Après l’échec du traité de Lisbonne, faut-il un nouveau traité européen ?
mardi 15 juillet 2008
Auteur : par Texte du M’PEP

Résumé

Un référendum s’est tenu en Irlande le 12 juin 2008 pour dire « oui » ou « non » au traité de Lisbonne sur l’Union européenne, copie conforme du traité constitutionnel déjà rejeté en 2005 en France et aux Pays-Bas. Ce sont 53,4 % des votants irlandais qui ont voté « non ». Plusieurs dirigeants de la gauche française proposent un nouveau traité. Le M’PEP considère que cette proposition n’est pas réaliste et qu’elle est même contreproductive.

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APRES L’ECHEC DU TRAITE DE LISBONNE, FAUT-IL UN NOUVEAU TRAITE EUROPEEN ?

La demande d’un nouveau traité européen est faite par le Parti communiste français dans un communiqué du 13 juin 2008 : « La présidence française qui s’ouvre dans quelques jours doit proposer d’arrêter le processus de ratification et d’engager l’élaboration d’un nouveau traité fondateur de l’Union européenne sur de tout autres bases et dans de tout autres formes, rompant avec celles qui la conduisent de crise en crise. »

Un tel traité, bien évidemment sur des bases sociales et démocratiques avancées, n’est malheureusement pas possible dans le contexte idéologique et politique actuel de l’Union européenne. Il est difficilement envisageable de croire que des dirigeants comme messieurs Berlusconi, Sarkozy, Brown ou Madame Merkel acceptent de mettre entre parenthèse la mise en œuvre de leurs politiques néolibérales, pour bâtir un « nouveau traité » qui en ferait abstraction. Peuvent-ils devenir progressistes quand ils sont à Bruxelles, alors qu’ils sont néolibéraux et réactionnaires quand ils sont à Paris, Rome et Berlin ? Qui pourrait croire une chose pareille ? On pourra toujours dire « c’est aux peuples de l’imposer » ! Certes ! Mais un tel rapport de force ne semble pas à portée immédiate de la gauche européenne.

Par ailleurs, ce nouveau traité doit-il se conclure avec les mêmes 27 pays, ou doit-il intégrer notamment la Russie et la Turquie ?

Au total, la demande d’un nouveau traité, formulée implicitement sans la Turquie et la Russie, n’apparait pas comme une perspective politique crédible.