Etat
2007
Auteur : par webmaster
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Définition de Wikipédia

L’État est une des formes d’organisation politique et juridique d’une société ou d’un pays. Il a été précédé par la Polis grecque, la res publica romaine, le Saint Empire romain germanique etc. Il est délimité par des frontières territoriales à l’intérieur des quelles ses lois s’appliquent et est constitué d’institutions par lesquels il exerce autorité et pouvoir ; la légitimité de cette autorité repose sur la souveraineté (du peuple ou de la nation par exemple).

Le pays désigne une entité géographique tandis que le gouvernement est l’une des institutions par lesquelles l’État exerce son pouvoir ; la nation quant-à-elle ne se confond pas toujours avec l’État sauf dans le modèle de l’État-nation.

Quelques approches contemporaines de l’étude de l’État

Trois grandes traditions aussi bien en science politique qu’en sociologie structurent les théories de l’État. : les approches marxistes, pluralistes et institutionalistes. Chacune a été utilisée pour arriver à une meilleure compréhension de l’État qui reste imparfaite eu égard à la complexité du problème. D’une part les frontières de l’État ne sont pas fixes mais constamment en mouvement, d’autre part, l’État n’est pas seulement un lieu de conflits entre différentes organisations, il est aussi un lieu de conflits à l’intérieur des organisations. Si certains chercheurs parlent de l’intérêt de l’État, il faut constater qu’il y a souvent des intérêts divergents entre les parties constituant l’État.

Le marxisme

Pour les marxistes contemporains comme Ralph Miliband la classe dirigeante utilise l’État comme un instrument de domination de la société en utilisant les liens personnels entre les hauts fonctionnaires et les élites économiques. Pour cet auteur l’État est dominé par une élite qui à la même origine que la classe capitaliste.

Pour certains théoriciens néo-marxistes cette question de qui contrôle l’État est sans intérêt. Influencé par Antonio Gramsci, Nicos Poulantzas remarquait que les États capitalistes ne suivait pas toujours la classe dirigeante et que quand il le faisait ce n’était pas forcément consciemment mais que c’était parce que les structures de l’État étaient telles que les intérêts à long terme des capitalistes étaient toujours assurés.

Le Pluralisme

Si l’approche néo-marxiste a été influente en Europe dans les années soixante soixante-dix, l’approche pluraliste à eu à la même époque une large audience aux États-Unis. Pour Robert Dahl l’État est à la fois comme une arène neutre pour des intérêts en conflits et lui-même traversés de conflit d’intérêts entre ses différentes agences ou départements. La politique pour lui est le produit d’un constant marchandage entre groupes qui ont tous un moyen de pression sur l’État. Dahl nomme ce type d’État une polyarchy.

Institutionnalisme

Pour les marxistes et les pluralistes l’État se contente de réagir aux activités des groupes sociaux. Aussi ils ont été critiqués par d’autres chercheurs qui leur ont reproché de ne pas mettre assez en valeur l’autonomie de l’État et d’être trop centrés sur la société.

Pour les tenants de la nouvelle approche institutionnaliste en politique, les comportements des individus sont fondamentalement modelés par les institutions et l’État n’est ni une arène ni un instrument et ne fonctionne pas dans l’intérêt d’une seule classe. Les chercheurs de cette école mettent l‘accent sur la nécessité d’interposer la société civile entre l’État et l’économie.

Theda Skocpol suggère que les membres de l’État ont un important degré d’autonomie et qu’ils peuvent poursuivre leur intérêt indépendamment (et parfois en conflit) des autres acteurs de la société. Comme l’État possède les moyens de coercition et que les groupes de la société civile sont dépendant de lui, les fonctionnaires peuvent imposer dans une large mesure leur préférence à la société civile.

L’État aujourd’hui

Place de l’État, évolutions récentes

Depuis la fin des années 1980, la place de l’État change radicalement, sous l’effet conjugué de la mondialisation et de la construction européenne (en Europe). Les États perdent une partie de leur pouvoir :

- La mondialisation, surtout dans ses aspects économiques, augmente la contrainte extérieure et diminue le pouvoir d’intervention des États dans l’économie mondiale face aux marchés financiers.

- En Europe, les États se désengagent de l’économie en privatisant les entreprises publiques. La Sécurité sociale voit son rôle diminuer. Les directives européennes s’imposent dans de plus en plus de secteurs d’activité.

- En Europe, les États n’interviennent plus autant dans la prise de décision publique ; ils perdent de leur pouvoir « par le haut », avec la construction européenne.

- En France, l’État perd son pouvoir « par le bas », avec la décentralisation et l’augmentation du pouvoir des régions.

Fonctions de l’État

Pierre Rosanvallon distingue quatre grandes fonctions de l’État :

- L’État Régalien : faire respecter l’ordre à travers la police, l’armée et la justice.

- L’État Instituteur du social : unifier le pays à travers l’école (fin XIXe siècle en France avec Jules Ferry).

- L’État-providence (1945) : redistribuer les revenus grâce au développement de la solidarité avec la Sécurité sociale.

- L’État Promoteur économique : soutenir l’économie dans la droite ligne des idées de Keynes (politique de grands travaux).

Pour Daniel Bell, l’État est « trop grand pour gérer les petites choses et trop petit pour les grandes choses ».

Sûreté de l’État

En France, les crimes et délits contre les intérêts fondamentaux de la nation sont jugés par des juridictions de droit commun, depuis la suppression de la Cour de sûreté de l’État en 1981.

Le président de la République française est le garant des institutions. Il s’appuie sur le conseil constitutionnel.

En Belgique, la Sûreté de l’État est un départment qui traite des affaires d’espionnage et de terrorisme.