Si le parti socialiste est encore de gauche, il doit exclure Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn !
jeudi 20 janvier 2011
Auteur : par Texte du M’PEP
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SI LE PARTI SOCIALISTE EST ENCORE DE GAUCHE, IL DOIT EXCLURE PASCAL LAMY ET DOMINIQUE STRAUSS-KAHN !

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 20 janvier 2010.

L’appel « Si le Parti socialiste est encore de gauche, il doit exclure Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn ! » lancé par le M’PEP le 1er janvier 2011 a connu un démarrage en trombe.

De nombreux messages nous sont parvenus pour soutenir cette initiative, mais également pour la questionner.

Voici les principales remarques qui furent avancées par des internautes et voici les réponses du M’PEP.

1.- Les cas de Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn ne regardent-ils pas que le Parti socialiste ? Comme nous ne sommes pas adhérents au Parti socialiste, pouvons-nous demander leur exclusion ?

D’une manière générale, les partis politiques tout comme leurs représentants font partie de l’espace public. Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn revendiquent leur appartenance au Parti socialiste tout comme le Parti socialiste revendique d’avoir dans ses rangs Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn. Pointer les incohérences des partis politiques ou de leurs représentants fait évidemment partie du débat public. Rien n’interdit donc au M’PEP de demander des comptes au Parti socialiste à propos de deux de ses représentants les plus en vue.

Cette remarque générale est d’autant plus valable que le Parti socialiste s’engage dans des primaires « ouvertes » pour la désignation de son candidat pour les élections présidentielles de 2012. En permettant à des non-adhérents de participer à ce choix, le Parti socialiste appelle tous les citoyens à s’exprimer sur les personnalités qui le composent, leurs sensibilités et leur parcours. C’est exactement ce que fait le M’PEP en rappelant le curriculum vitae de Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn et en concluant qu’il faut les exclure.

2.- Plutôt que de focaliser sur ces deux personnes, ne vaut-il pas mieux demander au Parti socialiste de se positionner à gauche ?

Depuis sa création, le M’PEP a largement analysé les propositions portées par les partis politiques lors des échéances électorales et en dehors de ces échéances. Le M’PEP a bien-sûr commenté le positionnement du Parti socialiste. En se penchant sur les cas de Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn, le M’PEP illustre la dérive droitière du Parti socialiste, mais privilégie une porte d’entrée différente des analyses qu’elle a pu produire jusqu’à présent afin de toucher un autre public. En utilisant les deux exemples les plus caricaturaux de la trahison social-libérale du Parti socialiste, l’objectif est bien d’amener nos interlocuteurs à se pencher sur l’ensemble de leur programme et d’en faire une lecture critique, mais également de dénoncer une nouvelle fois les politiques ultralibérales de l’OMC et du FMI, sujets que les socialistes cherchent à esquiver.

3.- Le Parti socialiste n’est plus un parti de gauche, faut-il encore s’adresser à lui ?

Dans un texte intitulé « Le triple enjeu des élections régionales » paru le 23 février 2010, le M’PEP écrivait que « beaucoup de membres du Parti socialiste sont encore des hommes et des femmes authentiquement de gauche. Mais la majorité de leurs dirigeants et de leurs élus, même s’ils s’en réclament, n’ont plus rien à voir avec la gauche. Ils ont conduit leur parti dans l’impasse du social-libéralisme. [...] Seul un affaiblissement de son poids électoral au profit d’une nouvelle coalition de forces représentant une vraie gauche est susceptible de redonner l’espoir. »

Entre temps, le M’PEP n’a pas changé d’avis. Le Parti socialiste n’a donné aucun signe de réorientation de sa ligne politique et les cas de Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn confirment s’il était nécessaire le fait que ce parti se trouve « dans l’impasse du social-libéralisme ». Mais il reste tout aussi vrai que «  beaucoup de membres du Parti socialiste sont encore des hommes et des femmes authentiquement de gauche ».

Nous avons plusieurs raisons de nous adresser au Parti socialiste :

  • Il s’agit d’un parti politique républicain, qui fait partie de l’espace public. De nombreuses associations s’adressent aux partis politiques pour les interpeller sur différents sujets et faire avancer leurs idées. Pourquoi le M’PEP ne le ferait-il pas ?
  • En nous adressant au Parti socialiste, nous nous adressons avant tout à ses membres qui « sont encore des hommes et des femmes authentiquement de gauche » et qui peuvent relayer ce débat en interne pour mettre en difficultés la direction du Parti.
  • Que l’on soit d’accord ou non, la majorité des citoyens situe le Parti socialiste à gauche. Un mouvement politique d’éducation populaire comme le M’PEP doit chercher à s’adresser au plus grand nombre, et montrer la complète contradiction entre les activités de Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn et la plateforme du Parti socialiste est un très bon moyen de dénoncer sa dérive droitière.

