible, beaucoup plus ouverte, claire et efficace, qui ne remettrait pas en cause les responsabilités propres et nécessaires des partis politiques. Mais ces derniers ne capteraient pas le processus à leur profit exclusif ; ils en seraient des acteurs importants, mais seulement des acteurs à côté d’autres acteurs.

Le M’PEP propose donc la mise en place d’un « collectif national de pilotage pour l’élaboration du programme du Front de gauche populaire ». Son objet serait d’animer, jusqu’à la fin 2011, la campagne du Front de gauche populaire d’élaboration de son programme. Ses membres seraient nommés par les partis composant le Front de gauche populaire mais dans le cadre de règles bannissant les comportements de droit divin qui pourraient se traduire par l’élimination d’organisations ou de « personnalités » selon le bon vouloir de tel ou tel dirigeant du Front de gauche. Toute organisation et toute « personnalité » manifestant le souhait de participer à ce « collectif » devrait pouvoir y être intégrée automatiquement.

La composition du « collectif » pourrait être la suivante : une majorité de membres des partis du Front de gauche populaire ; des représentants des forces qui ont participé à la campagne des régionales ; des représentants d’autres forces et des « personnalités qualifiées ». Ce « collectif », qui pourrait rassembler jusqu’à une centaine de personnes, se doterait d’un secrétariat représentatif des différentes sensibilités et désigné en son sein. Le « collectif » déciderait de son mode de fonctionnement, il :
- lancerait des « cahiers de doléances et de la colère » ;
- organiserait des débats thématiques à l’échelle des départements ;
- ferait voter les militants du Front de gauche populaire vers la fin 2011 pour qu’ils adoptent le programme.

 2.- Lancer des « cahiers de doléances et de la colère »

Les « cahiers de doléance et de la colère » 2010 seraient une invitation lancée par le « collectif national » aux citoyens et aux organisations sociales (partis, syndicats, associations…) pour leur proposer de faire connaitre leurs revendications, leurs propositions, ou tout simplement leurs témoignages et les problèmes qu’ils rencontrent sans nécessairement avoir de solution. De multiples initiatives pourraient être prises à l’échelle nationale dans ce but : réunions thématiques, avec des professions… Un site Internet spécial serait ouvert où tous ceux qui voudraient faire des propositions et débattre seraient les bienvenus. Tous les « cahiers de doléances et de la colère » reçus par le « collectif » y figureraient, sans tri préalable ni censure.

Le « collectif », qui pourrait s’adjoindre des chargés de mission pour alléger sa charge de travail, répartirait les « cahiers » dans des commissions ad hoc. C’est l’addition et la mise en cohérence de ces « cahiers de doléances et de la colère », reçus, traités et classés par le « collectif national » qui formerait le projet de programme du Front de gauche populaire.

Mais le « collectif national », en outre, serait chargé d’impulser la tenue de débats thématiques à l’échelle locale et de préparer le vote des militants sur le programme.

 3.- Organiser des débats thématiques à l’échelle locale

L’échelle locale est celle de la délibération publique directe entre les citoyens, dans le village, le quartier, la ville, ou même sur le lieu de travail. C’est l’endroit où les militants sont organisés dans leurs partis, leurs syndicats, leurs mouvements, leurs associations, ou de manière plus informelle. L’enracinement du Front de gauche populaire dans les territoires est la condition la plus importante à réunir pour lui assurer le succès. La réflexion sur le programme raffermira les liens entre ces militants d’origines diverses, et leur permettra de bâtir un projet commun.

Cependant, L’expérience montre toutefois que si la bonne volonté est nécessaire, elle n’est pas suffisante. Il faut en effet beaucoup de méthode pour que toute l’énergie déployée soit profitable. Le M’PEP propose la méthode suivante :

  • Les thèmes à débattre seront décidés par les militants locaux eux-mêmes selon un calendrier allant jusqu’à fin 2011.
  • Des « experts » pourraient être auditionnés.
  • Les réunions seraient ouvertes au public.
  • Chaque thème ferait l’objet de plusieurs séances, des comptes rendus étant systématiquement rédigés. Les nouvelles séances porteraient sur les points ayant fait l’objet de désaccords lors des séances précédentes, dans le but de trouver un terrain d’entente.
  • Sur chaque thème, un «  cahier de doléances et de la colère » serait rédigé et envoyé au « collectif national ».

 4.- Faire voter les militants fin 2011 pour adopter le programme

Une fois les « cahiers de doléances et de la colère » et les résultats des débats thématiques locaux dépouillés, pour fin août 2011, le « collectif national » devrait être en mesure de produire un projet de programme pour fin octobre 2011. Il serait proposé aux militants des partis composants le Front de gauche populaire et aux militants directs du Front de gauche si cette option a été retenue par le Front de gauche populaire (voir plus bas). Après débat, un vote serait organisé vers la mi-décembre 2011.

