Intervention de Michèle Dessenne au "meeting retraite" du 8 septembre à Montreuil (93)
mercredi 8 septembre 2010
Auteur : par Michèle Dessenne

Nous sommes ce soir à la croisée des chemins. Chacun doit prendre ses responsabilités. L’appel à une grève nationale est plus que jamais nécessaire, attendu et possible.
Car remporter la bataille des retraites relève à la fois d’un enjeu symbolique, vital et concret.
Gagner maintenant c’est ouvrir une brèche et porter un coup au scénario libéral. C’est ouvrir des victoires sociales et politiques pour demain.
Enfin ne l’oublions pas : d’autres peuples de l’Union européenne nous regardent et nous écoutent. Alors, allez la gauche, du courage !

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MEETING RETRAITE LE 8 SEPTEMBRE 2010 – MONTREUIL

Intervention de Michèle DESSENNE
Porte parole du M’PEP

Le 8 septembre 2010,

Alors oui, plus que jamais, après la belle mobilisation d’hier dans tout le pays, nous continuons à revendiquer le retrait du projet de loi de contre-réforme des retraites du gouvernement Sakorzy.
Il ne veut céder sur rien ? He bien nous non plus ! Tout simplement parce que nous ne défendons ni les mêmes valeurs, ni les mêmes intérêts que lui. Tandis qu’il a choisi le camp du patronat, des multinationales, de la finance internationale, nous portons le drapeau de la justice sociale et des intérêts des salariés, des privés d’emploi, des femmes qui galèrent au travail et à la retraite, des jeunes interdits d’avenir et d’autonomie.
La bande de Sarkozy se démène pour rassurer ses amis et les marchés financiers, avec le même zèle que l’Union européenne qui a annoncé la couleur avec la publication, le 21 juillet 2010, d’un livre vert sur les retraites. Il s’agit ni plus ni moins d’imposer, et je cite, « l’allongement de l’âge effectif de départ à la retraite, la réduction des dépenses publiques, le développement et le renforcement des capacités des régimes par capitalisation. »
Car nous ne nous trompons pas : derrière les effets de manche du gouvernement prétendant « sauver le système par répartition », l’objectif est bien d’offrir la protection sociale sur un plateau au privé et à la finance. Un projet de longue haleine engagé il y a plusieurs décennies.
Et déjà la contre-réforme suivante est en marche. Elle concerne la prise en charge de la dépendance que le gouvernement veut réduire à peau de chagrin. Il souhaite, là encore, offrir aux assurances un marché juteux en prévoyant, notamment, de rendre obligatoire une assurance à partir de l’âge de 50 ans. Nous devrions donc, dès maintenant, dénoncer cette offensive, expliquer et montrer comment elle procède de la même intention et génère les mêmes dangers pour les populations. Car là encore, l’Union européenne est à l’oeuvre ; on pourrait même dire qu’elle poursuit ses basses œuvres de destruction du service public, de la Sécurité sociale et de la solidarité.
Mais au-delà de la nécessaire dénonciation pour déjouer le scénario, que le gouvernement en place et l’Union européenne veulent victorieux, il nous appartient de faire preuve de courage. Courage politique à gauche pour proposer des solutions radicales. Proposer de rendre les droits sociaux opposables. Proposer de faire de l’emploi un droit opposable. Le vrai changement est d’organiser un partage des richesses radicalement inverse de celui que nous subissons aujourd’hui.

Du courage aussi pour maintenir l’unité d’action. Les mobilisations de rue expriment le besoin criant que la gauche politique s’engage avec fermeté et que le mouvement social ne cède en rien sur ce qui nous a rassemblé dans la rue et dans cette salle.
Nous sommes ce soir à la croisée des chemins. Chacun doit prendre ses responsabilités. L’appel à une grève nationale est plus que jamais nécessaire, attendu et possible.
Car remporter la bataille des retraites relève à la fois d’un enjeu symbolique, vital et concret.
Gagner maintenant c’est ouvrir une brèche et porter un coup au scénario libéral. C’est ouvrir des victoires sociales et politiques pour demain.
Enfin ne l’oublions pas : d’autres peuples de l’Union européenne nous regardent et nous écoutent. Alors, allez la gauche, du courage !