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Qu’est-ce que « l’initiative pour le Front de Gauche » en Grèce et quels sont ses objectifs
mardi, 10 mars 2015
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Le M’PEP publie le texte du mouvement Grec MARS (ANTARSYA-MARS) ci-dessous.

QU’EST-CE QUE "L’INITIATIVE POUR LE FRONT DE GAUCHE" EN GRÈCE ET QUELS SONT SES OBJECTIFS

Texte du Mouvement grec MARS

Le 10 mars 2015

Traduit de l’anglais par Virginia Lombard (M’PEP)

Six années se sont écoulées depuis que la crise économique a frappé la Grèce. Une crise qui s’est répercutée de manière spectaculaire sur tous les aspects la vie sociale et, malgré la propagande gouvernementale, il n’y a aucun signe de sortie de crise.

La stratégie des memoranda – programmes d’ajustements structurels – imposée au pays par l’Union européenne (UE) et la bourgeoisie grecque, échoue à résoudre le problème de la dette, et à mener le pays hors de la crise.

Les réussites limitées de la stratégie des memoranda ont un contenu de classe évident et un coût social exorbitant : quelques indices économiques ont enregistrés une amélioration, au prix d’une misère croissante pour la grande majorité des classes laborieuses.

Néanmoins, tous les thuriféraires de la bourgeoisie présentent la stratégie des memoranda comme la seule route à suivre. En même temps, en dépit des mouvements sociaux de masse de la période précédente, les différentes forces de la Gauche échouent à proposer une alternative réaliste qui convienne aux intérêts de la majorité des travailleurs.

SYRIZA accepte la « grande idée » européenne de la bourgeoisie grecque, catastrophique pour le pays – la participation à l’intégration européenne impérialiste – et aspire à une réforme consensuelle des aspects les plus brutaux de l’UE et de l’Union monétaire européenne (UME). Le Parti communiste grec refuse toute lutte commune et prétend qu’à l’avenir tous les problèmes seront résolus par un socialisme lointain et vaguement défini. La Gauche extra-parlementaire, en dépit de sa contribution à la lutte sociale, est plombée par des divisions dogmatiques et ne peut rassembler la masse critique nécessaire pour la construction d’un front social et politique uni.

Ce front uni, bâti sur la base d’un programme de transition anti-UE et antisystème cohérent et réaliste, constitue la seule voie pour l’unification des luttes sociales fragmentées et séparées, et pour la création du mouvement socio-politique conduisant à une sortie de la crise au bénéfice de la large majorité laborieuse – et non pour la bourgeoisie grecque. Ce manque d’une alternative de gauche radicale de masse, convaincante et réaliste, entrave les luttes des travailleurs et paralyse le mouvement de masse dans son marasme actuel.

Aujourd’hui, la construction d’un Front de la Gauche unifié sur la base d’un programme de transition de sortie de crise, est plus que jamais nécessaire pour régler les problèmes immédiats des travailleurs. En même temps, elle est indispensable pour ouvrir la voie vers une transformation radicale de l’économie et de la société grecques, vers une structure socialiste qui servirait les besoins et les intérêts de la grande majorité des classes laborieuses de la société.

Les piliers fondamentaux de ce programme de transition de gauche sont les suivants :