Quel serait le rôle des trois partis politiques membres pour l’instant du Front de gauche populaire ? Car dans la proposition du M’PEP, ce ne sont pas ces partis mais le « collectif national » qui élaborera le projet de programme. Les partis du Front de gauche populaire pourront donner leur appréciation sur ce projet de programme et donner les consignes de vote qu’ils souhaiteront à leurs militants.

 B.- Un contenu du programme articulé autour de quelques questions-clés

Pour le M’PEP, le programme de gouvernement du Front de gauche populaire devrait traiter les sept problèmes principaux suivants : le chômage et la précarité ; l’Union européenne ; le libre-échange ; les déficits et la dette ; la conversion écologique du mode de production ; l’égalité ; le démantèlement des marchés financiers.

Alors que le chômage et la précarité sont la cause de multiples dysfonctionnements graves de la société et qu’il représente la préoccupation principale de la population, le Front de gauche ne dispose pas, pour l’instant, d’un ensemble de mesures crédibles sur la question. Il y a urgence à doter le Front de gauche populaire d’une véritable stratégie de plein-emploi.

Les membres du Front de gauche mettent l’accent, à juste titre, sur la souveraineté populaire, jamais sur la souveraineté nationale, comme si cette dernière notion était non seulement dépassée mais frappée du sceau de l’infamie et du « nationalisme ». Mais la souveraineté populaire n’existe pas sans la souveraineté nationale ! Où peut donc s’exercer la souveraineté populaire si ce n’est dans le cadre de la Nation ? Sans souveraineté populaire et nationale, il n’y a pas de libération sociale possible. L’exemple de certains pays d’Amérique Latine est là pour nous le prouver. S’ils n’avaient pas d’abord rompu les chaines qui les asservissaient à Washington et retrouvé leur faculté d’agir librement, ils n’auraient pas été en mesure de pratiquer une politique progressiste. Pourtant les composantes actuelles du Front de gauche alimentent le mythe européen et la confusion en parlant d’une « autre Europe », d’une « Europe sociale » ou d’une « Europe solidaire », sans jamais remettre en cause la nature de l’Union européenne et l’intégration de la France ne son sein.

Concernant la question du commerce international, les composantes actuelles du Front de gauche restent dans la condamnation verbale du libre-échange, sans proposer la moindre mesure pour y mettre un terme, s’effrayer du mot « protectionnisme », renforçant ainsi le sentiment de fatalité face aux délocalisations et au démantèlement de la protection sociale.

Enfin, Que dit le Front de gauche à propos de la dette publique, sujet qui va occuper le devant de la scène politique jusqu’aux présidentielles de 2012 ? La même chose que Zapatero, que le Parti travailliste anglais, que le Parti socialiste portugais ou Papandréou qui mènent une politique d’hyper-austérité ? Comme DSK ? La question est très sérieuse et on attend du Front de gauche populaire des propositions fortes.

La conversion écologique du mode de production doit prendre la mesure, dans le même mouvement, de la crise environnementale et climatique, et de la crise du travail dans l’entreprise. C’est le choix des productions et la manière de produire qui doivent être radicalement transformés.

L’égalité, si elle reste l’étoile polaire de la gauche, doit être le cœur de son programme. Notamment par la fiscalité et l’extension de la propriété publique, un meilleur partage des richesses est le moyen de financer la protection sociale et les services publics. La lutte pour l’égalité passe aussi par la lutte contre les discriminations, qu’elles concernent l’éducation, l’emploi, la formation, le logement, la culture, les femmes, les immigrés, les handicapés, les personnes âgées, les jeunes… Les droits de doivent pas être différenciés et demeurer les mêmes pour tous, c’est l’accès à ces droits qui doit l’être. Enfin, l’égalité est aussi le droit de vivre en sécurité dans la tranquillité publique.

Le démantèlement des marchés financiers, avec la crise de l’Union européenne, est une nécessité dont l’urgence apparait plus clairement. Il ne s’agit donc pas simplement de réguler, mais de démanteler. La reprise en main de la politique monétaire et du crédit – sa nationalisation – devrait permettre de développer des politiques économiques et industrielles adaptées aux besoins sociaux et environnementaux.

Dans le programme du Front de gauche populaire, la nationalisation des grands moyens de production, d’échange et de communication devra trouver sa place, comme le développement d’une politique étrangère et de défense fondée sur l’internationalisme. Quant à la démocratie, aux institutions et à l’État, la population attend du Front de gauche populaire des propositions qui rompent avec le système autoritaire de la Ve République.

Le Front de gauche n’incarne pas encore une alternative. Dans deux ans, que faut-il attendre de la gauche si elle gagne l’élection présidentielle ?

