En direct du Forum social mondial de Dakar, par Michèle Dessenne
mercredi 9 février 2011
Auteur : par Michèle Dessenne

Article N°3 - Le 9 février 2011 - Après une matinée un peu agitée les travaux du FAL ont repris un cours normal dès le début de l’après-midi. Six ateliers étaient organisés, donnant la parole à des représentants de villes africaines, dont Dakar, du Maroc, dont Rabah, du Brésil, du Portugal, d’Espagne, d’Italie, de France. Les Français étaient surtout issus de villes de périphérie, autrement dit des banlieues. Paris, Lyon n’étaient pas représentées. La veille les élus des périphéries avaient débattu à Pikine, banlieue de Dakar, dans le cadre de leur coordination nommée le FALP (Forum des autorités locales de périphérie). La ville de Nanterre y joue un rôle majeur et continu. Patrick Jarry, maire de Nanterre, présidait d’ailleurs la séance de clôture du FAL.

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EN DIRECT DU FORUM SOCIAL MONDIAL DE DAKAR

FORUM DES AUTORITES LOCALES « POUVOIR LOCAL ET CRISE GLOBALE »

Par Michèle Dessenne

Le 9 février 2011,

Après une matinée un peu agitée les travaux du FAL ont repris un cours normal dès le début de l’après-midi. Six ateliers étaient organisés, donnant la parole à des représentants de villes africaines, dont Dakar, du Maroc, dont Rabah, du Brésil, du Portugal, d’Espagne, d’Italie, de France. Les Français étaient surtout issus de villes de périphérie, autrement dit des banlieues. Paris, Lyon n’étaient pas représentées. La veille les élus des périphéries avaient débattu à Pikine, banlieue de Dakar, dans le cadre de leur coordination nommée le FALP (Forum des autorités locales de périphérie). La ville de Nanterre y joue un rôle majeur et continu. Patrick Jarry, maire de Nanterre, présidait d’ailleurs la séance de clôture du FAL.

Le thème de cette 9e édition du FAL, presqu’aussi âgé que le Forum social mondial, portait sur la crise globale. Comment faire face à l’augmentation de la pauvreté et de la misère, avec moins de moyen financier et plus de demande sociale ? Car pour Patrick Braouzec, de Plaine Commune en Seine-saint-Denis, qui présidait le débat en plénière, « nous assistons à un nouveau décrochage : des pans de la population pauvre sont entrés dans la misère. » Comment répondre à la crise écologique, à la pénurie d’eau potable, à l’insuffisance de logements et à l’accroissement du chômage ? Face au désengagement de l’Etat, qui s’observe partout, les collectivités territoriales réunies au sein du FAL, cherchent désespérément à trouver de nouvelles ressources. Elles affirment vouloir s’appuyer sur les associations et les citoyens, notamment par les démarches de démocratie participative. Mais elles savent aussi qu’elles doivent désormais définir des priorités pour répondre à l’urgence sociale : la santé et l’éducation apparaissent comme des « investissements » indispensables. Les services publics restent une pierre angulaire de la démocratie territoriale et sociale alors qu’ils sont partout malmenés. La privatisation est à l’œuvre aux quatre coins du monde.

Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique, a tonifié la fin de l’atelier sur les services publics avec son appel vibrant : « Cessez de vous plaindre et faites de la stratégie ! ». Il est temps désormais, au FAL et au FALP de proposer et de mettre en commun des « paquets technologiques et juridiques » permettant d’aller vers l’accès des droits pour tous a-t-il précisé. Nous avons des experts, nous avons de l’expérience, nous sommes déterminés alors allons-y ! Aux représentants des villes qui invoquaient la coopération décentralisée, il a répondu que « la coopération décentralisée ce n’est pas seulement apporter des concours compassionnels mais du partage scientifique et technique ».

Le FAL s’est clôturé par l’adoption d’un texte « Engagement de Dakar » et s’est félicité du « nouveau pas franchi par l’entrée de plusieurs villes africaines ». L’agenda de travail du FAL sera établi cette semaine car comme l’a précisé Patrick Braouzec « entre deux FAL il faut continuer à travailler ».