4.- L’exclusion n’est-elle pas une pratique stalinienne ?

L’adhésion à une organisation politique quelle qu’elle soit suppose d’accepter et de respecter une plateforme. Il est parfaitement normal qu’une organisation exclue un adhérent lorsque son comportement est incompatible avec les valeurs que doit défendre la structure et qu’une procédure de règlement du problème n’a pu aboutir. Les associations loi de 1901 ont dans leur statut un article sur la perte de la qualité de membre qui, la plupart du temps, prévoit la possibilité d’exclure un adhérent. Faire ou dire n’importe quoi dans une structure en dépit de sa plateforme est une forme de dictature d’une minorité que l’on pourrait qualifier de « pratique stalinienne », même si cette expression mériterait d’être mieux définie.

Des cas d’exclusion du Parti socialiste ont d’ailleurs eu lieu récemment. Le 27 janvier 2007, la Commission nationale des conflits, à l’unanimité de ses membres, a décidé l’exclusion définitive de Georges Frêche du Parti Socialiste en raison de propos tenus 14 novembre 2007 lors d’une séance du Conseil d’agglomération de Montpellier. Il n’y aurait absolument rien de choquant au fait que le Parti socialiste prononce l’exclusion de Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn pour leurs pratiques et leurs nombreuses déclarations qui violent la plateforme du Parti.

Lorsque Bernard Kouchner ou Eric Besson entrent au gouvernement de Nicolas Sarkozy, tout le monde trouve normal qu’ils quittent le Parti socialiste ou en soient exclus. Lorsque Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn entrent à la direction de l’OMC et du FMI avec le soutien de Nicolas Sarkozy et de George W. Bush, le M’PEP estime qu’il doit en être de même.

5.- Pourquoi ne pas ajouter Manuel Valls dans la liste ?

Au moment même où le M’PEP lançait l’appel « Si le Parti socialiste est encore de gauche, il doit exclure Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn ! », Manuel Valls, député-maire socialiste d’Evry (Essonne), déclarait au Grand rendez-vous Europe 1/Le Parisien/Aujourd’hui en France : « Oui, nous devrons déverrouiller les 35 heures qui n’existent déjà plus réellement puisqu’elles ont été mises en cause progressivement depuis 2002 ».

À juste titre, cette déclaration a provoqué un tollé, et plusieurs personnes ont jugé que le Parti socialiste pourrait également exclure Manuel Valls pour ces propos.

Le M’PEP considère malgré tout qu’il y a une différence majeure entre le cas de Manuel Valls et ceux de Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn. Manuel Valls représente l’aile la plus à droite du Parti socialiste et propose des mesures correspondant à son courant d’idée. Mais il ne participe pas, du moins pour l’instant, à leur mise en œuvre. Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn sont eux des chevilles ouvrières de l’ordre économique libéral, qui mettent en œuvre des politiques antisociales. Ils passent aux actes, ce qui est fondamentalement différent du débat d’idées entre courants au sein d’un parti.

6.- Dominique Strauss-Kahn n’est-il pas le seul capable de battre Sarkozy en 2012 ?

La droite, à travers ses médias, est en train d’imposer Dominique Strauss-Kahn comme candidat de la gauche aux présidentielles (voir le dossier du Fakir n° 47 - (http://www.fakirpresse.info/sommaires/49/septembre-2010.html)

Le M’PEP est plus que réticent face à l’élection du président de la république au suffrage universel direct et pense que Dominique Strauss-Kahn, comme en atteste son curriculum vitae, mènera une politique ouvertement libérale s’il est élu. La seule façon d’avoir un réel changement est d’élire en 2012 une majorité de députés à la gauche du Parti socialiste à l’Assemblée nationale.

7.- Les positions de Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn sont-elles vraiment mauvaises ?

L’ensemble des travaux du M’PEP fait office de réponse.

Pour signer et faire connaître l’appel « Si le Parti socialiste est encore de gauche, il doit exclure Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn ! »

L’appel
http://www.m-pep.org/spip.php?article1959

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