 III.- REDESSINER LE PÉRIMÈTRE DU FRONT DE GAUCHE POUR LE RAPPROCHER DU FRONT POPULAIRE

La composition du Front de gauche – son périmètre – est indissociable de son fonctionnement. C’est probablement parce que son périmètre n’a pas évolué depuis sa création (PCF, PG, GU), que le Front de gauche a connu un fonctionnement national peu efficace pendant les élections régionales. C’est dommage car dans de nombreuses régions et départements les choses se sont plutôt bien passées. Le Front de gauche populaire ne pourra pas progresser sans élargir son périmètre, à l’échelle nationale et locale, et révolutionner son mode de fonctionnement.

 A.- Le Front de gauche, malgré de nombreux appels, n’est pas parvenu à s’élargir

Le Front de gauche, depuis sa création, est resté avec les trois mêmes composantes : PCF, PG, GU. Il a pourtant multiplié les appels à l’élargissement, mais ceux-ci n’ont pas donné de résultats. C’est un des sujets sur lequel le Front de gauche populaire devra réfléchir : pourquoi aucune organisation n’a répondu favorablement aux appels à le rejoindre ?

 1.- Des appels qui sont restés sans réponse

Il ne s’agit pas, ici, d’établir la liste exhaustive des appels lancés par le Front de gauche à s’ « élargir », mais de faire simplement quelques rappels :

  • Pierre Laurent, dans L’Humanité du 9 juillet 2009 : « nous voulons élargir le Front de gauche à l’occasion des régionales ».
  • Rapport de Pierre Laurent devant le Conseil national du PCF, le 4 septembre 2009 : « Mise en place d’un comité de liaison permanent pour travailler dans la durée à la poursuite et à l’élargissement du Front ». Ce « comité », malheureusement, n’a jamais vu le jour.
  • Déclaration du 25 mars 2010 du secrétariat national du PG qui propose « que le Front de gauche s’élargisse sans tarder. D’une part à toutes les forces de l’autre gauche qui le souhaitent et notamment à celles avec lesquelles nous venons de faire campagne. Ensuite en nous enracinant le plus largement possible. »

La déclaration de Pierre Laurent devant le Conseil national du PCF, les 27 et 28 mars 2010, inquiète beaucoup le M’PEP et mériterait des discussions et des précisions : « Comment élargir encore et toujours le Front de gauche ? L’expérience le montre, la question ne peut être seulement affaire d’organisations. Des centaines d’acteurs du mouvement social, de syndicalistes, d’intellectuels, de militants de quartiers ont rejoint ou s’intéressent à notre démarche. Mais peuvent-ils être réellement partie prenante ? Nous devons en créer les conditions. Discutons avec elles et eux de la manière dont ils envisageraient leur investissement. Créons avec eux et elles ce qui doit l’être pour y parvenir. Et lançons-leur cet appel : Pourquoi le Front de gauche ne deviendrait-il pas aussi votre affaire ? Tout est à imaginer. Alors justement, libérons les imaginations et les initiatives. »

Pierre Laurent semble développer dans son rapport l’idée d’abandonner l’élargissement à des organisations pour privilégier l’élargissement à des personnes. On peut comprendre que l’échec répété des appels à élargir le Front de gauche nécessite de développer une nouvelle approche. Les dysfonctionnements de l’organisation nationale du Front de gauche deviennent en effet dissuasifs. Qui pourrait y entrer dans les conditions actuelles ? C’est donc à cet aspect que doivent s’attacher les membres du Front de gauche.

Quant à la participation d’individualités au Front de gauche c’est une excellente idée. Encore faut-il créer le cadre pour les accueillir. Et les garder !

 2.- Paradoxalement, le Front de gauche a refusé d’intégrer les deux seules organisations qui avaient répondu favorablement

Les deux seules organisations qui ont répondu positivement, dès la création du Front de gauche, n’ont pas été acceptées au motif qu’elles n’étaient pas des partis politiques. Il s’agit de République et Socialisme et du M’PEP. Les appels à rejoindre le Front de gauche n’étaient peut-être pas suffisamment précis car associés à aucun critère particulier, puisque le refus opposé à l’entrée de République et socialisme et du M’PEP, au motif qu’ils ne sont pas des partis politiques, semble signifier que seuls des partis politiques peuvent entrer au Front de gauche. C’est un choix possible. Mais pour éviter de placer inutilement le Front de gauche en échec par des appels qui n’ont aucun écho, mieux vaudrait, dès le départ, indiquer que le Front de gauche n’est ouvert qu’aux partis politiques le souhaitant. Une telle position aurait eu cependant pour limite le faible nombre de partis politiques concernés, et du coup les faibles possibilités d’élargissement du Front de gauche qui en résulteraient.

Il n’en demeure pas moins dommage que le Front de gauche ait refusé d’accepter les deux seules organisations qui avaient répondu favorablement à son appel. On peut par ailleurs déplorer que la campagne des régionales a vu se manifester, à l’échelle nationale, des attitudes que certains ont assimilé à du mépris à l’égard des partenaires du Front de gauche.