  • Dénonciation des memoranda et des contrats de prêt y afférent, ainsi que l’abolition de toutes les lois qui en découlent.
  • Défaut et renonciation unilatérale sur la dette externe.
  • Sortie de l’Union monétaire européenne (UME) et introduction d’une nouvelle monnaie nationale. Contrôle des taux de change de la nouvelle devise et contrôle des prix (afin d’éviter les pressions inflationnistes).
  • Contrôle des mouvements de capitaux (afin d’éviter l’évasion des capitaux par la bourgeoisie grecque).
  • Un système fiscal réellement progressif (qui soutiendrait le budget public en déplaçant la charge de l’actuelle surimposition des classes populaires et moyennes vers les riches qui traditionnellement pratiquent l’évasion fiscale).
  • Nationalisation du système bancaire (qui est déjà soutenu par l’argent public, afin de protéger les petits déposants et financer le programme économique alternatif).
  • Restructuration de l’économie vers une production socialement planifiée (afin de rendre l’économie grecque viable et tournée vers elle-même, pour la reconstruire selon les besoins et les intérêts de la majorité des travailleurs et sous leur contrôle). Cela implique la nationalisation du secteur de la santé et des secteurs stratégiques de l’économie grecque. Cela implique aussi une politique industrielle correspondante (construire, soutenir et protéger des secteurs et branches économiques spécifiques).
  • Une politique des « revenus populaires » (c’est-à-dire, des salaires et des pensions qui assurent un niveau de vie décent et le bien-être de la grande majorité des travailleurs) ainsi que la reconstruction du système de protection sociale (santé et sécurité sociale) et du système d’éducation gratuit.
  • Une politique économique et commerciale externe multidimensionnelle, indépendante et planifiée.
  • Pour la réalisation de ce programme, la confrontation avec l’UE, ses structures, ses politiques, ainsi que le désengagement vis-à-vis d’elle sont nécessaires. La « grande idée » européenne de la bourgeoisie grecque a mené le pays à la destruction et a interdit toute politique alternative en faveur de la population. Au sein de l’UE, avec ses aménagements institutionnels de plus en plus antipopulaires, il n’y a aucune place pour des programmes alternatifs en faveur des populations.

Un tel programme de transition construit l’alliance sociale entre les travailleurs, les chômeurs et les classes moyennes des centres urbains et des campagnes. C’est un programme de solutions immédiates aux problèmes actuels qui peut être concrétisé par un gouvernement s’appuyant sur le pouvoir du peuple et sur ses propres structures et institutions. L’application de ce programme peut changer l’équilibre des forces de classe et les relations sociales et idéologiques. Elle peut aussi mettre en place les fondations pour des changements plus profonds vers le socialisme.

Pour la construction du front socio-politique et la réalisation du programme pour sortir de la crise, l’unité doit prévaloir dans un Front de la Gauche de tous les militants et des forces qui s’accordent sur la nécessité de cette alternative populaire. C’est cette voie qui doit être empruntée par les militants de la Gauche au sens large, mais aussi par ces forces au sein de SYRIZA, du Parti communiste grec, d’ANTARSYA, de Plan B, etc., qui en comprennent la nécessité.

L’unité et la lutte commune sur le même chemin, sont la seule façon d’avancer pour une gauche qui rejette l’intégration dans le système de domination de la bourgeoisie et ses pratiques de gestion. Une Gauche qui ne relègue pas les grands problèmes sociaux à un vague et lointain futur. Une Gauche qui relie concrètement la lutte pour la survie immédiate de la population avec l’objectif stratégique de la transition socialiste, tout en restant en contact étroit avec les inquiétudes et la conscience des travailleurs au quotidien.

L’initiative pour le Front de la Gauche est composée de militants et d’organisations qui appartiennent ou se réfèrent à différentes forces de la Gauche parlementaire ou extra-parlementaire. Son but est de contribuer à la création d’un courant qui unifiera, non seulement sur les lieux de travail et au niveau local, mais aussi au niveau politique central, toutes ces forces qui s’accordent sur la nécessité d’un programme de transition pour une sortie de la crise au bénéfice du peuple. Pour cette raison, cette initiative appelle tous les militants (quelles que soit leur parti d’affiliation), les collectifs sociaux et politiques à la soutenir et à contribuer à la construction d’un Front de la Gauche. Ce Front de la Gauche, avec sa tactique et sa stratégie frontale unifiée et son programme de transition, unira les forces vives laborieuses et de la Gauche, et fera pression vers une sortie de la crise en faveur des population. Des initiatives similaires seront organisées au niveau local et sur les lieux de travail, visant à unir tous les militants d’accord sur cette direction sans considération des affiliations politiques ou de partis.

La gravité de la situation ne laisse aucune place à la complaisance : les militants actifs de la Gauche devraient prendre les choses en main et s’efforcer, par des moyens démocratiques de masse, de mettre en place les conditions nécessaires pour donner une direction différente non seulement à la Gauche et au mouvement populaire de masse, mais aussi au pays.

Source : Site internet du mouvement MARS
http://aristerisymporefsi.gr/index.php/eng

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