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L’argument pour sortir de l’Union européenne est qu’elle est libérale. Alors comme la France l’est aussi, ne faudrait-il pas prôner la sortie de la France... ?
Il ne faut pas confondre l’Europe, au sens de la géographie, et l’Union européenne, au sens de la monstrueuse construction politique néolibérale qui étouffe les peuples.
Il ne faut pas non plus confondre la France, au sens géographique, et feu l’Union française créée par la Constitution de 1946, qui a remplacé l’Empire colonial français en transformant les colonies en départements et territoires d’outre-mer.
Il n’est donc pas possible, en effet, de quitter l’Europe ou la France. En revanche, il est parfaitement possible de quitter l’Union européenne, comme il a été possible de quitter l’Union française : les Algériens ont montré le chemin avec la lutte du Front de libération nationale.
Etes-vous une composante du Parti socialiste ?
Pourquoi la création du M’PEP en mai 2008 ? Y-a-t-il un lien avec le 40e anniversaire de Mai 68 ?
Quelles relations avec Attac ?
Le M’PEP n’est-il pas une initiative supplémentaire de la gauche de la gauche qui apporte de la confusion supplémentaire ?
Bien sûr que non. Ce n’est pas l’intention du M’PEP ni même l’objet du Mouvement. Parmi les objectifs du M’PEP il y a la volonté de contribuer à la création d’une grande force politique de gauche luttant sans concession contre le capitalisme, mais il existe aussi la détermination à repolitiser l’ensemble des citoyens et citoyennes. C’est d’abord par un travail d’éducation populaire d’ampleur sur les questions politiques, s’adressant au plus grand nombre, et en particulier aux catégories populaires, qu’il sera possible de créer un véritable mouvement de gauche. De plus, le M’PEP affiche sa volonté de construire un programme de gouvernement. Le M’PEP ne craint pas d’affirmer qu’il se bat pour qu’une gauche forte parvienne au pouvoir.
Il faut savoir que lors des périodes de mutations de la société, ou de crises, de multiples clubs politiques apparaissent. Ce fut le cas après la fin du bonapartisme, entre 1830 et 1848, avant 1900 jusqu’à la fusion de 1905 qui devait donner naissance à la SFIO, et puis au moment de la guerre d’Algérie, et autour de 1968. C’est aujourd’hui le cas. Il ne faut pas craindre ces phénomènes qui sont nécessaires à l’émergence de nouveaux cycles politiques, idéologiques, culturels… Ils se traduisent toujours par le regroupement d’une partie de ces clubs dans des forces plus vastes. Il en sera de même aujourd’hui, mais nous ne savons pas quand la fusion nécessaire aura lieu. D’ici là, le débat idéologique et politique doit se développer. Pour notre part, nous avons les particularités suivantes qui justifient notre existence :
- la critique du capitalisme est insuffisante ;
- plus personne (à part Besancenot) ne parle du socialisme du XXI siècle ;
- nous ne croyons pas à une transformation du PS de l’intérieur ;
- nous pensons qu’il faut sortir de l’Union européenne et lui substituer une autre union, fondée sur les principes de la Charte de La Havane ;
- nous voulons mettre de la politique dans l’éducation populaire, et de l’éducation populaire dans la politique.