 3.- Les membres actuels du Front de gauche n’ont pas valorisé la participation des organisations qui étaient leurs partenaires

L’acte peut-être le plus symbolique qui marque l’absence de valorisation des organisations partenaires du Front de gauche est certainement le commentaire de Pierre Laurent lors du Conseil national du PCF des 27 et 28 mars 2010 quand, dans son rapport, il félicite « l’ensemble des communistes » pour la campagne qu’ils ont menée lors des élections régionales. Rien n’est plus naturel, car les militants communistes, dans une grande majorité de départements, ont été les piliers du Front de gauche, même dans les régions où la majorité d’entre eux avait choisi l’alliance avec le PS au premier tour. Rien ou presque n’aurait pu être fait sans eux. Mais il est choquant de ne pas dire un mot des militants du PG et de GU, même s’ils ne sont pas nombreux et absents dans certains départements. Même chose pour les partenaires du Front de gauche (Alternatifs, FASE, M’PEP, PCOF, R&S) dont des milliers de militants ont fait la campagne dans des configurations différentes selon les régions. On pourrait ne pas s’attarder sur ce genre d’attitudes, mais elles font partie de celles qui frappent les esprits, précisément par leur caractère symbolique. En tout cas, au lieu de rassembler elles écartent, au lieu d’encourager elles dépriment, au lieu de dynamiser elles paralysent.

Ce silence semble manifestement correspondre à un choix politique et ne résulte pas d’une étourderie de Pierre Laurent. Ce choix politique s’est exprimé dans l’Humanité pendant toute la campagne des régionales, où l’existence des listes «  Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes » a été soigneusement masquée, ainsi que ses partenaires. Seule l’appellation « Front de gauche » a eu le droit d’être citée, bien entendu, mais le nom officiel de la plupart des listes était « Ensemble pour des régions à gauche, solidaire, écologiques et citoyennes ».

Quelques exemples :

  • L’Humanité du 31 décembre 2009, titre page 4 : « Le Front de gauche en meeting le 10 janvier » ; « C’est le dimanche 10 janvier, à Paris, à partir de 14 heures, au Palais des congrès de la porte Maillot, que sera donné le départ de la campagne du Front de gauche. Outre les trois formations fondatrices (PCF, PG, GU), participeront à ce rassemblement toutes les forces qui ont rejoint le Front de gauche à l’occasion de ces élections régionales ». Non seulement ces organisations ne sont pas citées, mais il est inexact d’écrire que ces forces « ont rejoint le Front de gauche ». Une formulation correcte aurait été de dire que ce meeting était organisé par le Front de gauche et ses partenaires, en les citant. Pourquoi les cacher ?
  • L’Humanité du 13 janvier 2010 (Une du supplément Communistes) : « Dans un Palais des congrès archicomble, représentants du Front de gauche et acteurs des mouvements en cours ont appelé les électeurs à utiliser leur bulletin de vote pour donner force à leurs combats et à leurs aspirations ». Encore une fois, le compte rendu de ce meeting est présenté de façon tronquée : les partenaires du Front de gauche ne sont pas présentés comme tels et ne sont pas cités. Michèle Dessenne, porte-parole nationale du M’PEP qui a pris la parole au meeting à côté de Buffet, Mélenchon et Picquet et les responsables des autres partenaires du Front de gauche, n’existe pas pour l’Humanité qui fait comme si tout cela n’avait pas existé.
  • L’Humanité du 27 janvier 2010 : « Pierre Laurent (PCF) a présenté, hier, la liste du Front de gauche élargi qu’il conduit dans la région capitale, en présence de Marie-George Buffet et de Jean-Luc Mélenchon ». Rien n’est dit sur la composition de cette liste, qui avait une certaine diversité qui pouvait en faire un point fort. C’est en réalité l’inverse qui a prévalu, la diversité est apparue aux yeux des membres actuels du Front de gauche, ou à certains d’entre eux, comme un inconvénient.
  • L’Humanité du 5 février rend compte d’une initiative dans l’Île-de-France visant à présenter des propositions concrètes concernant l’égalité hommes-femmes. Michèle Dessenne, porte-parole nationale du M’PEP, y participe comme candidate, intervient, mais n’est pas citée !
  • L’Humanité du 11 mars, titre de la page 4 : « à Lyon, le Front de gauche a fait salle comble ». On site Mélenchon, Buffet et la tête de liste locale, mais pas un mot des intervenant alliés au Front de gauche, Michèle Dessenne, porte-parole nationale du M’PEP qui a pris la parole et un représentant du PCOF.

Pour des milliers et dizaines de milliers de militants, qu’ils soient membres du PCF, des deux autres organisations membres du Front de gauche ou de leurs partenaires, ces attitudes de la direction du PCF ne sont pas compréhensibles. Elles nuisent au rayonnement du Front de gauche. Elles heurtent le bon sens et suscitent des interrogations qui restent sans réponses. Pourquoi appeler à « élargir » le Front de gauche d’un côté, et refuser les organisations qui répondent favorablement d’un autre côté ? Pourquoi avoir dissimulé l’existence des cinq partenaires du Front de gauche pendant la campagne des régionales ? Pourquoi n’avoir pas mis en valeur ces partenaires, en ne leur permettant pas, en règle générale, de parler lors des meetings régionaux ?

