François Vatin & Sophie Bernard - Le salariat : théorie, histoire et formes - La Dispute, 2007
vendredi 27 juillet 2007
Auteur : par webmaster

IDEES DE LECTURE POUR L’ETE : Le salariat est apparu aux penseurs sociaux du XIXe siècle comme la question centrale des sociétés modernes. Sur les débris des rapports sociaux d’Ancien Régime semblait surgir une nouvelle forme de sujétion. Sur cette base, Marx a développé une théorie de l’exploitation capitaliste qui fut au cœur des confrontations politiques du XXe siècle. Pourtant, les sciences sociales contemporaines ont rarement traité frontalement du salariat, comme si l’ombre portée de Marx avait freiné une telle investigation.

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LE SALARIAT

Théorie, histoire et formes

Sous la direction de François Vatin

Avec la collaboration de Sophie Bernard

Editions La Dispute 2007

Collection Essais


Le salariat est apparu aux penseurs sociaux du XIXe siècle comme la question centrale des sociétés modernes. Sur les débris des rapports sociaux d’Ancien Régime semblait surgir une nouvelle forme de sujétion. Sur cette base. Marx a développé une théorie de l’exploitation capitaliste qui fut au coeur des confrontations politiques du XXe siècle. Pourtant, les sciences sociales contemporaines ont rarement traité frontalement du salariat, comme si l’ombre portée de Marx avait freiné une telle investigation. À l’aube du XXIe siècle, le salariat domine plus que jamais nos sociétés. Alors que certains préconisent, au nom de la « flexibilité du travail », une dissolution généralisée des institutions salariales pour restaurer un utopique marché des producteurs, il est urgent de rouvrir ce dossier.

C’est à quoi se sont attachés les historiens, économistes et sociologues réunis ici.

Cet ouvrage n’entend pas proposer une théorie unifiée du salariat, mais poser les termes du débat et fournir des pistes pour comprendre sa dynamique présente. La première partie vise à définir le salariat comme concept et fait historique. S’y confrontent sans concessions quelques-uns des auteurs français qui ont le plus travaillé la question. La deuxième partie présente une série d’éclairages, sans prétention à l’exhaustivité, sur les formes contemporaines du salariat et les caractéristiques de diverses populations salariales. Ces études, appuyées sur des enquêtes originales, éclairent par leurs données factuelles et leurs analyses empiriques les débats théoriques de la première partie.



Notion : Salariat

Sources : Brises : Banques de Ressources Interactives en Sciences Economiques et Sociales

Lexique


Désigne en général le régime salarial, caractérisé par un lien de subordination du salarié à l’égard de l’employeur, le versement d’un salaire et le financement des droits sociaux (protection sociale). Peut désigner aussi l’ensemble des salariés.

Définition


Désigne l’ensemble des salariés, c’est à dire des personnes qui sont liées à un employeur par un contrat de travail et qui reçoivent une rémunération, le salaire, en contrepartie d’un travail.

Le salariat peut désigner également le régime salarial, caractérisé par un lien de subordination du salarié à l’égard de l’employeur, le versement d’un salaire et le financement des droits sociaux (protection sociale).

Le salariat est donc un statut professionnel et social qui positionne l’individu dans la société : l’industrialisation de nos sociétés modernes s’est accompagnée d’une salarisation croissante de la population active, on parle d’une société salariale.

Enjeux


- C’est au début du 20ème siècle avec le développement de la production de masse et le taylorisme que s’est mise en place une véritable société salariale. L’âge d’or du salariat se situe pendant les 30 Glorieuses avec l’institution d’un rapport (ou compromis) salarial fordiste (quasi plein emploi, augmentation régulière des salaires réels avec les gains de productivité et la hausse des prix, développement de l’OST, part grandissante des salaires indirects, consommation de masse,…). Le salariat devient alors un véritable statut, source de reconnaissance sociale et d’identité.

