Christophe Guilluy et Christophe Noyé, Atlas des nouvelles fractures sociales en France, Éditions Autrement, 2006.
samedi 16 juillet 2011
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Atlas des nouvelles fractures sociales en France,

Auteurs : Christophe Guilluy et Christophe Noyé,

Éditions Autrement, 2006.

Le phénomène marquant de ces dernières années n’est pas tant la paupérisation de certaines cités que l’embourgeoisement des centres. Dans ces zones économiquement en pointe, tout est pensé en fonction des besoins de cette population aisée : environnement, place de la voiture, fiscalité, etc. Cette "ghettoïsation par le haut" dessine dans le même temps une "France périphérique", ignorée de la sphère politique et culturelle, alors qu’elle est largement majoritaire. Elle unit des catégories sociales autrefois opposées l’ouvrier en milieu rural, le petit paysan, l’employé d’un lotissement pavillonnaire bas de gamme et le chômeur de banlieue subissent aujourd’hui le même sentiment de relégation. La précarisation des couches populaires, en effet, s’étend désormais aux classes intermédiaires. Cet ouvrage analyse les causes de ce délitement social, loin des faux débats sur l’intégration des jeunes issus de l’immigration ou sur la violence des banlieues. Il en pointe également les dangers, dans une analyse des récents chocs électoraux : vote extrême et abstention. La relégation géographique et culturelle d’une partie des couches populaires et moyennes fait peser le risque d’une remise en cause radicale d’un système qui ne protège plus. Pour la première fois depuis les années 1960, les couches moyennes ne se projettent plus positivement dans l’avenir faisant courir le risque d’un repli, y compris identitaire. Au-delà des clivages traditionnels, l’enjeu politique est dorénavant le maintien d’une société ouverte, ou au contraire le développement de logiques de fermeture.