Le M’PEP avance une hypothèse : la direction du PCF a probablement considéré que la diversité des organisations du Front de gauche était contreproductive. Le résultat de l’élection a tranché : c’est l’impression de manque de diversité du Front de gauche qui l’empêche, notamment, de décoller.

 B.- Concevoir le périmètre du Front de gauche comme celui du Front populaire

Le périmètre du Front de gauche doit s’envisager à l’échelle nationale et à l’échelle locale. Pour le M’PEP, le Front de gauche a trois options devant lui :

  • maintien du périmètre actuel avec les trois composantes du Front de gauche : stagnation programmée ;
  • un Front de gauche « élargi » : progrès incertain ;
  • un Front de gauche qui se transforme en nouveau Front populaire : dynamique assurée.

1.- Maintien du périmètre actuel avec les trois composantes du Front de gauche : stagnation programmée

Si la direction du PCF, malgré ses déclarations, veut conserver la forme initiale du Front de gauche avec ses seuls trois composantes, l’échec est assuré. C’est la configuration qui a été retenue aux européennes et aux régionales. Elle présente le défaut majeur d’être dominée par le PCF et d’apparaitre comme telle. Aucune image de diversité n’est donnée, le Front de gauche apparait comme étant le prolongement du PCF, « élargi » à quelques compagnons de route. Il ne peut rassembler qu’une partie de l’ancien électorat communiste, sans aller au-delà.

 2.- Un Front de gauche « élargi » : progrès incertain

L’option « Front de gauche élargi » correspond à l’entrée dans le Front de gauche de nouvelles organisations. Mais ceci ne peut s’envisager qu’à égalité de droits et de devoirs. Personne ne peut accepter un quelconque « rôle dirigeant » de qui que ce soit. L’alliance avec le PCF est absolument nécessaire, mais l’alliance autour ou derrière le PCF donne la certitude de l’échec. Après l’expérience des élections régionales, il est peu probable que des organisations acceptent de collaborer avec le Front de gauche dans de telles conditions. Cette option semble mort-née, d’ailleurs il n’y a plus de candidats. Le M’PEP pour sa part, qui a renouvelé son intérêt pour le Front de gauche, met désormais quatre conditions à sa participation comme membre du Front de gauche :

  • mettre à jour la perspective politique et le programme de gouvernement du Front de gauche populaire ;
  • améliorer en profondeur son fonctionnement ;
  • s’implanter à la base pour ne plus rester qu’une simple alliance de sommet ;
  • s’impliquer fortement dans les luttes sociales, particulièrement pour la défense des retraites.

 3.- Un Front de gauche qui se transforme en nouveau Front populaire : dynamique assurée

Le Front populaire est né le 14 juillet 1935 lors d’un immense rassemblement antifasciste qui avait uni communistes, socialistes, radicaux, socialistes indépendants, syndicalistes de la CGT et de la CGTU, membres d’une association d’anciens combattants, du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, du Mouvement contre la guerre et le fascisme, de la Ligue des droits de l’Homme. Dès le lendemain, un « comité national pour le rassemblement populaire », chargé d’élaborer un programme commun et des accords de désistement dans la perspective des élections du printemps 1936 était mis en place. Il n’y avait donc pas que des partis politiques dans le Front populaire. Les élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936 donnaient alors la victoire au Front populaire. Dans la foulée, les grèves avec occupations d’usines se multipliaient, et se concluaient par les Accords Matignon. Le Front de Gauche a lui aussi, s’il en a la volonté, vocation à s’inscrire dans l’Histoire.

Tout en gardant l’appellation «  Front de gauche » qui commence à s’inscrire dans le paysage politique, l’évolution vers une dynamique et une organisation de type « Front populaire » serait, pour le M’PEP, la meilleure solution : un Front de gauche populaire. Il s’agirait d’une alliance entre des organisations et des personnes. Ce rassemblement se ferait sur un pied d’égalité, nul ne pouvant prétendre à un quelconque « rôle dirigeant ». L’image de dynamique et de diversité de ce rassemblement ferait son succès. La direction du PCF n’a pas à craindre une telle configuration, rien ne l’empêcherait de développer ses propres initiatives.

Dans une déclaration de Marie-George Buffet et Pierre Laurent du 21 mars 2010 (L’Humanité, 24 mars 2010), une évolution vers cette formule semble se dessiner : « Pensons ensemble les formes d’un nouveau Front populaire » affirment les deux dirigeants communistes. Il faut maintenant approfondir cette idée et envisager sa mise en œuvre pratique. Le M’PEP se félicite de cette évolution, d’autant qu’il avait, dans une tribune publiée par L’Humanité, déjà fait cette proposition.