- Avec la crise des années 1973, le ralentissement de la croissance et la montée du chômage, certaines catégories de salariés (les moins qualifiés souvent) sont touchées par le chômage de longue durée et risquent d’être exclus de la société.

  • On assiste à la multiplication de situations intermédiaires entre l’emploi, l’inactivité et le chômage (le halo du chômage) dont beaucoup sont précaires et contribuent au développement des formes particulières d’emplois (atypiques).
  • Le marché du travail se segmente avec un marché primaire concernant les salariés typiques, ayant un emploi stable et un marché secondaire avec les formes particulières d’emplois dont beaucoup sont précaires ( CDD, intérimaires, stagiaires, etc..).

Le travail et le salariat peuvent-ils encore jouer leurs rôles d’intégration ? Faut-il développer de nouvelles formes d’activités et reconstituer le lien social sur d’autres éléments que le travail ?

- Enfin le salariat se transforme en lui-même avec le développement de la pensée néoclassique. Le droit à l’emploi et toutes les contraintes du marché du travail (conventions collectives, SMIC,..) tendent à être considérés comme des obstacles à l’emploi. Le lien de subordination tend à se modifier (par ex avec le développement de l’intérim) ainsi que les modalités de fixation du salaire et de son évolution (individualisation des salaires).

- Le salariat n’est pas ou n’est plus homogène, le degré de subordination est variable, les cadres qui sont des salariés sont très souvent plus proches des employeurs et de la direction que les autres salariés. Les salariés du segment secondaire ne sont que peu ou pas du tout intégrés dans le collectif de travail qui tend lui même à éclater face à la multiplication des situations et des statuts (externalisation, développement des sous-traitants).
Les nouvelles formes d’organisation du travail laissent plus d’initiatives à certains salariés et les contraintes imposées par la direction sont de plus en plus souvent remplacées par celles imposées par les clients ou les machines.
Tendances 0[2]

On observe sur le tableau ci-dessous une nette croissance de la part des salariés dans la population active française : c’est ce que l’on appelle la salarisation de la population active.

Part des salariés dans la population active occupée française (en %).
source : INSEE, recensements et enquêtes emploi.
- 1954 : 64.8 %
- 1962 : 71.7 %
- 1968 : 76.0 %
- 1975 : 82.0 %
- 1990 : 85.6 %
- 1999 : 90.6 %
- 2004 : 91.2 %

Indicateurs


L’évolution du salariat peut se mesurer par l’évolution de la part des salariés dans la population active, ainsi que par la part des emplois typiques et atypiques dans l’emploi salarié.

Erreurs Fréquentes


Ne pas assimiler le salariat à la condition ouvrière. Jusqu’au début du 20ème siècle, les ouvriers constituaient l’essentiel du salariat. Ce n’est plus vrai aujourd’hui, le salariat se compose de nombreuses catégories : cadres, techniciens, employés, ouvriers bien sûr, etc.
Ne pas oublier que la population active n’est pas constituée uniquement de salariés, il existe un nombre encore non négligeable de non salariés, travailleurs indépendants (exploitants agricoles, artisans, commerçants, professions libérales).

En Savoir Plus


On peut consulter l’ouvrage réalisé sous la direction de François VATIN, Le salariat. Théorie, histoire et formes, Ed. La Dispute, 2007.

Notions Associées


- CHAPITRE 2 : ORGANISATION DU TRAVAIL
- CHAPITRE 4 : CONFLITS SOCIAUX
- CHAPITRE 2 : TRAVAIL
- CHAPITRE 2 : Salaire
- CHAPITRE 2 : qualification
- CHAPITRE 2 : Flexibilité
- CHAPITRE 5 : Exclusion
- CHAPITRE 2 : Chômage
- CHAPITRE 2 : Marché du travail
- CHAPITRE 3 : Professions et catégories socioprofessionnelles (PCS)
- CHAPITRE 5 : Intégration