Le Front de gauche se doit de rassembler toutes les forces politiques, associatives, citoyennes qui le souhaitent dans le respect et la reconnaissance de l’identité de chacun. Il doit impérativement donner une image d’indépendance et de diversité pour permettre à des militants syndicalistes et associatifs de le rejoindre. Car si le Front de gauche a bien été repéré dans le paysage politique, il ne parvient pas encore à montrer une image de diversité, ce qui perturbe la conception du rassemblement qu’il souhaite. Le Front de gauche populaire ne doit pas être la propriété du PCF, ni de personne d’autre, il faut le « nationaliser » et donner des pouvoirs à ses membres pour son fonctionnement.

Le périmètre du Front de gauche populaire ne concerne pas seulement l’échelon national, il concerne aussi et peut-être principalement l’échelon local.

 IV.- TIRER LE BILAN DU FONCTIONNEMENT DU FRONT DE GAUCHE : PASSER AU FRONT DE GAUCHE POPULAIRE

Pendant la campagne des régionales le Front de gauche a connu des modes de fonctionnement variés. À l’échelle locale, dans la majorité des cas, les militants des différentes organisations et parfois des non-encartés ont mené une campagne dynamique et efficace. Des liens se sont créés. Des murs d’incompréhensions et de préjugés sont tombés. En revanche, le fonctionnement du collectif national aurait pu être beaucoup plus efficace.

Le M’PEP fait les deux propositions suivantes :

  • tirer le bilan du fonctionnement national du Front de gauche pour améliorer son efficacité et sa popularité ;
  • construire le Front de gauche populaire à partir de la base et mettre en place une coordination nationale de ses comités locaux.

 A.- Tirer le bilan du fonctionnement national du Front de gauche pour améliorer son efficacité et sa popularité

Le développement du Front de gauche populaire ne sera pas possible sans un mode de relations entre ses différentes composantes fondé sur le respect, la clarté, l’égalité, l’efficacité. Ces qualités n’ont pas été réunies à l’échelle nationale. Le M’PEP se veut un partenaire loyal et désintéressé. Mais il sera toujours intransigeant sur les questions de démocratie, de clarté, de respect. Il n’acceptera jamais de fermer les yeux et de se taire devant des pratiques dont certaines sont à l’origine de l’écroulement d’une partie des forces de gauche.

Le M’PEP fait le constat suivant :

  • Des réunions organisées en dehors des règles habituelles d’efficacité : listes des personnes invitées souvent incomplètes ; pas d’ordres du jour ou changements de l’ordre du jour avant la réunion ; absence systématique de comptes rendus de réunions et de relevés de décisions. Ces dysfonctionnements peuvent apparaitre mineurs, mais ils ont été une source de quiproquos et de gaspillages de temps considérables. Il ne semble pourtant pas que la résolution de ces dysfonctionnements soit insurmontable.
  • Le « Protocole de fonctionnement » proposé par les Alternatifs et soutenu par les quatre autres organisations partenaires du Front de gauche n’a pas pu être adopté, la direction du PCF l’ayant refusé. Ce « protocole » proposait pourtant un fonctionnement démocratique, efficace, en dehors de tout rôle dirigeant de tel ou tel. Il y a dans cette affaire une question de principe et une question d’efficacité. Faut-il, ou non, un accord écrit entre les membres du Front de gauche, et/ou entre ceux-ci et leurs partenaires à propos du fonctionnement ? Pour le M’PEP, la réponse est positive. Ce « contrat » écrit serait la preuve de l’égalité des différentes composantes du Front de gauche et l’absence de tout rôle dirigeant ou prépondérant que tel ou tel pourrait s’adjuger, qu’il s’agisse d’organisations ou de personnes. La preuve serait faite aux yeux des citoyens que le Front de gauche populaire est capable de s’organiser efficacement et de respecter ses engagements. Ce serait une source de crédibilité très importante.
  • Il n’y a pas eu d’analyse du bilan de la gestion des régions pour la période 2004-2010. La direction du PCF n’a pas souhaité que les argumentaires de la campagne électorale portent sur cet aspect, afin probablement de ne pas froisser le Parti socialiste dans la perspective du second tour. C’est la raison pour laquelle rien sur le bilan de la gestion des régions n’a figuré sur les tracts, affiches, professions de foi, sites Internet… Ce choix parait contestable, car il était parfaitement possible – et indispensable – de critiquer la gestion socialise des régions, tout en expliquant que le Front de gauche, au second tour, appellerait à battre la droite. Mais cette attitude défensive n’a pas permis non plus de mettre en valeur l’action et les acquis des conseillers régionaux communistes, laissant ainsi supposer, par ce silence, que leur bilan n’était pas avouable.
  • Le « collectif national » qui était composé des membres du Front de gauche (PCF, PG, GU) et de ses alliés (Alternatifs, FASE, M’PEP, PCOF, R&S) n’a jamais pu débattre de la composition des listes. Tout s’est fait dans la coulisse, dans des tractations entre individus et en bilatéral, selon la seule volonté de la direction du PCF, dans un dialogue quasi unique avec le PG en écartant les autres organisations. Une telle démarche, dès le départ, a entravé la dynamique qui aurait du se créer autour du Front de gauche. D’autant que cette façon de procéder a conduit à limiter gravement la diversité : des sensibilités du PCF, le M’PEP, le PCOF, le FSQP, R&S n’ont pas eu de candidats en position éligible, tous les postes étant captés par le PCF, le PG et GU.
  • Il n’a pas été possible, au niveau national, d’élaborer un programme « indicatif » qui aurait pu servir aux listes régionales et occuper l’espace médiatique national. Un important travail avait pourtant été fait, des convergences nombreuses observées. Brutalement, le PG n’a pas remis le texte programmatique qu’il s’était engagé à rédiger, alors que le PCF a suspendu toute réunion sur le sujet.
  • La définition de la position à adopter entre les deux tours concernant la forme des listes et leur composition, ainsi que la participation éventuelle aux exécutifs n’a pas fait l’objet de discussions franches et claires. Aucun débat n’a pu se tenir sur les programmes à négocier avec le PS, tout s’est focalisé sur les places. Selon Des personnalités du PCF ne faisant pas partie de sa direction, évoquent « la constitution des listes et combinaisons notamment entre les deux tours, pour faire élire prioritairement les membres de l’appareil conduisant à des parachutages incompréhensibles pour les électeurs et méprisants pour les camarades des départements concernés. » Ils n’ont pas apprécié par exemple que le secrétaire de la fédération de Paris du PCF figure au deuxième tour sur la liste de Seine-Saint-Denis « pour permettre à ce dernier d’envisager une carrière politique à Montreuil ». Dans le Val d’Oise, plusieurs candidats de la liste du Front de gauche ont publié une lettre ouverte dénonçant le choix des instances nationales du PCF de préférer le vice-président sortant de la région Ile-de-France, au détriment de la tête de liste du Val d’Oise. Ils ont évoqué « un véritable déni de démocratie » et des « méthodes d’un autre temps ». Le M’PEP propose une règle simple pour le 2e tour : que les premiers des listes départementales au 1er tour soient en tête de liste au 2e tour, proportionnellement aux résultats obtenus dans les départements.
  • Il n’y a pas eu d’analyse collective des résultats. Aucune réunion n’a eu lieu, à l’échelle nationale, pour partager la réflexion sur les élections et envisager les suites. Cette absence est regrettable car elle ne permet pas de construire un groupe partageant les épreuves et mettant sur la table, en toute franchise et camaraderie, ce qui mérite de l’être. Ce refus, par les membres du Front de gauche, de procéder à un bilan, n’est pas efficace. Au moment où ce texte est publié (7 juin 2010), les partis membres du Front de gauche ne s’étaient toujours pas réunis depuis les élections régionales (ils prévoient de le faire le 9 juin). Quant à leurs partenaires, il y a longtemps qu’ils ont été oubliés !
  • Le « collectif national » a cessé de fonctionner en pleine campagne. Pourtant, lors du Conseil national du PCF du 15 janvier 2010, dans son rapport, Pierre Dharéville promettait : « Un comité de soutien national permettra de marquer l’ampleur de cet engagement »…

 B.- Construire le Front de gauche populaire à partir de la base et mettre en place une coordination nationale de ses comités locaux

Sans aucun doute, une initiative de « sommet » était nécessaire pour dynamiser la gauche de gauche. Mais une fois le Front de gauche créé au sommet, non seulement il fallait le renforcer à l’échelle nationale, mais il fallait aussi l’implanter à la base. C’est ce qu’évoque la déclaration du secrétariat national du PG du 25 mars 2010 : «  Le Front doit s’enraciner par la base dans tous les secteurs de la société ». Le M’PEP est d’accord avec cette analyse.

Telle n’est pas aujourd’hui l’orientation suivie par le Front de gauche. Cette conception revient pourtant à se substituer de façon illusoire au mouvement autonome du peuple, à réduire la politique aux seuls espaces institutionnels. Malgré les proclamations sans cesse répétées sur les vertus de la souveraineté populaire, on voudrait transformer les citoyens en supporteurs du Front de gauche ou de tel ou tel de ses leaders que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Le rassemblement, pour gagner, ne peut qu’être large, diversifié et même composite.

Le M’PEP fait trois propositions :

  • créer des comités locaux du Front de gauche populaire ;
  • créer une coordination nationale des comités locaux du Front de gauche populaire ;
  • organiser des assises ouvertes du Front de gauche populaire.

 1.- Créer des comités locaux du Front de gauche populaire

Il faut organiser le Front de gauche populaire à la base, à partir des militants du PCF, du PG, des groupes unitaires de gauche, de sans-partis… Les situations seront différentes d’un territoire à l’autre. Aucun mode d’emploi général ne semble possible. En revanche, quelques lignes directrices pour l’action sont possibles :

  • Réunir régulièrement les militants qui se déclarent membres du Front de gauche populaire, à l’échelle territoriale (une ville, une circonscription, un canton…). Ces militants peuvent être ou non membres des partis composant le Front de gauche. Ce sont ces assemblées qui formeront les comités locaux du Front de gauche populaire. Pour que les choses soient claires, il faudrait que tous ceux qui se reconnaissent dans le Front de gauche populaire versent une cotisation à une structure ad hoc, qu’ils soient ou non membres des partis composant le Front de gauche populaire.
  • Ces assemblées désigneraient un bureau qui agirait comme exécutif.
  • Les comités locaux du Front de gauche populaire pourraient se réunir à l’échelle départementale et régionale.
  • Dans les départements où les membres du PCF ont voté majoritairement pour l’alliance au premier tour avec le PS, les militants communistes favorables au Front de gauche populaire pourraient s’y investir et être plus à l’aise.
  • Chaque comité local pourrait disposer d’une sorte de charte de fonctionnement, s’il le juge nécessaire.

 2.- Créer une coordination nationale des comités locaux du Front de gauche populaire

Elle existerait par-delà les appareils nationaux composant le Front de gauche populaire, parallèle au système des partis. Elle permettrait une sorte d’équilibre des pouvoirs neutralisant les effets négatifs et paralysants des jeux d’appareil et des ego. Le Front de gauche populaire ne peut se réduire à un tête à tête entre deux formations politiques. Aucune dynamique ne naîtra de cette situation. Tout doit être fait pour l’auto-émancipation et l’auto-organisation.

Cette conférence nationale des comités locaux du Front de gauche populaire serait composée des délégués des comités locaux du Front de gauche populaire. Elle aurait sa vie propre et ne serait pas sous la tutelle des partis membres du Front de gauche populaire.

 3.- Organiser des assises ouvertes du Front de gauche

Des assises du Front de gauche ouvertes à tous ceux qui le souhaitent, permettraient de préciser toutes ces questions. À condition d’être organisées de manière efficace et pluraliste.

 V.- IMPLIQUER LE FRONT DE GAUCHE POPULAIRE DANS LES LUTTES SOCIALES

Pour l’instant le Front de gauche ne s’exprime pas sur les luttes sociales. C’est pourtant le tournant qu’il faudrait parvenir à lui faire prendre pour les raisons suivantes :

  • La mobilisation de l’électorat et des militants du Front de gauche populaire peut constituer un apport significatif aux mobilisations sociales.
  • Le soutien aux revendications et aux luttes sociales est le moyen principal de construire un programme de gouvernement à partir de ces revendications.
  • Le contact avec les salariés en lutte et leurs organisations syndicales est un moyen privilégié de construire la confiance entre les uns et les autres.
  • Les salariés en lutte devraient normalement constituer le cœur de l’électorat du Front de gauche.

Le M’PEP propose que le Front de gauche populaire, entre autre, se manifeste de la manière suivante :

  • S’exprimer par des communiqués, des argumentaires…
  • Appeler au soutien des manifestations.
  • Avoir une banderole du Front de gauche populaire dans toutes les manifestations, et derrière cette banderole celles des composantes du Front de gauche populaire.
  • Aller à la porte des entreprises lors des conflits.
  • Prendre des initiatives.

 Conclusion

Les 5 propositions faites par le M’PEP dans cette déclaration sont versées au débat public. Celles et ceux qui pensent qu’elles peuvent être utiles à l’unité, à l’efficacité et à la popularité de la vraie gauche sont invités à poursuivre la construction du M’PEP, à le renforcer, à organiser le courant d’idées qu’il représente pour réidentifier la gauche. Le M’PEP est ouvert à tous ceux qui partagent cette perspective. Le M’PEP n’est pas un parti politique mais un mouvement politique, il autorise la « double appartenance », les membres du PCF, du PG, du NPA, du MRC, du PS de gauche, des Verts et d’autres sont les bienvenus. Comme les syndicalistes, les militants associatifs, les élus, et les simples citoyens…

L’expérience de deux campagnes électorales du M’PEP aux côtés du Front de gauche montre que faire des propositions et produire des idées est apprécié des militants, mais ne sert quasiment à rien pour les dirigeants qui n’en retiennent rien. Comme Le M’PEP n’est pas une boite à idée. C’est un mouvement politique qui veut mettre de l’éducation populaire dans la politique et de la politique dans l’éducation populaire. Si le M’PEP n’est pas entendu par les dirigeants des partis composant le Front de gauche, il tentera de se faire entendre directement par les citoyens. C’est pourquoi, lors de son 1er congrès qui se tiendra en janvier 2011, le M’PEP décidera notamment s’il présente ses propres candidats aux élections législatives de 2012.